CV Judiciaire Dr Moncef Marzouki

“CV” judiciaire

Dr Moncef Marzouki

 

Dr Moncef Marzouki : été 2000

 

Le procès du 16 décembre 2000 est une étape de plus dans un processus de harcèlement et de punition pour le combat démocratique entrepris depuis presque 20 ans pour la liberté d’association, de parole et d’élection

 

 

1.      Première condamnation par le tribunal de Tunis pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles en 1984. Il s’agissait de punir un article paru dans une revue Démocratique.

2.      Interdiction du livre « Laisse mon pays s’éveiller », plaidoyer pour la Démocratie, paru à Tunis en 1986 (édition du Maghreb arabe). Comparution à trois reprises devant le tribunal de Tunis. Non-lieu en 1987, après la déposition de l’ancien président.

3.      Comparution devant le juge d’instruction en 1992 pour constitution avec 17 intellectuels, du comité de défense des prisonniers d’opinion (CNDPO). Ce comité a été créé pour répondre à la première dissolution de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme dont j’étais à l’époque le président (1989-1994). On n’a jamais su si l’affaire a été classée.

4.      Arrestation pendant quatre mois d’avril à juillet 1994 pour m’être porté candidat aux élections présidentielles. Relâché sans jugement. Le comité de l’ONU pour les détentions arbitraires a reconnu mon cas comme une détention arbitraire.

5.      Harcèlement sans habillage judiciaire depuis 1995 (filature permanente – trois condamnations fermes contre mon frère Mohamed Ali, devenu un véritable otage, retraits multiples du passeport, coupure du téléphone)

6.      Kidnappé dans la rue et maintenu au secret dans les locaux de la police politique au Ministère de l’Intérieur en juin 1999. Présenté en état d’arrestation au juge d’instruction qui me signifie un chapelet d’accusations dont la principale est la constitution d’une organisation interdite – Le conseil national pour les libertés en Tunisie. Laissé en libération provisoire.

7.      Convoqué devant le juge d’instruction le 8 novembre 1999 pour re-inculpation de maintien de la dite association, plus les grands classiques : diffamation des corps constitués, diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public.

8.      Convoqué en avril 2000 et re-inculpé pour les mêmes chefs d’inculpation.

9.      Convoqué en juillet devant le conseil de discipline du Ministère de la Santé et renvoyé définitivement de mon poste de professeur de médecine à la faculté de Sousse. Mon service médical avait été dissous en 1992 et j’avais été interdit de conduire des recherches financées à partir de 1995.

10.  Les mille exemplaires de mon livre « Introduction à la médecine intégrée » « disparaît » en 1993. Tous mes livres sur les droits de l’homme, la démocratie sont interdits sans décision judiciaire.

11.  Le procès décidé pour le 16 décembre, devant le tribunal de première istance se fera sur la base de deux inculpations.

* « Maintien d’association non reconnue – le CNLT – en contravention de la loi sur les associations.

* Diffusion de fausses nouvelles et de nature à troubler l’ordre public et avec intention de nuire, en contravention du code de la presse.

Les articles pénaux qui fixent les peines pouvant aller jusqu’à cinq années de prison sont les articles 42, 49, 72 du code de la presse et l’article 30 de la loi 154.

 

 

Le feuilleton ne s’arrêtera que lorsque le pouvoir cessera de considérer comme des crimes, l’exercice de libertés fondamentales, de recouvrir aux tribunaux pour maintenir une situation contraire à la constitution et aux conventions internationales ratifiées par la Tunisie.

 

 

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