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Une daphnie? Non: un écosystème
Les êtres vivants produisent de la matière et de l'énergie (chaleur, travail...) selon le principe d'allocation d'énergie (ou allocation des ressources).
Les échanges d'énergie sont le moteur du fonctionnement des écosystèmes.
Ces échanges se font selon deux grands types de relations:
Pourquoi étudier le parasitisme en Biologie animale?
Définition du parasitisme.
La définition usuelle du parasitisme n'est pas satisfaisante: "Le parasitisme est un mode de vie dans lequel un organisme, le parasite, utilise un autre organisme, l'hôte, comme habitat et comme nourriture."
D'un point de vue écologique, on peut distinguer les différents types d'interaction entre espèces en fonction d'un critère de bénéfice et de la durée des interactions.
- Un système prédateur-proie est une interaction provisoire;
- Un système parasite-hôte est une interaction durable.
Prédation | |||
Parasitisme | |||
Mutualisme | |||
Commensalisme | |||
Phorésie | |||
Parasitoïdisme | |||
+: bénéfice pour l'espèce; | -: désavantage pour l'espèce; | 0: indifférent | ++: durée longue; -: durée courte |
Le prédateur exploite la matière de sa proie comme source d'énergie; grâce à la durée de l'interaction, le parasite exploite toutes les richesses de l'hôte:
- - matière;
- - procédés (réactions enzymatiques);
- - travail;
- - productions.
L'hôte devient l'habitat du parasite; l'ensemble hôte-parasite devient un écosystème. On peut donc définir le parasitisme du point de vue de la biologie des populations:
Les parasites établissent des relations durables avec leurs hôtes caractérisées par:
Les interactions durables sont non seulement des interactions entre les phénotype d'individus d'espèces différentes, mais également des interactions entre leurs génomes, grâce à la durée de l'interaction.
A l'échelle de la biosphère, les transferts d'énergie entre hôtes et parasites sont négligeables, mais les interactions ont des conséquences évolutives.
L'existence de deux génomes côte à côte conduit à considérer le système parasite-hôte comme un super-organisme vivant possédant un super génome, ce qui a 4 conséquences:
1) le génome du parasite peut modifier le phénotype de l'hôte; exemple: les galles des végétaux sont dues à la sélection dans le génome d'insectes de gènes capables de manipuler la croissance des tissus végétaux. Le système hôte-parasite est un système de phénotypes croisés.
2) Dès qu'un système hôte-parasite se forme, il y a une probabilité pour que voisinent des gènes en double, d'où une tendance à la cessation de l'expression de l'un des gènes. La perte est en général subie par le parasite et entraîne des régressions de fonctions pouvant être assurées par le génome de l'hôte: simplification morpho-anatomiques (organes locomoteurs, digestifs, organes des sens); enzymes (déficience du métabolisme des purines chez les protozoaires parasites et les schistosomes. La survie de l'espèce parasite dépend strictement de l'hôte.
3) Le parasite peut apporter dans l'association un gène que l'hôte ne possède pas, mais dont les produits sont avantageux.
C'est l'enchaînement au parasite, rançon du mutualisme, avec coopération (piratage) génique entre les deux partenaires.
S'il y a dépendance physiologique unilatérale, on a affaire au parasitisme; si la dépendance physiologique est bilatérale, c'est le mutualisme. Le mutualisme est une association à "parasitisme réciproque".
4) L'association prolongée entre deux organismes de génomes différents peut favoriser les échanges géniques entre ces organismes.
Comment savoir si un organisme est parasite: le concept d'interaction durable lève toute équivoque.
Exemple:
Cassier, Brugerolle, Combes, Grain, Raibaut. Le Parasitisme. Masson ed.
Combes: Interactions durables. Ecologie et évolution du parasitisme. Masson ed.
copyright: T. Ginsburger-Vogel
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