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Politiquement correct/politiquement incorrect

                Question : comment se faire bien voir des " rebelles anti-yankees " lorsque l'on est un minable intellectuel aux idées rances ou un plumitif en quête de succès ?
                Il suffit de se déclarer " politiquement incorrect ", et là, assurément, vous vous détachez du lot ! ! Au fait, qu'appelle-t-on exactement le politiquement correct ?
                Ce phénomène est né il y a quelques années aux Etats-Unis, dans les campus où des intellectuels entreprirent de modifier certains abus de langage vis à vis des minorités. Ainsi, le mot anglais qui désigne un Noir est au fil des ans passé de " Nigger " (nègre) à " Negro " (moins péjoratif), puis " Black " ou " Colored people ", " Afro-Americain " et enfin " African-Americain ". Le même phénomène s'est produit à l'égard d'autres personnes (les sourds devenant des malentendants, les aveugles des non-voyants, etc...), ce que l'on retrouve également en France.
                 Certaines de ces appellations peuvent sembler exagérées voire grotesques, et ce à juste titre. En effet, si " Nègre " est insultant, on ne voit pas où réside l'injure dans le terme " Noir ". De même, pourquoi éprouver un certain malaise à employer le terme " Arabe " (qui englobe maladroitement de manière générique aussi bien les Arabes que les Kabyles et les Perses) en remplaçant celui-ci par " Beur " (Qui n'est que le verlan du mot " Arabe ") voire " Rebeu " (le verlan de " Beur ") ? Pas plus " Arabe " que " Noir " ne sont des insultes en soi. A partir de là, certaines personnes hostiles à ce genre de manipulations gratuites visant à se donner une bonne conscience se déclaraient " politiquement incorrectes " en appelant " un chat un chat ".
                Or, par extension, le politiquement correct a été rapidement associé par les vieilles ganaches d'extrême-droite à " l'extrême-gauche féministe intellectuelle des intello yankees ", et aux " droits-de-l'hommistes " français tant décriés par " National Hebdo ", " Minute " et le courrier des lecteurs du " Figaro ". Ainsi, il est devenu du dernier chic aujourd'hui d'affirmer dans les salons réacs que l 'on est " politiquement incorrect " à propos de toute idée un tant soit peu humaniste : " Vous savez, je suis politiquement incorrect moâ môssieu ! Supprimons le SMIC ! Renvoyons les immigrés chez eux et les femmes au foyer! Ne serait-il pas possible d'écouter un peu ce que M.Faurisson a à nous dire ? Ne vous offusquez pas de mes propos, puisque je suis politiquement incorrect ! ! " etc...
                Donc, paré de cette indéniable label de qualité intellectuelle qu'est le politiquement incorrect, de pauvres plumitifs signent des ouvrages traitant de l'immigration, des charges sociales écrasantes qui pèsent sur les épaules du Baron Ernest-Antoine de Seillières, tel le " Dictionnaire du politiquement correct " de Philippe de Villiers, en n'oubliant pas de faire figurer la formule magique bien en vue sur la couverture. Le dernier exemple en date est " National Hebdo " qui se définit " Journal politiquement incorrect ".
                Comme toujours, un excès en cache un autre, et le politiquement incorrect est devenu une aubaine pour répandre certaines thèses répugnantes.
                Aussi, si quelqu'un vous affirme un jour combien il est délicieux de ne pas être politiquement correct, gardez-lui donc un chien de votre chienne. Après tout, vous avez-vous aussi le droit de temps à autre d'être politiquement incorrect...