OPERATION TEDDY BEAR
Scénario et dessins :
Edouard Lussan
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La Bédé |
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Edition : Index+ et Flammarion |
1 -
PRESENTATION
" La première BD interactive !", telle est l'appellation du produit
par l'éditeur.
" Une initiation à l'histoire" comme présentation très pédagogique
également du produit.
La bande-dessinée d'Edouard Lussan n'a pas été publiée. Elle a été conçue et
pensée dans le but d'une adaptation multimédia et en ce sens, ce cd est très
novateur. Il fait figure de "pionnier" et a récolté un nombre de
prix.
Edouard Lussan n'avait rien édité que ce soit en bande-dessinée ou en cd-rom
avant 1995 mais c'était un passionné d'histoire et de dessin. La conception d'Opération
Teddy Bear commence déjà en 1984, durant le quarantième anniversaire du
Débarquement, date à laquelle il dessine, photographie, fait des repérages, des
interviews d'anciens combattants, bref accumule ses sources pour ce qui
nourrira la partie documentaire du CD. En 1993, il dessine et écrit sa
bande-dessinée en noir et blanc accompagné d'un second livre dans lequel il y a
ses documents.
"son ambition est de
composer le bouquin d'histoire dont il a toujours rêvé, un récit en dessins
avec des pastilles de couleur pour renvoyer quand il le faut à des compléments
historiques sérieux. Apprendre l'Histoire en s'amusant, l'idéal.".Après
quelques déboires, du droit, de la finance et de la pub, il s'inscrit dans un
mastère multimédia en 1995. Son stage chez Index plus lui permet d'approfondir
les techniques multimédia, " le passage d'un monde à un autre, les
transformations de décors, le rôle des objets ". Lorsqu'il présente Opération
Teddy Bear à la fin de son mastère, deux membres du jury, Jean-Pierre Arbon,
directeur général de Flammarion Multimédia, et Emmanuel Olivier, pdg d'Index
Plus, s'enthousiasment et décident de coproduire le CD-Rom . "
L'histoire débute à Caen en juin 1944. Paul, le héros,
agé de 12 ans doit rejoindre sa mère à Paris, où il lui donnera, sans qu'il ne
le sache, son ours. Dans celui-ci : les plans des armes secrètes volés aux
allemands. Il traverse les routes du Pas-de-calais et de la Normandie, à bord
d'un side-car, conduit d'abord par un allemand, puis par un anglais. La route
témoigne de la guerre, de ses violences, de la France avant le débarquement. Recherché
par les Allemands, il ne le sait pas comme il ignore qu'en s'enfuyant d'un
couvent pour rejoindre, croit-il Paris, il va à sa propre mort.
2 - LECTURE
D'UNE PLANCHE ADAPTEE
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LES YEUX |
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Description de la planche 2 :
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Modifications dans le cd : |
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Dévoilement des cases |
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LA MAIN |
Pas la main TEMPS |
VITESSE |
LES OREILLES |
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Emplacement |
Formes/icônes |
Actions de l'utilisateur |
Réactions |
Durée
minimum imposée interactivité
non possible pour aller dans cases voilées dans la planche) |
Lecture automatique : |
SON : Bruitages |
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Page 1- |
C = triangle noir clignotant rouge |
(bouton de souris activé |
- Passage à 'l'écran de la page"2/73" |
18 secondes |
SANS |
-voix
masculines allemandes |
Accompagnement narratif. |
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case 4 |
C=Flèche |
survol |
-Apparition des bulles de la case 4 |
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case 6 |
C= Main droite avec doigts tendus |
clic |
-Déclenchement des bruitages |
(Case 6 à case 7) : 12 secondes |
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- voix
allemands -tirs de
fusillade - craquement
d'allumettes |
Déclenchements
narratifs |
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Case 7 |
C =Main |
clic |
-Dévoilement et animation case 8 et bruitages |
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-voix allemands |
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Case 8 |
C = Flèche |
survol |
-apparition d'une figurine humaine obscure mobile |
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Case 9 |
C = figurine
humaine obscure |
clic |
-dévoilement de
la case 9 |
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- thème musical 2 |
Accompagnement narratifs |
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Case9 |
C = Main |
clic |
-triangle rouge clignotant, surbrillance et clignotement de deux éléments
internes aux cases 2 et 7 |
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Cases 2 , 7 |
C = Main |
survol |
-Apparition d' un insert (deux éléments "zoomés" dans un cercle
dépassant les cadres avec texte sur rebord externe à la planche |
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Case 2 |
C = Main |
clic |
Lien : " la milice " |
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Thème musical |
Remplissage |
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Case 7 élément en surbrillance |
C = Main |
clic |
Lien : "la résistance" |
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Thème musical |
Remplissage |
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Possibilité de retour en
arrière : OUI- Possibilité d'enregistrer sa
consultation : OUI (personnalisation du nom permettant enregistrements de
plusieurs utilisateurs) |
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3 -Médias ajoutés
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Navigation :
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TABLEAU DE BORD
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TABLEAU DE NAVIGATION |
CARTE : |
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Métaphore du cd
: un poste de radio d'époque. |
.A partir d'une
légende de couleurs et de thèmes : vision globale des fiches et des pages de
la bande dessinée, Aperçu des écrans qui ont été parcourus ou non, |
En
synchronisation avec les lignes , une voix explique les avancées et
situations stratégiques et politiques des forces en guerre. |
Le sommaire et le logiciel
Quickmove offre une lecture s'organisant autour de plusieurs axes de navigation
: chronologique, spatial ou thématique. A tout moment, on peut choisir et
balancer d'un axe à un autre.
Cette conception d'interface dynamique permet d'avoir une vue d'ensemble du
programme. Sur un même écran, il est possible de tout se représenter.
A partir du tableau de quick move , on peut connaître en effet le contenu
quantitatif du cédé et se repérer aisément :
- 36 cartes historiques
- 32 fiches ( photos et textes) sur "les civils dans la guerre"
- 55 fiches ( photos et textes) pour le théâtre d'opérations
- 74 fiches ( photos et textes ) sur "faits et hommes de guerre" et
" forces armées et armement"
comme le contenu fictionnel :
- 40 cartes de la France relatant l'itinéraire de Paul le héros, à l'endroit de
ma lecture.
- 73 planches-écrans de l'histoire bd.
On peut donc en déduire que ( bien que chaque planche elle-même se subdivise en
plusieurs intégrations progressives de dessins)
que l'espace occupé par les apports documentaires est bien supérieur à la
fiction - bédé( planches et itinéraires du héros) elle-même.
Néanmoins, c'est avec efficacité que cette masse d'informations historiques est
amenée, à la différence de bien de cd-rom culturels où l'utilisateur se sent
perdu et submergé par la richesse documentaire. La logique de navigation
intègre la documentation au fil de la fiction, à savoir 1 à 3 renvois pour
chaque planche de façon régulière ( à la fin de la planche dévoilée pour la
majorité ),ou peut être visualisée de façon parallèle à elle. L'espace
documentaire, est, en effet tissé d 'hyper liens. La base de données a vraiment
été conçue de façon à se centrer sur l'utilisateur : les structures de
navigation sont souples, claires. On ne veut pas décourager l'utilisateur,
libre de son parcours mais guidé et aidé. Il peut se balader de tel à tel
documents ou ne pas les lire du tout. De plus, la barre de navigation est
petite mais simple et claire. La tête de Paul, en survol offre rapidement les
clés du parcours voulu. L'utilisateur peut très bien lire la fiction sans
regarder les fiches, l'inverse étant également possible. L'histoire ne changera
pas, mais le rythme qu'elle offrira sera unique pour chaque utilisateur et plus
ou moins difficile suivant que tel ou tel document aura été consulté.
On peut arguer, cependant que cette structure organisant un va et vient du
fictionnel au réalisme plutôt tragique ( les camps de la mort) peut être gênante,
voire considérée comme un peu prétentieuse. Cependant, elle permet d'amplifier
l'impact et la mémorisation de la consultation tout en renforçant l'émotion de
la fiction.
Barre de
navigation : un icône (la
tête de Paul) à gauche de l'écran, qui en survol s'agrandit : sommaire,
quickMove, volume sonore, quitter, retour (à l'écran précédent) ou retour à la
BD.
Curseurs
:
Ils sont très divers, et ce sont de véritables petits trésors :
.que ce soit dans leur forme : Flèche
traditionnelle, mains, figurines de personnages et objets ( plus d'une
quinzaine), textes ( onomatopées)
.dans le lieu de la zone activable :
icônes, textes, détails de dessins, cases,...
.dans leur manipulation : clic, survol,
balayage - nettoyage.
.de la réaction conséquente à la
manipulation : dégrisement de cases, déclenchement d'animations en 2 ou 3D,
bruitages, musiques...
.de leur présence, absence et fréquence :
tantôt, ils anticipent l'action ou le personnage qui va être (lue), tantôt ils
reprennent un élément déjà connu.
L'utilisation de ces curseurs dans la planche joue avec le regard que je pose
sur les cases. Elle exploite la logique et l'intelligence de la lecture à
travers les manipulations qu'elles obligent, les allers et retours dans la
planche, parfois aussi elle exploite le caractère aléatoire du regard, lorsque
par surprise, il faut cliquer quelque part ailleurs, hors de la planche. Elle
appelle au déchiffrage des textes comme des images. Elle épouse différents
points de vue ou focalisations. Je me retrouve dans la peau du héros, mais
aussi dans la peau de l'instituteur ( balayant un carreau avec ma souris), de
tel ou tel soldat. Dans une des scènes d'offensive aérienne américaine, j'ai
une vue en plongée sur la campagne où roulent des chars allemands. Le dessin me
l'informe mais également mon curseur qui se transforme en cible sur les chars. En
cliquant, se déclenche l'explosion. A la fin des différentes zones que j'ai
touchées , sur le même écran des éclats de vitre se forment. L'avion a été
touché. La scène est un peu longue avant de pouvoir passer à l'écran suivant
parce qu'il faut chercher les zones à la manière d'un jeu vidéo. La forme et la
réaction de ce curseur peut- être discutable; elle n'en est pas moins efficace.
Je peux également devenir un instant les yeux d'un soldat allemand, avec un
paysage qui se dessine sur fond noir entre les formes des jumelles..
.Sons
:
musique :
La musique est similaire
à une bande musicale cinéma. Elle est au service des sensations qui jaillissent
des dessins, sans remplacer leur contenu.
Il y a 14 thèmes synthé musicaux très cohérents les uns avec les autres. Il y a
un total d'un quart d'heure musical.
- thème 1 : battements, répétitifs, oppressant
- thème 2 : musique répétitive, sombre, angoissante, oppressante
-thème 3 : piano et synthé mélancolique
- thème 4 : 2 accords cycliques lents; sombre
- thème 5 : piano-synthé; moment de répit; balade
- thème 6 : piano romantique
- thème 7 : synthé avec vibraphone decrescendo; suspens
- thème 8 : musique saccadée
- thème 9 : cello; assez grave
- thème 10 : flûte synthétique;sombre; tristesse;destinée tragique et
inéluctable;
- thème 11 : suspens avant action
-thème 12 : type minimaliste
- thème13 : mode de la sensible piano; assez minimaliste
- thème 14 : air à la flûte, type fifre; légèrement champêtre; répit dans
l'horreur.
A chaque nouvel écran, se succède un nouveau thème musical. Celui-ci est soit
continu sur l'intégralité de la planche, soit et cela pour la majorité
entrecoupé par des bruitages ou des silences.
La musique a souvent un rôle de remplissage, sans apport véritable. Il n'y a
pas assez de thèmes "musclés" qui répondent à des actions importantes
de l'histoire en cours. Elle les écrase même parfois. Elle se confine dans une
ambiance oppressante soutenue pour la majorité des thèmes. C'est efficace mais
parfois énervant et mal approprié.
Bruitages : très quantitatifs. Ils participent avec
la musique à donner un ton général. Ce sont principalement des moteurs de
camions, chars, avions. Le chant des mouettes et des crapauds, des pas de
bottes, des bribes de phrases d'anglais et des cris allemands peuvent informer
sur un lieu, sur l'histoire suivant qu'ils précèdent un dégrisement de cases ou
d'une arrivée complémentaire de bulles. Les "VEEEEE",
"VLAMMM", "KLIK KLAC", "BLAAM"et autres
onomatopées apparaissent sous forme de textes et déclenchent en synchronisation
leur son. Cela peut - être gênant quelquefois, lorsque cela concerne une
fusillade, par exemple. D'autant plus, que la couleur de ces mots bruités,
traits symboliques de la bd, tranche avec l'obscurité générale des dessins et
de leur contenu tragique ( augmenté par le renvoi de ces mêmes dessins à des
documents réels).
4 - RYTHME DE LECTURE :
Toutes ces trouvailles
interactives ( curseurs, animations inattendues...) procure à l'utilisateur un
état de surprise permanente, évitant la monotonie.
LA SURPRISE
Edouard Lussan :"
Dans Teddy Bear, un des mécanismes interactifs consiste à trouver de manière
ludique les enchaînements qui permettent de passer d'une case à l'autre. Les
gens sont surpris parce qu'ils s'attendent bien à ce qu'il se passe quelque
chose mais tout d'un coup, hop, il se passe un autre truc. Par exemple des
canons qui se mettent à tirer. C'est là que la 3D est importante."
Jacques Simian :" Lorsqu'un élément
s'échappe d'une vignette, il commence à envahir la surface de la page et prend
une existence à un autre niveau. La première surprise c'est qu'on a commencé à
voir vivre les images. Je pense que ça dynamise le récit. On est malgré tout
soumis à l'organisation de l'ordinateur et la notion de la lecture qui peut se
faire, le rythme de progression. C'est bien à un moment donné d'avoir des
étapes comme cela, elles permettent d'établir des ruptures."
L'envers de la qualité de ces interactions est qu'elles contraignent
l'utilisateur à un certain temps d'attente imposée par les animations et
bruitages. Le temps de lecture est freiné soit par la recherche du détail à
cliquer, temps subjectif soumis à la compréhension ou l'adresse du lecteur,
soit par un temps objectif découlant de la programmation. Ce temps défini, en
même temps favorise l'immersion dans le cSur de l'histoire. L'attente devient
synonyme de suspens; de peur; amplifiée par la reprise d'une musique, d'une
arrivée d'avions ou de bombardements..
.Notre regard est constamment surpris par ces jeux graphiques détournant les
codes et les repères de nos habitudes de lecture propre à la bande-dessinée. Dans
celle-ci, se greffe de petites séquences animées et des objets ( un ballon, un
ordre de mission...) et différents autres objets en 3 D ou 2D qui se détachent
du hors planche noir, ou de ses bords, et surgissent soudainement aux bords de
celle-ci, dépassant les cases ( une vitre s'ouvrant sur les cadres de ses cases
voisines), permettent d' étendre la surface de l'épisode, de son temps.
La synchronisation et la désynchronisation entre le cliquage et la réaction d
'animations et de bruitages, parviennent également à donner l'illusion que
c'est n'est plus mon action ( le clic) qui commande l'avancée ( dévoilement
d'une case; après quelques secondes, un bruit se déclenche; puis un autre temps
d'attente et un personnage apparaît), mais l'environnement sonore ou le
mouvement de tel personnage. On nous raconte une histoire, linéaire,
"scénaristiquement " très multimédia.
5 - USAGES
:
pédagogique
Recherches collectives
et individuelle sur la seconde guerre mondiale, apprentissages historique
en classe de lycée.
tout autre usage...