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LES THERAPIES COMPORTEMENTALES ET COGNITIVES
- Les TCC -
dernière mise à jour : 9 février 2004
L'approche tridimensionnelle (P. Lang, 1968)
Notre façon d'être, de réagir, peut se comprendre
au travers de
trois dimensions majeures, en interaction permanentes entre elles.

Les thérapies comportementales visent à modifier ces trois dimensions en agissant directement sur les comportements observables.
Les thérapies cognitives visent à les modifier en agissant directement sur les contenus de pensée.
Le comportement peut être compris ici comme nos actions, ce que l'on fait et ce que l'on dit. Ce sont tous les éléments qu'un observateur extérieur peut voir et entendre. Les spécialistes parlent ici de "comportement ouvert".
Exemple : Pierre croise Paul dans la rue, ce dernier ne le regarde pas...
Les cognitions
Les cognitions sont toutes les pensées, les "choses qui passent par la tête", les images et autres représentations mentales que nous construisons sans cesse. Ce sont donc des éléments qui ne sont pas visibles directement de l'extérieur. Les cognitions font pour cela partie du "comportement couvert".
Exemple (suite) : "Paul fait mine de ne pas me voir. Il n'a pas envie de me parler. Il ne m'aime pas..."
Les émotions sont ce que l'on "ressent".
En fait, il s'agit d'une interaction entre "les choses que l'on ressent" (le corps) et les cognitions, les pensées (le mental) qui "expliquent" ce que l'on ressent. Ces pensées vont donner une "couleur" ou "tonalité" particulière à ce que l'on ressent. Les émotions et les sensations font partie, comme les cognitions, du "comportement couvert".
Exemple : (suite aux deux précédents) colère... tristesse... sentiment d'abandon...
Parfois les pensées sont premières dans l'émotion, les sensations corporelles venant ensuite. D'autres fois ce sont les sensations qui sont perçues en premiers, les sensations étant attribuées à telle ou telle cause (interprétation).
Ainsi, si l'on injecte de l'adrénaline (hormone excitante) à deux groupes de personnes en leur disant qu'il s'agit d'un médicament pour mieux voir. Si on met ces personnes individuellement en présence d'un comparse (acteur) sensé avoir eu le même "médicament" et jouant, pour un groupe la joie et l'euphorie, pour l'autre, la colère : le premier groupe "expliquera" ses sensations par une émotion agréable, le second aura tendance à avoir une émotion plus négative (d'après Schachter et Singer). Dans cette situation ambiguë pour les sujets, leurs pensées ont "étiquetées" les sensations en une émotion particulière et cette "étiquette" a pris sa source dans l'environnement immédiat.
Les TCC sont adaptées au problème du patient. En fonction des études systématiques réalisées, le thérapeute choisira la méthode qui semble la plus appropriée au problème du patient.
L'ici et le maintenant
Les Thérapies Comportementales sont centrées sur la situation présente qui pose problème ou fait souffrir. Elles ne travaillent pas sur les causes profondes et passées. L'objectif n'est pas ici de mieux se connaître mais de changer.
Les Thérapies Cognitives vise également le changement du comportement problème mais passe par un changement des contenus de pensées voire des schémas mentaux profonds. Ces schémas - comme les comportements - se sont construits à travers les expériences passées et provoquent une distorsion, une mauvaise interprétation de la réalité. Il n'est pas utile de repérer la genèse de ses schémas. L'objectif est de les modifier, de les assouplir, de les rendre plus justes et de permettre ainsi d'avoir une meilleure qualité de vie. Il s'agit, comme le dit C. ANDRE, de passer d'un système "dictatorial" (pensée rigide, unique) à un fonctionnement "démocratique" (ouverture à d'autres possibilités, souplesse mentale…).
En pratique, les deux modes thérapeutiques - comportemental et cognitif - sont étroitement liés : un schéma cognitif modifié sera mis à l'épreuve de la réalité ; un changement de comportement modifiera progressivement un ancien schéma…
"Quand un homme a été blessé par une flèche, ce qui est important c'est d'extraire la flèche et de cicatriser la blessure, ce n'est pas de savoir le nom de l'artisan qui a fabriqué l'arc ni de quel arbre on a pris le bois qui a servi à faire la flèche" (Bouddha)
En pratique on observe un effet "boule de neige" : la résolution partielle ou totale d'une difficulté engendre un effet positif sur l'ensemble des comportements. La personne acquiert une capacité nouvelle d'auto-contrôle qui lui permet de généraliser les apprentissages mis en place lors de la TCC à d'autres situations. Ceci explique l'absence de "substitutions de symptômes" évaluée après plusieurs années dans ce type d'approche.
Les TCC construisent la thérapie dans une approche s'inspirant de la psychologie expérimentale :
En plus du repérage de ce qui motive la demande d'aide du patient, le thérapeute étudie la fréquence et l'intensité des symptômes, les circonstances dans lesquelles ils se produisent, les facteurs qui les modifient, ceux qui les maintiennent…
Il repère les réactions corporelles que provoque la situation angoissante ;
les circonstances dans lesquels les symptômes sont apparus la première fois ;
les conséquences familiales, sociales, professionnelles ;
les réactions de l'entourage et de la famille…
Il pourra s'aider d'échelles valides et de tests pour construire une "ligne de base", véritable référence de départ servant à mieux apprécier les effets de la thérapie sur les comportements.
Le thérapeute construit une hypothèse thérapeutique, elle s'appuie sur les cas déjà étudiés, croisés avec la spécificité du patient ou client.
Le thérapeute accompagne la personne dans un changement efficace et durable.
L'hypothèse de départ est évaluée au regard des changements effectifs du comportement problème visé. Une évaluation postcure est fréquemment proposée pour vérifier le maintien des bénéfices obtenus plusieurs mois ou années après la thérapie.
Les TCC demandent une implication personnelle. Le thérapeute donne ainsi des tâches à faire entre les séances : auto-observations écrites, entraînement comportemental, "épreuves" de réalité avec auto-évaluations, etc. Ces tâches à domicile sont aussi importantes que les séances elles-mêmes. Elles contribuent à l'efficacité des TCC et permettent de diminuer la durée du traitement.
Les thérapeutes en TCC remettent régulièrement à jour leurs connaissances, suivent de nouveaux stages de formation, se mettent au courant des nouvelles propositions thérapeutiques, des mesures et autres évaluations réalisées sur différentes populations, etc.
Les psychothérapeutes cognitivo-comportementalistes sont plus directifs et plus actifs que dans la plupart des autres thérapies : ils proposent des actions concrètes, donnent des conseils, en discutent avec le patient qu'ils encouragent à être critiques…
L'alliance avec le thérapeute est indispensable et la confiance constitue à coup sûr un levier important de la guérison. Il s'agit d'une relation thérapeutique que l'on compare souvent à la collaboration de deux savants qui élaborent des hypothèses en commun.
Les TCC sont des thérapies contractuelles. A la fin de l'analyse fonctionnelle et après avoir donné des informations sur le déroulement de la thérapie en termes de durée approximative, coût, méthode, modèles… le thérapeute propose un véritable contrat d'engagement réciproque (manuscrit et signé par les deux parties dans les pays anglo-saxons). Le thérapeute s'engage à tout mettre en œuvre pour améliorer le comportement problème préalablement défini, le patient à être actif dans la thérapie (cf. patient actif).
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Les Thérapies Comportementales et Cognitives. |
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100 r de la Santé, 75674 Paris 10 av Gantin, 74150 Rumilly |
Les thérapies comportementales s'appuient sur les théories comportementales de l'apprentissage, notamment sur le conditionnement opérant (Skinner 1951) en utilisant des renforcements positifs face à un comportement se rapprochant du comportement souhaité. Ces renforcements (R+) - dont les renforçateurs affectifs et sociaux - sont, par exemple plus efficaces que les punitions pour l'acquisition d'un nouveau comportement. Il s'agira donc de désapprendre un comportement problème en le remplaçant par un nouvel apprentissage : cela nécessite d'entrer en action et non de s'en tenir à la réflexion, à l'analyse ou à la recherche des causes profondes et initiales. La compréhension, en effet, ne suffit pas pour changer.
Les thérapies cognitives s'appuient sur les travaux de la psychologie cognitive, notamment sur le modèle du traitement de l'information (Beck, 1963, 67, 76...) avec les notions d'événements cognitifs (pensées), de processus (biais ou distorsions de la perception) et de schémas cognitifs (croyances en mémoire à long terme) ; les modèles cognitifs de la dépression (Seligman, 75) ; la théorie des attributions causales (Abramson, Seligman, Teasdale, 78).
Table I Début I Bibliographie
Consultez également www.sophrologie-info.com
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