La République Libre de Blehen

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La République Libre de Blehen

1975-2000
La loi du 17 juillet 1970 condamnait Blehen à disparaître parmi les 18 villages qui composent l'entité hannutoise.  C'était compter sans le dynamisme des habitants !  Lors de la fête du village le premier week-end de juillet 1975, un référendum est organisé et les blehinois disent OUI à la création de la République Libre de Blehen.  Cette nouvelle identité va rapidement s'affirmer : les 25 années qui s'achèvent témoignent non seulement de l'enthousiasme des républicains mais aussi de la reconnaissance unanime par diverses autorités.  Le Rouge et le Jaune choisis pour le drapeau de la République se basent sur les couleurs du blason des "de Blehen".  Par une singulière coïncidence, ces deux couleurs sont aussi celles de la région wallonne.  A chaque fête ou occasion particulière, pas un blehinois ne manque d'arborer fièrement le rouge et le jaune sous forme de drapeau, fleurs, ballons ou décorations diverses.  Et des fêtes, il y en a eu pour marquer ce 25ème anniversaire ! Rendez-vous dans notre photo-reportage des fêtes de l'an 2000 pour plus d'informations...

Proclamation Solennelle de l’Indépendance de la République Libre de Blehen ci-devant ancien pays de Liège, département de l’Ourthe, canton d’Avennes

Cette plaque, située à l'entrée du village vous annonce l'arrivée en République Libre de Blehen...

Nous Président et Citoyens de la République Libre de Blehen, dûment réunis et mandatés à cet effet, à tous et à chacun, présents et à venir, salut confraternel.
Nous faisons savoir à tous ceux qui la présente lettre verront et orront que devant la haute cour de justice de Blehen appartenant aux Vénérables Seigneurs Chanoines de l’Église collégiale de Saint-Pierre en Liège, reconstituée bonnement en l’an de grâce Notre Sauveur dix-neuf cent soixante quinze, a comparu la Voix Unanime et Populaire qui a émis le voeu, ainsi conseillée de sa bonne et franche volonté, d’être libère, indépendante, souveraine, ainsi que exempte de toute forme de domination ou de tyrannie, occulte, déguisée ou apperte.
Par ces dires, notre pensée va tout spécialement à certains oppresseurs des individualités communales, réputés grands brimeurs devant l’Éternel, nous avons cité ceux de Hannut, près de Blehen, lieu que l’on nomme suivant le blason populaire bien connu: "les crottes å cou".
Puisqu’il nous est revenu, d’après ce qui se dit, que les susdits habitants de Hannut voudraient s’emparer de nos terres afin d’en faire mesurage, nous faisons savoir à la population et tenons à mettre en garde ceux susdits que, connaissant les limites et bornes du territoire blehinois, anciennement terre liégeoise, ne relevant que du caprice de Monseigneur l’Évêque de Liège et franche de toutes charges au regard du duc de Brabant, dont relève comme fief la dite ville de Hannut, et sachant aussi les vilenies dont l’enclave liégeoise a été victime au fil des siècles et des âges par ses puissants voisins, certifions que défendrons vigoureusement et hardiment le sol du pays et le patrimoine ancestral avec toutes armes convenables ou vilaines pour découdre jusqu’à mise en déroute complète des envahisseurs s’ensuive.
Nous adressant d’autre part aux bons villageois de Blehen, nous faisons savoir que nécessité est dès à présent d’entretenir milice pour rechasser chez lui tout agresseur éventuel avec sa queue au cul comme pour repousser ceux de Lens-Saint-Remy si ces manants s’avisaient de vouloir reprendre notre liberté chèrement acquise en mil huit cent quatre-vingt-seize.
Avons donc besoin en la nécessité pressante d’un corps de volontaires pour faire grosses et vilaines grimaces pour effrayer l’ennemi, tout comme d’un corps de femmes accortes trousseuses de jupons pour détourner l’attention des troupes hostiles ainsi que d’hommes résolus, habiles et dévoués pour manier projectiles et ustensiles, tels que pierres, cailloux, haches, bâtons, chausse-trapes, binettes et autres objets tant ménagers que d’agriculture; demande aussi est faite pour tenir constitution d’un corps très spécial de magiciens capables de lutter sur un second front avec tours de cartes, philtres, incantations et autres malédictions diaboliques visant à affaiblir le pouvoir de l’adversaire honni.
Qu’on se le dise !!!
Ainsi fait et mis en forme de loy, toutes précautions de justice prises, en le bon village de Blehen, l’an de grâce de l’Incarnation Notre Seigneur mil neuf cent soixante quinze, le IIIIIe jour de mois de juillet.
Enregistré le même jour du dit an à la Chancellerie de la République.
S’ensuivent les signataires.

Serment de l'An II, IVème jour de juillet

"NUL N'ENTRE DANS LE HESBAING
QU'IL N'EN SOIT CHASSE DEMAIN !"

Telle était la fière devise médiévale de nos belliqueux ancêtres au temps où les preux chevaliers hesbignons blasonnaient et où le parler d'oïl fleurait bon le langage patoisant.  Sage époque où l'on défendait des valeurs essentielles comme son lopin de terre, sa foi et son lignage ; époque heureuse où chaque paysan perpétuait en son dialecte les vénérables traditions de son village, niché à l'ombre de son clocher.
Mais que les temps ont changé ! Comme ce passé semble mort !
Les conditions de seigneur et manant ont tellement évolué ! Et tous les changements sont loin d'avoir été bénéfiques.  Ainsi la curieuse époque où nous vivons, en nivelant les avoirs, en confondant les individus, les classes, les races, les sexes, en uniformisant les lois, les plaisirs et les terroirs nous fait courir le risque de manquer d'originalité, pire, de nous déshumaniser.
Terrible danger qui nous guette : sombrer dans l'anonymat, être englué dans l'universelle médiocrité et, partant, cesser d'être nous-mêmes.  Ne plus être les fils reconnaissants de ce sol millénaire qui a fait lever les moissons des Eburons, les vergers de Rome puis les cultures franques avant de donner les vignobles du moyen âge et les humbles fleurs des champs qui s'agitent dans la brise d'aujourd'hui.
Heureusement, l'an de grâce 1975, grâce à l'initiative de quelques-uns et à la bonne volonté de tous, Blehen a vu la constitution d'une République Libre : le réveil de nos traditions avait sonné, en même temps que nos frontières devenaient sûres.
En effet, d'après la charte d'Indépendance, il a été prévu des milices pour battre nos campagnes tant au sud du territoire qu'à l'ouest : nous voilà donc à l'abri des Lensois et des hannutois, nos adversaires d'hier et d'aujourd'hui.
Cependant, citoyens, la vigilance reste à l'ordre du jour !  Nos traditions, que nous recherchons afin de les remettre en honneur, les générations futures peuvent les méconnaître ; si nous n'y prenons garde, le nom même de notre village bien aimé risque d'être rayé de la carte !  Le salut de la Patrie dépend de la façon dont chaque Républicain fera son devoir ; le serment prêté à la République engagera chacun de ses fils jusqu'à la mort, dans la voie de la Liberté, de la Fraternité et de la Tradition.
Votre signature, citoyen, apposée à la suite de ce document, sera le gage de votre fidélité à la mère Patrie et aura valeur d'obéissance à la devise de la République Libre et Indivisible de Blehen.


"QUE NUL N'ENTRE DANS BLEHEN
QU'IL N'EN SOIT CHASSE DEMAIN !"

Description originale du village - Blehen, la républicaine
Propos de Monsieur Jean Rosoux :

"Ces enfants du XXème siècle ont repris l'épithète républicaine pour qualifier les adeptes de son folklore.  Ils furent bien insipirés et respectueux d'une longue tradition.
Bien leur en pris et ils eurent en outre raison de parodier les hesbains au caractère frondeur et indépendant : "que nul ne traverse Blehen qu'il ne soit poursuivi le lendemain".
Son existence a toujours été marquée au sceau de ton grand désir d'indépendance.
Rebelle aux contraintes de pouvoir, tu t'émancipas de l'influence de deux communes entre lesquelles tu étais prise en sandwich.
Dépendant du comté d'Avernas, tu connus, comme toutes tes voisines, l'administration judiciaire des Ducs de Brabant.
Mais ton premier geste d'indépendance fut ton rattachement à la Principauté de Liège qui jamais ne fut soumise à la suzeraineté des divers empereurs qui annexèrent le sol belge à leur couronne.
Petite enclave liégeoise en terre brabançonne, tu eus à subir plusieurs incursions guerrières de la part des occupants des seigneuries voisines.
Quand les hollandais voulurent constituer les 17 provinces des Pays-Bas en annexant les nôtres à la couronne d'Orange, les maîtres des lieux te fusionnèrent avec Lens-Saint-Remy.
A la suite de l'expulsion des orangistes, tu devins indépendante, fière de ta liberté retrouvée, tu vécus heureuse pendant près de trois quart de siècle.
Les nobles qui vivaient dans un de tes châteaux se sont illustrés dans l'armée française, montrant en cela un profond attachement au pays où ont germé toutes les républiques.
Tout chez toi a un parfum ancestral : ta tombe romaine, ta villa gallo-romaine, ta potale Saint-Donat, tes croix et tes dalles funéraires, tes lieux-dits et ta confrérie.
Désormais, par la survivance du culte de saint Antoine et par les moines de son Ordre, ce folklore à nul autre pareil est resté dans les traditions abbatiales puisque les femmes n'y ont pas droit de cité.
Par tes chanson, par tes ripailles, par tes bures authentiques, par ton culte, par ta bénédiction des animaux, par ton amour des cochonailles, ton folklore blehinois est à présent un des apanages de ta renommée.
Pendant la guerre, tu as offert à la résistance ton aide, ta complicité et ton hospitalité, sachant que chez toi l'esprit d'équipe est un pilier de ton identité.
Tes châteaux, ta vieille ferme, tes demeures patriciennes sont autant de reliques d'une intense activité qui permettait aux humbles de vivre à l'ombre du clocher sans rechercher les attraits de l'industrie.
Seul ton tram à vapeur troublait un peu le calme paisible de ta vie campagnarde et rappelait que tu étais le trait d'union entre Hannut et Lens-Saint-Remy.
Toujours attachée aux traditions ancestrales, ta population a, comme les petits oiseaux du ciel, attendu que la terre lui donne son viatique.
Après la culture des cérérales, qui a atteint un niveau intensif qui frise la mégalomanie, tu t'es converti dans la culture fruitière.  On parle même de Blehen à la criée de Saint-Trond.
Ne laissant jamais ton idée républicaine sous le paillasson, lors de la fusion des 18 communes, tu sortis de ta coquille, tu surpris la vie politique du Grand-Hannut en sortant deux élus de urnes électorales !
Mieux, un de ceux-ci occupa le fauteuil mayoral.
Tu aurais sans doute souhaité qu'on l'appela Monsieur le Maire....
Pourquoi pas ?
Liberté, égalité, fraternité, salut à la blehenité.
"

Plan détaillé des Rµues et Portes de Blehen

 

Frontières
Pas de république sans limites précises et à Blehen les frontières ont pris une forme bien particulière : celles de Portes.  Mais pas n'importe comment ! Ici le wallon a été mis à l'honneur et presque chaque rue du village a 'sa' porte au nom typique et chantant.  Au calvaire de la rue Haute vous trouverez la "Pwète dé Westå". La rue de la Pâque s'arrête sur le "Molayn dé l'Espénètte" .  Dans la rue F. Dormal (la seule rue 'annexée' par la République, elle commence dans le village voisin), vous trouverez la "Pwète dèl Rowale Gravi".  La rue du Château abrite la "Pwète dé l'Inte-2-Vèyes", la bien nommée (entre les deux villages).  Et enfin, au croisement de la rue de la Concorde et de la rue de Boëlhe, la "Pwète dé Tèyou", où le l'Arbre de la république (un tilleul) abrite notre fière devise : "Que nul n'entre dans Blehen qu'il n'en soit chassé demain !".
Clicker sur l'image ci-contre pour plus d'informations sur les portes de Blehen

Gouvernement
Quoique folklorique, la République de Blehen a besoin d'être dirigée !  A cet effet, tous les 3 ans, l'élection d'un Président de la République enflamme les passions lors de la fête villageoise.  En 1999, un nouveau gouvernement a été mis en place pour soutenir la rude tâche du Président.  Celui-ci, non content de représenter le village en de maintes occasions, s'occupe aussi d'organiser le comité des fêtes qui coordonne la plupart des activités du village.  Une autre fonction, plus honorifique, est celle du Busé.  Quoique le Président soit élu pour 3 ans, des élections sont organisées chaque année afin de choisir le Busé.  Ou plutôt de ne pas le choisir, puisque sera Busé celui ou celle qui aura recueilli LE MOINS de voix.  Le village aura à coeur de le/la consoler et il/elle boira gratuitement pendant tout le week-end de la fête du village !  Consultez notre organigramme gouvernemental.

Fête du Village
Fête qui dure environ 3 jours avec un programme pour les petits et les grands.  Après le lever des couleurs à l'Arbre de la République, le samedi en début d'après-midi, les jeux intervillages opposent Blehen à d'autres villages de l'entité hannutoise.  Joutes amicales accompagnées de parties de pétanque et belote acharnées.  Le samedi soir est consacré aux élections, puis place à la musique et à la danse.  Le dimanche, la journée est axée sur une brocante ouverte à tous et où les animations ne manquent pas : tour en calèche, clowns itinérants, expositions de peintures, d'anciens tracteurs, animations musicales,...
Le lundi après-midi, la Confrérie St Antoine organise des jeux pour les enfants du village.  La fête se termine toujours en beauté avec "li cous' des vîs pal'tos", une tradition locale.  
Lever des couleurs à l'Arbre de la République de Blehen par le Président et le Busé
Dûment déguisés pour être méconnaissables, certains habitants du village en parcourent les rues à vélo.  Jusque là, rien de bien spécial, me direz-vous.  C'est ici que commence la difficulté.  Le reste des villageois (d'ordinaire nos aînés) les attend sur le pas de leur porte avec de quoi les désaltérer !  De pékêt en pékêt (bien frais, on est en juillet !), les tours de roue se font de plus en plus périlleux et il n'est pas rare d'en voir certains abandonner avant la fin du 3ème tour.... Les plus valeureux atteindront la salle des fêtes de la Concorde où ils seront invités à se démasquer et à danser pour la plus grande joie de tous. On se déguise comme on veut pour "Li coûs des vîs pal'tots"

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Mise à jour : 04 mars 2001