
"La Harpe de Dieu" -J. Rutherford 1924
Poteau ou croix?

Selon la Société des Témoins de Jéhovah, Jésus ne serait pas mort sur une croix mais bien sur un poteau:
On trouve dans la brochure "Ce que Dieu attend de nous" (1996)
à la page 23:
"La Croix: Jésus n'est pas mort sur une croix. Il est mort sur un poteau, un pieu. Le mot grec traduit par "croix" dans beaucoup de bibles désigne une seule pièce de bois. Le symbole de la croix vient des fausses religions du passé; les premiers chrétiens ne se servaient pas de la croix et ne l'adoraient pas. pour cette raison, croyez-vous qu'il serait bien de se servir d'une croix pour adorer Dieu? -deutéronome 7:26; 1 cor. 10:14"
Vous retrouverez cette citation sur le site Officiel de la WatchTower: http://www.watchtower.org/languages/francais/library/rq/article_11.htm
Dans l'appendice de la "Traduction du Monde Nouveau" (1995) à la page 1702:
" Le terme "poteau de supplice" est employé en Mt 27:40 à propos de l'exéctution de Jésus au Calvaire, le lieu du Crâne. Rien ne permet d'affirmer que le mot grec stauros employé ici désigne une croix, symbole religieux que les païens utilisaient depuis des siècles avant Christ. En grec classique le mot stauros désignait tout simplement un poteau, ou un pieu, ou un pilier pour des fondations. Quant au verbe stauroô, il signifiait dresser des pieux, élever une palissade. Les rédacteurs des Ecritures grecques chrétiennes écrivaient en grec commun (koïné), et ils ont employé le terme stauros pour désigner le même objet qu'en grec classique, c'est-à -dire un simple poteau, ou pieu, sans traverse d'aucune sorte, horizontale ou non. il n'y a pas de preuve du contraire...."(- les saintes écritures - Appendice - page 1702 - 5c - 1995)
Avant toute chose, il est important de souligner le fait que quelque soit l'instrument de supplice qui a été utilisé pour donner la mort à Jésus, cela ne doit pas nous faire oublier le sens de son geste, donner sa vie pour nous sauver!
Je tiens également à préciser que la WatchTower prétend dans l'appendice de sa Bible qu' «Il n’y a pas de preuve du contraire» et donc qu'il est impossible de prouver que Jésus est mort sur une croix. Par contre, la Société des Témoins de Jéhovah, donne, quant-à elle une série de "preuves" dans ce même appendice, prouvant que Jésus est bien mort sur un poteau. Preuves que nous allons vérifier comme nous le conseille la bible: «Vérifiez toutes choses; tenez ferme ce qui est excellent» 1.th 5:21
Quelles sont les preuves de la WatchTower?
Je vais pour commencer revenir sur la citation de la brochure "Ce que Dieu attend de nous"qui dit "...Le mot grec traduit par "croix" dans beaucoup de bibles désigne une seule pièce de bois". Il me semble que le terme "beaucoup" est un peu faible, dans le sens où, à ma connaissance, toutes les bibles traduisent le mot grec "stauros" par "croix" et que seule la traduction du Monde nouveau le remplace par le terme "poteau". Je pense que s'il existait des bibles ayant traduit le mot "stauros" ou "xulon" par "poteau", autres que celle des Témoins de Jéhovah, la société ne se serait pas privée de mettre les références dans l'appendice de la "Traduction du Monde Nouveau" comme elle le fait pour d'autres doctrines afin de prouver ses dires.
Le premier argument que l'on peut trouver dans la littérature jéhoviste est celui-ci:
Dans le livre "Comment raisonner à partir des Écritures» publié par la société des Témoins de Jéhovah on trouve à la rubrique Croix:
"... Quel fut l'instrument utilisé pour l'exécution du fils de Dieu? On notera avec intérêt que les écritures le désignent parfois par le mot xylon, qu'un lexique grec-anglais(Greek-English Lexicon de Linddell et Scott) définit ainsi:"Bois coupé et prêt à être utilisé, bois de chauffage, bois de construction, etc. (...), pièce de bois, bûche, poutre, pieu, (...) gourdin, bâton, (...) poteau sur lequel les criminels étaient empalés, (...) bois sur pied, arbre.»"(Londres, 1968,pp.1191,1192))»
La première chose qui m'a interpelé dans cette définition, c'est qu'elle semblait incomplète, alors j'ai décidé de rechercher l'original afin de replacer les mots manquants.
Voici la définition complète du lexique grec-anglais d'Henry George Liddell, Robert Scott "An Intermediate Greek-English Lexicon" au terme Xulon:
xulon [u^], to (pl. spelt xuleaAbh. Berl. Akad. 1928(6).32 (Cos, v B. C.)), wood cut and ready for use, firewood, timber, etc., Hom., mostly in pl., Il.8.507,547, Od.14.418 ; x. nêïa ship-timber, Hes.Op. 808 ; x. naupêgêsima Th.7.25 , X.An.6.4.4, Pl.Lg.706b, D.17.28 ; x. tetragôna logs cut square, Hdt.1.186, cf. Pl.Prt.325d, Arist.EN 1109b7.
2. in pl., also, the wood-market, epi xula ienai Ar.Fr. 403 .
II. in sg., piece of wood, log, beam, post, once in Hom., x. auon . . ê druos ê peukês Il.23.327 ; x. sukinon spoon made of fig wood, Pl.Hp.Ma.291c ; peg or lever, Arist.MA701b9 ; perch, epi xulou katheudein Ar.Nu.1431 : by poet. periphr., Argous xulon A.Fr.20 ; hippoio kakon x., of the Trojan horse, AP9.152 (Agath.) : hence [p. 1192] anything made of wood, as,
2. cudgel, club, Hdt.2.63,4.180, Ar.Lys.357, PHal.1.187 (iii B.C.); meta xulôn eispêdêsai PTeb.304.10 (ii A.D.); xulois suntripsein Luc.Demon.50 ; of the club of Heracles, Plu.Lyc.30.
3. an instrument of punishment,
a. wooden collar, put on the neck of the prisoner, xulôi phimoun ton auchena Ar.Nu.592 ; es tetrêmenon x. enkatharmosai . . ton auchena Id.Lys.680 ; or,
b. stocks, in which the feet were confined, Hdt.9.37, 6.75, Ar.Eq.367, D.18.129 ; x. ephelkein Polyzel.3 ; en tôi x. dedesthai Lys.10.16 (v. podokakkê), cf. Act.Ap.16.24, OGI483.181 (Pergam., ii A.D.) : also in pl., edêsen en tois x. And.1.45 .
c. pentesuringon xulon (v. sub voc.) was a combination of both, with holes for the neck, arms, and legs, Ar.Eq.1049.
d. gallows, kremasai tina epi xulou LXX De.21.22 ; x. didumon ib.Jo.8.29 : prov., ex axiou tou xulou kan apanxasthai, i.e. if one must be hanged, at least let it be on a noble tree, App.Prov.2.67, cf. Ar.Ra.736 ; in NT, of the cross, Act.Ap.5.30,10.39.
e. stake on which criminals were impaled, Alex.222.10.
4. bench, table, esp. money-changer’s table, D.45.33.
5. prôton xulon front bench in the Athenian theatre, Ar.Ach.25, V.90, cf. Sch.adlocc. : hence houpi tôn xulôn the official who had to take care of the seats, Hermipp.9 (according to Meineke).
6. the Hippocratic bench, Hp.Fract.13, Art.72.
Quatre remarques sont a faire par rapport à cette définition:
De plus, « impaled» (point 3.e.) signifie «empaler» (impale [mpel] (vt) empaler). Quelle est la définition d’empaler? "Transpercer le corps d’un pieu" (Dictionnaire Larousse). "Empaler" signifie t-il clouer sur un poteau (ou même sur une croix)? Qu 'est-ce qu'un "pal"? Un pal est un pieu aiguisé au bout et était un supplice oriental qui consistait à enfoncer un pal dans le corps du condamné. Le supplice du pal était, en effet, fréquemment utilisé en Mésopotamie et il figure sur divers monuments assyriens. Les Assyriens avaient coutume d'empaler les corps juste en dessous du sternum, les victimes pouvaient être vue de très loin de la même façon que la croix des romains ou des carthaginois. Les turcs, les perses, les siamois pratiquèrent aussi le supplice du pal. Remarquez que le verbe "attacher à" se dit en anglais ""to be attached" ou "To fix" ou encore "fasten" et le verbe "clouer" par "to nail down".
Remarquez, pour la suite des recherches, que cette définition différencie bien « gallow= potence» et «stake=poteau»

Une
représentation du supplice du pal dans le livre de Juste Lipse. Le pal était souvent enfoncé dans le
sternum (os en avant de la cage thoracique).
Nous allons maintenant voir les preuves que l'on peut retrouver dans
l'appendice de la traduction du Monde Nouveau (TMN- page 1702-1704) 2) La référence à Lewis et Short: L'appendice de la TMN dit que le dictionnaire de
Lewis et Short donne pour sens principal au mot crux: un arbre, une potence
ou autres instruments en bois pour l’exécution, auquels on attachait ou
pendait des criminels (A Latin dictionnary, Oxford 1879) (réf: page 1703
-Appendice TMN) Si l’on regarde la définition au dictionnaire
Larousse au mot potence:
«Assemblage de
pièces de bois ou de fer pour soutenir ou suspendre quelquechose.
Instrument qui sert au supplice de la pendaison». Un poteau seul
est-il un assemblage de pièces de bois? Rappelez-vous que le lexique de
Liddel et Scott différenciait le terme "potence" associé au mot
"croix" et le terme "poteau". La potence est donc bien
un ensemble d'éléments et non pas un seul isolé comme le poteau.
Le terme «instrument» connote t-il spécialement un poteau? Une croix n’est t-elle pas tout autant un instrument de bois? («instrument: Outil, machine, appareil servant a exécuter quelque chose ou à faire quelque opération»).
L’arbre est-il seulement un bout de bois sans branche? La croix ne fait-elle pas plus penser à un arbre avec ses branches qui s'étendent,que le poteau lui-même?
Voici maintenant la définition complète du dictionnaire de Lewis et Short:
crux , ucis, f. (m., Enn. ap. Non. p. 195, 13; Gracch. ap. Fest. s. v. masculino, p. 150, 24, and 151, 12 Müll.) [perh. kindred with circus].
I. Lit.
A. In gen., a tree, frame, or other wooden instruments of execution, on which criminals were impaled or hanged, Sen. Prov. 3, 10; Cic. Rab. Perd. 3, 10 sqq.—
B. In partic., a cross, Ter. And. 3, 5, 15; Cic. Verr. 2, 1, 3, § 7; 2, 1, 4, § 9; id. Pis. 18, 42; id. Fin. 5, 30, 92; Quint. 4, 2, 17; Tac. A. 15, 44; Hor. S. 1, 3, 82; 2, 7, [p. 486] 47; id. Ep. 1, 16, 48 et saep.: dignus fuit qui malo cruce periret, Gracch. ap. Fest. l. l.: pendula,the pole of a carriage, Stat. S. 4, 3, 28 . —
II. Transf.
A. As a term of reproach, a gallows bird, a hempen rascal, Plaut. Pers. 5, 2, 17.—
B. Transf., torture, trouble, misery, destruction, etc. (so most freq. in Plaut. and Ter., and in the former esp. freq. in connection with mala): aliqua mala crux, tormentor (of a prostitute), Plaut. Aul. 3, 5, 48; cf.: illae cruces, Ter. Eun. 2, 3, 92 : quae te mala crux agitat?what tormentor troubles you? Plaut. Bacch. 4, 2, 2 : abstraxit hominem in maximam malam crucem, id. Men. prol. 66 : quaerere in malo crucem, Ter. Phorm. 3, 3, 11 .—Prov.: summum jus antiqui summam putabant crucem, Col. 1, 7, 2 .—Hence, in colloq. lang.: I (abi, etc.) in malam crucem!go to the devil! go and be hanged! Plaut. Cas. 3, 5, 17 ; id. Ps. 3, 2, 57; 4, 7, 86 al.; Ter. Phorm. 2, 3, 21; cf.: Cy. Num quid vis? Me. Ut eas maximam in malam crucem, Plaut. Men. 2, 2, 53; id. Capt. 3, 1, 9.—Without mala: I in crucem, Plaut. As. 5, 2, 91 .—And ellipt.: in malam crucem! Plaut. Cas. 5, 4, 8 ; id. Ps. 5, 2, 5. —Hence, Ital. croce; Fr. croix.
Le dictionnaire dit au point 1. "Litéralement. A. En générale, un arbre, charpente ou autres instruments d'exécution en bois, sur lesquels les criminels étaient empalés ou pendu. B. En particulier, une croix».
Remarquez que la société traduit "instruments en bois pour l’exécution, auquels on attachait ou pendait des criminels". Hors le verbe anglais "impaled" ne peut-être traduit par "attachait" mais bien par "empaler" tout comme elle le fait pour sa traduction de Liddel et scott (empaled=empaler). Donc la définition de ce dictionnaire dit que les criminels étaient "empalés" et non pas "attachés".
Autre remarque, la société traduit le terme anglais " frame" par le mot français "potence", hors celui se traduit par "charpente, carcasse, châsis". le terme " potence" se traduit en anglais par "gallows" (comme dans la définition de Liddel et Scott). Hors la "charpente" est un "Assemblage de pièces de bois ou de métal, servant à soutenir ou à élever des constructions et notamment des toits. Ensemble des branches principales d'un arbre fruitier. Assemblage des os du corps, squelette." (Dictionnaire Larousse). La charpente est donc un assemblages de pièces de bois et non pas une seule, ainsi que les branches principales d'un arbre. De plus, comme nous l'avons vu, même le terme qu'elle emploie "potence" fait référence à un ensemble de plusieurs éléments.
Dernière chose, et sans doute la plus importante, le dictionnaire dit "En particulier, une croix"! D'où, encore une fois, la société a volontairement raccourci la définition pour ne garder que ce qui l'intéressait!
3) Ensuite, l'appendice cite Tite-Live, un historien romain comme autre preuve:
" Dans les écrits de Tite-Live, historien romain du 1er siècle de n. è., crux désigne un simple poteau. Ce n'est que plus tard que le terme a pris le sens de croix." (Appendice TMN -page 1703)
Première remarque que l'on peut faire, c'est que la société avance un argument "historique" sans donner aucune référence à celui-ci.
De plus, Tite live a écrit plus de 143 livres racontant principalement l’histoire de rome et il nous en reste 35 conservé. Les seuls écrits qui nous sont parvenus complets raconte l’histoire de rome jusqu’en + ou - 100 av Jc.
Tite-Live dit: «Auctores seditionis...in cruce tolluntur» «les auteurs de sédition...sont mis sur la croix» (mais je n'ai pas les référenes ;)
4) L’appendice dit ensuite, qu’en latin on appelait «crux simplex» un simple poteau:
" En latin, on appelait crux simplex un simple poteau sur lequel on attachait un criminel" (Appendice -TMN -page 1703)
On trouve dans la «Easton’s Bible Dictionary» au mot cross:
"Cross - in the New Testament the instrument of crucifixion, and hence used for the crucifixion of Christ itself (Eph_2:16; Heb_12:2; 1_Cor_1:17,18; Gal_5:11; Gal_6:12,14; Php_3:18). The word is also used to denote any severe affliction or trial (Matt_10:38; Matt_16:24; Mark_8:34; Mark_10:21).
The forms in which the cross is represented are these:
The crux simplex (I), a «single piece without transom.»
The crux decussata (X), or St. Andrew’s cross.
The crux commissa (T), or St. Anthony’s cross.
The crux immissa (t), or Latin cross, which was the kind of cross on which our Saviour died. Above our Lord’s head, on the projecting beam, was placed the «title.» (See CRUCIFIXION.)
After the conversion, so-called, of Constantine the Great (B.C. 313), the cross first came into use as an emblem of Christianity. He pretended at a critical moment that he saw a flaming cross in the heavens bearing the inscription, «In hoc signo vinces», i.e., By this sign thou shalt conquer, and that on the following night Christ himself appeared and ordered him to take for his standard the sign of this cross. In this form a new standard, called the Labarum, was accordingly made, and borne by the Roman armies. It remained the standard of the Roman army till the downfall of the Western empire. It bore the embroidered monogram of Christ, i.e., the first two Greek letters of his name, X and P (chi and rho), with the Alpha and Omega. (See A.)"
Le mot «cross» ne désigne donc en effet parfois un simple poteau mais également 3 formes de croix faites de deux poutres! Rien ne dit dans la bible que Jésus a été cloué sur une "crux simplex" (un poteau sans barre transversale). De plus "crux" est la forme latine du mot, hors le nouveau Testament n'a pas été écrit au départ en latin mais en grec (stauros ou xulon).
On distinguait différentes formes de croix:
1° La « Crux simplex », qui était un simple bois d’exécution vertical. L’Ancien Testament connaît ce poteau qu’il appelle « bois ou « arbre », et signale diverses condamnations à mort par ce moyen.(Gen. 40 : 19 ; Deut. 21: 22 ; Josué 8 : 29 ; 10 : 26 ; 2 Sam. 21:6, 9 ; Esth. 5 14 ; 8 : 7 etc.)
2' La « Crux composita » « se composait de deux pièces l’une verticale, plantée dans le sol, l’autre horizontale, fixée tantôt au sommet de la première (de sorte que l’instrument avait la forme d’un T), tantôt un peu au-dessous de ce sommet. Cette dernière forme fut probablement celle de la croix de Jésus, car elle s’accorde le mieux avec le fait qu’une inscription fut placée au-dessus de sa tête (Mat. 27 : 37). » (L. Bonnet, Le Nouveau Testament expliqué, I, p. 291.)
5) L'appendice fait référence à un ouvrage de Juste lipse:
"Dans son ouvrage De cruce libri tres (Anvers 1606 ; p 19) Juste Lipse représente cet instrument de supplice." et la société reproduit une image montrant un homme cloué sur un poteau tirée du livre de Juste Lipse.
Voici l'image reproduite dans l'appendice en page 1703 avec comme légende " Crux simplex":

Saviez-vous que Lipse était un théologien catholique du 16ème siècle? Mention que l'on retrouve encore dans la Traduction interlinéaire (..."un théologien catholique romain"... voir original de l'appendice en page 1155 ci-dessous) mais plus dans la traduction du Monde Nouveau en 1995. Ne trouvez-vous pas étrange qu’un catholique prétende que Jésus soit mort sur un poteau?
Cette image est-elle une représentation de la crucifixion de Jésus que l’on trouve dans le livre de Lipse? Cette image est-elle accompagnée dans son livre de dires expliquant que c’est de cette façon que Jésus est mort? Que trouve t-on quelques pages plus loin dans le même livre? Le livre présente 15 autres illustrations représentant des hommes cloués à différentes formes de croix.
Le livre reproduit des illustrations montrant cette fois un homme crucifié, non pas sur un poteau mais sur une croix!
Que trouve t-on écrit en latin en dessous de cette image? « Dans la croix du seigneur il y avait quatre pièces de bois: le poteau droit, la barre transversale, un morceau de bois placé en dessous et le titre placé au-dessus» Il fait également référence à Irénée: « la croix possédait cinq extrémités: deux sur la partie verticale et deux sur la partie horizontale, et une au milieu, sur laquelle reposait la personne attachée par des clous»( Irénée contre les Hérésies)
Pour voir d'autres images du livre de Juste Lipse cliquez ici.
De plus, on trouve dans la Traduction interlinéaire (The Kingdom Interlinear Translation of the Greek Scriptures- KIT) imprimé par la WatchTower en 1969 dans l’appendice: « This is the manner in witch jésus was impaled» (c'est de cette manière que Jésus a été empalé). Phrase qui n’est plus dans la nouvelle traduction. Pourquoi la société a t-elle enlevée cette citation?
Voici l'original de l'appendice de la "Traduction interlinéaire" de 1969 (page 1155):

Vous pouvez voir au milieu de la deuxième colonne: « This is the manner in witch jésus was impaled» (c'est de cette manière que Jésus a été empalé). Le retranchement de cette phrase est certainement dû au fait que des personnes ont eu l'occasion de vérifier dans l'original, et qu'elles se sont rendues compte que le livre ne disait pas du tout que c'était de cette manière que Jésus était mort, bien au contraire. La société en ayant pris conscience, a gardé quant même l'illustration mais a enlevé cette phrase qui faisait dire à Juste Lipse se qu'il ne disait pas.
Autre Remarque: notez que la société dit "c'est de cette manière que Jésus a été empalé". Hors voici l'image du livre de Juste Lipse (page 848) qui montre "l'empalement"!


Copie de la page 1156 de la Traduction interlinéaire. Remarquez qu'à cette époque la société mettait encore le nom de l'auteur.
Remarquez aussi que le numéro de page contenant cette illustration dans le livre de Juste Lipse change avec le temps!
sur l'original de 1969 de la Traduction interlinéaire(page 1155) cette image est extraite de la page 647, colonne 2(...Nous vous présentons ci-joint une copie photographique de son illustration en page 647, colonne2 de son livre...)
dans la Traduction de Monde Nouveau en 1995, cette image se trouve en page 19 (De cruce libri tres -Anvers 1606 -page 19)!

A gauche, un extrait de la page 1155 de la Traduction Interlinèaire avec comme référence la page 647. A droite, un extrait de la page 1703 de l'appendice de la Traduction du Monde Nouveau avec comme référence à cette image, la page 19 (pour voir la page complètre cliquez ici)

Extrait de la page 1157 de la Traduction interlinéaire (1969).
Il est également important de souligner que deux autres références ne sont plus dans la version de 1995 et pourtant enocre présentes dans celle de 1969:
La première référence concerne le magazine catholique « Ecclesiascal Review» datant de 1920:

Extrait de la page 1155 de la Traduction interlinèaire avec la référence du magazine catholique « Ecclesiascal Review»
« il pourrait bien être soutenu que ce n’est qu’après le décret de Milan en 312 ap Jésus christ, que la croix a été utilisé comme signe permanent de notre rédemption.» (traduction de la référence « Ecclesiascal Review» de la page 1155 de la Traduction interlinèaire)
Pouirquoi cette preuve a t-elle disparue de la nouvelle version?
Peut-être que des preuves disant le contraire ont été trouvées depuis 1920?On trouve la preuve du contraire dans la «biblical archeology review» de janvier/février 1985 depuis de nouvelle découvertes archéologiques.
La Biblical Archaeology Review (BAR), écrit un article dans lequel il fait les commentaires suivants sur la crucifixion à l’époque de Jésus :
« À la fin du ier siècle av. J.-C., les Romains adoptèrent la crucifixion comme punition officielle pour les non-Romains, punition limitée à certaines transgressions. Au départ, ce n’était pas une méthode d’exécution, mais seulement une punition. De plus, seuls les esclaves convaincus de certains crimes étaient punis de crucifixion. Durant cette première période, une poutre de bois, connue comme la furca ou le patibulum, était placée sur la nuque de l’esclave et liée à ses bras.
« […] Lorsque la procession arrivait sur le lieu d’exécution, un poteau vertical était planté dans le sol. Parfois la victime était simplement attachée à la croix avec des cordes. Dans ce cas, le patibulum ou barre transversale — auquel les bras de la victime étaient déjà attachés — était simplement fixé au poteau vertical ; les pieds du condamné étaient ensuite attachés au poteau par quelques tours de corde.
« Si la victime était fixée par des clous, on l’étendait sur le sol, les épaules sur la barre transversale. Ses bras étaient tendus et cloués aux deux extrémités de cette barre, qui était ensuite élevée et fixée au sommet du poteau vertical. Les pieds de la victime étaient ensuite cloués au poteau vertical.
« Afin de prolonger l’agonie, les bourreaux Romains avaient imaginé deux instruments pour garder la victime vivante sur la croix pendant une assez longue période de temps. L’un deux, le sedile, était une sorte de petit siège fixé sur le devant de la croix, à peu près à mi-hauteur. Il permettait de soutenir le corps du supplicié et peut expliquer l’expression ‘ s’asseoir sur la croix ’, utilisée par les Romains. Irénée et Justin le Martyr décrivent tous deux la croix de Jésus avec cinq extrémités au lieu de quatre. La cinquième était probablement le sedile. « (pp. 48, 49)
Dans un article ultérieur sur cette découverte archéologique, article paru dans le numéro de novembre/décembre de BAR, on lit ceci :
« Selon les source littéraires [romaines], ceux qui étaient condamnés à la crucifixion ne portaient jamais la croix entière, bien que tout le monde croie le contraire et en dépit des reconstitutions modernes du chemin de croix de Jésus. Seule la barre transversale était portée, tandis que le poteau vertical restait planté en permanence sur le lieu d’exécution, où il servait pour chaque mise à mort. Comme l’a fait remarquer Josèphe, l’historien Juif du premier siècle, le bois était si rare à Jérusalem au cours du ier siècle ap. J.-C. que les Romains furent forcés d’aller à dix milles [env. 16 km ; N.d.T.] de Jérusalem pour chercher le bois nécessaire à la fabrication de leurs engins de siège. « (p. 21)
Autre "preuve" qui disparaît également de la version de 1995:
Pourquoi ne trouve t-on plus la phrase suivante dans la nouvelle version:
«Avec le temps, de futures découvertes archéologies prouverons certainement l’exactitude de ce qui précède» (Traduction Interlinéaire - 1969 - page 1157)?
Extrait de la Traduction Interlinéaire de 1969 à la page 1157
Pour connaître la réponse à cette question cliquez sur le bouton "suite croix"