La BD en CD

OPERATION TEDDY BEAR
Scénario et dessins : Edouard Lussan

La Bédé
Le Cédé

jaquette

jaquette

Edition : Index+ et Flammarion
Conception, réalisation et développement : Index+
Musique originale et bruitages : Olivier Pryszlak
Récompenses : Milia d'Or 97 - catégorie ludo-éducatif Multimédia Grand Prix 97 (Japon) MIM d'Or 97 - Marché International Des Inforoutes De Montréal Flèche d'Or de la Fnac 96 Prix Totem 96 - Salon du Livre de Jeunesse de Montreuil- Prix Télérama 96 - Vidéothèque de Paris Prix de la Société des Gens de Lettres 97 Prix ITC 97 - Festival du Multimédia Prix de Taverny 97 -
Spécifications techniques :
Configuration minimum PC : 486 SX 33, avec 8 Mo de mémoire vive, écran 256 couleurs, carte son, Windows 3.1 ou Windows 95
Configuration minimum Mac : processeur 68040 ou Power PC avec 5 Mo de mémoire vive disponible pour l'application. Système 7. Optimisé power Mac. Lecteur CD-Rom quadruple vitesse.
Prix : 295 FF T.T.C


1 - PRESENTATION
" La première BD interactive !", telle est l'appellation du produit par l'éditeur.
" Une initiation à l'histoire" comme présentation très pédagogique également du produit.

La bande-dessinée d'Edouard Lussan n'a pas été publiée. Elle a été conçue et pensée dans le but d'une adaptation multimédia et en ce sens, ce cd est très novateur. Il fait figure de "pionnier" et a récolté un nombre de prix.

Edouard Lussan n'avait rien édité que ce soit en bande-dessinée ou en cd-rom avant 1995 mais c'était un passionné d'histoire et de dessin. La conception d'Opération Teddy Bear commence déjà en 1984, durant le quarantième anniversaire du Débarquement, date à laquelle il dessine, photographie, fait des repérages, des interviews d'anciens combattants, bref accumule ses sources pour ce qui nourrira la partie documentaire du CD. En 1993, il dessine et écrit sa bande-dessinée en noir et blanc accompagné d'un second livre dans lequel il y a ses documents.

"son ambition est de composer le bouquin d'histoire dont il a toujours rêvé, un récit en dessins avec des pastilles de couleur pour renvoyer quand il le faut à des compléments historiques sérieux. Apprendre l'Histoire en s'amusant, l'idéal.".Après quelques déboires, du droit, de la finance et de la pub, il s'inscrit dans un mastère multimédia en 1995. Son stage chez Index plus lui permet d'approfondir les techniques multimédia, " le passage d'un monde à un autre, les transformations de décors, le rôle des objets ". Lorsqu'il présente Opération Teddy Bear à la fin de son mastère, deux membres du jury, Jean-Pierre Arbon, directeur général de Flammarion Multimédia, et Emmanuel Olivier, pdg d'Index Plus, s'enthousiasment et décident de coproduire le CD-Rom . "

L'histoire débute à Caen en juin 1944. Paul, le héros, agé de 12 ans doit rejoindre sa mère à Paris, où il lui donnera, sans qu'il ne le sache, son ours. Dans celui-ci : les plans des armes secrètes volés aux allemands. Il traverse les routes du Pas-de-calais et de la Normandie, à bord d'un side-car, conduit d'abord par un allemand, puis par un anglais. La route témoigne de la guerre, de ses violences, de la France avant le débarquement. Recherché par les Allemands, il ne le sait pas comme il ignore qu'en s'enfuyant d'un couvent pour rejoindre, croit-il Paris, il va à sa propre mort.

 

 

2 - LECTURE D'UNE PLANCHE ADAPTEE

 

LES YEUX

Ecran

Description de la planche 2 :

voir image.

Modifications dans le cd :
La bd n'a pas été publiée.
Format de l'écran : 28,22x 21,13 ( 800x600)
Format de la planche scannée : 17,50 x 16,51 cm

 

 

 

Dévoilement des cases

 

LA MAIN

Pas la main

TEMPS

VITESSE

LES OREILLES

 

Emplacement
dans la planche et zones

Formes/icônes
C= curseur
CL=clavier

Actions de l'utilisateur

Réactions
( un tiret" -"informe qu'il y synchronisation entre les éléments décrits)

Durée minimum imposée

interactivité non possible pour aller dans cases voilées dans la planche)

Lecture automatique :

SON : Bruitages
voix

 

Page 1-
bas droite

C = triangle noir clignotant rouge

(bouton de souris activé
=) "clic"

- Passage à 'l'écran de la page"2/73"
- Animation
case1
- Bruitages
- Dévoilement des cases 2, 3, 4 et 5.
-Dévoilement de la case 6

18 secondes

SANS

-voix masculines allemandes
- ouverture de portes
- pas militaire, bottes
- Thème musical 2 lancinant
- fers

Accompagnement narratif.

case 4

C=Flèche

survol

-Apparition des bulles de la case 4

 

 

 

 

case 6

C= Main droite avec doigts tendus

clic

-Déclenchement des bruitages
-Modification interne des cases 2,3,4.
-animation
-dévoilement de la case 7
-ajout de bulles

(Case 6 à case 7) : 12 secondes

 

- voix allemands

-tirs de fusillade

- craquement d'allumettes

 

 

 

Déclenchements narratifs

Case 7
sur Général

C =Main

clic

-Dévoilement et animation case 8 et bruitages
- apparition de bulles

 

 

-voix allemands
-moteur de camion
-thème musical
-fers

 

Case 8
bas

C = Flèche

survol

-apparition d'une figurine humaine obscure mobile

 

 

 

 

Case 9

C = figurine humaine obscure

clic

-dévoilement de la case 9
-figurine humaine claire, statique
-apparition d'une bulle.

 

 

- thème musical 2
- porte grincante
- pas sur parquet

Accompagnement narratifs

Case9
bulle

C = Main

clic

-triangle rouge clignotant, surbrillance et clignotement de deux éléments internes aux cases 2 et 7

 

 

 

 

Cases 2 , 7
personnages

C = Main

survol

-Apparition d' un insert (deux éléments "zoomés" dans un cercle dépassant les cadres avec texte sur rebord externe à la planche

 

 

 

 

Case 2
élément en surbrillance

C = Main

clic

Lien : " la milice "

 

 

Thème musical

Remplissage

Case 7 élément en surbrillance

C = Main

clic

Lien : "la résistance"

 

 

Thème musical

Remplissage

Possibilité de retour en arrière : OUI-
Quand ? : à tout moment
Possibilité de lecture des pages suivantes : OUI- Quand ? : à tout moment grâce au tableau de Quick move

Possibilité d'enregistrer sa consultation : OUI (personnalisation du nom permettant enregistrements de plusieurs utilisateurs)

 

3 -Médias ajoutés
. Navigation :

TABLEAU DE BORD

TABLEAU DE NAVIGATION

CARTE :

Sommaire

Quick Move

Itinéraire

Métaphore du cd : un poste de radio d'époque.
.Le bouton "ON" : la bédé
Les boutons de fréquences : les documents par thèmes

.A partir d'une légende de couleurs et de thèmes : vision globale des fiches et des pages de la bande dessinée, Aperçu des écrans qui ont été parcourus ou non,
Temps passé sur chaque écran, Recherche dans les fiches par mot-clé, Ecrans consultés avec possibilité de retour.

En synchronisation avec les lignes , une voix explique les avancées et situations stratégiques et politiques des forces en guerre.

Le sommaire et le logiciel Quickmove offre une lecture s'organisant autour de plusieurs axes de navigation : chronologique, spatial ou thématique. A tout moment, on peut choisir et balancer d'un axe à un autre.
Cette conception d'interface dynamique permet d'avoir une vue d'ensemble du programme. Sur un même écran, il est possible de tout se représenter.
A partir du tableau de quick move , on peut connaître en effet le contenu quantitatif du cédé et se repérer aisément :

- 36 cartes historiques
- 32 fiches ( photos et textes) sur "les civils dans la guerre"
- 55 fiches ( photos et textes) pour le théâtre d'opérations
- 74 fiches ( photos et textes ) sur "faits et hommes de guerre" et " forces armées et armement"

comme le contenu fictionnel :
- 40 cartes de la France relatant l'itinéraire de Paul le héros, à l'endroit de ma lecture.
- 73 planches-écrans de l'histoire bd.

On peut donc en déduire que ( bien que chaque planche elle-même se subdivise en plusieurs intégrations progressives de dessins)
que l'espace occupé par les apports documentaires est bien supérieur à la fiction - bédé( planches et itinéraires du héros) elle-même.
Néanmoins, c'est avec efficacité que cette masse d'informations historiques est amenée, à la différence de bien de cd-rom culturels où l'utilisateur se sent perdu et submergé par la richesse documentaire. La logique de navigation intègre la documentation au fil de la fiction, à savoir 1 à 3 renvois pour chaque planche de façon régulière ( à la fin de la planche dévoilée pour la majorité ),ou peut être visualisée de façon parallèle à elle. L'espace documentaire, est, en effet tissé d 'hyper liens. La base de données a vraiment été conçue de façon à se centrer sur l'utilisateur : les structures de navigation sont souples, claires. On ne veut pas décourager l'utilisateur, libre de son parcours mais guidé et aidé. Il peut se balader de tel à tel documents ou ne pas les lire du tout. De plus, la barre de navigation est petite mais simple et claire. La tête de Paul, en survol offre rapidement les clés du parcours voulu. L'utilisateur peut très bien lire la fiction sans regarder les fiches, l'inverse étant également possible. L'histoire ne changera pas, mais le rythme qu'elle offrira sera unique pour chaque utilisateur et plus ou moins difficile suivant que tel ou tel document aura été consulté.
On peut arguer, cependant que cette structure organisant un va et vient du fictionnel au réalisme plutôt tragique ( les camps de la mort) peut être gênante, voire considérée comme un peu prétentieuse. Cependant, elle permet d'amplifier l'impact et la mémorisation de la consultation tout en renforçant l'émotion de la fiction.

Barre de navigation : un icône (la tête de Paul) à gauche de l'écran, qui en survol s'agrandit : sommaire, quickMove, volume sonore, quitter, retour (à l'écran précédent) ou retour à la BD.

Curseurs :
Ils sont très divers, et ce sont de véritables petits trésors :
.que ce soit dans leur forme : Flèche traditionnelle, mains, figurines de personnages et objets ( plus d'une quinzaine), textes ( onomatopées)
.dans le lieu de la zone activable : icônes, textes, détails de dessins, cases,...
.dans leur manipulation : clic, survol, balayage - nettoyage.
.de la réaction conséquente à la manipulation : dégrisement de cases, déclenchement d'animations en 2 ou 3D, bruitages, musiques...
.de leur présence, absence et fréquence : tantôt, ils anticipent l'action ou le personnage qui va être (lue), tantôt ils reprennent un élément déjà connu.
L'utilisation de ces curseurs dans la planche joue avec le regard que je pose sur les cases. Elle exploite la logique et l'intelligence de la lecture à travers les manipulations qu'elles obligent, les allers et retours dans la planche, parfois aussi elle exploite le caractère aléatoire du regard, lorsque par surprise, il faut cliquer quelque part ailleurs, hors de la planche. Elle appelle au déchiffrage des textes comme des images. Elle épouse différents points de vue ou focalisations. Je me retrouve dans la peau du héros, mais aussi dans la peau de l'instituteur ( balayant un carreau avec ma souris), de tel ou tel soldat. Dans une des scènes d'offensive aérienne américaine, j'ai une vue en plongée sur la campagne où roulent des chars allemands. Le dessin me l'informe mais également mon curseur qui se transforme en cible sur les chars. En cliquant, se déclenche l'explosion. A la fin des différentes zones que j'ai touchées , sur le même écran des éclats de vitre se forment. L'avion a été touché. La scène est un peu longue avant de pouvoir passer à l'écran suivant parce qu'il faut chercher les zones à la manière d'un jeu vidéo. La forme et la réaction de ce curseur peut- être discutable; elle n'en est pas moins efficace. Je peux également devenir un instant les yeux d'un soldat allemand, avec un paysage qui se dessine sur fond noir entre les formes des jumelles..

.Sons :
musique :
La musique est similaire à une bande musicale cinéma. Elle est au service des sensations qui jaillissent des dessins, sans remplacer leur contenu.
Il y a 14 thèmes synthé musicaux très cohérents les uns avec les autres. Il y a un total d'un quart d'heure musical.
- thème 1 : battements, répétitifs, oppressant
- thème 2 : musique répétitive, sombre, angoissante, oppressante
-thème 3 : piano et synthé mélancolique
- thème 4 : 2 accords cycliques lents; sombre
- thème 5 : piano-synthé; moment de répit; balade
- thème 6 : piano romantique
- thème 7 : synthé avec vibraphone decrescendo; suspens
- thème 8 : musique saccadée
- thème 9 : cello; assez grave
- thème 10 : flûte synthétique;sombre; tristesse;destinée tragique et inéluctable;
- thème 11 : suspens avant action
-thème 12 : type minimaliste
- thème13 : mode de la sensible piano; assez minimaliste
- thème 14 : air à la flûte, type fifre; légèrement champêtre; répit dans l'horreur.
A chaque nouvel écran, se succède un nouveau thème musical. Celui-ci est soit continu sur l'intégralité de la planche, soit et cela pour la majorité entrecoupé par des bruitages ou des silences.
La musique a souvent un rôle de remplissage, sans apport véritable. Il n'y a pas assez de thèmes "musclés" qui répondent à des actions importantes de l'histoire en cours. Elle les écrase même parfois. Elle se confine dans une ambiance oppressante soutenue pour la majorité des thèmes. C'est efficace mais parfois énervant et mal approprié.

Bruitages : très quantitatifs. Ils participent avec la musique à donner un ton général. Ce sont principalement des moteurs de camions, chars, avions. Le chant des mouettes et des crapauds, des pas de bottes, des bribes de phrases d'anglais et des cris allemands peuvent informer sur un lieu, sur l'histoire suivant qu'ils précèdent un dégrisement de cases ou d'une arrivée complémentaire de bulles. Les "VEEEEE", "VLAMMM", "KLIK KLAC", "BLAAM"et autres onomatopées apparaissent sous forme de textes et déclenchent en synchronisation leur son. Cela peut - être gênant quelquefois, lorsque cela concerne une fusillade, par exemple. D'autant plus, que la couleur de ces mots bruités, traits symboliques de la bd, tranche avec l'obscurité générale des dessins et de leur contenu tragique ( augmenté par le renvoi de ces mêmes dessins à des documents réels).

4 - RYTHME DE LECTURE :

Toutes ces trouvailles interactives ( curseurs, animations inattendues...) procure à l'utilisateur un état de surprise permanente, évitant la monotonie.

LA SURPRISE
Edouard Lussan :" Dans Teddy Bear, un des mécanismes interactifs consiste à trouver de manière ludique les enchaînements qui permettent de passer d'une case à l'autre. Les gens sont surpris parce qu'ils s'attendent bien à ce qu'il se passe quelque chose mais tout d'un coup, hop, il se passe un autre truc. Par exemple des canons qui se mettent à tirer. C'est là que la 3D est importante."
Jacques Simian :" Lorsqu'un élément s'échappe d'une vignette, il commence à envahir la surface de la page et prend une existence à un autre niveau. La première surprise c'est qu'on a commencé à voir vivre les images. Je pense que ça dynamise le récit. On est malgré tout soumis à l'organisation de l'ordinateur et la notion de la lecture qui peut se faire, le rythme de progression. C'est bien à un moment donné d'avoir des étapes comme cela, elles permettent d'établir des ruptures."


L'envers de la qualité de ces interactions est qu'elles contraignent l'utilisateur à un certain temps d'attente imposée par les animations et bruitages. Le temps de lecture est freiné soit par la recherche du détail à cliquer, temps subjectif soumis à la compréhension ou l'adresse du lecteur, soit par un temps objectif découlant de la programmation. Ce temps défini, en même temps favorise l'immersion dans le cSur de l'histoire. L'attente devient synonyme de suspens; de peur; amplifiée par la reprise d'une musique, d'une arrivée d'avions ou de bombardements..
.Notre regard est constamment surpris par ces jeux graphiques détournant les codes et les repères de nos habitudes de lecture propre à la bande-dessinée. Dans celle-ci, se greffe de petites séquences animées et des objets ( un ballon, un ordre de mission...) et différents autres objets en 3 D ou 2D qui se détachent du hors planche noir, ou de ses bords, et surgissent soudainement aux bords de celle-ci, dépassant les cases ( une vitre s'ouvrant sur les cadres de ses cases voisines), permettent d' étendre la surface de l'épisode, de son temps.
La synchronisation et la désynchronisation entre le cliquage et la réaction d 'animations et de bruitages, parviennent également à donner l'illusion que c'est n'est plus mon action ( le clic) qui commande l'avancée ( dévoilement d'une case; après quelques secondes, un bruit se déclenche; puis un autre temps d'attente et un personnage apparaît), mais l'environnement sonore ou le mouvement de tel personnage. On nous raconte une histoire, linéaire, "scénaristiquement " très multimédia.

5 - USAGES :
pédagogique
Recherches collectives et individuelle sur la seconde guerre mondiale, apprentissages historique en classe de lycée.
tout autre usage...