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L'e-zine des musiques improbables et des démarches artistiques novatrices

 

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SOMMAIRE de ART ZERO numéro 13

Paru le Lundi 17 Août 1998. Pour tout abonnement/commentaire/collaboration

email : artzero@hol.fr

Homepage: http://www.mygale.org/~bsadour/

 

1/ MUSIQUE

 

— INTERVIEW: Gary PARRA: « that’s not all folks! »

— INTERVIEW: Discord Aggregate conjuguent free jazz et Rock In Opposition

 

— REFLEXION: "Quelles musiques pour demain ?", un article de Frédéric Rossille

(Deuxième partie)

 

— Chroniques de disques:

 

            Martin ARCHER: Ghost of Lilly Cascade

            ASK: Disconnected Bliss (table ronde)

            Christian CALON: Les Corps éblouis

            Annette VANDE GORNE: Impalpables

            V.A.: Miniatures Concrètes

            CHARMING HOSTESS: Eat

            DISCORD AGGREGATE: The attack of the Absolute Zeros

            DJAM KARET: Burning the Hard City

            DJAM KARET: The Devouring

            FIG LEAF: The Humble Poet

            FILLE QUI MOUSSE: Trixie Stapelton 291 se taire pour une femme trop belle

            FLYING STARFISH: Ohm

            GENF: Import/Export

            Tim HODGINKSON: Pragma

            Diane LABROSSE - Ikue MORI - Matin TETREAULT: Ile bizarre

            Miya MASAOKA Orchestra: What's The Difference Between Stripping And

                                                                 Playing The Violin ?

            Joe MORRIS, Ken VANDERMARK & Hans POPPEL: Like Rays

            PLURAMON: Render Bandits (table ronde)

            REDSHIFT: Redshift

            Jon ROSE: The Fence

            Walter THOMPSON Orchestra: The Colonel

 

— CONCERTS (par ordre chronologique):

 

FRANCE: Cinémathèque des Halles / Festival de Corbigny/ Festival Vu d’un Œuf / Concerts Prog la vie: Par Lindh Project & Sens / Ars Nova & Halloween / John Wetton / Karl Heinz Stockhausen / Helmut Lachenman / Festival Aux Arts / Akosh S Unit/ RCV festival: Present & Bondage Fruit; Volapuk & Denis Frajerman le Chiendent / Festival de Lavenet / Albert Marcœur /Musique Action 99 (préprogramme)

 

ETRANGER: Sabotage Tour

 

— BREVES:  Species Being (chronique + infos live) / Bleu Banane / Improjazz / Startist’ (chronique) / Création Musicale site / Art Zoyd 1999  /Art pour Art / La pluie et le beau temps

 

— Nouveautés disques (mis à jour)

 

 

2/ LITTERATURE

 

— TEXTE: "Poilant (G.K.)" de Anne Ramade

Deuxième partie

Benoît Carbonel ‘Porridge, Porridge’

Pauline Alban ‘Ciel au-dessus des hommes’

Mathilde Sorregueniève ‘Les plis du tapis’

Jean-Luc Froissard ‘L’épagneul et la cerise’

Patrick Bremond ‘Iris, Osiris’

Yves Faidherbe ‘Petit traité des évidences ’

 

3/ LIENS

 

4/ CREDITS ET APPELS A PUBLICATION

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MUSIQUE

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Interview de Garry Parra

par Xavier Gombert et Jérôme Schmidt

 

 

 

Force percussive des meilleurs groupes Rock In Opposition américains des années 80, Garry Parra a oublié ses joies et déboires connus au sein de Cartoon dont la carrière s’est arrêtée à Paris, devant une bière, alors que le camion contenant instruments et argent se ‘volatilisait’... Avec son nouveau projet TRAP, il a démontré son aptitude à maîtriser une musique zappaesque et hachée et, avant de revenir dans des projets comme le très planant ‘Spaceship Eyes’ ou le plus progressif ‘Noisy Neighbors’, Garry Parra donne son point de vue et confirme bien qu’après Cartoon, ‘that’s NOT all folks’!

 

 

AU COMMENCEMENT…

 

Vous avez fait partie de nombreux groupes comme Cartoon puis PFS, et d'autres nouveaux projets comme TRAP et SPACESHIP EYES ? Quelles sont selon vous les différences entre tous ces projets ?

 

CARTOON était un groupe très spécial qui était fait pour jouer des morceaux classiques/rock-in-opposition, sans compromis et dans le style de musique des dessins animés classiques de la télévision avec lesquels nous avions grandi. PFS a été obligé d'ajuster le tir après la disparition de CARTOON et de suivre un format de musique plutôt post-classique avec des samples supplémentaires et des aides visuelles telles que des films 16mm, des diapos et des jeux de lumière dans l'esprit du théâtre. Les concerts live ressemblaient plus à des représentations théâtrales musicales. Nous étions un des rares groupes à jouer de la musique pour films muets. Comme PFS ne pouvait pas, en tant que groupe, créer de nouvelles compositions de qualité, nous avons décidé qu'il valait mieux prendre d'autres directions. C'est alors que naquit TRAP. C'était mon idée, un groupe composé de musiciens de diverses influences qui pourraient apporter leur "style" individuel aux compositions. Et pourraient faire de chaque composition une pièce unique ! J'espère pouvoir continuer à toujours faire appel à de "nouveaux" musiciens pour chaque CD de TRAP, afin de donner à chaque album un son unique. Le style de musique sera toujours du genre rock-in-opposition.   SPACESHIP EYES est le projet de Don Falcone dans lequel j'ai simplement joué de la batterie pour ajouter une "vraie" batterie acoustique à un genre très électronique… Les compositions étaient déjà terminées et j'y ai juste ajouté mon style individuel de batterie aérienne. Don a ensuite joué sur les sons de batterie pour les intégrer au son des compositions individuelles. Actuellement je travaille sur un projet, NOISY NEIGHBOR, qui ressemble du point de vue du son à un croisement de AREA et GENESIS. Rien qu'avec le clavier et la batterie, le son est plein de compositions puissantes. Nous avons développé tous les deux ces compositions au cours d'improvisations qui sont devenues des compositions formelles. En live nous ajoutons une chanteuse pour créer une atmosphère théâtrale typique des débuts de GENESIS. Le groupe fera ses débuts avec PRESENT ici à Phoenix en mai 1998.

 

Quelle a été votre formation musicale avant CARTOON ?

 

Je joue de la batterie à un niveau professionnel dans divers groupes depuis 1972 — des groupes principalement influencés par d'autres groupes comme ELP, YES, GENESIS, etc… C'est en 1978 que j'ai rejoint CARTOON pour jouer le type de musique que j'aime vraiment ! Depuis, je me considère plutôt comme un percussionniste/ compositeur.

 

Quelles sont vos principales influences ? On parle souvent d'Univers Zéro ?

 

En batterie, mes influences vont de Bill Bruford à Daniel Denis en passant par Chris Cutler. Oui, je crois que j'ai acquis un style de batterie "personnel" qui sera toujours non conventionnel et unique. Mes compositions seront toujours influencées par les pionniers du rock-in-opposition : ETRON, SAMLA, UNIVERS ZERO, HENRY COW ! Tout en essayant de rester unique et à l'avant-garde… en respectant le genre…

 

L'un des aspects frappants de vos compositions est également l'omniprésence de la musique classique. Peut-on dire qu'elle est à l'origine de votre musique, et jusqu'à quel point ?

 

La touche classique de ma musique vient de Bartók et Stravinsky, qui me touchent profondément. Scott Brazieal de CARTOON m'a beaucoup aidé à comprendre la mathématique de ces maîtres ! Les groupes rock-in-opposition ont été fortement influencés par des compositeurs de cette envergure.

 

SPACESHIP EYES est un album plutôt orienté rock progressif, comme HAWKIND, comme la musique ambient aussi. Cette influence est-elle importante pour vous  ?

 

SPACESHIP EYES a été un tournant pour moi. J'ai senti que par mon style unique de batterie je pouvais apporter quelque chose au genre space-rock. Je ne me sens pas complètement motivé par ce style mais j'espère toujours atteindre de nouvelles limites avec d'autres musiciens de grande pointure — en essayant de ne pas me limiter à mon propre genre.

 

Parmi vos différentes activités musicales, TRAP semble à part — plus proche de ZAPPA, plus personnel peut-être. Ai-je raison ?

 

Oui, TRAP est très personnel ! TRAP oscille entre le progressif et l'avant-garde tout en essayant de réunir les divers goûts musicaux du public. En essayant toujours de créer différentes perceptions de la pensée musicale. Un peu comme le maître Frank Zappa… Pas de concessions. Jamais conventionnel.

 

 

ROCK IN OPPOSITION

 

Pensez-vous être "In Opposition", d'un point de vue musical et personnel ? Croyez-vous alors que toute création doive produire un état de violence à l'ordre prédéfini de la société, ou que vous faites seulement de la musique pour l'amour de l'art ? En d'autres termes, pensez-vous que l'acte de la création musicale est directement politique ?

 

Dans le domaine musical, je me suis souvent senti "in opposition". Mon style de batterie apparaît souvent "étrange" à certains et très "créatif" à d'autres. Je pense que l'on doit rester "fidèle" à la musique et ne jamais mettre en péril sa validité ou sa substance. Donc ma musique est "Rock in Opposition".  D'un point de vue politique, je ne pense pas que la politique doive entrer dans l'environnement musical. Ni en dicter la substance. Je suis entièrement opposé à toute forme de censure… La musique est un art et ne devrait jamais être censurée !!

 

Vous sentez-vous plus proche de nouveaux groupes RIO comme U TOTEM, 5UU's, ABSOLUTE ZERO, THINKING PLAGUE, SCROOGE, etc.. ou de groupes plus anciens comme SAMLA, UNIVERS ZERO, PRESENT, HENRY COW, etc... ?

 

Comme je l'ai dit plus haut, je suis plus proche des premiers groupes RIO. Je crois que CARTOON a été l'un des tout premier groupes RIO aux Etats-Unis (avec MUFFINS)...

 

Certains groupes, comme U TOTEM, créent des concept-albums ("Strange Attractors"). Cela vous a-t-il déjà tenté ?

 

Tous les albums dans lesquels j'ai joué ont une cohérence bien à eux. Afin justement de donner une direction, comme dans un concept-album. Rien n'est fait au hasard dans mes projets. Chaque composition a un but particulier et sa place est réfléchie.

 

Croyez-vous en ce renouveau de la musique RIO qui semble se produire actuellement ?

 

Je crois que nous vivons une résurgence de la musique progressive en général… L'âge du disco a tué la musique progressive, et maintenant que le disco est mort lui aussi, nous avons un renouveau de la musique RIO…

 

 

COMPOSITION

 

Les musiques de CARTOON et PFS sont très complexes, avec diverses couches instrumentales. Etait-il facile de les jouer en live ? Si oui, comment ?

 

Ces musiques étaient "meilleures" en live ! En développant les compositions au gré de nos improvisations nous donnions à chaque spectacle une touche de spontanéité unique. De plus, nous étions toujours en rythme avec l'aspect visuel de la musique car il n'y avait pas de paroles. Nous avions toujours un équipement de pointe pour venir à bout de toutes les situations possibles, et nous répétions très bien. La plupart d'entre nous jouaient de divers instruments pour parvenir à créer les sons de chaque album. Tous ceux qui assistaient à un concert étaient contents du résultat et toujours surpris par le contenu.

 

Quelle est l'importance respective de l'improvisation et de la composition dans les musiques que vous jouez ?

 

L'improvisation est l'élément le plus important de la composition. C'est ce qui donne à la musique sa "fraîcheur" et sa "magie", qu'on ne pourrait pas avoir autrement. Elle permet aux musiciens d'ajouter chacun leur touche et leur qualité personnelles. Une structure et une forme peuvent naître de l'improvisation. Je crois que cela s'apprend en expérimentant sans relâche dans le champ musical. Si on ne fait pas attention, cela peut devenir très chaotique et bruyant!

 

L'utilisation de samples par PFS était-elle un moyen de créer d'autres "lignes de fuite", d'apporter des significations supplémentaires en se référant à d'autres compositions musicales ?

 

Oui, c'était une façon d'utiliser des messages "non musicaux" existants dans un contexte musical. Et, encore une fois, une façon d'ajouter des paroles à une musique qui n'en a pas…

 

Il y a actuellement au Japon une grande école musicale qui envisage la musique uniquement par le biais de samples. Vous sentez-vous proche d'une telle approche ?

 

Non, je fais partie de l'ancienne école, nous manipulons les machines comme des outils… C'est comme les batteries acoustiques contre les batteries électroniques : elles n'ont pas d'âme. Cela ôte l'esprit même de la musique.

 

Vous n'avez jamais intégré de paroles dans vos musiques. A une époque où des groupes comme PRESENT ou UNIVERS ZERO reviennent sur scène avec des chanteurs, pensez-vous bientôt intégrer des paroles à vos compositions ?

 

Dans TRAP j'ai ajouté des voix féminines non mélodiques pour créer des sons manipulés moins électroniques. Et qui sait si à l'avenir je n'aurai pas de véritable chanteur ? Je ne veux pas éliminer l'hypothèse par avance. L'avenir nous le dira…

 

En ce cas, serait-ce seulement pour la musique ou pour donner une sorte de sens figuratif par le biais de textes ?

 

Je serais très strict sur le "texte" en question et il me faudrait un grand chanteur, unique en son genre !

 

Pensez-vous qu'il serait bon de "nationaliser" votre musique ? Je veux dire que, selon moi, elle est très européenne (comme MIRIODOR par exemple) à l'opposé d'autres groupes. Diriez-vous la même chose et avez-vous eu une bonne réception en Europe ?

 

J'ai toujours voulu que ma musique soit nationalisée. Je trouve que mon style est en harmonie avec les musiques outre-Atlantique. Et pourtant chaque pays garde sa propre identité musicale. Et on ne peut rien y changer. Pour moi, MIRIODOR fait franco-américain, HAPPY FAMILY fait japonais, ANGLAGARD fait scandinave et je fais américain… et pourtant nous sommes tous progressifs dans notre style. J'ai la grande chance que ma musique soit appréciée partout dans le monde.

 

 

‘GOING TO THE NEXT LEVEL’

 

Quels sont vos prochains projets musicaux ?

 

Je viens juste de finir un album avec NOISY NEIGHBOR et je vais commencer le prochain album de TRAP. Je vais continuer à jouer pour de nombreux projets d'autres musiciens et resterai ouvert à tous les genres de musiques progressives de haut niveau…

 

Avez-vous déjà pensé jouer avec un orchestre de musique classique ou pensez-vous que cela donne souvent des résultats pompeux ?

 

Encore une fois, je ressens le besoin de ne jamais me limiter musicalement, et si quelque chose pouvait se faire avec un orchestre classique alors je m'arrangerais pour que la musique en question soit unique et loin d'être pompeuse !!

 

Avez-vous envie de faire d'autres tournées ou pensez-vous que maintenant il n'y a plus de public que pour les albums ?

 

Les tournées sont la meilleure façon pour moi de faire entendre ma musique… Je ne me suis jamais inquiété du nombre de dollars que je pourrais faire ou ne pas faire. Ma devise a toujours été : "Je suis prêt à payer pour jouer". Pour moi, c'est une passion que de pouvoir jouer bien, et dans les meilleures conditions. Si je ne peux pas le faire, alors je ne le fais pas.

 

Quel serait votre rêve musical ?

 

Comme d'autres musiciens, mon grand rêve serait de continuer à jouer de la musique sans aucune concession tout en gagnant assez d'argent pour en vivre et tout en gardant le public le plus nombreux possible jusqu'à l'âge de 100 ans et au-delà !

 

 

* Cartoon et PFS sont disponibles via Cuneiform:

http://members/aol.com/cuneiform2/

cuneiway@aol.com

 

* Trap est la première réalisation du label Gazul de Muséa:

http://www.id-net.fr/musea/

museaorder@id-net.fr

 

e-mail de Garry Parra: trapsz@aol.com

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Interview DISCORD AGGREGATE

Juin 1998 par e-mail

par Jérôme Schmidt

 

 

Aux croisées du free-jazz et du théâtre contemporain, Discord Aggregate, collectif artistique américain aux obsessions paranoïaques. Pour accompagner la sortie de leur album déroutant, explication des concepts par les acteurs même...

 

En guise de préambule, y aurait-il un lien quelconque entre vous et le groupe américain d’avant-garde RIO, inspiré de Zappa, ABSOLUTE ZERO ?

 

S.B. Reda: Le seul lien me semble être une utilisation des mots de pure coïncidence. Un de mes amis a acheté le CD en pensant qu'il avait quelque chose à voir avec notre projet. Cela a aiguisé ma curiosité et j'ai demandé si je pouvais l'écouter. Ce soir-là, le groupe s'est assis et a écouté la première minute : nous n'avons pas été impressionnés. Il n'y a vraiment aucune connection avec le non-opéra, que ce soit d'un point de vue conceptuel ou stylistique.

 

Comment définiriez-vous votre musique ? Personnellement, je dirais un croisement de RIO et de sons d'avant-garde. Aurais-je raison ?

 

SBR: Je dirais que c'est un croisement de A. Molotkov, Pamela Zero, et S.B. Reda. En tant qu'artistes, notre première obligation essentielle vis-à-vis de notre travail et de nous-mêmes est de créer quelque chose d'original. En ce qui nous concerne, le seul point commun que nous ayons avec d'autres types de musique est que nous avons recours à une instrumentation conventionnelle, traditonnelle, et à un langage reconnu.

 

Alexander Molotkov: Je ne pourrais pas définir notre musique d'une manière ou d'une autre. Les styles et les directions sont définis par les critiques et le public pour rendre plus aisée la perception de l'art, mais la responsabilté de tout artiste sérieux est de rejeter toutes ces définitions. Dans nos projets musicaux, nous essayons de créer de nouvelles règles et de nouvelles relations — c'est-à-dire, en gros, un nouveau style. Ceci n'implique pas que ce nouveau style n'a rien en commun avec les styles déjà existants. En fait, la plupart du temps, le nouveau style est une combinaison de styles déjà établis. Dans le cas du non-opéra ces styles incluent, entre autres, le free jazz, l'opéra, le texte parlé, etc…

 

Pamela Zero: Heureusement, l'un des merveilleux avantages quand vous quittez le monde abrutissant de la musique mainstream est que vous pouvez laisser tomber les étiquettes et les définitions. "The Attack of the Absolute Zeros" ne correspond à aucun type de musique connue.

 

Vous semblez être assez obsédés dans votre musique par les "Zéros". Quel en est le sens premier — et peut-être allégorique ?

 

SBR:  Dans l'histoire, les zéros arrivent sur terre, l'attaquent, se multiplient et dévorent tout — ils sont la représentation de tout ce qui est vide, incapable de penser — par simple jeu de stimulation. Mais c'est juste un mot. C'est le concept qui est important. Par exemple, le mot aurait pu être "poignée de porte" et l'obsession pour le concept qu'elle représente resterait la même.

 

AM:  "Zéro" est un mot multidimensionnel : il a toute une série de sens différents et voilà pourquoi on l'a utilisé dans "The Attack of the Absolute Zeros" — en tant que valeur mathématique, mesure de la température et (dans son sens allégorique) référence au vide de l'esprit et à la faillite spirituelle d'une majorité écrasante d'êtres humains.

 

PZ:  "The Attack of the Absolute Zeros" est seulement l'un des projets sur lesquels DISCORD AGGREGATE a travaillé.  La répétition de Zéros dans le CD est simplement due au fait que tout le disque est un gigantesque non-opéra sur le même sujet. "The Texture of the Sky" (un des projets sur lequel nous travaillons actuellement et qui inclue un roman interactif, un CD Rom et un CD) ne se réfère à aucun "Zéro". Toutefois, après avoir écouté "The Texture of the Sky" on pourrait dire que DISCORD AGGREGATE est obsédé par le rêve et l'inévitable vampirisme de toute entité omnipotente.

 

Qu'est-ce que le "Zéro Absolu" pour vous?

 

SBR: Une poignée de porte.

 

AM:  Un individu dont les préoccupations ne dépassent pas les événements, pensées et actions de tous les jours (voir n° 3). Globalement, on appartient à l'une de deux catégories : ceux qui veulent ressembler aux autres et ceux qui chérissent leur individualité. Les premiers ne sont que des zéros.

 

PZ:  Eurodisney.

 

Vos textes semblent pluôt connotés d'un point de vue politique. Pensez-vous que toute création musicale soit directement politique ?

 

SBR:  Malheureusement, la plupart des actions artistiques semblent dictées par la politique car il est beaucoup plus facile de se voir reconnaître par le public lorsqu'on affiche une cause populaire. La confusion artistique de ce type n'a aucune place dans notre œuvre. En fait, nous nous fichons bien de n'importe quelle situation politique; nous laissons cela aux politiciens !

 

AM:  Je crois qu'une véritable action artistique ne peut être que non politique. L'artiste est un serviteur de l'avenir alors que le politique sert le présent et n'est donc pas un artiste. Je ne veux pas dire que faire de la politique n'a jamais aucun sens. Un véritable artiste rejette la politique, qu'il considère comme un jeu ridicule pour des gens assoiffés d'argent et de pouvoir et qui n'a rien à voir avec la réalité. Ce siècle a vu de nombreux artistes réduits à la médiocrité pour avoir voulu être politiquement corrects (ou incorrects). Mon sentiment est que toute structure politique est une insulte à la race humaine et ce n'est que parce que nous sommes des idiots que nous devons toujours passer par elles.

 

PZ:  Toute interprétation politique de notre œuvre est la responsabilité (et la faute) de celui qui l'écoute.

 

Pourriez-vous nous présenter votre travail de groupe comme un ensemble multi-artistique ? Quels sont vos buts et vos actions ?

 

SBR:  Notre but, tout simplement, est de créer un morceau original, sans nous soucier du genre, qui soit guidé par le désir d'être original et progressif dans un monde où l'on méprise l'originalité et la progression. Nous voulons secouer les têtes du monde et leur montrer que la vie est bien plus que ce qu'ils en connaissent depuis le début, que l'horizon est beaucoup plus lointain que ce qu'ils avaient toujours pu imaginer.

 

AM:  Nos buts en tant que groupe multi-artistique (je suppose que la question concerne notre travail dans des genres différents) sont d'agrandir nos horizons, de créer beaucoup d'art étonnant sous diverses formes artistiques, d'inventer de nouvelles formes d'art, d'introduire un précédent d'attitude résolument innovative face à l'art et une image de l'artiste en Surhomme puissant. Nous aimerions échapper au paradigme de l'artiste comme professionnel hautement spécialisé (comme dans l'opposition écrivain/peintre/musicien/sculpteur…) sans pour autant compromettre la qualité de chacune des composantes. Ceci, me semble-t-il, est la mission d'une vie, et une mission digne de ce nom.

 

PZ: DISCORD AGGREGATE est un groupe d'artistes dont le but est de toujours repousser les limites de l'art. En s'attaquant à toutes les formes d'art, les membres de DISCORD AGGREGATE veulent explorer les limites de l'art déjà existant et créer une œuvre provocante. Le résultat d'une telle implication est une production artistique nourrie, incluant plusieurs romans, un recueil de nouvelles, un non-opéra, de nombreux morceaux musicaux et diverses peintures. Nos projets en cours incluent "The Texture of the Sky" (mais aussi "Living Backwards" — un CD a-capella explorant les nombreux méandres du temps et de la physique.

 

Quelles sont vos origines et influences musicales ?

 

SBR:  Je suis complètement influencé par le fait de ne pas être influencé par la musque que j'ai pu entendre.

 

AM:  Personnellement je viens de nulle part : je viens juste d'ajouter la musique à ma liste. Les influences sont très diverses : il est donc impossible de les nommer.

 

PZ:  J'ai commencé à étudier le chant à 4 ans et j'ai grandi sous l'influence de la musique européenne du début de la Renaissance. Après avoir travaillé pendant plusieurs années dans des boîtes de Los Angeles j'ai étudié au California Institute of the Arts et j'ai alors commencé à me concentrer plus particulièrement sur la composition chorale a-capella d'avant-garde.

 

En tant que français, je dirais que votre musique semble très américaine mais aussi contre-culturelle. Comment expliqueriez-vous ma réaction ?

 

SBR/AM: Impossible à expliquer. Peut-être que les morceaux de jazz sonnent américain mais nous ne le sentons nulle part ailleurs (à part le fait que ce soit de l'anglais). Contre-culturel ? Certainement, comme tout ce qui en vaut la peine.

 

PZ:  "The Attack of the Absolute Zeros" est plus ou moins fondé sur un style free jazz — d'où le côté américain. Quant au côté contre-culturel, l'idée de travailler contre une culture établie me semble aussi limitée que l'idée de travailler pour une culture établie.

 

D'un point de vue musical, vous sentez-vous proche de Absolute Zero, 5Uus, U Totem, Motor Totemist Guild, Henry Cow, etc...

 

AM:  Nous avons déjà discuté du premier groupe.  Henry Cow est le seul autre nom familier, et bien sûr, tout ce qui est lié à Fred Frith est inévitablement intéressant. En fait, je pense que c'est l'un des musiciens les plus importants aujourd'hui. Mais m'en sentir proche musicalement, non ! Notre travail est justement fait pour être étonnamment original. Nous essayons de faire en sorte qu'il ne ressemble à rien d'autre. Donc nous nous sentons plutôt loin des autres groupes et non proche d'eux.

 

PZ:  J'ai bien peur qu'il me faille encore trouver un groupe ou un artiste dont je me sente proche en tant qu'individu ou membre de DISCORD AGGREGATE.

 

Quelle est la réaction du public américain ? Quelle est la situation d'un tel type de musique sans concession ?

 

DISCORD AGGREGATE:  Heureusement, la situation de "The Attack of the Absolute Zeros" est indépendante de la réaction du public. Toutefois, la réaction est en général assez enthousiaste. Les gens aiment l'idée que le CD soit une production solide depuis la musique jusqu'à l'insert. La situation en général ? Nous n'avons pas encore la réponse. C'est notre premier CD, lancé il y a huit mois, et quoiqu'il ne nous ait pas encore rendus riches, il est trop tôt pour être déçus. Nous espérons que surgira une opinion souterraine qui, lentement mais sûrement, éduquera la scène musicale dans le monde entier.

 

En fait, ce néant que vous citez dans de nombreuses paroles d'une façon presque punk/anarchiste (vous dites aussi "pas d'avenir" !) n'est-il pas une représentation de la culture de masse américaine et mondiale ?

 

SBR:  Aujourd'hui nous sommes aussi certains qu'il n'y aura pas d'avenir que nous l'étions il y a un siècle ou que nous le serons dans un siècle. Tant que les standards artistiques des individus continueront de baisser, l'avenir (et le passé) seront pleins d'amusements mièvres, donnés à la petite cuiller, qui calent l'organisme biologique le plus limité. "The Attack of the Absolute Zeros" (comme toutes les autres œuvres de Discord Aggregate) est un combat contre cette calamité, un combat pour préserver l'espoir que les sociétés de demain auront peut-être un but intelligent.

 

AM:  Tout à fait !  Mais c'est aussi plus que cela.  Tout au long de l'histoire nous pouvons voir que toutes les sociétés avaient une minorité d'esprits intelligents soucieux de la vie de l'esprit et une majorité d'individus terre-à-terre qui se contentent de vivre. C'est pourquoi "The Attack of the Absolute Zeros" serait aussi bien d’actualité dans la Rome Antique que dans deux millénaires. C'est ce que je voulais dire tout à l'heure quand nous avons parlé de politique. Le CD est assez abstrait pour présenter un visage personnel à chaque auditeur. Ton interprétation est peut-être tout à fait différente de la nôtre, et pourtant elle est tout aussi valable. L'Art ne devrait jamais être trop limpide !

 

PZ:  Quand nous avons écrit la musique de "The Attack of the Absolute Zeros" j'ai essayé de montrer l'uniformité abrutissante du monde des "Zéros" et les résultats navrants qui sont la conséquence inévitable d'une telle banalité. Je crois que quelle que soit la situation, on trouve cet environnement aux Etats-Unis ou dans ta ville pour aller travailler, et le fait de reconnaître la nature faible des normes sociales qui nous entourent est le premier pas vers la vraie vie. "The Attack of the Absolute Zeros" est un cri pour que le monde se réveille.  Jusqu'où acceptons-nous d'être comme les autres ? Jusqu'où acceptons-nous de nous conformer aux normes ? Et si nous le faisons, où ira notre humanité ?  Ce sont des questions difficiles, mais pour celui qui écoute attentivement, les réponses sont aisées.

 

 

Le site de Discord Aggregate:

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REFLEXION

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Quelles musiques pour demain?

par Frédéric Rossille

Deuxième partie

Cet article est publié avec l'aimable autorisation de la revue Phréatique n°67

numéro intitulé 'Le chant des champs', pp. 60-70, paru en automne 93.

http://www.mygale.org/~phreatiq/index.shtml

 

 

LES PERSPECTIVES DE LA RECHERCHE TECHNOLOGIQUE

 

 

L’émancipation du son de la matière

 

     - Les instruments acoustiques traditionnels ont fait l'objet de recherches permanentes pour l'amélioration de leur technique de jeu et de leurs performances acoustiques. Les nouvelles techniques de programmation informatique et d’ échantillonnage numérique participent de cette recherche. Grâce à elles, il est maintenant permis d'étendre les possibilités du jeu instrumental au-delà des capacités humaines.

          Par ailleurs, les sons des instruments acoustiques peuvent être stockés en mémoire puis restitués sur demande. Entre ces deux étapes, toutes sortes de manipulations (on parlerait presque de manipulations P'nétiques !) sont possibles. D'une part, on peut ainsi espérer améliorer les performances acoustiques des instruments (par exemple en supprimant certains bruits de mécanique ou bien en uniformisant les caractéristiques de timbre dans les différents registres). D’autre part, on peut étendre la palette sonore de l'orchestre vers des sonorités inouïes. D'abord par la recherche de l’instrument idéal en définissant ce qu'il y a de plus spécifique dans chaque son instrumental et en ne gardant que cette partie sonore efficace. On peut ainsi espérer obtenir des sons instrumentaux plus purs et plus différenciés les uns des autres. Ensuite par la recherche de nouveaux sons:

            - sons hybrides, intermédiaires entre plusieurs sons d'instruments acoustiques;

            - sons obtenus par simulation d'instruments fictifs (modifications virtuelles de matériau, de taille, de mode de jeu des instruments traditionnels);

            - sons inouïs dont les musiques concrètes, électroacoustiques et les procédés de synthèse par ordinateur nous ont déjà donné le goût.

          L'émancipation du son de la matière participe d'une évolution de l'art du matériel vers le spirituel et pourrait avoir plusieurs ordres de conséquences:

            - la nécessité d'une rééducation de l'oreille (par exemple nous ne sommes pas habitués à entendre un son de piano sans les bruits de sa mécanique);

            - la définition de nouvelles règles d'orchestration prenant en compte les nouvelles possibilités de jeu et les nouveaux sons. Certains alliages de timbres pourraient être ainsi remplacés par des sons composites ou hybrides;

            - une nouvelle manière d’écouter la musique avec la disparition du concert au sens traditionnel. Il semble cependant qu'en situation de concert, les facteurs visuels soient plus importants au maintien de l'attention que le son lui-même. C'est donc vers une forme d'art plurimodal qu'il faudra orienter nos efforts.

 

L'amélioration des interfaces homme-machine et homme-musique

 

          Imaginons un ordinateur piloté par commande vocale, un compositeur enregistrant sur computer ses idées musicales en les chantant; et pourquoi pas, à l'avenir, une interface homme-machine idéale transformant directement les potentiels électriques cérébraux en la musique dont ils sont la trace... Imaginons enfin une interface musique-homme dans laquelle la musique parviendrait directement aux aires cérébrales d'intégration sensorielle. Ce serait un moyen d'élargir notre champ perceptif en contournant les limitations dues à la première étape de filtrage de l'input sensoriel.

 

Les nouvelles formes de la Représentation

 

     Devenue inutile, la partition papier sera remplacée par des espaces de mémoire informatique. La visualisation de la musique sur écran pourra prendre diverses formes et l'on peut penser qu'une représentation bimodale sera développée, de nature à la fois icônique et symbolique (intermédiaire entre la notation musicale traditionnelle et la représentation du style piano-mécanique).

 

          Au total, nous entrevoyons comment les compétences et performances dynamiques des interprètes et des compositeurs pourront être décuplées grâce au développement des nouvelles technologies en accord avec une meilleure connaissance des mécanismes perceptifs.

 

PERSPECTIVES DE LA CREATION MUSICALE

 

QUE COMPOSER AUJOURD’HUI ? POURQUOI ? COMMENT ?

 

Le contexte de la création a changé par rapport aux siècles précédents

 

     Envisageons ces changements successivement — au niveau du compositeur, de l'œuvre, de l'auditeur:

 

- Et tout d’abord le compositeur

 

          Sa vision du monde a changé. Les découvertes scientifiques et techniques, la progression naturelle des arts, le développement des communications concourent à modifier nos représentations. La facilité actuelle de consultation des œuvres favorise l'émergence de nouvelles filiations. Ce que nous ont transmis les compositeurs du passé, c'est bien leur vision du monde.

            La définition même de l'acte créateur peut changer selon les lieux et les époques. Par exemple, la conception de la création dans la tradition musicale japonaise (dans laquelle le disciple s'efforçait de perfectionner l'œuvre du maître) n'a rien à voir avec notre modèle occidental.

            Le savoir du compositeur doit s'enrichir des nombreuses connaissances scientifiques et techniques concernant son art. Une connaissance encyclopédique du monde est un besoin légitime, mais qui semble de plus en plus difficile à satisfaire étant donné l'éclatement des connaissances et le processus de fragmentation du réel qui en découle.

     De véritables équipes de création multidisciplinaires vont-elles se développer à l'image de ce qui se passe dans la recherche scientifique ?

 

- Au niveau de l’œuvre

 

            L'évolution des matériaux sonores dont nous avons parlé aura immanquablement des répercussions sur l'évolution des techniques de composition. Parlallèlement à l'émancipation du son de la matière, en va assister à l'émancipation de l'écriture de l'aspect instrumental.

            La séparation des genres est vouée à être de plus en plus illusoire. Comme preuves les influences réciproques du jazz et de la musique contemporaine, l'abolition des frontières entre musiques électroacoustiques et musiques instrumentales dans des œuvres mixtes.

            Quant à savoir quelles œuvres vont marquer notre époque, je pense volontiers qu'il s'agira plus d'un corpus venant de très nombreux compositeur que du catalogue exhaustif de quelques-uns. Peut-être bien que les œuvres les plus marquantes seront œuvres comnunes.

 

- Du côté de l’auditeur

 

          Les facilités d'accès aux œuvres passées et actuelles ont élargi sa culture musicale. Encore faut-il qu'il s'y retrouve dans l'abondance de la production actuelle. Des œuvres de genres et d'époques très différentes peuvent se côtoyer en une présence presque immédiate à son esprit. Un véritable « folk-love planétaire » musical est né.

 

Que veut donc exprimer le compositeur contemporain ?

 

Le créateur, quelle que soit son époque, a toujours été passionné par l'exploration de nouveaux territoires. Il est animé par le désir et la volonté d'exprimer l'inexprimé, l'inouï et même l'inexprimable... Le dialogue qu'il a avec les nouvelles technologies prend alors toute sa signification, lui permettant d'alimenter ses volontés créatrices en favorisant la transgression des dogmes établis. Ses nouvelles représentations du monde (et de lui-même qui y est inclus) vont être à l'origine de son langage et de son style.

 

Avec quels moyens le compositeur va-t-il s’exprimer ?

 

          C'est évident, le choix d'outils et de concepts à disposition n'a cessé de s'étendre. Je voudrais insister ici sur les liens qui unissent nouvelles technologies et principes d'écriture. L'orchestre symphonique qui a été créé et perfectionné à l’apogée du système tonal, n'est-il pas lié par nature à ce système d’écriture ? Des écritures autres ne le dévient-elles pas de son sens originel ? Si oui, quelles modifications apporter à l'orchestre pour l'adapter aux nouvelles formes d'expression ? Au niveau sous-jacent, l'instrument acoustique a des caractéristiques propres qui le portent à assumer par nature des fonctions bien précises au sein de l'orchestre. Cependant, son « ambitus de fonction » pourra être élargi dans certaines limites grâce à l'émancipation du son de la matière et aux connaissances de notre appareil perceptif. Il s'agit ici d'une nouvelle émancipation : celle du concept d'instrument par rapport à celui de fonction. Une question reste fondamentale pour l'avenir : dans quelle mesure les timbres (je veux parler ici de la signature sonore multidimensionnelle de l'événement) que nous connaissons, déterminent-ils les musiques que nous sommes à même de concevoir ? Ou — dit plus simplement — quels sont les liens de causalité entre les matériaux et les œuvres ? Les possibilités d'engendrement sont-elles entièrement déterrninées par les caractéristiques des unités élémentaires de base ?

 

Au prochain numéro: QUELQUES NOUVEAUX TERRITOIRES A EXPLORER

 

Frédéric Rossille

homepage: http://altern.com/sitefr/

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CHRONIQUES DISQUES

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..... Martin ARCHER: Ghost of Lilly Cascade

CD / 1996 / Discus 4

contact: Discus, PO Box 658 Sheffield S10 3YR England

archer@mcmail.com

 

         Très peu connu en France, Martin Archer a pourtant dans ses productions récentes démontré son aptitude à lier émotion et recherche musicale, et ce dans des formations à géométrie très variable. Ici largement entouré de cuivres, guitares et sampler, sa musique n’en est pas pour autant symphonique, même si l’élargissement des possibilités instrumentales confère à cet album improvisé une ambiance générale plus protéiforme qu’à l’habitude. Toujours aux croisées de l’électronique aggressive d’avant garde et des musiques sérielles, Martin Archer délivre sa musique avec la sérénité d’un angoissé chronique et fait de cet album une merveille de tension alternative. Sans jamais être absconse, toujours en retrait et assez souvent mélodique, la musique se cache derrière les rideaux étranges d’une cascade asséchée.

 

Jérôme Schmidt

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..... ASK: Disconnected Bliss

 (Discus # 8CD)

 

            Au carrefour de l’électronique contemporaine et d’un héritage des musiques savantes, le duo Ask (Martin Archer et John Janosch) livre une musique pointue et inspirée. Fusion très réussie entre des influences de haute référence (Stockhausen, Cage) et un passé plus récent de l’électronique, Disconnected Bliss offre des plages mystérieuses ainsi qu’un mariage exemplaire du son électro et de la chaleur acoustique.

            Saxophone, guitare et claviers, à l’improviste mais toujours avec à-propos, se mêlent aux nappes et ondulations technologiques. Eloigné de l’esprit de synthèse froid et démonstratif, Disconnected Bliss injecte des émotions à la rigueur d’une recherche brillante.

 

Alexis Drion

 

 

            Ask est un des multiples projets du claviériste et saxophoniste Martin Archer. Un duo qui existe depuis une quinzaine d'années avec le guitariste John Jasnoch, Ask représente aussi sa musique la plus intéressante. Moins purement électronique que Transient Vs Resident (un duo avec Chris Bywater), mais surtout plus émotif et humain que ses 88 Enemies (un disque de pièces pour piano avec électroniques).

            Disconnected Bliss juxtapose recherches sonores, électronique allemande des années 70, Heldon et Richard Pinhas, avec la guitare de René Lussier (période "Trésor de la langue"). Tout à fait délectable ! La pièce d'ouverture, "If This Is Your World You Can Keep It" (13 minutes) est ouvertement dédiée à Heldon/Pinhas et va parfaitement dans cette direction. Mais ce n'est pas la constante de ce disque. "Velvet and lead" et "Mir" tiennent plutôt de la musique ambiante aux textures soignées. "Mojo filter" incorpore des échantillonages lo fi, "Disconnected Bliss" et "Insomniacs" utilisent quant à eux une guitare torturée qui s'épanche par spasmes, et un jeu de piano inventif sur fond d'électroniques.

            La musique de Ask est de façon évidente la plupart du temps improvisée, avec certains arrangements en studio. L'interaction entre les deux musiciens est empreinte d'une grande lucidité et le résultat témoigne d'une richesse inhabituelle au domaine de la musique électronique. Une approche originale qui plaira aux amateurs de Heldon, de Lussier et d'électroniques en général. Très fortement recommandé !

 

Les disques Discus ne sont pas distribués. Voici l'adresse :

Discus, PO Box 658 Sheffield S10 3YR England

archer@mcmail.com

 

François Couture (Paru dans Délire actuel [http://www.cflx.qc.ca/actuel], 26 juillet 1998.)

 

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.....    Christian CALON: Les Corps éblouis

         Annette VANDE GORNE: Impalpables

         V.A.: Miniatures Concrètes

empreintes DIGITALes IMED 9837

empreintes DIGITALes IMED 9838

empreintes DIGITALes IMED 9839

email: dim@cam.or

http://www.cam.org/~dim/

Distr .: Metamkine / 50 passage des ateliers / 38140 RIVES (tél: 0476652773 / Fax: 0476652774)

mailto: metamkine@compuserve.com

 

 

            Les vieilles différences idéologiques entre la musique électronique — les sons purement électroniques, "complètement calibrés" (Ferrari) — et la musique concrète — au début créée à partir des sons déjà existants, des objets trouvés — sont aujourd'hui presque complètement oubliées. La musique électronique sérielle a évolué dans les années soixante Ñ surtout dans les studios de Princeton (Babbitt, et al.) aux Etats-Unis — jusqu'à l'utilisation quasiment obligatoire des ordinateurs; d'autre part, l'omniprésence des échantillonneurs, en révolutionnant le travail sur l'objet trouvé, a également amené les concrets européens au même point de croisement : l'informatique.

            Le concept de "Miniatures Concrètes", 24 morceaux de trois minutes de 24 compositeurs, chacun devant utiliser les trois mêmes sons comme matériel de base, est fascinant. Ecouter comment chaque compositeur incorpore —  ou non — les sons est en-soi intéressant : de la poésie presque campagnarde de Natasha Barrett, en passant par la (nouvelle) complexité de Paul Steenhuisen et Roger Doyle à la "musique d'horreur" de "Bad Room" de Sylvia Eckermann et Mathias Fuchs. Certes, il y a des morceaux moins prenants (soyons patients... trois minutes passent assez vite), mais cette compilation est fortement recommandée aux gens qui cherchent un bon aperçu de genre de musique.

            Je doute que trois minutes suffiraient à Christian Calon (né en 1950 à Marseille), dont le splendide " Les Corps Eblouis", dans la série Compact Compact — espèce de maxi-single Ñ dure 23 minutes. Si jamais une musique existait pour n’être écoutée qu'au casque, c'est celle-ci. Ecoutez-la attentivement, surtout la fin Ñ première citation de Jimi Hendrix dans la concrète ?

            La réédition du "Le Ginkgo" de Annette Vande Gorne, avec les poèmes de Werner Lambersky, rentre un peu plus dans le domaine du Hörspiel, la musique semblant prendre trop facilement le rôle d'accompagnement/illustration des textes. Peut-être empreintes DIGITALes pourront-ils nous offrir bientôt un disque de Vande Gorne avec uniquement sa musique ?

 

Dan Warburton

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..... CHARMING HOSTESS: Eat

1998 / Cd/  (Vaccination Records # VAC 016])

 

            Charming Hostess est une formation de la côte ouest américaine au rock actuel débridé et contagieux. À l'avant-scène, trois femmes, trois chanteuses : Jewlia Eisenberg, Carla Kilhstedt et Nina Rolle. Pour les soutenir, un groupe rock : Wesley Anderson (batterie), Dan Rathburn (basse), Nils Frykdahl (sax, flûte, guitare) et Jenny Scheinman (violon).

            Les trois hôtesses charmantes de ce groupe possèdent des voix puissantes, aux inflections arabophiles. Les jeux harmoniques sont parfois complexes. Point de vue musical, un rock énergique, touffu, des rythmes tribaux, des accents arabes et nord-africains, une ambiance RIO, des éléments progressifs, une pincée de klezmer, une folie qui surnage. Déroutant. La musique demeure tout de même accessible. C'est l'exubérance de la performance, ainsi que des virages à gauche inattendus, qui en font une approche originale. Il faut entendre Dali Tzerni ou Dilmano Dilbero pour comprendre toute l'énergie déployée par ce groupe. Les voix agissent en synergie totale avec les percussions et, accessoirement, les autres instruments.

            Charming Hostess offre un mélange explosif et surprenant d'influences est-européennes, arabes, africaines, progressives et rock. Ce disque est un must. Tout simplement.

 

François Couture

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.....    DISCORD AGGREGATE: The attack of the Absolute Zeros

1998 / CD / 75min. / Independent release

homepage: http://discord-aggregate.com

mailto: nothing@discord-aggregate.com

 

            C’est en conjugant une approche musicale aussi radicale que saturée de vide que Discord Aggregate arrive à créer une unicité dans sa musique, avec ce véritable désir de refuser de donner du sens à l’aléatoire de cette musique aux accents free-jazz prononcés. Improvisée de bout en bout, la musique est exempte pourtant de longueurs et de passages nombrilistes, avec un accent mis sur la cohésion constante d’un groupe bancal tant rythmiquement que vocalement. Tandis que la voix schizophrénique de Pamela Zero débite de façon monocorde ou perchée des textes au non-sens assumé, une rythmique hésitante donne le pas à un saxophone éruptif et très vocal. Bien loin de lasser, cette bizarrerie née dans les montagnes russes des rues de San Francisco donne le vertige par la dose de folie musicale qui y est libérée.

 

Jérôme Schmidt

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..... DJAM KARET: Burning the Hard City

1991 / 70 min / Djam Karet/HC Productions HC006

web site: http://www.djamkaret.com

e-mail : HJ@Djamkaret.com

 

            Burning The Hard City est en fait la partie la plus énergique et électrique d'un ensemble de deux CD qu'il constitue avec Suspension & Displacement. Les deux disques sont totalement différents et complémentaires mais l'un comme l'autre peuvent s'écouter indépendamment sans perdre de leur valeur.

            Ici donc, Djam Karet délaisse totalement les instruments acoustiques ou les claviers planants pour s'orienter vers des guitares aux sonorités très dures, proches du hard. Sur de longs morceaux, souvent de plus de dix minutes, les deux guitaristes Gayle Ellet et Mike Henderson se lancent dans des solos rageurs qui ne sont pas sans rappeler la face la plus rugueuse d'un King Crimson au sommet de sa forme. La rythmique reste discrète car mixée peut-être un peu trop en arrière. Cependant, si vous y écoutez de plus près, vous découvrirez certainement la basse de Henry J. Osborne qui ne se contente pas d'épouser les harmonies des guitares mais assure elle-même une ligne mélodique sophistiquée. On peut aussi apprécier le jeu très aérien du batteur Chuck Oken dans Grooming The Psychosis, où la légéreté des cymbales épaule à merveille les guitares.

            Le seul moment d'apaisement du disque se trouve au milieu de Feast Of Ashes et surprend par sa douce atmosphère apaisée de synthétiseurs. Voilà une partie de la face planante de Djam Karet que l'on peut découvrir sur le très New Age Suspension & Displacement ou, dans une moindre mesure, dans tous les autres albums du groupe.

           

Xavier Gombert

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..... DJAM KARET: The Devouring

1997 / 71 min / Cuneiform Records Rune 99

web site  http://www.djamkaret.com

e-mail: HJ@Djamkaret.com

Distr. via ORKHESTRA: 25, impasse Barracan / 13890 MOURIES / Tel: 04.90.47.61.76 / Fax:  04.90.47.62.84  /mailto:  ork@netculture.net      Homepage:   http://www.netculture.net/~ork

 

         Après trois ans de silence, The Devouring marque le retour de Djam Karet avec leur formation originelle: Gayle Ellett aux guitares et aux claviers, Henry Osborne à la basse, Chuck Oken à la batterie et Mike Henderson à la guitare sur la plupart des titres. L'essentiel des compositions de ce nouvel album provient de sessions d'enregistrement de 1992 mais elles ont été remaniées et réenregistrées sur un 24 pistes.

            Sur ce disque flottent quelques parfums au goût très 70's. Gayle Ellett se trouve de plus en plus souvent aux claviers et quelques notes de mellotron viennent nous rappeler que King Crimson n'a pas été sans influence sur les membres du groupe. On remarquera aussi que les parties de guitares lorgnent vers les délires cosmiques de David Gilmour ou les incandescences de Jerry Garcia. Servi par une section rythmique très véloce, les solos peuvent s'étendre et planer doucement dans un monde aux sonorités multi-ethniques usant du koto, de theremin, de percussions africaines ou même de chants d'oiseaux et de vents. Quelques compositions sortent du lot comme ce Lights Over Roswell, dont les atmosphères sidérales seraient dignes d'effrayer un Jacques Pradel en mal de scoops. Ou cette longue suite de près de neuf minutes intitulée The River Of No Return qui est en fait une montée en puissance qui se termine en apaisement de percussions et de synthétiseurs. On a presque envie de citer tous les titres de l'album tant chacun d'entre eux apporte sa touche, sa pierre à un édifice imposant de par sa richesse mélodique et la rigueur de sa construction. Une belle réussite pour marquer le retour de ce groupe au premier plan des scènes progressives.

 

Xavier Gombert

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..... FIG LEAF: The Humble Poet

1996 / 58 min / Head Not Found HNF 027

http://home.sn.no/~skipnes.figleaf.html

 

            Chez Fig Leaf, la pochette, présentant une tête de mort, annonce clairement les intentions peu pacifiques de ce groupe norvégien. The Humble Poet est leur troisième album et fait preuve d'une énergie débordante qui pioche un peu partout dans la discothèque mondiale du rock and roll: chez Jimmy Page pour l'utilisation des guitares électriques saturées et dans le hard en général pour l'aisance dont ils font preuve dans l'exécution des ballades calmes juste après un moment de violence électrique; dans des mondes beaucoup plus progressifs et novateurs pour les parties de claviers ou l'ajout d'une flûte sur certains titres. On notera aussi quelques accents jazz lors des solos.

            Les quatre vikings de Fig Leaf parviennent à maintenir une certaine tension non dénuée de violence tout au long des 50 minutes grâce à leurs deux chanteurs (Gunnar Berg et Per Flaa) qui se partagent équitablement les chansons de l'album. Epoustouflé par cette débauche d'énergie et d'invention, on ne peut que se laisser porter par ce drakkar mélodique qui saura contenter tant les amateurs des riffs basiques du rock que les "proggers" gourmets d'acrobaties instrumentales.

 

Xavier Gombert

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..... FILLE QUI MOUSSE: Trixie Stapelton 291 se taire pour une femme trop                                        belle

CD / 1972 reéd. 1998 / Spalax CD14919

 

            Un groupe pour le moins mythique, tant par son nom cocasse, que par les propos extrêmes lors de sa fugace existence. "Lorsque les envahisseurs espagnols sont arrivés en Amerique Latine, les Indiens les ont accueillis de manière très pacifiste : ils les ont entourés et, nuit et jour, ils ont joué de leurs instruments de musique. Des centaines de soldats espagnols se sont suicidés, c'est un peu ça FILLE QUI MOUSSE".     L'ambition de ce groupe mené par Henri-Jean ENU, était de ne pas se limiter à utiliser le rock comme promotion sociale ou produit lessivesque, mais de porter la musique à une sorte de méditation qui ouvre l'inconscient du public. Certains croyaient le disque jamais sorti, ce qui est quasiment vrai, car en 73, Futura fit faillite juste après que quelques échantillons en soient préssés. La musique, dans la lignée du Free Rock Francais de l'époque, est faite de quelques morceaux un peu plus longs, intercalés avec des textes psychédéliques, des petites mélodies trafiquées, et des montages quasi bruitistes et répétitifs. Cela fait de cette réédition un élément important pour toute personne à la recherche d'Un Certain Rock (?) Francais.

 

Vincent Martin

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..... FLYING STARFISH: Ohm 2

1998 / 55 min / Organic Land 9802

10 rue Blériot 38100 Greoble  /Tél/fax: 04 76 49 08 25

email: association.apdramao@hol.fr

homepage: http://organic.home.ml.org

 

            C’est aux croisées des moogs de Richard Pinhas et du charme des musiques nouvelles de Palo Alto que Flying Starfish se promène sereinement. Avec une musique électronique qui sait tirer le meilleur parti de la technologie actuelle, leur électronica a un charme qui tient de ces deux écoles françaises. Les séquenceurs utilisés parcimonieusement permettent à une rythmique robotisée de se développer sans s’épancher et on visite ainsi tout aussi bien des tempos lourds trip-hop que les bons vieux rythmes chers aux ‘hommes-machines’ de Kraftwerk. Avec une orientation comme l’a pris Richard Pinhas en 93 dans Cyborg Sally, la musique de Ohm 2 se distingue par sa fusion des genres et ses alliances contre-nature, n’hésitant pas d’une plage à l’autre à surprendre un auditorat trop compartimenté. Sorti sur le label qui avait édité le superbe disque dur de Palo Alto et autres  machines molles, cet album de Flying Starfish ne fait que confirmer l’excellence des productions d’Organic et présente un superbe et bénéfique effort d’ouverture et de concision musicale.

 

Jérôme Schmidt     

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..... GENF: Import/Export

1998 / Cd / Les Disques du Soleil et de l’Acier 54057

mailto: dsa@wanadoo.fr 

           

            C’est dans le studio de Can que Genf, nullement étouffé par l’aspect quasi-mythique du lieu, a créé sa musique aux croisées des chemins musicaux les plus recommandables. Import/Export apparaît comme une véritable remise à plat  des bases du désormais bien galvaudé courant ‘post-rock’. Véritable alliance des contraires, l’album flotte avec assurance et légèreté entre une électronica mélodique et une musique urbaine au tempo lourd et aux rythmes oppressants. Fort de leur maîtrise instrumentale et électronique, Genf concilie vision musicale radicale et humilité.  Avec cette musique en négatif, ils relèguent bien loin derrière eux les récentes productions de leurs cousins d’Amérique, Trans Am ou Tortoise et affirment avec brio leur identité et leur originalité. Ce qui pourrait être considéré comme une déclaration muette d’indépendance n’est autre que l’une des plus belles réussites musicales du moment.

 

Jérôme Schmidt     

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..... Tim HODGKINSON: Pragma

1998/ Cd / Rer records TH 1

mailto: megacorp@dial.pipex.com

homepage: httpwww.megacorp.u-net.com

 Distr. via ORKHESTRA: 25, impasse Barracan / 13890 MOURIES / Tel: 04.90.47.61.76 / Fax:  04.90.47.62.84  /mailto:  ork@netculture.net      Homepage:   http://www.netculture.net/~ork

 

            Cette musique, accumulation de traits musicaux brisés, révèle un contour, une forme assurée qui se précise, sans toutefois jamais se déterminer. Son espace vertical oppose ses graves et ses aigus très marqués. Le travail sur la matière sonore se structure tout en ajout et retrait réitérés.

            Ténu, puis tout à coup grondant, le son de l’instrument, qu’il soit à cordes, à vent ou percussif, est travaillé dans les marges de ses possibilités traditionnelles, en de brefs modules rythmiques répétés, et dans les solos, à l’origine improvisés. A pas de loup, chaque pièce se devine orchestrale, visitant des climats et des réminiscences qui traversent les genres musicaux contemporains, sans jamais s’y fixer. On accompagne une procession chamanique. On s’immerge dans l’éther de voix désarticulées, débarassées de tout verbe, tout en signe, présence et timbre. On se perd au miroitement des cordes dans un labyrinthe de portes à entrouvrir. On visite l’atelier du métallurgiste, tout en souffle et martellement. On gesticule lors d’une parade aux airs de musique sacrée, pour finalement sombrer sous la surface de sons pesants et abyssaux.

            Une musique à écouter et réécouter, avec attention, pour en goûter les beautés intersticielles où se revèle, par accumulation, son ampleur orchestrale.

 

Patrick Bœuf

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..... Diane LABROSSE - Ikue MORI - Matin TETREAULT: Ile bizarre

1998 / Ambiances magnétiques # AM 055 CD

homepage: http://www.cam.org/~dame_cd/

Distr. via ORKHESTRA: 25, impasse Barracan / 13890 MOURIES / Tel: 04.90.47.61.76 / Fax:  04.90.47.62.84  /mailto:  ork@netculture.net      Homepage:   http://www.netculture.net/~ork

 

 

            Vous ne trouverez pas musique plus bruitiste que celle qui est gravée sur ce disque, "Ile bizarre". Diane Labrosse, membre d'Ambiances magnétiques, échantillonne depuis des années et a participé aux formations Wondeur Brass et Justine, en plus de ses collaborations avec Michel F. Côté (Bruire, Duo déconstructiviste). Ikue Mori n'a plus besoin de présentation: ses percussions électroniques étonnent à chaque instant tant leur précision et leur diversité surprend. Martin Tétreault, autre membre d'Ambiances magnétiques, s'amuse depuis longtemps avec les tables tournantes. A la fin des années 80, il s'amusait à coller des morceaux de disques, technique également utilisée par Christian Marclay.   Aujourd'hui, Tétreault est passé au delà du vinyle comme récupération d'un fond sonore. Ce qui l'intéresse, c'est la table tournante comme générateur de bruit. Amplifiée à fond, elle produit des geignements, des crissements, des hurlements. A bas le disque, le DJ plonge l'aiguille dans le moteur, la revêt d'un condom, etc.

            A ce point-ci, vous devriez comprendre que la musique de ce trio est bruitiste jusqu'à la moelle. " Île bizarre " présente onze pièces que l'on peut supposer être des improvisations. Onze films surréalistes. Ne pensez pas à Ground Zero. Ici, pas de charges sonores à décapiter l'auditeur car si l'intensité s'élève régulièrement, le tout demeure contrôlé. "Belli machina" ouvre la marche avec quelques décharges sonores, mais où les atmosphères alternent et se compensent mutuellement. "Diurna et nocturna insecta" peint un tableau d'arrière-campagne où les crépitements du vinyle se transforme en pépiements. Le jeu des textures et des nuances transporte l'auditeur tout au long de l'écoute. Un voyage au centre de l'abstrait qui séduit, malgré l'apparente aridité de l'équipement des explorateurs. Qui a besoin d'une note ?

           

François Couture (Paru dans " Délire actuel " http://www.cflx.qc.ca/actuel, 2 août 1998).

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..... Miya MASAOKA: What's The Difference Between Stripping And Playing                                     The Violin ?

CD / 1998/ (Disques Victo # CD 058)

Distr. via ORKHESTRA: 25, impasse Barracan / 13890 MOURIES / Tel: 04.90.47.61.76 / Fax:  04.90.47.62.84  /mailto:  ork@netculture.net      Homepage:   http://www.netculture.net/~ork

 

            Miya Masaoka est une artiste de San Francisco aux multiples facettes. Au FIMAV 98, elle nous en a dévoilé une avec son spectacle solo de koto et électroniques où son côté ancestral japonais y était alors mis en évidence. Sur ce disque, les Disques Victo nous proposent deux autres aspects de la démarche créatrice de Masaoka, cette fois avec son Masaoka Orchestra, une formation de seize musiciens intégrant des instruments classiques, rock et électroniques.

            La première pièce de ce disque, "24,000 Years Is Forever" se rapproche de la musique de chambre: construite à partir de micro-éléments qui s'entre-croisent, cette pièce de 15 minutes se déconstruit au fil du temps. Un peu scolaire dans l'écriture, "24,000 Years..." réussit tout de même à captiver.

            L'intérêt de ce disque réside dans la seconde pièce, "What's The Difference Between Stripping And Playing The Violin", qui dure 35 minutes. Elle a été écrite à la suite de l'assassinat de cinq prostituées dans le quartier de Masaoka à San Francisco. Interpellée par la réaction sobre des médias (alors que le meurtre de jeunes bourgeoises aurait été traité avec beaucoup plus d'éclat), Masaoka a voulu rendre les différences sociales entre prolétaires et bourgeois, "good girl" et "bad girl". La pièce a été enregistrée devant public en pleine rue (Market Street) avec danseurs érotiques. La musique combine passages de musique de chambres et orgies funkées. Les transitions parfois abruptes rappellent la cruauté urbaine. Il s'agit ici d'une œuvre de grande maturité, autant du point de vue du commentaire social que de l'écriture proprement dite et où toutes les ressources du Masaoka Orchestra sont mises à contribution, avec en plus des commentaires tirées d'entrevues.

 

(Le livret comprend des commentaires de Miya Masaoka sur l'écriture et l'exécution de ces deux pièces.)

François Couture (Paru dans " Délire actuel " http://www.cflx.qc.ca/actuel, 12 Juillet 1998).

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..... Joe MORRIS, Ken VANDERMARK & Hans POPPEL: Like Rays

Knitting Factory Records / 1998 / 61 minutes.

 Distr. via ORKHESTRA: 25, impasse Barracan / 13890 MOURIES / Tel: 04.90.47.61.76 / Fax:  04.90.47.62.84  /mailto:  ork@netculture.net      Homepage:   http://www.netculture.net/~ork

 

         L’improvisation collective, on le sait, est un exercice difficile. Sa réussite paraît nécessiter la réunion d’au moins deux « qualités » essentielles chez un musicien la pratiquant : d’une part, l’expression d’une pensée musicale propre parvenue à un certain degré de maturité; d’autre part, la faculté de confronter et faire interagir cette pensée musicale avec celles des autres improvisateurs, dans le but d’en faire naître une nouvelle, instantanée, collective, et tout aussi cohérente.

            Les protagonistes de Like Rays (Joe Morris : guitare électrique; Ken Vandermark : clarinette basse; Hans Poppel : piano) réunissent sans conteste ces deux conditions. En effet, quelle que soit la densité du flot des notes, leur discours est animé d’une dynamique (impulsion) qui maintient en permanence une certaine tension; et, même lorsque l’un des musiciens est placé en position de soliste, l’unité est surprenante. De la sorte, les « thématiques » — on peut considérer qu’il y en a ! — s’organisent d’elles-mêmes et chacune des onze plages du disque possède son sens propre qui justifie son appellation de morceau. Leur durée dépasse d’ailleurs rarement les 6-7 minutes, ce qui montre que Morris, Vandermark et Poppel savent aussi échapper au piège répandu qui consiste à se laisser trop longtemps envahir par le sentiment gratifiant de la création collective.

            Enfin, grâce à un très bon enregistrement, l’auditeur profite d’une image sonore parfaitement claire. Si seulement toutes les expériences de musique improvisée étaient de ce niveau...

 

Emmanuel Pedon

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..... PLURAMON: Render Bandits

1998 / 60 min / Milles Plateaux 51

http://www.force-inc.com

 

            Deuxième album du groupe Pluramon, Render Bandits conserve une atmosphère relativement égale tout au long de ses neuf plages. Synthèse élégante d’électronica et de post-rock, sertie d’une facture plutôt ambiente, quelques trouvailles sobres et efficaces émergent du point de vue rythmique (Jaki Liebezeit à la batterie) et de la mouture sonore.

            Pour cette seconde réalisation, Marcus Schmikler a fait appel à une orchestration plus riche pour un rendu certes moins minimaliste mais orienté vers le libre accès pour une musique plus chatoyante.

 

Alexis Drion

 

            Abandonnant leur instrumentation dépouillée, Pluramon trouve dans son second opus une dimension plus mélodique et moins ambiente que celle offerte avec retenue dans Pick Up Canyon. Toujours autour de Marcus Schmikler et Jaki Liebezeit, la musique s’étire moins, se fait plus dense et gagne sans nul doute en accessibilité. La rythmique si caractéristique à l’ex-Can trouve ici toute sa dimension et assure une assise rythmique parfaite à cet album transgenre (électronica ? post rock ? ambient ?) insaisissable et bigarré, tenant tout à la fois d’une sorte de cut-up musical et du concept album le plus parfait. Render Bandits c’est peut-être en fait ce sourire grimaçant de la pochette, une sorte d’attitude transversale qui renie modes et avant-gardes trop vites dépassées.

 

Jérôme Schmidt

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..... Redshift:  Redshift

1996 / 64 min / Champagne Lake Productions CLPCD002

 

            Redshift est un disque qui tente de définir musicalement en quatre compositions des notions comme l'infini intersidéral ou les rêveries futuristes. Mark Shreeve, le compositeur, programme ses synthétiseurs de façon à obtenir des boucles hypnotiques, quelque peu similaires à celles de Heldon, sur lesquelles viennent se greffer une multitude de sons étranges, comme des spectres inquiétants et hallucinants. Quelques passages font hélas penser aux Chariots de Feu de Vangelis mais Mark Shreeve relève le niveau par l'habile utilisation des chœurs synthétisés (entre voix humaines et machineries) et des bruits divers (sirènes, "chant" de baleine) qui viennent ponctuer les longues plages. En parlant de longueur, n'oublions pas de mentionner le dernier titre, Blueshift (33 min) qui contient 10 bonnes minutes de battements cardiaques en solo, agaçants et inutiles, qui nous laissent malheureusement sur une impression négative.

 

Xavier Gombert

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..... Jon ROSE: The Fence

1998 / Cd / Rer JR 5

mailto: megacorp@dial.pipex.com

homepage: httpwww.megacorp.u-net.com

 Distr. via ORKHESTRA: 25, impasse Barracan / 13890 MOURIES / Tel: 04.90.47.61.76 / Fax:  04.90.47.62.84  /mailto:  ork@netculture.net      Homepage:   http://www.netculture.net/~ork

 

            Entre orage sonore mécanisé aux tensions maîtrisées et mélodies tranchantes au postclassicisme élégant, la musique de Jon Rose se fait dans ‘The Fence’ de plus en plus évidente. La masse sonore est en constante rotation et déplacement perpétuel, faisant violence par intermittence, arrivant à l’impromptu sans jamais déranger.

            Usant de samples de discours et de narrations d’un conteur allemand un peu à la manière d’Heiner Goebbels et de son Revolutionnary Pekinese Opera, le violon évolue de façon ténue aux hasards des ambiances créées fugitivement. Autour de cette barrière qui nous est contée (barrière tout autant thématique que musicale), l’auditeur se retrouve face à ses propres luttes et désirs, comme dérouté par ces musiques délivrées en flots, véritables informations livrées à l’état brut.

            Et pourtant, de ce halo musical aux contours indéfinissables se dégage le parfum des avant-gardes musicales troublantes et évanescentes.

 

Jérôme Schmidt

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..... Walter THOMPSON Orchestra: The Colonel

Cd  /1998 /50 min  / (Nine Winds # NWCD0205)

 

            Le Walter Thompson Orchestra a été fondé en 1985 par Walter Thompson. Il s'agit d'un " big band " actuel dans lequel on retrouve plusieurs grands noms de la musique improvisée: Herb Robertson, Dave Douglas, Jim Leff, Thomas Chapin, David Castiglione, David Tronzo, Rolf Sturm (des Washington Street Players avec Rob Henke de Dr. Nerve), Tomas Ulrich et Jim Pugliese, entre autres.

            The Colonel présente cinq compositions de Thompson et trois "Sound Paintings". Les compositions sont multicolores, très enjouées. "Strykers Creek" démarre à un train d'enfer avec un funk jazz actuel éclatant. "The Colonel" utilise des éléments de musique de cirque et militaire pour tisser une ambiance déstabilisante et très réussie, avec en prime des solos enlevés. Notons aussi " " et le solo de guitare de David Tronzo.

            Les trois "Sound Paintings" sont des musiques improvisées sous la direction de Thompson. Celui-ci a conçu le "Sound Painting" comme un langage de direction musicale par signes qui permet de communiquer avec les musiciens pour diriger l'improvisation. Sur disque, cela donne des pièces beaucoup plus abstraites que les précédentes mais où certains passages réussissent néanmoins à se détacher.

            The Colonel est un très bon disque pour qui aime son jazz actuel craché à pleins poumons. La section de cuivres est époustouflante de vivacité et les pièces "Strykers Creek", "The Colonel" et "T" déplacent beaucoup d'air. Dans le même esprit que le Hard Rubber Orchestra de Vancouver.

 

François Couture (Paru dans Délire actuel [http://www.cflx.qc.ca/actuel], 19 juillet 1998.)

 

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CONCERTS

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FRANCE (ordre chronologique):

 

Cinéma :

6ème édition de L'étrange festival, du 19 Août au 1er Septembre, à la vidéothèque de Paris (Porte St Eustache, Forum des Halles) avec des films inédits et curieux de tous les âges et provenances (nuits Manille by night, Trash ..) A noter, dans la nuit trash (29/08), la diffusion du film "Merzbow, au delà de l'ultra-violence, de Ian Karn-1998.

— Le Festival de Corbigny se déroule du 20 au 23 Août avec Priam, Osm’Oz, Outside, After Crying, Abraxas, Kad, XII Alfonso, Ken’s Novel, Oort dont des concerts gratuits !

 

— Le Paris Jazz Festival au Parc Floral de Paris, M. Château de Vincennes. Tous les samedis à 16h30, gratuit (entrée du parc 10F)

 

22 Aout : Julien Lourau Groove Gang

29 Aout : Nana Vasconcelos Duo

5 Septembre : Daniel Humair Quartet

12 Septembre : Romano / Sclavis / Texier

19 Septembre : Bobo Stenson Trio

26 Septembre : Paul Motian Electric Be Bop Band

 

— Le programme des Instants Chavirés, club de Montreuil, est online à:

http://www.fennec.digiweb.fr

 

— Jazz à Mulhouse:

Ce festival se tiendra du 19 au 22 Août avec un programme très alléchant. En

vrac: ICP joue The Ex, le quartet Daunik LAZRO / Michel DONEDA / LÊ QUAN

NINH / Paul ROGERS, Iva Bittova, Mark DRESSER, The Ex, Peter BROTZMANN,

Ernst REIJSEGER  etc...

 

Plus d'infos sur http://www.alsacom.com/jazz-a-mulhouse

 

— La première du trio avec Thierry Madiot (trombone), Hélène Breschand (harpe) et Sophie Agnel (piano) le 17 septembre toujours aux Instants Chavirés (en prime le solo d'Urs Leimgruber) et un solo de Thierry Madiot à Rouen le 19 septembre.

 

— Le programme du Festival Densités de Verdun, dont la Cinquième édition

aura lieu du 24 au 27 septembre 1998.

 

Jeudi 24

Soirée Performances

Électro, lectures, solos, film-concerts

 

Vendredi 25

- Performance Vu d’avion, Jean-François Piette et Catherine Pavet (perc)

- Louis-Michel Marion (ctb), Franck Collot (clb), René Le Borgne (perc)

invitent Jean-Marc Montera

- Alma Fury

 

Samedi 26

- Performance Vu d’avion, Jean-François Piette et Catherine Pavet (perc)

- Duo Evan Parker (sax), Ninh Le Quan (perc)

- Trio Rudi Bühler, Jean-Luc Cappozzo, Axel Doerner (tpt)

- Trio René Lussier (gt), Dominique Repecaud (gt), Otomo Yoshihide (platines, gt)

 

Dimanche 27

- Cinéma pour aveugles consentants, Dominique Petitgand

- Trombo Cordes : Martine Altenburger (cello), Fabrice Charles (tb), Ulrich Philip (ctb), Paul Rutherford (tb)

- Solo Otomo Yoshihide (platines, gt)

 

Stages

Jean-Luc Cappozzo, trompettes / Jean-Christophe Camps (diffusion

électroacoustique)

 

Adresse : Place Maginot BP 7, 55430 Belleville/Meuse.

Renseignements (et inscriptions aux stages)

Tél 03 29 84 43 47

Fax 03 29 84 52 47

 

infos: vu.dun.oeuf@wanadoo.fr

 

AKOSH S. UNIT 5 Octobre 1998 a 20h30 aux Bouffes du Nord (37 bis, bd de la Chapelle, 75010 Paris, 01.46.07.34.50)

 

Prog’ la vie présente: Au Théâtre du Dunois à Paris:

 

Samedi 19 Septembre 1998 à 18h30

PAR LINDH PROJECT + SENS en premiere partie

Prix des billets: 120 FF

 

Samedi 10 Octobre 1998 à 18h30      co-organisé avec MUSEA

ARS NOVA  +  HALLOWEEN (sous réserve)

Prix des billets: 100 FF

 

Vendredi 23 Octobre 1998 à 19h30

JOHN WETTON BAND (+ Forgas Band Phenomena sous réserve)

Prix des billets: 120 FF

 

infos: aupetit@cnam.fr

 

— Karlheinz Stockhausen : Momente, par l'ensemble instrumental Musikfabrik, chœur de la radio de Cologne, Cité de la Musique le 29/09 (160f)

 

Helmut Lachenman (schwankungen am Rand)/ Heiner Goebbels (creation)

par l'ensemble Modern Orchestra, salle de spectacle de Colombes, le

20/11 (140f).

Le reste sur le site http://festival-automne.com

 

— Vendredi 4 et Samedi 5 septembre, c'est la troisième édition du festival "aux arts etc." Têtes d'affiches : les métèques et Ekova.

Il y aura plus de 50 autres artistes régionaux, trois scènes, etc.

Site: http://www.marcireau.fr/lafede

 

— A LILLE deux grosses soirées:

- Volapuk et Denis Frajermann/Le  Chiendent le 15 Octobre aux Arcades.

- Même endroit le 16 Octobre: PRESENT avec BONDAGE FRUIT

INCONTOURNABLE!

 

Toutes les infos concerts sur: http://www.alpes-net.fr/~bigbang/live.html

Palo Alto: http://www.geocities.com/BourbonStreet/4793/

Présent: http://www.totalzoo.com/present/

 

— Albert MARCŒUR : 17 au 21 Novembre à la Maroquinerie (23, rue Boyer 75020 Paris)

 

— Le menu du 9° festival de Lavelanet (Ariège) du mer. 3 au sam. 7 novembre.

 

- André Minvielle, Fabrice Vieira, Marc Peronne

- Keith Tippett - solo

- John Lurie + The Lounge Lizards

- Han Bennink, Ernst Reijseger - duo

- Joachim Kühn, Jean-François Jenny Clark / Daniel Humair - Trio

- Les Arpenteurs (Denis Colin, Camel Zekri, Didier Petit, Keyvan Chemirani, Bruno Girard)

- Willem Breuker Kollektif (Willem Breuker, Alex Coke, Peter Barkema, Andy Altenfelder, Boy Raaymakers, Bernard Hunnekink, Nico Nijholt, Arjen Gorter, Henk de Jonge, Rob Verdumen, Lorre Lynn Trytten)

- KATZ (Mark Demereau, Mathieu Sourisseau, Pascal Portejoie, Benoît Cazamayou)

- Hélène Sage, Jean Jacques Birgé

- Isabelle Cirla, Dominique Regef, Roland Ossart, Gorgy Kurtag

 

Horizons Culture

1 Pl. Henri Dunant

09300 Lavelanet

Tel/Fax 05 61 01 81 41

 

— Depuis 12 ans le Conseil Général de la Haute-Garonne organise le festival "Jazz sur son 31" du 7 au 26 octobre. Jazz sur son 31 accueille de nombreux musiciens de renommée nationale ou internationale tout au long d'un parcours musical dans 10 villes de la Haute-Garonne.

Laurent de Wilde sera l'invité d'honneur avec entre autres :

Compay Segundo, Carlos Santana, James Carter, Erik Truffaz ………

http://www.cg31.fr

Point infos 05 61 21 31 00

 

— Préprogramme de Musique Action 99 à Vandœuvre:

 

Mahmoud Ahmed, B’net Marrakshiat, Jean-Marc Montera, Rova sax 4tet et Xasax, Georges Aperghis, Vinko Glokobar, Elliot Sharp, Machine for making nonsense, Eric Cordier et Jean-Luc Guionnet, René Lussier et Jean Derome, Ikue Mori, Ossatura, Hans Reichel, Jean-François Pauvros, Ryonaji de John Cage, Thomas Lehn, Alexander Frangenheim, Evan Parker, Atau Tanaka Sensor Band, Hoahio, Daunik Lazro, John Zorn et d’autres !

ETRANGER (ordre chronologique):

 

— La tournée de Bill Laswell :

 

26/08: Bill Laswell/Graham Haynes/Jack DeJohnette/Unamed Guitar Player Roncella, Italy

28/08: Idem, Wallisau

29/08: Idem, Zurich

 

Ekstasis: Nicky Skopelitis, Raoul Bjorkenheim, Amina Claudine Myers, Aiyb Dieng, Hamid Drake, Graham Haynes, Bill Laswell

Sacred System: Comme Ekstasis moins Raoul

Praxis: Buckethead, Bill Laswell, Cindy Blackman

Painkiller: John Zorn, Mick Harris, Bill Laswell

 

— Art Zoyd se produira à Iena (Allemagne) en plein air avec:

Nosferatu le 21 aout 98

Häxan le 22 aout 98

à:

KULTURARENA

Schillergäßchen 1 D-07703 IENA

 

Homepages:

http://www.cicv.fr/epidemic

http://www.ari.net:80/prog/Discographies/Bands

http://www.unibase.CZ/relax/Art_Zoyd/Art_Zoyd.html

 

SABOTAGE tour:

 

22.8.98

POSTHUMAN RHYTHMATICS

Flex, Vienna

Feat. Ectomorph, Pomassl, Plak

 

1.9.98

CASH at Hybrid Factory

Alte Schuhfabrik, Linz

 

8.9.98

SAFE HARBOURS

Ars Electronica

Posthof, Linz

Pomassl / Plak in Colaboration with Negativland

 

12.9.98

GELD UND WERTE

Thalia Theater, Hamburg

CASH performance and Press conference

 

25.9.98

KUNST OHNE UNIKAT

Steirischer Herbst/Neue Galerie, Graz Lecture and performance

 

3.10.98

BERLIN BIENNALE

Congress 3000, Berlin Lecture

 

15.10.98

SABOTAGE FOREST

300 x 300m,  Belenice (Czech Republic)

 

20.10.98

SABOTAGE CASH - US Tour

Chicago, New York, Los Angeles, San Francisco, Miami, Atlanta

 

8.3.99

SABOTAGE CASH TOUR - Venezuela/Brazil

Festival al De Cine de Los Andes, Merida

Museo de Artes Visuales, Caracas Jesus Soto, Funarte

 

sabotage/craft releases ## forthcoming 98

10/9 AIRLOCKTRONICS IMPERATIVE from drive-in label runner AIRLOCK (craft.35)12"EP

15/9 POMASSL (craft.36) mr. soundterror goes pop!/12"EP

10/10 GANYMED RMXS feat. I-F, LE CAR, DJ ELIN / 12" EP (sabo.40)

20/10 ALOIS HUBER (craft. 38) present a new chapter in his life /12"EP

21/11 SCHALL UND RAUCH from the viennese electronic trio EPY/incl. LE CAR rmx/12"EP

 

SABOTAGE COMMUNICATIONS

p +43-1-218 31 54

f: +43-1-218 31 5

mailto: sabotage@silverserver.co.at

http://www.bit-pilots.co.at/sabotage

http://www.cash50ml.com/

 

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BREVES

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  Un si bon album, Art Zéro se permet d’y revenir deux fois à deux numéros de suite...

 

SPECIES BEING: Yonilicious (Indépendant)

 

            Avec l'arrivée de l'enregistrement digital et de l'internet, la production musicale indépendante connaît un essor considérable. Si ce système a pour avantage de faciliter l'accès au domaine public à des artistes qui n'auraient pas les moyens de passer par le circuit commercial, il nous apporte aussi annuellement quantité de disques d'un intérêt douteux, pour ne pas dire carrément inutiles. Néanmoins, de temps en temps, on y trouve une perle rare, un bijou, et du coup le critique en soi ressent un appel, une mission de faire connaître cette merveille qui risque fort probablement de passer inaperçue.

            Ainsi, quand le CD de Species Being est atterri sur ma table, je l'ai regardé avec une appréhension mêlée de curiosité. Quelques pas vers le lecteur CD et la magie commence. Ce disque est, en effet, une perle.

            Species Being, dont le nom provient d'une expression de Karl Marx, est le projet de Frank Grau, un batteur de San Francisco, principalement accompagné du multi-instrument Révérend (!) Peter Fuhry. Ils nous présentent Yonilicious, une suite de 40 minutes en onze parties. Instrumentale, cette musique combine des éléments rock, progressif, jazz, blues, free et space, le tout assaisonné d'humour et d'auto-dérision. N'oublions pas qu'un batteur est aux commandes. Ainsi, la batterie occupe une place prépondérante, à l'avant-plan. Batterie folle, qui ne tient pas en place, constamment à la recherche d'un nouveau groove. Diarrhée musicale, folie semi-contrôlée, contenu d'une surprenante richesse, hybride inqualifiable, Yonilicious offre 40 minutes de bon temps pour l'amateur de musiques nouvelles. Vous ne pouvez pas laisser passer ce disque, l'un des meilleurs et des plus fous de l'année. Et M. Grau est à la recherche d'un distributeur. Qu'on se le dise!

 

GrauSpace Music

915 Cole Street, Box 307

San Francisco, CA

94117 Etats-Unis

mailto: fgrau@earthlink.net

site : http://home.earthlink.net/~fgrau/gs.html

 

François Couture

D'abord paru dans Délire actuel [http://www.cflx.qc.ca/actuel], 5 juillet 1998.

 

Improjazz n° 48 est sorti avec des dizaines de chroniques et d’interviews coimme d’habitude. Une des réussites du genre qui dure  depuis longtemps déjà.

contact: improjazz@wanadoo.fr

 

— Un nouveau magazine très bien désigné du nom de Bleu Banane.

C’est....

- branché jazz & blues sans exclusive, sans a priori et sans goût pour les étiquettes d'un genre particulier (une partieavec un dossier thématique alias "la banane flambée", une partie avec des sujets divers alias "le milk-shake banane")

- d'un style un rien débridé (il est permis de rire et de s'amuser en parlant de musique)

- dégagé de la sacro-sainte actualité (pas d'agenda, pas de rubrique disque en tant que telle...)

- sans pub (ou presque)

- trimestriel

- en français dans le texte

- d'origine belge

- d'un format carré

- fait de 60 pages

- D’un prix abordable (800 fb ou 170 ff pour 4 n°s)

- Réalisé par quelques anciens de feu Jazz in Time (Daniel Meyer, Jacques Onan, Jean-Pol Schroeder, Guy Thys, Jean-Pierre Urbain)

 

Deux nos. sont déjà parus: le n°1 avec un dossier sur jazz et chanson française + articles sur Vander, Robert Johnson, Paolo Fresu...; le n°2 avec dossier intitulé "La marque Jones" (Elvin, Carl, Brian, LeRoi, Quincy...) + articles sur Marvin Gaye, Bobby Jaspar, DD Jackson...

 

Le n°3 est prévu en septembre avec un dossier "musique au féminin" (Joëlle Léandre, Melba Liston, Nica de Kœnigswarter, Nelly Pouget, Angela Davis, femmes et musiques traditionnelles...) + articles sur Aka Moon, le jazz en Chine, le percussionniste indien Umayalpuram K. Sivaraman, jazz & blues sur le web...

 

CONTACT: Wavreumont 4 - 4970 Stavelot

tel/fax: 32 080 86 42 75

email: jo.orson@skynet.be

http://www.jazzaliege.be

 

 

ART ZOYD revient avec de nouveaux  intervenants du second cycle de mars 1999 : Heiner Goebbels, Gérard Hourbette, Granular Synthesis et Pierre Vasseur pour les compositeurs et pour les artistes visuels : Granular Synthesis (sur leur pièce), Lydie Jean-dit Pannel (sur la pièce de Gérard Hourbette) et Michael Saup (sur la pièce de Heiner Goebbels).

 

Sites ART ZOYD:

http://www.cicv.fr/epidemic

http://www.ari.net:80/prog/Discographies/Bands

http://www.unibase.CZ/relax/Art_Zoyd/Art_Zoyd.html

 

— La pluie et le beau temps: Cd de 20 titres de « bruit distingué » de ska et de pop tordue et de Lallalacore avec David Fenech, Belly Button, Mr Say so et d’autres compagnons de jeu: 30 F port compris à Kalikof, 33 route de Lyon, 3800 Grenoble!

 

— Art pour Art, magazine de progressif en Vidéo (!) sort son n°3 avec une interview de Christian Vander, Mona Lisa en studio, Gong en interview et autres joyeusetés du Festival de Corbigny.

55F seulement la vidéo à:

Art pour Art

110 rue Faidherbe 59810 Lesquin

tél: 03 20 96 79 38

 

Festival du Premier Disque _ Chambéry Start'ist 98

1998 / 73 min

e-mail   Startist@netcreativ.com/startist

URL     http://www.netcreativ.com/startist

 

            Le festival du premier disque se déroule à Chambéry du 26 au 28 août et permet aux jeunes artistes de présenter leurs premières productions (souvent entièrement financées de leurs poches) au public et aux distributeurs grâce à des rencontres, à un forum et à des concerts. Cette compilation réunit 18 groupes qui seront présents à ce festival et nous permet de découvrir des jeunes musiciens venus d'horizons très différents. Au romantisme très "chanson française" de Philippe Thomas, se superposent les arrangements subtils et géniaux de Jaill Waymes, les percussions latines de Jiripoca Band et de Haparanda, l’intelligent-techno sans concession de XIS ou le ragga de Elde. Impossible ici d'énumérer la foison d'artistes présents sur ce disque mais chacun présente une volonté d'imposer sa vision musicale des choses. Un événement musical plein de fraîcheur.

 

— Le nouveau site des Ateliers de Création Musicale présente :

- Les cours

- Les concerts

- Les stages

http://perso.wanadoo.fr/creatmusic

gregoire.marechal@wanadoo.fr

 

* Nouveautés disques:

 

* DEREK BAILEY-Takes Fakes & Dead She Dances (Incus 31) 

* GONG-Family Jewels (GAS 008) des fonds de tiroir avec les fameux Daevid Allen, Pip Pyle, Gilli Smyth, Pierre Moerlen, Didier Malherbe, Mike Howlett

* TIM BERNE/MARC DUCRET/TOM RAINEY-Big Satan (W&W 005)

* BUTCH MORRIS-Conduction No. 70 (For 4 Ears 927) avec Jim O’Rourke, Gunter Muller, Fredy Studer, Stephan Wittwer, Martin Schutz

* TIM BERNE & MICHAEL FORMANEK-Ornery People (Little Brother 013)

* PETER BROTZMANN DIE LIKE A DOG QT.-Little Birds Have Fast Hearts (FMP 97)

* Hommage a Ayler avec Kondo, William Parker & Hamid Drake

* CECIL TAYLOR QT.-Qu’a/Live at Iridium Vol. 1 (Cadence 1092)

* LOL COXHILL /VERYAN WESTON-Boundless (Emanem 4021) un duo soprano/piano

* FRANCOIS HOULE 5-In the Vernacular (Songlines 1522)

* LES BATTERIES-Bell System  (Rift 19) Troisième disque du duo Guigou Chenevier (Etron Fou) & Rick Brown (Run On, Fish & Roses)

* PAUL SCHUTZE-Green Evil (Tone Casualties 9721) cosmique, ambient.

* LITTLE RED SPIDERS-Music of the (TES 101) avec Tony Buck (Peril,Kletka Red), Andy (The Ex), Stevie Wishart-violon (Chris Burn Unit)

* STEVE LACY-Sands (Tzadik 7124) Solo, avec des références au Judaisme, portraits d'amis tels Barney Wilen et William Burroughs, des textes d'Allen Ginsberg et Samuel Beckett

* TEIJI ITO-King Ubu (Tzadik 7036) Compositeur classique contemporain Japonais

* JOHN FRENCH-O Solo Drumbo (Avant 024)  Album de batterie du principal batteur et collaborateur de Capt. Beefheart (produit par Henry Kaiser)

* MIN XIAO-FEN-With Six Composers (Avant 021)

* BEN GOLDBERG-Twelve Minor (Avant 035)  clarinettiste, compositeur & collaborateur Zornien. Avec Miya Masaoka (Koto), Trevor Dunn (bassiste de Mr. Bungle) & Kenny Wollesen.

* MARC RIBOT & LOS CUBANOS POSTITOS-s/t  (Atlantic 83116) On l'a qualifié de "cheesy/latin/post-surf twang/psych/guitar"

* BRIGGAN KRAUSS-Wayne Horvitz-Kenny Wollesen-300 (KFW 221)

* MISAKO KANO/THOMAS CHAPIN QUARTET-Watch Out (KFW 219)

* KATO HIDEKI-Turbulent Zone (Music for Expanded Ears 89801) Album solo, uniquement à la basse et aux effets.

* ELLIOTT SHARP- Tectonics

* MICHAEL FORMANEK-Am I Bothering You ? (Screwgun 70006)

* THE ALT.COFFEE TAPES-s/t (Katahdin Recordings 0001) Alt.coffee est un club de NYC (139 Ave. A & 10th St)

* PHILLIP JOHNSTON-Music for Films (Tzadik 7510)

* NORMAN YAMADA-Being and Time (Tzadik 7035)

* DAVID WEINSTEIN-Perfume (Avant 020)

* FRED FRITH-Pacifica (Tzadik 7034), de la musique classique contemporaine pour ensemble mixte (classique/électrique). Pas très (d)étonnant.

* RENE LUSSIER-Chronicle of a Genocide Foretold (Ambiances Magnetiques 058) Musique d'un documentaire sur le génocide Rwandais.

* RENE LUSSIER, MARTIN TETREAULT-Dur Noyau Dur (Am Mag 057)

* OBLITERATI-Havy Baubaus Inflience (Whirlybird 105)

* BILL LASWELL/HARRIS/BERNOCCHI-Equations of Eternity-2 (WordSound 28)

* DUBADELIC-Bass Invaders (WordSound 27) avec Bill Laswell a la basse dub

* GEORGE LEWIS & MAYA MASAOKA-The Usual Turmoil (M&A 1023)

* PRAXIS-Collection (Douglas 19) (compilation ?)

* MALCOM MOONEY-The 10th Planet (MRM) de l'ex chanteur de CAN

* DON BYRON-Nu Blaxsploytation (Blue Note)

* PERCY HOWARD/FRED FRITH/BILL LASWELL/CHARLES HAYWARD-Meridian

* DAVE DOUGLAS-Charms of the Night Sky (W&W 15)

* HENRY KAISER/LEO SMITH-Yo Miles! (Shanachie) / E.Sharp, J.Medeski, Lukas Ligeti

* RED CRAYOLA (W/ JOHN FAHEY)-Live in the 60's (Drag City)

* sabotage/craft releases ## forthcoming 98

10/9 AIRLOCKTRONICS IMPERATIVE from drive-in label runner AIRLOCK (craft.35)12"EP

15/9 POMASSL (craft.36) mr. soundterror goes pop!/12"EP

10/10 GANYMED RMXS feat. I-F, LE CAR, DJ ELIN / 12" EP (sabo.40)

20/10 ALOIS HUBER (craft. 38) presents a new chapter in his life /12"EP

21/11 SCHALL UND RAUCH from the viennese electronic trio EPY/incl. LE CAR rmx/12"EP

Rééditions

 

* ROBERT WYATT-Rock Bottom, Ruth is Stranger Than Richard, Old Rottenhat & Nothing Can Stop Us - sur Thirsty Ear. Pas d'inédits, mais nouvelle présentation, et paroles

* DON CHERRY - Eternal Rhythm (MPS/Japan) improvisation de ’69 avec Sonny Sharrock, Albert Mangelsdorff, Joachim Kuhn & Karl Berger

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LITTERATURE

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"POILANT (G.K.)"

Textes d’Anne Ramade

 

Benoît CARBONEL "PORRIDGE! PORRIDGE! "

 

L'auteur

 

Benoit Carbonel a enseigné l'histoire de la Renaissance à l'université de Genève, avant de fonder la Fédération Internationale des Cruciverbistes Oulipiens. Traduit en 28 langues, son précédent ouvrage (Yalta, an 1284) a connu un succès retentissant.

 

Le livre

 

"Porridge! Porridge! est un essai anachronique présenté sous la forme d'un récit de science-fiction. Carbonel ressuscite Magellan dans la peau d’un jeune rappeur de Saint-Denis. Sa plume inimitable nous démontre comment l'esprit du navigateur portugais se réincarne et s'épanouit dans les revendications contestataires d'un jeune du 93, explorateur à la manières, de nouvelles contrées territoriales et identitaires"

 

Extrait, page 28 :

 

            ‘Chais pas quoi. C’est comme si t’es dans un bateau et tu captes des gens mais ils entravent queud à comment tu grooves.’

 

La presse

 

"Facétieux" (G.B.)

"Un certain charme » (I.S.)

"Finalement, on est tous pareils" (J.V.)

"Poilant" (G.K.)

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Yves FAIDHERBE  "PETIT TRAITE DES EVIDENCES"

 

l'auteur

 

Yves Faidherbe a 47 ans, il est instituteur dans l'Yonne, sa région natale. Il vit dans une grande maison pleine de livres avec ses trois chats.

 

le livre

 

Ce "Petit Traité des Evidences" est un badinage intime de l'auteur avec le réel. Dans un monde de déperdition, d'absence de repères, l'auteur procède à un réglage salutaire et rassurant sur ce monde qui est aussi le nôtre.

 

 

extrait p.120

 

            ‘Ce coup-ci, c’est la droite qui va passer, c’est sûr. (...) Souvent, le jeûne s’accompagne de la faim. (...) J’irais plus vite en train mais j’aime bien marcher (...) Une mère est une mère. (...) ‘

 

 

la presse

 

"Fascinant" (O.G.)

"Beaucoup de talent" (B. S.)

"Délicieux" (A.F.)

"Poilant" (G.K.)

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Patrick BREMOND "IRIS, OSIRIS"

 

L'auteur

 

Second essai de l'universitaire lyonnais. Patrick Brémond, plébiscité pour "Ceylan, c’est loin", une démographie diurne du XIlle arrondissement parisien.

 

Le livre

 

« Iris, Osiris » développe tous les liens qui unissent l'Égypte antique à la science de l'ophtalmologie. Amoureux du nerf optique comme du tombeau de Toutankhamon, Brémond scrute et espionne l’égyptologie ophtalmologique et l'ophtalmologie égyptienne avec un intérêt égal, impartial. Feignant même parfois une totale indifférence vis-a-vis de son sujet pour mieux nous surprendre.

 

Extrait, page 87

 

Chapitre 7:

 

"La croix d’Ankh et la cornée".

 

La Presse

 

"Au début, on est surpris" (B.S.)

"Un sujet pas évident" (J.H.)

"Pourquoi pas ? " (I.T)

"Pour certains spécialistes" (A.V.)

"Poilant" (G.K.)

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Jean-Luc FROISSARD "L'EPAGNEUL ET LA CERISE"

 

L'auteur

 

Jean-Luc Froissard est un poète d'origine grecque, informaticien et monteur en bronze. "L'Epagneul et la Cerise" est le second tome de son cycle "Rodogune’s establishment". Le premier tome  "La Grande Fatigue" est épuisé.

 

 

Le livre

 

"L'Epagneul et la Cerise" évoque le désarroi d’ un équipement collectif à une époque où domine l'individualisme. Son personnage, un gymnase, témoigne d'une déperdition de l'esprit sportif au profit de la performance personnelle.

 

Extrait page 57 :

 

"Tiens, et voilà que je te prends le ballon et que je dribble tout seul dans mon coin... Tu crois qu’il va faire une passe à l’ailier, mon œil, oui, pfffuh... "

 

La presse

 

"On attend impatiemment le troisième tome" (B.R.)

"Du très grand Froisard" (J. M.)

"Sacré Froissard" (C.R.)

"Poilant" (G.K.)

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Pauline ALBAN: "CIEL AU-DESSUS DES HOMMES"

 

L'auteur

 

Pauline Alban dirige le Cercle des Amis de Franz Kafka à Biarritz. Elle a consacré à l'écrivain tchèque trois biographies et de nombreux essais dont "Pour une lecture du Château, " "Paronomases et anacoluthes de la Métamorphose", et "Image du double dans La Muraille de Chine ". Elle publie ici son premier roman.

 

Le livre

 

Un personnage quelconque voit son univers familier basculer dans les rouages tragiques d'un monde absurde. Une cascade de péripéties où le burlesque se mêle à la satire féroce d'un monde déshumanisé.

 

Extrait, page 1

 

"En lisant le nom sur l’enveloppe, j’avais pourtant compris que cette lettre ne m’était pas destinée. Je l’ouvris. "

 

La presse

 

"Excellent" (C.D.)

"Une œuvre rare" (B.L.)

"Du goût" (G. S.)

"Poilant " (G.K.)

 

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Mathilde SORREGUENIEVE: "LES PLIS DU TAPIS"

 

L'auteur: Mathilde Sorregueniève a déjà publié "Le chat sur le toit", "La fenêtre bleue", "Loin dans la cave", "Hauteur sous plafond" et "Rideaux de cuisine". Paraplégique et condamnée à rester chez elle, c'est la première fois qu'elle écrit "Les plis du tapis".

 

Le livre: "Les plis du tapis" est un brûlant récit intérieur, un petit inventaire de toutes petites choses de rien du tout, une assiette ébréchée, un grain de poussière... une foultitude de choses imperceptibles qui finissent, au bout du compte, à remplir l'immensité du quotidien.

 

Extrait, page 30:

"Aujourd'hui, c'est jour de fête. J'ai reçu le nouveau catalogue Ikéa. Sa magnifique couverture brille de mille feux et — quelle ironie ! — je l'ai d'abord posé sur la table de la cuisine avant de l'emporter au salon."

 

La presse:

"Comme autant de grains de poussières qui composent un mouton" (J.A.)

"Une écriture clapotante" (O.V.)

"Du goût et du bagout" (S.E.)

"Poilant" (G.K.)

 

 

Copyright Anne Ramade!

 

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LIENS WEB

 

* le site de Sonic Architecture: http://www.sonarc.net

* le groupe Hoyry Kone: http://valo.uta.fi/projektit/jussinet/houru-kone.html

* la revue Paris New Music Review: http://man104nfs.ucsd.edu/~hlivings/

* la revue Margen: http://www.arrakis.es/~margen/

* le label Charnel: http://www.charnel.com/

* le site de Garry Parra: http://members.aol.com/trapsz/index.html

* le groupe noise MSBR: http://www.msbr.com/

* le site de rock prog japonais:  http://web.sakura.ne.jp/~jara/i/Prog.html

* la revue Phréatique: http://www.mygale.org/~phreatiq/index.shtml

 

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CREDITS ET APPELS A PUBLICATION

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Ont participé à ce numéro (dans le désordre...): François Couture (chroniques), Anne Ramade (textes), Jérémy Huylebroeck (support logistique), Patrick Bateman (chronique), Patrick Bœuf (chronique), Dan Warburton (chronique), Xavier Gombert (chroniques et interview), Vincent Martin (infos et chroniques), Emmanuel Pedon (chronique et relecture), Jérôme Schmidt (chroniques, interview, texte et élaboration ensemble), Alexis Drion (chroniques) et Frédéric Rossille (réflexions musicales).

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Le n°13 sort et c’est aussi une nouvelle maquette pour Art Zéro désormais ‘embelli’ par l’ajout de photos et de scans dans sa mise en page web et Word. Désormais Art Zéro a plus de 2300 abonnés et devient disponible dans certaines médiathèques (Laxou, Nancy) et d’autres lieux dans un proche futur. Le contenu ne change pas vraiment mais l’équipe de rédaction est un tant soit peu renforcée. Bonne lecture en tout cas !

 

Dans un proche futur, nous vous proposerons des interviews avec Soh Band, Gaji, Hint, Hoppy Kamiyama, Tetsuo Furudate, Yochk'o Seffer, Richard Pinhas, Otomo Yoshihide, Daniel Denis, John Lurie, Aube, Holger Czukay, etc...

 

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... et aussi de vos avis sur ce treizième numéro.