
Les
Tours
Deux piliers (tours) anciens à l'entrée du village
C'est
à partir de 125 avant notre ère que les légions romaines interviennent en Gaule
méridionale à l'appel de leur alliée, Marseille. Le consul Domitius s'impose
dans la vallée du Rhône face aux Arvernes du Massif Central. Cette campagne
dont on ne connaît pas le déroulement, visait à repousser les ennemis au- delà
des Cévennes. Il semblerait, selon une thèse (voir plus loin) que les quatre
tours rondes de Causses et Veyran, dont deux sont encore conservées, étaient
des tours trophées comparables à celles que les généraux romains avaient fait
élever peu avant au confluent du Rhône et de l'Isère. Si l'on retient cette
hypothèse, la vallée de l'Orb aurait été le théâtre d'une victoire romaine et
les tours seraient le témoignage de la nécessité de pacifier cette région
proche des installations coloniales du Narbonnais. Soixante sept mètres
séparent ces piliers de grosseurs différentes (6,75 m de circonférence pour
l'une, 7,42 m pour l'autre). Construites en pierres calcaires et enfouies de
près de 2m dans le sol, ces tours s'élèvent à 5 m au dessus du sol.

De
quelle utilité ont été ces piliers ou pour quelle raison ont-ils été bâtis ?
Les
précédentes hypothèses paraissent à rejeter et, particulièrement, celles qui
voient dans ces monuments, des sépultures ou des tours élevées pour commémorer
une victoire. Une fonction utilitaire semble plus plausible. Au Nord-Ouest et
sur le penchant de l'éminence, la tradition populaire garde en mémoire la
présence d'une source dont le point d'émergence est inconnu. A ce propos, une
analyse récente parue dans le bulletin communal de Causses-et-Veyran semble
confirmer cette thèse.
A l'ouest, la parcelle où a été érigé un
pilier est bordée par un petit ravin irrégulier large et profond de 1 m à 1.50
m. Ce fossé longe ensuite la partie supérieure d'une autre vigne. Une trentaine
de mètres plus loin, à la limite de la zone inculte, le ravinement cesse
brusquement ; cet endroit peut être considéré comme le point d'émergence des
eaux tout en admettant la possibilité d'une sortie située à proximité mais à
une altitude légèrement supérieure. En face, au sommet et au bord du
promontoire sud, exactement dans l'alignement des monuments et presque à la
limite de plantation de vigne, une prospection a permis de repérer une petite
mais intéressante maçonnerie. Au ras du sol, on peut observer une construction
presque circulaire de 94 cm de diamètre intérieur. la paroi est faite de deux
rangées de moellons cubiques accolés de 13 cm de côté. Ils sont en calcaire et
de forme un peu incurvée pour permettre de bâtir un cercle presque parfait. La
hauteur de cette construction reste inconnue. Un mortier de tuileau étanche
recouvre la paroi intérieure et le fond qui est à une vingtaine de centimètres
de profondeur. L'enduit est bien lissé et laisse apparaître les débris
concassés de poterie et de briques qui caractérisent le fameux mortier romain.
A cette hauteur, on doit se trouver un peu au-dessous du niveau supposé de la
source. Cette maçonnerie mériterait d'être dégagée et protégée afin de pouvoir
mieux l'étudier et de vérifier ses dimensions. Elle pourrait aussi contribuer à
expliquer le fonctionnement supposé de l'ouvrage. Environ 800 m au sud d’un
pilier se trouve le village de Veyran où
furent découvertes des tombes gallo-romaines et un cercueil en plomb de même
époque. Des constructions devaient être bâties à proximité mais il est
impossible de préciser leurs étendues et leurs emplacements avec certitude; ces
habitations nécessitaient une alimentation en eau qui pouvait très bien être
distribuée par une installation comprenant un pont- aqueduc.

Contact : Gérard BARO, Maire, 34490 Causses-et-Veyran
Tél : 0467896671, télécopie : 0467896307
Copyright
©1998
Dernière
révision faite le:
05 septembre 2003