LE SOMMEIL DU MONSTRE
( premier d'une série de trois dont les suivants ne sont pas encore parus)
Scénario et dessins :
Bilal
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La Bédé |
Le Cédé |
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64 pages couleur |
Editeur
: Metal Hurlant Productions, les humanoïdes associés. Sortie : octobre1998. |
1-
Présentation
Ce cd-rom est vendu comme un cd extra, piste Data, dans les rayons musiques de
films.
L'histoire : " J'ai 10jours, je me souviens...L'explosion terrible qui
déchire le ciel de nuit et fait pleuvoir dans l'hôpital n'est ni un tir de
mortier, ni un tir d'artillerie, ni une bombe...C'est un coup de tonnerre de
mon tout premier orage. Une colère du ciel qui me rassure, autrement plus
impressionnante que le feu des hommes...Car je suis un orphelin de dix jours
heureux de sentir la nature plus forte qu'eux. Ce même jour J.10, une
infirmière dépose un paquet dans le grand lit blanc, entre Amir et moi. Ce
paquet de quelques heures à peine s'appelle Leyla Mirkovic...Pour la première
fois, nous voici réunis tous les trois. Nos têtes encastrées les unes dans les
autres et nos corps tendus comme les branches d'une étoile...Je me mets à
l'écoute des bruits de nos vies. Je suis l'aîné vieux de dix jours, l'orphelin
heureux qui aime Leyma, qui aime Amir, et qui aime le bruit du ciel en
colère." Bilal.
Par rapport aux cédés précédents ( la Trilogie), de légères modifications
améliorent le produit : présentation plus soignée, en cercle interactif pour la
présentation de l'aide, de nouvelles options comme la lecture automatique et
les calques, disparition de la présentation didactique des personnages.
L'ensemble cependant reste dans la même lignée, à savoir un écran associé à une
case.
2 - Lecture d'une planche adaptée
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LA BD |
PLANCHE N°1 |
LE CD |
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PAGE : |
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Nombre de
cases dans l'album : 2 |
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Nombre
d'ECRANS : 3 |
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Format des cases; Largeur x hauteur en cm |
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Format des images scannées; Largeur x hauteur en cm |
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LES YEUX |
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INTERFACE |
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Description de la planche 1: |
Modifications dans le cd : |
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Dévoilement des cases |
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LA MAIN |
LES OREILLES |
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TEMPS OBLIGATOIRE MINIMUM |
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Zone activable d'écran pour l'avancée dans la planche |
Formes/icônes |
Actions de l'utilisateur |
Réactions |
Bruitages |
Sens |
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barre de contrôle de l'ecran n°0, couverture de l'album |
C |
Clic (=pression de souris) |
Passage à
l'écran n°1 |
voix masculine
lisant intégralement le court texte-bulle; après effets
bruitages (hélico)en boucle. |
Narration Atmosphère |
Aucun |
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Barre de
contrôle de la case1, écran n°1 |
C |
Clic ou pression des touches CL |
Ecran n°2 |
-Effets
bruitages ( helico) en boucle avec voix masculine lisant le texte |
Atmosphère |
Aucun |
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Barre de |
C |
Clic ou pression des touches CL |
Ecran n°3 |
-même effets bruitages |
Atmosphère |
Aucun |
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Possibilité de retour en arrière : OUI - Quand ?
n'importe quand |
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LA BD |
PLANCHE N°2 |
LE CD |
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PAGE : |
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Nombre d'écrans : 2 |
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Nombre de
cases de |
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Nombre
d'ECRANS : 2 |
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Format des cases; (Largeur x hauteur en cm) |
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Format de l'écran : 28,22x 21,13 ( 800x600) Ecran 1 = 18,63 x
11,85 |
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Dévoilement des cases |
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LA MAIN |
LES OREILLES |
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TEMPS OBLIGATOIRE MINIMUM |
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Zone activable d'écran pour l'avancée dans la planche |
Formes/icônes |
Actions de l'utilisateur |
Réactions |
Bruitages |
Sens |
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barre de contrôle de l'ecran n°3, couverture de l'album |
C |
Clic (=pression de souris) |
Passage à
l'écran n°4, |
Effets
bruitages ( helico) en boucle |
Atmosphère |
Aucun |
|
Barre de
contrôle de la case1, écran n°4 |
C |
Clic ou pression des touches CL |
Ecran n°5 |
Effets
bruitages ( helico) en boucle |
Atmosphère |
Aucun |
.Images : Toutes les cases de l'album sont présentes.
Cependant leur proportion dans l'écran se modifient considérablement. Si on
calcule les formats de la plus grande image et celles de la plus petite de
l'album, on obtient des formats bien différents dans le cédé.
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Case
la plus grande : |
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Case
la plus petite : |
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LA Bédé |
Le Cédé |
LA Bédé |
Le Cédé |
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1 case - page 9
intégrale de l'album |
1 écran |
1 case - page
18 |
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21 x 28 cm |
12, 70 x 16,30 cm |
5,9 x 5,1 cm |
12,06 x 11,15cm |
C'est la taille de la grande case dans l'album qui permet de rompre son rythme
narratif amenant chez le lecteur la découverte d'un nouveau paysage, là, page
9, le désert où apparaissent deux nouveaux personnages. Sorte de "zoom
arrière" à valeur informative, ce dessin qui explose dans l'album sert à
introduire une nouvelle phase du récit ( cf : le célèbre village gaulois
d'Astérix qui se présente sur toutes les premières pages ). Il équivaut dans le
roman au " point de vue de Dieu" et c'est un bon moyen pour étudier
le rapport que l'auteur établit entre son oeuvre et le lecteur.
Dans le cédé, la rupture est fortement minimisée puisque la taille gigantesque
du dessin est considérablement réduite; d'une part par rapport à la taille de
la case de l'album mais aussi et surtout avec la taille des autres cases dont
les proportions se trouvent considérablement détruites. Là où le format faisait
sens dans l'album, c'est la musique, son changement thématique qui le garantit
et l'assure dans le cédé. Cependant, il n'est pas aussi efficace.
Sur ce principe, les plus petites cases y gagnent beaucoup plus que les
grandes.
Concernant l'ordre de la narration, il est légèrement modifié aux pages 32, 36,
37;c'est l'épisode de la soucoupe qui apparaît intégralement plus loin en un
seul bloc. C'est un détail qui ne nuit pas à l'histoire mais réorganise la
linéarité de l'histoire.
Les textes sont également identiques mots pour mots. Cependant, les bulles ont
disparu. Le texte vient se greffer sous l'image. Les noms des personnages sont
inscrits soulignés.
Lorsque le texte de la bédé est trop long, ( pages 19, 35, 49), le dessin
réapparaît zoomé avec le texte. La graphie est toujours identique, et le texte
semble être une vraie béquille.
Les vignettes oralisées ont changé de couleur de fond. D'un gris foncé, le
texte est blanc mais apparaît sur un fond rouge; Bilal dans ses commentaires
évoque la violence de cette couleur rouge symbole de l'univers de cette bédé.
Il profite donc de cette adaptation pour peaufiner quelques couleurs sur ces
textes plus longs mais délaisse et simplifie le rôle des courtes répliques -
bulles.
3 - MEDIAS
AJOUTES
. Navigation
:
La structure
référentielle forte se divise en trois rubriques : une concernant la bédé elle
-même, deux autres apports supplémentaires à l'album lui-même qui sont un film
et une promenade.

Barre
de navigation : Ne dénaturant pas
l'esthétique de l'interface, sobre et permettant de se cacher, elle présente 12
pictogrammes au bas de l'écran noir.
1 icône d'aide ( présentation plus raffinée que précédemment avec une
présentation en cercle interactive), 2 pour le volume sonore, 2 correspondant à
l' l'écran précédent et suivant,1 pour quitter, 1 pour le générique statique, 1
pour la " lecture automatique", 1 pour le moteur de recherche
d'écran, 1 pour une consultation de la bédé en "mode calque" ou
"mode dessin"; 1 pour pause ( activable uniquement pour le film),1
pour le menu principal. Chaque commande peut également s'effectuer au clavier.
curseurs:
la flèche de la Trilogie se développe en main
.Sons :
La musique et les
bruitages accompagnent tout le long la bande-dessinée numérique. Elle
s'apparente à "une bande-sonore" cinéma. La musique, en soi, n'est
pas véritablement très recherchée. Elle est assez décousue et minimaliste. Mais
elle correspond bien à l'esthétique picturale, assez "froid".
La recherche esthétique se retrouve plutôt dans les couleurs et les timbres des
sons qui accompagnent les dessins.
Il y a 4 thèmes musicaux de
synthé qui ponctuent des suites de cases-écrans, récurrents aux lieux de
l'histoire de la bédé:
1 - Thème oriental avec percussions constantes : il symbolise l'Afrique.
2 - Thème russo-musette( pâle copie de la suite jazz2 Schostakovich) : pour la
Russie
3 - Thème "pédales" ou notes graves soutenues, assez décousu : pour
New-York.
4 - Thème relativement apaisant qui contraste avec les thèmes précédents très
froids. Il est moins décousu et plus clair.
Les effets de bruitages continus sont intéressants et participent également à
l'impact narratif ( ou plutôt pictural) :
Un souffle de vent et d'hélicoptère pour les villes américaines, accentué pour
Paris.
Deux espèces de mixage de souffles, (type ( désolée) du grand bleu ( en mieux))
qui évoque les grands espaces pour l'Espace.
On peut également associer à l'univers musical, la vocalisation partielle de
certaines longues cases "I remember"ou " Je m'en souviens",
dites d'une voix rauque masculine. Refrain poétique en référence à la mémoire,
à Pérec et Brainard; "jeu temporel qui est le ciment de l'histoire"(
Bilal).
. EXTRA :
-vidéo sonore : " le film du sommeil ",
- les "calques", dessins en noir et blanc. Images des calques,
dessins et vignettes en format PICT, dans des dossiers non protégés dans le
cédé.
- économiseur d'écran.
- Planches de son prochain album
- "la bande musicale originale du Sommeil du Monstre" ( d'autres
groupes ont été ajoutés : " Air French Band, No one is innocent, Brian Eno
et des artistes yougoslaves comme Goran Vejdova") écoutable sur sa chaîne.
4 -
RYTHME DE LECTURE
L'ordre de lecture est bien plus strict par rapport à l'album. Dans celui-ci,
les ballons sont minimisés, ne phagocytent pas trop l'image, les textes sont
bien plus souvent dans des cases propres à eux sur les côtés ou en dessous.
Leurs différents emplacements et modes de présentation offraient une certaine
liberté. Dans le cd, la lecture s'offre automatiquement après les dessins, et
appelle l'effort de l'utilisateur parce qu'ils sont parfois sous forme de
paquets.
Il n'y a vraiment pas beaucoup d'interactivité, si ce n'est de tourner les
pages par souris interposée. Le passage d'un dessin à un calque est en soi
intéressant mais pas vraiment pour la fiction. Au contraire, elle la ralentit.
Lecture automatique" : le
temps de défilement de chaque écran-case est de 2 secondes.
La durée totale de cette lecture est de 16 minutes. En fait, elle est
accompagnée d'une interview de Bilal sur le même fond musical en boucle. Cette
lecture automatique est moins une lecture de la bédé elle-même qu'un ajout
documentaire méta-bédé. Il est quand même dommage que la voix du dessinateur se
fasse inaudible après quelques minutes, écrasée par une musique en boucle (
thème de New-York ). Ses commentaires s'articulent aussi bien autour du contenu
que de l'esthétique de ses dessins; La synchronisation avec les images n'est
pas parfaite mais elle est plus ou moins en rapport non trop éloigné avec les
dessins.
Il est possible de stopper cette lecture pour passer à une "lecture
manuelle".
L'absence de
chiffres nuit à la conscience de durée, de longueur. Excepté le tableau de
bord, il faut se rappeler, en cas d'interruption où le dessin se situe.
Commentaires : L'effet produit de ce cases à cases modifie le parcours de
lecture en y faisant perdre le rythme et la structure narrative et sémiotique
de la bédé. On perd également de la dissymétrie des dessins.
Cependant, l'intérêt chez Bilal repose bien plus sur la qualité des dessins que
leur histoire. L'image s'affirme dans toute sa plénitude, comme un tableau.
Agrandie, le dessin sur fond noir jaillit avec force et renforce leur beauté.
L'apport de la musique et de l'oralisation est vraiment intéressant, ce qui
fait surpasser ce cd-rom, de loin, du concept de (cddigital comics); elle
atténue la monotonie du rythme de lecture.
5 -
USAGES
Public : adultes.
6- Annexes
Bilal : "Les histoires que
je raconte sont rarement des histoires d'action, et je cherche plutôt l'atmosphère
que le mouvement. Par exemple, j'utilise souvent les cadrages serrés sur les
personnages et même sur les décors et les matières. La bouffée d'oxygène ne
vient que par intermittence de plans plus larges ".