| Chers
amis,
Enfin, nous avons réussi
à nous organiser en cercle d'amitié. Ce cercle vise à
créer un réseau apolitique de réflexion, d'entraide
et d'échange impliquant l'Algérie dans les domaines touchant
à la production de la ville, de ses lieux et de ses édifices.
Nous aurons, dans les jours et les mois qui viennent, à relever
les défis d'une telle initiative :
- Etre solidaire quand la tendance
est à l'individualisme le plus forcené.
Il ne nous faudra pas oublier ceux qui d'entre nous, en Europe ou en Algérie,
sont dans le besoin. Il faudra nous rappeler que beaucoup d'entre nous
sont issus d'institutions universitaire qui aujourd'hui plus qu'hier manquent
cruellement d'ouverture, de documentations d'expertises. Il nous faudra
nous mobiliser pour orienter les plus jeunes d'entre nous. Enfin ce cercle
doit pouvoir être un des espaces de notre promotion ;
- Développer une autre
image de l'immigration au moment ou celle-ci est rejetée sous des
formes différentes d'un côté et de l'autre de la Méditerranée;
d'un côté on la dit nantie, hautaine, et quelques fois les
mots sont encore plus durs, de l'autre on l'a dit sensu, délinquante
voire sidaïque. Heureusement cela est loin d'être le discours
général mais disons le clairement, l'immigration est prisonnière
d'une représentative et plus encore d'une médiatisation contestée
et contestable. Il nous faudra donc dire ce que l'immigration recouvre
réellement. Il nous faudra rappeler que nous sommes une chance pour
notre pays et pour nos pays d'accueil. Il nous faudra défendre une
conception du co-développement. Il nous faudra enfin rapprocher
l'Algérie et l'Europe quand nombre de personnes d'un côté
et de l'autre sont prisonnières de batailles du passé et
plus probablement de stratégies du futur qui pour beaucoup leur
échappe.
Bien évidemment, cette initiative
suscite de l'adhésion : nous sommes aujourd'hui de plus en plus
nombreux. Cela est une grande victoire. Ce cercle interroge beaucoup ;
à ces questions chacun d'entre nous devra veiller à apporter
les réponses nécessaires. Enfin j'entends des phrases ou
viennent s'épanouir encore tous les défauts qui nous ont
perdus : idéalisme vague et stupide, méconnaissance de la
réalité, revendications de chimériques droits et méconnaissance
de tous devoirs, croyance absurde en la valeur de propos qui n'ont plus
de crédit que dans l'imagination des niais. A cela je dis que l'histoire
tranchera et qu'elle n'oubliera pas.
Amine BENAISSA
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