Est-ce que la taxe Tobin est un rempart efficace contre les crises ?

Est-ce que la taxe Tobin est un rempart efficace contre les crises ?

Si la taxe Tobin est proposée à un faible taux comme c'est prévue, elle n'aura aucune efficacité dès lors qu'un pays s'est mis à inspirer une vive méfiance aux investisseurs internationaux et qu'il est, pour eux, devenu synonyme d'énormes pertes potentielles, une petite taxe ne va certainement pas les empêcher de rapatrier en hâte leurs capitaux. " Un taux de 0,1 % ne peut en rien atténuer des anticipations de dévaluations oscillant entre 10 et 30 % reconnaît un rapport établi par les députés Gérard Fuchs et Daniel Feurtet. La taxe n'aurait pas empêché la crise asiatique. " A chaud, la taxe Tobin est présentée comme inefficace, mais elle agit préventivement, en empêchant selon ses partisans les déséquilibres qui permettent les paniques.
D'où la théorie, pour gagner en efficacité, Henri Bourguinat (professeur a l'unversité de Bordeaux 4 et directeur du LAREFI) qui propose un système à 2 vitesses : une taxe de base permanente à un taux très bas sur les transactions ordinaires, à laquelle s'ajouterait une surtaxe en période de fièvre spéculative et de fluctuations excessives sur les marchés des changes. P.B. Spahn, économiste allemand qui reprit cette théorie explique que la taxe élevée fonctionnerait comme un dispositif automatique connu à l'avance des opérateurs, ce qui renforcerait l'aspect dissuasif de la taxe. Avec le temps, la crédibilité du dispositif pourrait conduire à ce qu'il ne soit jamais appliqué car les spéculateurs sauraient que si soudainement ils feraient une attaque spéculative contre une devise, le taux de la taxe grimperait jusqu'à les décourager. Les taux de change pourraient ainsi s'adapter de manière graduelle aux déterminants macro-économique de long terme, tels que les changements de productivité, ce qui éviterait la détermination de cours irréalistes, tout en évitant les fluctuations brusques de court terme pouvant dégénérer en mouvement de panique. Le recours à deux taux permet d'éviter l'une des faiblesses de la taxe Tobin dont le taux uniforme est soit trop faible et inefficace, soit trop élevé et pénalisant.
Enfin, rien n'empêche si cela ne suffit pas que les politiques nationales jouent aussi un rôle en prenant par exemple des mesures efficaces comme le système malais.

Expression de Ronald Reagan, président des USA de 1980 à 1988, pour désigner l'ennemi des Etats-Unis à savoir l'URSS et son système communiste

Retour au sommaire