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Notions d'histoire
Le Nord, est une vaste région frontalière comprise entre la Manche, la Belgique, la Haute-Normandie, l'Ile-de-France et la Champagne-Ardenne. Ce pays fut successivement, occupé, délivré, envahi de nouveau, libéré, en un éternel recommencement, jusqu'à son annexion définitive à la France, pour une grande partie pendant le règne de Louis XIV. Depuis, son développement économique et culturel n'a cessé d'évoluer, quoique déjà nettement entamé à l'époque des Villes Flamandes, exception faite pour les deux périodes de guerre que notre siècle a connu. Les auteurs lui reconnaissent unanimement, une population de constitution solide aux moeurs pacifiques, vaincue parfois, mais jamais soumise.
Cette zone du territoire français est constituée de 4 régions distinctes : la Flandre, la Picardie, l'Artois et le Hainaut. Les anciennes provinces de Flandre, de Hainaut (département du Nord) et d'Artois (département du Pas-de-Calais) se trouvent englobées dans la région actuelle du Nord-Pas-de-Calais, l'ancienne Picardie ne représentait qu'une partie du département de la Somme et de l'Aisne.
Avant la conquête romaine, cette zone de la France actuelle, était peuplée de belges de langue celtique,héritiers de l'âge de fer ; la région de Bavay était habitée par les nerviens, les ménapiens se trouvaient près de Cassel, les Atrébates aux alentours d'Arras et les Morins vers Thérouanne. la partie de cette province qui nous (m')intéresse, le Hainaut, dont la capitale est Bavay, entre Sambre et Escaut, était alors peuplée par les nerviens, descendants de peuplades Celtes venues d’Asie qui s’y étaient installées entre le IIIe et le IIe siècle avant Jesus-Christ , les belges ou kimris, chasseurs et vaillants guerriers, ils furent décimés, à l’exception de quelques hommes, des femmes, des enfants et des vieillards, par les légions de César. Des quelques 60.000 guerriers, ne subsistèrent qu'environ 500 hommes.
L'invasion romaine intervient entre 57 av J.C. et 51 av J.C., seuls quelques soulèvements (46 et 29 av J.C.) témoigneront encore de l'esprit combattif des peuples vaincus qui se rallieront à Vercingétorix. A l’avènement d’Auguste (27 av J.C.), cette région, berceau principal de mes aïeux, prit le nom de Gaule Belgique, elle deviendra Belgique seconde, lorsque la Gaule sera divisée en 17 provinces (297). Le véritable bénéfice que ces hommes ont pu retirer de cette longue période d’invasion, fut une naissante (comparée à ce que l'on connait aujurd'hui), mais cependant stable, en ces années lointaines, elle leur permit de développer d’autres activités que le combat. Les Romains y bâtissent des centres urbains : Arras, Bavay, Cassel, Cambrai, Tournai et Thérouanne (qui connaîtra une histoire cruelle quelques siècles plus tard), ils défrichent, Les forêts s’amenuisent, les cultures apparaissent sur les marais asséchés, les et les villes poussent, celles-là même qui ont pour la plupart subsisté jusqu’à nous : le paysage subit une transformation en profondeur. Les croyances se trouvent elles aussi modifiées, les populations adaptent celles des romains aux leurs ; plus tard, vers le IIIe siècle, la religion catholique fait une timide apparition, elle ne s'installera véritablement que vers le IVe siècle. V siècles de domination ont posé les bases d’un essor économique et culturel jamais démenti. La langue d’origine, qui n’était que parlée, sera remplacée peu à peu par le latin, exception faite pour le nord de la région, qui conserve sa langue d’origine germanique, mettant désormais une barrière linguistique entre les deux zones, qu’aucune frontière naturelle ne vient confirmer.
Ces 3 siècles sont placés sous la fameuse "Pax Romana", le suivant sera jalonné par les attaques répétées des barbares du nord (les germains), parenthèse mouvementée dans l’histoire de ce peuple.
Au IVe siècle, les romains s'emploient à la reconstruction du pays dévasté, les ouvrages militaires prennent de l'ampleur et la religion catholique est répandue par des missionnaires, mais son développement n'est réellement attesté que vers le VIe siècle.
Le règne de Clovis sur la Gaule du Nord, débute au Ve siècle, il voit l'installation des Francs, et la disparition des Romains. Ce sera le début de l'empire mérovingien, et d'une ébauche d'organisation écclésiastique. Comme au temps des romains, bâtisseurs de cités, les mérovingiens bâtissent également, les cathédrales fleurissent un peu partout sur leur territoire. L'évolution entamée par les romains semble stagner pendant toute cette époque.
La dynastie Carolingienne débute au VIIIe siècle, avec Charles MARTEL. Pendant cette période, sous les assauts fréquents des barbares germains (cette fois-ci ce sont les Normands et les vikings) apparaissent les premières villes fortifiées pour faire face à l'envahisseur, entre le IXe et le Xe siècle. La féodalité commence à se former en même temps que le royaume de France, qui passe des mains des Carolingiens à celles des Capétiens.
Le comté de Flandre et celui de Hainaut sont créés à cette époque-là. Cette période est féconde d'un point de vue historique, les frontières apparaissent, se modifient, les populations se retrouvent dans les mains des différentes puissances par le biais des alliances et des héritages. Tantôt au roi de France, tantôt dans la maison d'Alsace ou sous l'influence des anglais, la région est sans cesse réclamée, pour sa position stratégique entre les différents royaumes et son essor économique grandissant. La battaille de Bouvines (1214) marque une étape importante dans l'histoire de la Flandre, qui passe ainsi aux mains des Français. L'évolution qui accompagne la fin du Xe siècle et le début du XIe siècle, ne sert pas à la population, qui se trouve sous le joug des seigneurs et écclésiastiques, propriétaires de grands domaines. D'un côté, ceux, puissants et peu nombreux, qui mangent à leur faim, de l'autre, toute une population réduite en servitude, plus morale que de fait. Malgré l'apparition du fer, de nouvelles routes et de techniques agricoles moins archaïques, la vie quotidienne demeure, pour la quasi totalité des habitants de ces régions, une vie misérable, accompagnée de famines et d'épidémies endémiques. Les premières villes "modernes" apparaissent au cours du XIe siècle, greffe d'habitations autour, la plupart du temps, d'un bâtiment religieux, qui sont un amalgame de ville et de campagne, entourées de murailles, et qui feront plus tard nommer villes, celles qui seront pourvues de ces murailles défensives, au détriment d'autres, plus importantes en nombre d'habitants ou en superficie. L'activité économique se développe peu à peu, axée principalement sur la draperie. Cette dynamique se poursuivra jusqu'au XIIIe siècle, elle verra l'apparition des premiers bourgeois, et un étalement organisé des couches sociales (nobles, bourgeois, artisans, paysans).
Au XIVe siècle, l'organisation récente des régions se trouve bouleversée par les guerres de Cent ans, opposant les Villes Flamandes, alliées des Anglais, au Royaume de France, et les divers traités signés n'arrivent à entérinner une situation de conflits permanents entre les deux puissances opposées. Ce siècle de guerre voit également l'apparition de famines, et, surtout de la peste noire, qui feront tant de ravages parmis les populations. Le mariage de Marguerite de Flandre, héritière du Comté de Flandre, au Duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, allié à la couronne de France, mettra un terme à ces guerres sans merci, débutant ainsi la période de domination Bourguignone [Comtés de Flandre, d'Artois, de Rethel, de Nevers et de Bourgogne (actuelle Franche-Comté)]. Toutes ces années ont vu un effondrement démographique et économique, les cités flamandes se reformeront plus loin, emmenant avec elles le coeur de l'organisation politique, économique et industrielle qu'elles n'ont pas sû défendre.
L'état Bourguignon se forme peu à peu, dès le début du XVe siècle, au gré des annexions pratiquées par les successeurs de Philippe le Hardi, Comté de Boulogne, Picardie, Hollande, Limbourg, Brabant, Hainaut...etc, allié aux anglais, ce Nord connaîtra encore de nombreux conflits en plusieurs points de son territoire. Le dernier duc de Bourgogne ne laissant qu'une fille, Marie de Bourgogne, celle-ci deviendra l'enjeu des unions projetées par les rois de France et d'Angleterre, mais elle choisit le futur empereur d'Autriche, l'archiduc Maximilien, nous sommes en 1477. Sa mort en 1482 provoque la dissolution de ce qui fut pour les populations, une époque où la frontière actuelle séparant la France et la Belgique n'existait pas, une époque de prospérité et de relative liberté.
Le traité d'Arras (1482) marque le début d'une nouvelle ère de conflits entre la France et l'Autriche, qui continuent par le biais des héritages, de se disputer les miettes de l'état Bourguignon. La picardie, si souvent réclamée, l'Artois et le Boulonais entrent dans la maison de France. Le traité de Senlis (1493) reforme les pays-Bas Autrichiens avec la Flandre, l'Artois et le Hainaut. Le fils ainé de Maximilien épouse en 1496 Jeanne la Folle, de cette union naitra Charles (1500) futur Charles-Quint, qui règnera sur ce que l'on appelle aujourd'hui les Pays-Bas Espagnols (ainsi que sur l'Espagne, l'Autriche des Habsbourg et les territoires américains). Pendant ce temps, dans le royaume de France François 1er succède à son père Louis XII (1514). En 1517, Luther prépare la réforme protestante, rendue propice par un relâchement des règles de l'église catholique, elle se propagera dans toute la région, malgré d'incessantes persécutions. L'héritier de la couronne d'Espagne, devenu empereur en 1519, et le roi de France se déclarent la guerre en 1521, Henri VIII, roi d'Angleterre, allié de Charles Quint avait signé en 1520 un traité d'amitié avec ce dernier. En 1526, François 1er abandonne par un traité (de Madrid ?), la Bourgogne et la suzeraineté des Comtés d'Artois et de Flandre, que la Paix des Dames (1529) modifiera légèrement, la France peut garder la Bourgogne, certaines villes de la Somme et plusieurs Comtés, mais doit renoncer définitivement à l'Italie, ainsi qu'aux Comtés de Flandre et d'Artois. Les différents traités signés ne restent souvent que pure théorie, et en 1537 et 1542, François 1er entre en Artois, suivi de peu par les impériaux qui ripostent. 1544, François 1er doit à nouveau renoncer à la suzeraineté sur la Flandre et l'Artois. Henri II succède à François 1er en 1547, les hostilités se poursuivent, en 1555, Charles Quint abdique au profit de Philippe II. En 1558, les anglais, qui conservaient encore quelques places dans le Calaisis, disparaissent du cadre "politique" de la région. Un traité signé en 1559, leur laisse Calais pour 8 ans, au terme duquel ils devront la rendre ou payer une forte rançon. Pendant ce temps, la Contre-Réforme (ou réforme Catholique) se met en place entre 1562 et 1563. En 1567, l'impitoyable Duc d'Albe est nommé gouverneur des pays-bas, auquel succèdera Requésens (1573) puis Don Juan d'Autriche (1576) et enfin Alexandre Farnèse jusqu'en 1592. Entre-temps, se sont formées l'Union d'Arras (interdiction du culte protestant) et l'indépendance des Provinces-Unies (protestantes, par opposition aux précédents). Le roi d'Espagne, profitant des troubles causés dans le royaume de France, dirigé par Henri IV depuis 1589, par les guerres de religion, reprend ses offensives, mais la Paix de Vervins en 1598 lui enlève ses nouvelles possession. Ce siècle de conflits, n'en a pas moins profité aux populations, l'économie menée aux Pays-Bas leur est favorable.
En 1598, Isabelle, fille de Philippe II, devient l'héritière des Pays-Bas espagnols, elle est mariée à son cousin Albert d'Autriche. La population accueille ce couple avec beaucoup de joie ; malheureusement, celui-ci restera sans descendance, et, 35 ans plus tard, après leur décès, la région retrouve sa place d'enjeu politique. Cette période fut longtemps regrettée, car pacifique et prospère, sous l'influence d'un renouveau religieux.
Le traité de Westphalie, signé en 1648, premier d'une longue suite (Pyrénnées, Aix-la-Chapelle, Nimègue), débute l'ère de la conquête française ; entre 1635 et 1678, de nombreuses villes sont annexées par la France, puis reprises par les Espagnols ou les Anglais, pour rejoindre la France après le traité de Nimègues. La guerre de dévolution menée par Louis XIV contre l'ennemi héréditaire représenté par l'Espagne, est provoquée, dans l'unique but de repousser les frontières du royaume de France aussi loin que possible de Paris.
Le règne de Louis XIV donne à cette région les frontières que nous lui connaissons actuellement, du moins en grande partie. Durant cette période, de nombreux traités tentent de répartir équitablement l'influence des différentes puissances en présence, le traité d'Utrecht (1713) faite suite au traité de Nimègue, et intervient peu avant le traité de Rastatt (1714), quelques années plus tard (1783), la France signe le traité de Versailles. L'intense activité politique de cette époque ne doit pas faire oublier le sort des populations, celles-ci, à peine courtisées par les états en formation qui s'affrontent, se trouvent souvent au coeur de conflits fratricides, et leur unité géographique ne s'est pas effectuée sans déchirements. Hommes, femmes, enfants, vieillards, meurent, si ce n'est de la guerre, du moins de ses conséquences, misère, famine, tout un cortège d'événements liés directement à l'état de guerre ; les années 1693-1697 furent les plus éprouvantes, elles se terminent avec le traité de Ryswick (1699). Le belliqueux Louis XIV procède avec l'Espagne à plusieurs conférences afin de décider quelles places seront rendues ou gardées, une discussion de marchands de tapis s'engage entre les deux puissances, qui lasses toutes deux de ces interminables échanges, finiront par se mettre d'accord sur la position de la frontière. Après cette date, les populations, fidèles à leurs origines, revendiqueront longtemps leurs particularismes, et ceux-ci sont nombreux, et ne s'intègreront pas immédiatement à leur nouvel état. De tout temps, ces hommes et femmes resteront farouchement attachés à une manière de vivre qui leur est propre, provoquée par les guerres incessantes, influencée par l'oeuvre des nombreux souverains qui leur furent attribués, et envers qui ils s'opposeront indifféremment. Les institutions du royaume de France s'installent avec précaution dans ces régions nouvellement annexées, afin, justement, de ne pas provoquer de mouvement de rejet, elles seront la véritable source d'intégration et d'unification au royaume. Les notables locaux sont insérés peu à peu dans le nouveau paysage politique de la France, mais cela n'empêche pas la misère des années suivantes : la région, coupée de de ses centres économiques habituels, lieux d'échange et de prospérité, entame une période de déclin.
La fin du règne de Louis XIV se voit assombri par la guerre de succession d'Espagne (1701-1714) et le 'grand hiver" de 1709-1710. Durant cette guerre, nombreux sont les hommes qui quitteront leur foyer pour servir le royaume et défendre leurs biens (à moins que ce ne soit le contraire), leur sentiment d'appartenance à un état semble se préciser, cristallisé par les horreurs de cette guerre. Le traité d'Utrecht, en 1714, vient confirmer les frontières dessinées quelques années auparavant.
Une période de paix se prépare, et va se poursuivre jusqu'à la révolution, elle engendrera un renouveau économique et culturel et un essor démographique favorisé par l'éloignement des conflits. Quelques uns se présentent, dont la guerre de succession d'Autriche (1740-1748), mais ceux-ci n'ensanglantent plus la région, comme ce fut le cas des guerres du siècle précédent. Les règnes de Louis XV (1715-1774) puis celui de Louis XVI (1774-1792) seront caractérisés par un calme relatif, comparé au siècle précédent, sans oublier toutfois que la milice continua d'enrôler, souvent de force, les hommes de cette région, célibataires ou veufs, âgés de 16 à 40 ans. Pendant ce siècle, de grands travaux de défrichement et d'assèchement des marais sont entrepris, le paysage rural se transforme. l'évolution industrielle se caractérise par le début de l'exploitation de la houille dans le Hainaut, elle fournira du travail à une importante main-d'oeuvre exploitée
à suivre...