La maniaco-dépression est un trouble de l'humeur qui est aussi
appelé trouble bipolaire ou cyclothymique par les spécialistes.
Classiquement, la maladie compte une phase dite dépressive (basse) et une phase dite
maniaque (haute), d'où l'expression maniaco-dépressive ou affective bipolaire. Il faut
se rappeler cependant qu'il y a une phase «normale» où le fonctionnement de l'individu
est relativement adéquat. Chez certains individus, porteurs de cette maladie, on retrouve
des phases dites mixtes où il y a un mélange des deux phases.
Phase dépressive
La phase dépressive est caractérisée par :
A) Tristesse de l'humeur
L'individu a le coeur gros, il perd tout goût de s'amuser et est porté à pleurer, se
culpabiliser pour des choses du passé, se dévalorise, il peut se penser atteint d'une
maladie incurable et même souhaiter la mort.
B) Ralentissement de la pensée
Le sujet déprimé présente de la difficulté à formuler sa pensée. Ses capacités de
concentration et d'attention sont diminuées, ses réponses sont souvent monosyllabiques
comme s'il était incapable de formuler une phrase complète.
C) Ralentissement moteur
Toute activité devient pénible pour le déprimé. Il passerait ses journées couché,
parce que continuellement fatigué. Se laver, se brosser les dents, se nourrir, s'habiller
deviennent des corvées qu'il essaie d'éviter. Il reste souvent couché mais souffre
d'insomnie, préoccupé par ses idées pessimistes. L'idée suicidaire lui apparaît comme
la seule solution à ses souffrances indescriptives.
Phase maniaque
La phase maniaque est l'envers de la phase dépressive. Elle est
caractérisée par :
A) Exaltation de l'humeur
L'humeur du maniaque est exubérante, exaltée. Il ne s'agit pas là de la vitalité et de
l'optimisme que l'on retrouve chez les gens entreprenants.
Il a une extrême confiance dans ses pouvoirs et son charme. Il est convaincu et
convaincant. Il ne permet aucune critique devenant facilement irrité et colérique. Sur
le plan affectif, il a des aventures pour le plaisir de plaire, de connaître le
changement, sans penser aux conséquences possibles. Il a une absence totale d'inhibition
et de tact, ce qui peut amener des conséquences fâcheuses sur le plan familial, au
travail, etc.
B) Accélération du processus de la pensée
La pensée du maniaque est rapide, accélérée. Les pensées se bousculent au point que
le flot verbal ne peut suivre le rythme et il passe d'un sujet à l'autre, fait du
«coq-à-l'âne», parle-parle, jase-jase, même si son auditoire n'écoute pas.
C) Hyperactivité motrice
Le maniaque est toujours en mouvement. Il entreprend plusieurs projets en même temps,
dans lesquels il s'est engagé sans prendre le temps d'en examiner les détails afin d'en
apprécier la validité : son jugement est perturbé ; son activité sexuelle s'accroît
et va dans toutes les directions. Il ne connaît pas de limites à ses forces, ne prend
pas le temps de manger, il ne se sent jamais fatigué et a trop de choses à faire pour
penser à dormir.
Si son entourage essaie de le calmer ou de lui conseiller du repos, il devient irritable
et considère que ce sont les autres qui sont malades.
Les phases mixtes
Alors qu'habituellement les phases dépressives, les phases
maniaques et les phases dites «normales» se suivent, ce qu'on appellera un cycle, il
arrive que des symptômes dépressifs soit enchevêtrés à des symptômes maniaques : on
parle alors de forme mixte.
Les cycles rapides
On note généralement qu'un cycle est constitué par
une phase maniaque, une phase dépressive et une phase normale.
Quand il survient plus de 4 cycles dans une année chez un individu, on considère qu'il a
des cycles rapides.
Il peut arriver que le même malade présente plusieurs périodes maniaques et
dépressives au cours de la même journée.
Graphique sur la maniaco-dépression

Référence : Dr Jean Hillel