C'est ça Halloween ! Rencontre avec Jack O'Lantern  

 
M. Jack

Vous avez tous sûrement déjà entendu parler du mystérieux Jack 0'Lantern, personnage incontournable de Halloween. Et bien à force de scruter la nuit avec ma bonne vieille lampe électrique j'ai fini par tomber sur lui. Il a gentiment accepté de faire une courte pause dans son interminable ronde vers l'éternité pour se raconter ici et nous expliquer d'où vient son histoire. 
Du grand Jack dans le texte. Émotion.

Bolddo: "M. Jack, bonjour et bienvenue sur cette page qui vous est consacrée et grâce à laquelle vous allez, nous l'espérons, pouvoir vous réhabiliter auprès de notre public moderne."

Jack: "Bonjour et merci à toi fiston d'me recevoir ici. Je commençais à avoir un peu les j'tons avec tous ces mouflets en costume dehors... Merci à toi."

B: "Euh... oui... Je vous en prie. Hmm, Hmm, donc M. Jack, vous étiez encore récemment l'un des personnages les plus populaires de Halloween, on vous connaît d'ailleurs sous le nom de Jack 0'Lantern, mais il semble que votre légende soit aujourd'hui quelque peu controversée. N'est-ce pas ? ... Mais commençons par le bon bout, euh, vous êtes né en Angleterre c'est bien ça ?"

J: "Ah non ! Non, non, pas du tout ! Je suis né en Irlande, au pays des patates et des navets. Faudrait voir à r'voir tes fiches mon garçon !"
 

B: "Euh, oui, excusez moi, ah, ah, ah... Euh...Bien. D'après nos sources, un conte irlandais dont nous tairons le nom, excusez moi si les mots vous choquent, vous étiez connu à votre époque comme un ivrogne patenté et avare, est-ce exact ?"

J: "Boh, c'est vrai et c'est pas vrai. J'aimais bien avoir quek chose sous la paluche à m'verser dans l'gosier, normal non ? Alors si c'est ça être un ivrogne..."

Vivement une bonne pinte de Guinness !

B: "Oui, je vois, mais c'est tout de même de ce penchant que votre nom est venu à se faire connaître, n'est-ce pas ?"

J: "Ouais, si on veut. J'vous raconte l'histoire là ?"

B: "Euh, oui, je vous en prie."
 

Le portrait du méchant pas beau ! J: "Bon, c'était la nuit, vu ? J'avais l'nez dans mon Bailey's comme ça m'chantait de l'avoir deux ou trois soirs par semaine, quand un type qui dit qui s'appelle le Diable s'assoit comme ça à côté de moi et me demande mon âme. Sans déconner, qu'est-ce tu fais à ma place ? Moi ni une ni deux, j'perds pas mon souffle, j'fais semblant d'être dépité, j'commence à chouiner et à gémir comme une fillette,
et j'y demande un dernier verre. Mais l'malheureux il avait pas d'quoi payer et moi non plus, alors pour arranger tout le monde, et surtout pour faire vite, v'là qu'y s'transforme en une jolie pièce de six sous pour payer son coup, mazette, j'en avais pas vu des comme ça depuis des lustres. Alors forcément moi, je suis qu'un homme, j'ai des besoins, je la prends c'te pièce et j'la mets dans mon sac. Par chance, parce que j'y avais seulement pas pensé, mon sac avait une serrure en forme de croix, l'pauv' Diable, y pouvait plus sortir, et pour sûr que j'laurais pas laissé filer s'il avait pas juré craché de m'ficher la paix pour un an !"
 
B: "Et c'est donc ainsi que vous avez réussi à déjouer les tours de votre invité de dernière minute et à échapper à votre destin douze mois durant ! Vous êtes tout de même sacrément culotté !"

J: "Bah j'voudrais t'y voir mon garçon !! Moi qui n'avais jamais été contre un bon verre et un bon roupillon, avec le Diable assis à ma table je serais pas allé faire la sieste chez les taupes pour tout le whisky d'Irlande !"

B: "Je vois, et le Diable vous a donc laissé tranquille pendant un an. Et après cela, est-il revenu ?"

lien vers la galerie des vilains pas beaux !
Les Damnés, détail du Jugement dernier 
de Luca Signorelli (fin XVe siècle).

J: "Bah tiens, pour sûr qu'il est revenu... C'est qu'il avait de la suite dans les idées le filou !... Un an jour pour jour après notre rencontre, le v'là qui traîne ses gaitres du côté d'mon gastos. Aussi sec, je te l'attrape par la manche, et j'te l'ai si bien embobiné qu'il est pas revenu avant longtemps."

B: "Mais que s'est il passé au juste ?"
 

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Les tourments de l'enfer 
d'après un peintre portugais du XVIIIe siècle
J: "Boh, j'sais plus. Tout ce que j'sais c'est qu'j'avais franchement pas envie d'aller passer mon temps en enfer à me r'tourner les jointures des coudes et des genoux, et à m'arracher les ongles des doigts et des pieds tous les jours pendant mille ans, alors ça a dû me rendre persuasif je crois. M'enfin, l'a quand même juré de m'laisser pépère pour de bon."

B: "Mais toutes les belles histoires ont une fin, n'est-ce pas mon cher Jack ?"

J: "Tu l'as dit gamin! Y'a bien fallu que j'passe l'arme à gauche un jour. J'étais pas immortel. Bon, on peut pas dire que j'étais l'mauvais bougre, m'enfin l'paradis l'a pas voulu de moi, soit-disant que j'étais un élément perturbateur, et qu'avec le taux d'alcoolémie que j'avais dans le sang on pourrait jamais m'donner mes ailes. Trop dangereux qu'y disaient."

B: "Et pas d'enfer non plus, si j'en crois votre dossier."

J: "Nan, pas d'enfer non plus. Le Diable avait pas le sens de l'humour, il m'a viré de chez lui."

B: "Vous vous êtes retrouvé complètement démuni. Sans lumière ni repère. Quelle tristesse."

J: "C'est ça mon p'tit gars, pas de lumière, rien du tout. Bah, j'suis r'tourné voir le Diable, on a causé. En souvenir du bon vieux temps, il a fini par m'accorder un peu de charbon brûlant pour que j'puisse voir où j'mettais mes pieds dans le noir. Avec le peu de jugeote qu'y m'restait, j'ai pris le charbon, et je l'ai mis dans un navet que je mâchais... Ouais, j'l'ai pris le charbon..."
 

B: "Et ?..."

J: "Et j'ai été condamné à marcher avec ma lanterne, tout seul... jusqu'au jour du jugement dernier. Voilà, c'est mon histoire."

B: "Passionnant. Tout à fait passionnant mon cher Jack... Alors aujourd'hui les enfants utilisent des citrouilles, et non plus des 

Je marche seul ! tanana, tanana...
navets, qu'ils creusent pour faire de magnifiques lanternes, ils perpétuent ainsi votre souvenir en quelque sorte. Qu'en pensez vous ?"

J: "Moi c'que j'pense, c'est que c'est inhumain de laisser un pauv' mec comme moi errer tout seul dans l'noir sans une goutte de tord boyaux pour y r'monter l'moral. Et pis pour c'qui est des mouflets..., bah y peuvent bien faire c'qu'ils veulent. Parce que Halloween, j'suis p'têt radin mais faut bien l'avouer, c'est fait pour eux."

B: "Monsieur Jack merci pour cet entrevue et portez vous bien."

J: "C'est ça, bonjour chez toi, j'ai pas fini ma ronde."


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