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Les News

Un père assasine les siens le soir de son anniversaire de mariage

McMINNVILLE – Le soir de son 17ème anniversaire de mariage, Robert Bryant a tiré un billet de $100 de son porte-monnaie et s’est procuré une boite de projectiles à dinde de calibre 12, rapporte les officiels ce lundi.

Un procureur de district  du comté de Yamhill précise : «Quelque part dans la soirée du 23 février, la famille de Bryant est allée au lit. Plus tard, Robert Bryant s'est levé, a chargé deux fusils de chasse et a abattu chacun de ses quatre enfants à intervalles rapprochés. Ensuite il a abattu son épouse, Janet, qui s’était éloignée de son lit, par la suite il s'est mis à genoux dans le salon et a pris sa propre vie.»

La famille avait démangé en Oregon en juin, en provenance du nord de la Californie, les parents et les amis ajoutent : «afin de s’éloigner  d'une douloureuse rupture d’avec la foi des témoins de Jéhovah». Robert Bryant était passé par l’exclusion du mouvement qui a également mené le couple exclu à être rejeté par les autres membres de l'église, ce qui a causé l'effondrement financier de son entreprise d’aménagement paysager.

Sharon Roe, la soeur de Janet Bryant, est venue du nord de la Californie afin d’aider aux arrangements funéraires de lundi . « Je n'ai toujours pas de réponse. Mais maintenant que je suis ici, je puis vraiment sentir sa présence, » dit Roe, tout en tremblant et pleurant sous la pluie à l’extérieur de la maison de sa soeur plus âgée.

Les enquêteurs ont précisé lundi qu'ils pensent que Robert Bryant planifiait de tuer son épouse et ses enfants depuis au moins un jour ou deux, affirme Brad Berry,  procureur de district du comté de Yamhill.

Robert et Janet Bryant devaient célébrer leur anniversaire de mariage ce 23 février, un samedi. Ashley, leur fille la plus âgée, avait dit à son professeur de quatrième année, le vendredi précédent, que la famille projetait de marquer l'occasion par une excursion à la plage.

La nuit suivante, la famille ferma de l’intérieur leur maison préfabriquée et est allée dormir. Berry précise qu’il n’y a aucune indication que quiconque ait eu connaissance ce que Robert Bryant projetait.

 Le courrier restant et le début des messages laissés sans réponse sur le répondeur téléphonique permette de conclure que les meurtres eurent lieu le 23, selon Berry .

Pendant presque trois semaines, les six corps demeurèrent dans la maison, jusqu'à ce qu’un détective muni d’un appareil ait aperçu Robert Bryant par une fenêtre dans la nuit de jeudi.

Roe, qui a également cessé d'assister aux réunions des témoins de Jéhovah, a indiqué qu'elle comprit que la famille se dirigeait vers une tragédie lorsqu’elle les visita en décembre.

« J’ai pensé que Robert plaisantait lorsqu’il a dit qu'il allait faire une dépression nerveuse, » dit-elle. « Robert était justement dépressif , il disait quelque chose de très triste ou malheureux une minute et la minute suivante, il devenait  très heureux.»

Lors des changements d’humeur  de Robert Bryant, dit-elle, sa soeur était toujours comme un rock. « elle était forte, et elle était la meilleure mère que vous puissiez voir. » 

Roe est hantée par le dernier appel téléphonique de sa soeur, dans lequel Janet a semblé « davantage stressée » qu’à la normale. Roe savait que le poids de l’exclusion pesait fortement sur sa soeur. Depuis qu’elle connaît les décès, elle n'a pas hésité à dire que  Robert Bryant était un homme bon qui aimait sa famille. Elle ajoute : il doit avoir pensé d’une façon ou d’une autre qu'il serait irresponsable de laisser sa famille  seule.

Cette semaine, elle sera de retour à la maison jusqu'à ce qu'elle retrouve les deux chats que sa soeur a aimés. Elle espère que les voisins l’aideront  à trouver  et préserver Smokey, un chat noir, et Sparky de tomber dans un piège.

 « C’est ce que Sharon aurait voulu que je fît : dit-elle.  Je l’ai toujours tant admirée. Elle était mon héros, » dit-elle en couvrant sa bouche de sa main lorsque sa voix craque.

George Siegfried, un médecin de McMinnville, a jeté plus de lumière sur l'homme au doux-parlé avec qui il développa une amitié dans le mois précédant les massacres . Bryant était « un bon homme, un bon père, » a dit Siegfried, un chiropraticien, qui a vu Bryant presque quotidiennement du 4 janvier au 18 février.  « Un homme solide, de caractère, déterminé. » Siegfried a rencontré Robert Bryant par l’entremise de l'épouse de Bryant. Siegfried avait traité le dos et le cou de Janet Bryant régulièrement jusqu’à l’automne 2001. Il a également traité Alissa Bryant, la fille de 8 ans du couple, après un accident de vélo.

Le 22 février, Bryant, qui n'a jamais parlé à Siegfried de ses problèmes personnels manqua sa session de vendredi à la clinique. Siegfried ne pardonne pas ce que Bryant a fait la nuit suivante d’après la police . Mais il a dit qu'il comprend. « Je pense que, psychologiquement et physiquement, il s'est senti acculé au mur, » il s’est dit. « Tout a pris une ampleur insurmontable. Et la seule porte de sortie que j’ai, est de prendre tout le monde avec moi. »

Lundi, les écoles dans McMinnville ont observé un moment de silence et les drapeaux ont été mis en berne.

 Au «High School» de McMinnville,  les camarades de classes de Clayton 15 ans, ont laissé des messages de sympathies par l’entremise de la mascotte de l’école un ours grizzly.  Les camarades de classes de Ethan, gradué de sixième année, ont fait de même au collège de Patton. À l'école primaire «Memorial Elementary School»,  Alissa graduée de deuxième année et Ashley de quatrième année seront commémorées par une plantation spéciale visible de la fenêtre de leur salle de classe .

Robert Bryant laisse dans le deuil ses parents, Keith et Arlene; ses frères : Lance, Aaron et Zachery; et sa soeur, Brandy, tous de Shingle Springs, Calif.

Janet Bryant laisse dans le deuil sa mère, Joan Smith, sa soeur, Karene McDonald, et son frère, Mark Smith, tous de Garden Valley, Californie; son frère, Tim Smith de San Jose, Californie; et sa soeur, Sharon Roe de Diamond Spring, Calif .

Le service commémoratif aura lieu à 3:30 P.M. jeudi à l'église Baptiste Bethel, 325 Baker Creek Road à McMinnville. Les funérailles seront privées. Les membres de famille suggèrent que des dons soient envoyés à un programme d’aide à l’enfance, au soin de Macy & Son Funeral Director à McMinnville. L'argent sera distribué en fonction d’un ou de plusieurs programmes locaux.

JIM TANKERSLEY  and KATE TAYLOR    

03/19/02

Tiré du site The Oregonian

Traduction tirée du site " Vitam Impadere Vero": http://pages.globetrotter.net/mleblank/

 

Une arme contre les sectes - Justice (article sur les sectes)

La loi permet désormais de les dissoudre. Le rapport 2001 de la Mils et un procès inédit montrent que la lutte ne faiblit pas.

«Le déclin des mouvements sectaires se confirme, s'est réjoui Alain Vivien, président de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mils), en rendant public cette semaine son rapport 2001. Le nombre d'adeptes français peut être estimé à 400 000, dont une grande majorité de témoins de Jéhovah.» Le prosélytisme sectaire exploite toujours la vulnérabilité liée aux difficultés économiques, aux catastrophes naturelles, aux guerres et surtout aux attentats. L'explosion de l'usine AZF de Toulouse, en septembre 2001, a constitué un terreau idéal, et des mouvements américains pseudo-évangélistes ont vu dans les événements du 11 septembre «le déclencheur d'un processus à l'issue inéluctable, l'Apocalypse»

La loi permet maintenant
de dissoudre un secte

Face à ce dangereux prosélytisme, la Mils juge que la France s'est dotée en 2001 d'une arme majeure, avec la loi About-Picard: elle donne la possibilité aux tribunaux de dissoudre les sectes si elles-mêmes ou des dirigeants ont été pénalement condamnés pour des «atteintes aux droits de l'homme ou aux libertés fondamentales». La Mils s'est d'ailleurs félicitée du premier renvoi en correctionnelle d'un mouvement sectaire en tant que personne morale, la Scientologie, à la suite de l'instruction menée par le juge Renaud Van Ruymbeke. Le procès s'ouvre ce 21 février à Paris, où la branche francilienne de la secte devra répondre de violation de la réglementation sur les fichiers informatisés, de publicité mensongère et de tentative d'escroquerie. D'anciens adeptes se sont plaints, en effet, d'avoir été harcelés alors qu'ils avaient demandé à être retirés des ordinateurs de la Scientologie.

Prenant l'affaire très au sérieux, la secte a dépêché sur place une représentante de son siège international, à Los Angeles, Gaétane Asselin: «Le dossier est vide!» plaide-t-elle auprès de L'Express. Pour se défendre, la Scientologie a aussi recruté deux ténors du barreau de Paris, l'ancien bâtonnier Jean-René Farthouat et Patrick Maisonneuve. «Si la Scientologie subissait sa première condamnation, après celle de plusieurs de ses responsables, espère Olivier Morice, l'un des avocats des parties civiles, la dissolution de la secte pourrait désormais être obtenue.»

par François Koch

Tiré de L'Express du 21/02/2002

Tiré du site: http://www.lexpress.fr/Express/Info/Societe/Dossier/sectes/Dossier.asp

 

 

Vers la levée d'une interdiction des transfusions Les Témoins de Jéhovah "s'adaptent"

C'est une véritable révolution pour les Témoins de Jéhovah pour autant que l'interdiction soit effectivement appliquée dans les faits: les fidèles de la Tour de garde qui accepteraient des transfusions sanguines ne seront plus automatiquement "excommuniés".
C'est le "Times" de Londres qui a révélé l'information suite à une réunion discrète du Corps exécutif international des Témoins à New York. Officiellement, les Témoins parlent d'une adaptation peu importante qui n'a, du reste, pas encore été relayée vers la base, mais des membres plus critiques qui se battent notamment aux Pays-Bas pour une modification de fond de cette interdiction parlent d'un changement de fond. Le plus important en fait depuis qu'en 1975, le mouvement avait dû admettre que la fin du monde, longtemps annoncée pour cette année-là ne s'était pas produite...
La mesure doit encore franchir le cap des différentes "églises" locales. Ce qui impliquera aussi qu'il faudra remettre à jour nombre de sites internet qui détaillent longuement pourquoi les Témoins doivent absolument refuser les transfusions sanguines, moult références bibliques à l'appui.
En résumé, pour les Témoins, la vie est un don de Dieu, symbolisé par le sang. Il ne peut dès lors être question de le détourner de ses fonctions naturelles.
On notera que les Témoins ne s'opposent pas à des solutions de substitution - ce qui a parfois permis de réaliser des prouesses médicales comme, par exemple, une transplantation de foie sans transfusion, l'an dernier, au Centre hospitalier universitaire de Liège... - et que certains d'entre eux admettent même l'emploi de certains composants (comme l'albumine, les immunoglobines et les préparations destinés aux hémophiles).
Iront-ils jusqu'à admettre un certain libre-arbitre dans le cas de solutions urgentes incontournables comme, par exemple, en cas d'accident grave ou d'opération très urgente? C'est évidemment sur le plan-là que l'on se rendra compte s'il y a vraiment un changement de cap...

C. L.

Tiré du journal "Le Soir en ligne" du vendredi 16 juin 2000: http://doc.lesoir.be/scripts/$cshtml.exe?TO_PAGE=lesoir/recherche/recherche:LANG=Francais

 

 

Un Témoin de Jéhovah est excommunié pour avoir peut-être sauvé sa fille

CALGARY (PC) - Un père de famille de 51 ans de Calgary faisant partie des Témoins de Jéhovah doit payer le prix pour avoir permis qu'on fasse une transfusion sanguine sur sa fille de 16 ans atteinte de leucémie.

Non seulement les autres Témoins de Jéhovah l'évitent-ils, mais ses amis et sa famille en font autant depuis qu'il a rompu avec sa foi, il y a un mois, au sujet de la transfusion sanguine, qui est interdite dans cette religion. Sa propre fille, dont la vie pourrait être sauvée par une telle transfusion affirme elle-même détester son père.

"Je vivais sous une immense pression, disait-il dans une récente interview. Je savais que j'allais à l'encontre des enseignements de mon Eglise, que je serais excommunié et que plus jamais un autre Témoin de Jéhovah, incluant ma famille, ne m'adressera la parole." Désormais, son épouse ne vient à la maison que pour faire la lessive et ses deux autres filles de 14 et 22 ans ne veulent plus le voir.

On lui interdit aussi d'aller voir sa fille malade à l'hôpital lorsque les assemblées de Témoins de Jéhovah sont retransmises par téléphone. De telles assemblées ont lieu plusieurs fois par semaine et peuvent parfois durer toute une journée.

"C'est comme si j'avais cessé d'exister!", s'est-il exclamé.

Selon les Témoins de Jéhovah, ce processus de rejet d'un membre qui met en doute les dogmes de leur religion, est stipulé dans de nombreux écrits de la Bible.

La jeune fille a déjà subi plusieurs traitements depuis que son père a pris sa décision. Selon les médecins, le taux de survie des personnes atteintes de leucémie après traitement est de 40 à 50 pour cent et celui-ci passe à 60 pour cent avec une transplantation de moelle osseuse.

Presse Canadienne - Dimanche 10 mars: http://www.canpress.ca/

Tiré du site "Vitam Impadere Vero": http://pages.globetrotter.net/mleblank/ (les news)

 

La congrégation des Témoins de Jéhovah de Othello poursuivi en justice pour d'abus sexuel

OTHELLO - un procès a été entamé mardi contre la congrégation espagnole des Témoins de Jéhovah de Othello ainsi que contre le Collège Central de New York, sous le motif qu'ils auraient dissimulés un abus sexuel sur un enfant.

Le procès entamé devant la Cour général américaine de Spokane par Erica Rodriguez, 23 ans , qui habite maintenant Sacramento, en Californie, cherche aussi à déterminer les dégâts que Manuel Beliz, l'homme qui a abusé d'elle et la Watchtower Bible and Tract Society ont engendrés.

Rodriguez, qui a témoigné devant la Cour Supérieure du Comté de Adams qu'elle avait été violée chaque semaine entre 4 et 11 ans par Beliz, a gagné deux procès devant les cour criminelles. Beliz, 49 ans, a d'abord été reconnu coupable en 1998, mais cette condamnation a été renversée. Il a été reconnu coupable une deuxième fois l'année dernière et la sentence de 11 années a été rétablie.

Bien que notre journal ne divulgue pas d'habitude les noms des personnes qui témoignent avoir subis des assauts sexuels, c'est madame Rodriguez elle-même qui a divulguée son identité dans sa quête pour sauver d'autres enfants de la pédophilie. Rodriguez a déclaré qu'avant d'avoir déménagée en Californie à l'âge de 12 ans, un anciens de son église avait abuser d'elle, et avait continué pendant quatre années. Elle a déclaré que quand elle a dévoilée l'abus aux anciens de son église, l'homme a été démis de ses fonctions d'anciens, mais pas exclu de l'église.

Quand elle a déclaré aux anciens qu'elle projetait d'aller à la police, on lui a répondu qu'elle serait exclue. Elle est entrée en contact avec la police de Sacramento, qui est entrée en contact avec la police d'Othello, qui a arrêté Beliz. Rodriguez a aussi lançé un procès en criminel contre les anciens de Sacramento , mais cette affaire n'a pas encore aboutie devant les tribunaux.

Bien que Beliz soit exclu de l'église, il a été rétabli comme ancien peu avant le procès. Rodriguez a déclaré qu'elle a appelé le service juridique de la Watchtower pour en demander la raison. "Le type a répondu, ' Cela ne vous regarde pas, ne nous appelez plus de nouveau, '" a-t-elle déclarée.

Jeff Anderson de St Paul, Minn., le procureur dans le procès de Rodriguez, a déclaré qu'il avait poursuivi en justice à peu près chaque dénomination d'église pour la dissimulation d'abus sexuels sur enfant durant ces 20 dernières années.

C'est le deuxième procès de ce type qu'il instruit contre les Témoins de Jéhovah, avec un autre dans le New Hampshire.

"La majorité énorme des procès sont contre l'Eglise Catholique; je suis tombé sur ce phénomène au début des années 80," a déclaré Anderson. Il a instruit le premier cas de pédophilie contre l'Église catholique en 1982.

Anderson a déclaré que la pédophilie arrive le plus probablement dans "des organisations hiérarchiques, bornées, religieuses qui sont paternalistes et sexiste et qui répriment une saine sexualité."

"Ce sont des mouvements... qui ont le goût du secret et sont dirigés par un homme ou un petit groupe d'hommes," a-t-il déclaré.

Suivant les directives de l'église des Témoins de Jéhovah, les membres de la congrégation dénoncent les transgressions d'autres membres à un comité judiciaire composé de trois anciens ou plus - aucun de ceux-ci n'étant des femmes.

Le comité se décide sur quelle action disciplinaire il doit prendre, souvent ayant recour à l'exclusion comme punition. L'exclusion signifie que la congrégation - incluant les membres de la famille et les amis - évitent alors le pêcheur, qui devient invisible pour eux.

Quand les allégations de mauvaise conduite sont rapportés devant les anciens, au moins deux témoins sont exigés quand l'accusé nie l'accusation - ce qui est notamment difficile de fournir dans les accusations d'abus sexuel.

Le procès de Rodriguez affirme que les anciens ont déclarés à la victime de ne pas en parler à d'autres membres de la congrégation et de ne pas rapporter l'abus aux autorités sous la menace d'une sanction ou de l'exclusion.

Cependant, le Porte-parole de la Watchtower J.R. Brown, qui n'a pas encore pris connaissance du procès et ne pouvait pas faire de remarques spécifiques, a déclaré que l'église ne s'oppose pas à la divulgation d'un crime aux autorités.

Il a déclaré que l'on attend des anciens qu'ils entrent en contact avec le quartier général s'ils ont des questions sur un cas.

"Quand ils entrent en contact avec nous, nous disons aux anciens s'ils sont dans un état où (la dénonciation aux autorités de l'acte pédophile) est exigé," a-t-il déclaré. "Nous voulons nous assurer que nous nous conformons au droit"

Brown a déclaré qu'il est conscient que de nombreux cas similaires ont été révélés sur des Sites Internet comme www.silentlambs.org ou www.freeminds.org rapportant en détails la pédophilie au sein de l'église des Témoins de Jéhovah.

Mais il maintient que la plupart des histoires qui ont été révélées se rapportent à des personnes qui ont subi un abus durant les années 1980, quand toute la société avait un problème avec la question de la pédophilie.

"Fâcheusement, beaucoup d'enfants ont dues être probablement abusés," a-t-il déclaré.

Il a déclaré que l'église a opérées des changements importants dans sa politique depuis, y compris en destituant de toutes responsabilités au sein de l'Eglise les pédophiles soupçonnés ou reconnus coupables, ainsi que ll'interdiction à ceux-ci de se retrouver seul avec des enfants et diverse autres restrictions.

Par Shirley Wentworth -  23/1/2002 (Traduction par Charles Chasson)

Tiré du site "Tri-city Herald": http://www.tri-cityherald.com/news/2002/0123/story5.html

 

 

LES TÉMOINS DE JÉHOVAH  N’ONT RIEN FAIT POUR ARRÊTER MON PERE DES ABUS SEXUELS CAUCHEMARDESQUES QUE JE SUBISSAIS 

Revendique une Victime. Une ADOLESCENTE a expliqué comment les anciens des Témoin de Jéhovah n’ont pas su l’aider face à son père pervers.

  Mardi, le 15 janvier 2002

  Alison Cousins s’est tournée vers les anciens de l’église familiale après que son papa croyant  Ian ait abusée d'elle pendant trois années. Les anciens savaient que  Cousin avait déjà attaqué une autre fille. Il leur avait avoué deux années plus tôt mais la police n'en avait pas été informée. Alison a déclaré qu'on ne lui avait pas donné de l’aide ou des encouragements pour obtenir  justice. Elle s'est rappelée hier : "j'étais effrayée et embarrassée. J'ai eu besoin de courage pour aller à la police et j’en ai parlé aux anciens en espérant qu’ils me soutiendraient." Au lieu de cela, ils l'ont étouffée sous le tapis. "Je n'ai eu aucun encouragement pour aller à la police, bien que papa leur avait déjà dit ce qu'il avait fait à la première fille." Je n'aurai jamais plus confiance dans les Témoins de Jéhovah. "

L'abus qu’a subi Alison a commencé quand elle avait seulement 13 ans et a continué jusqu'à ce qu'elle en ait 16. Elle est allée voir les anciens du la Salle du de Royaume de Stevenston, Ayrshire, en novembre 1999.

Alison, qui a maintenant 18 ans , a trouvé en elle-même la force pour aller plus tard dénoncé son père. Et Cousins, 43 ans, a été emprisonné pour une durée cinq années, vendredi, pour des actes indécents impliquant Alison et deux autres filles. Un anciens a admis hier que Cousins leur avait parlé de sa perversion dès 1997. Colin McCreadie a déclaré : "nous avons été informés par Ian Cousins de ce qu'il avait fait sur la première fille. Mais il nous a assuré qu'il n'avait rien fait rien après cela." Nous avons vraiment discuté  avec Alison. Mais nous avons décidé de nous tenir à l'écart, nous n'étions pas sûrs. "Vous ne connaissez pas le coeur d'une personne, vous ne savez pas ce qui est dedans. Quelle est la vérité ?" Je crois qu'Alison a été informée par les anciens qu'elle devrait aller à la police. Je ne peux pas me souvenir qui c’était. "

Un ancien membre de la congrégation, Paul Wynn, a déclaré que les anciens avaient essayé "de blanchir" la question Et il a déclaré comment il a abandonné, dégoûté, quand on lui a demandé de pardonner à Ian Cousins.

M. Wynn, 38 ans, a déclaré : "Ian Cousins a déclaré aux anciens en 1997 qu'il avait abusé de la première fille. Mais personne n' a rien fait et à cause de cela l'abus sur Alison a continué." On m'a dit que je n'étais pas le bienvenu à la Salle du Royaume à moins que je ne puisse embrasser Ian Cousins comme mon frère.  "Je ne pouvais pas même le regarder, alors pour ce qui est de l'embrasser, après les choses répugnantes qu'il a faites.  "Les Anciens Alex Stewart et Colin McCreadie ont été avertis des deux dernières victimes, mais ils n'ont rien fait." Tout ce qui est arrivé c’est que Cousins a été radié de son rang d’Assistant Ministériel, qui est en effet un ancien stagiaire. "

Alison a renoncé à son droit légal à l'anonymat dans l'espoir de sauver d'autres filles de l'abus.

Interrogé sur son cas, l’ancien Alex Stewart aîné a déclaré :" je ne connais pas le résultat du procès donc je ne peux faire aucune remarque.

  "Depuis que la police a été mise au courant de l’affaire  de Ian Cousins en février 2000, un ancien des Témoins de Jéhovah est arrivé à Stevenston comme Surveillant Président.

On prétend que Jonathan Briggs est" un expert(un spécialiste appelé à résoudre un problème) "envoyé pour rendre la stabilité à la congrégation.

  M. Briggs a déclaré :" il est injuste de poser des questions aux anciens individuellement. C'est quelque chose qui a besoin d'une réponse de l'église dans son ensemble.

  "A la Watchtower, le quartier général des Témoins de Jéhovah du ROYAUME-UNI, le porte-parole Paul Gillies a déclaré : " Nous avons des procédures strictes et les directives relatives au sujet disent que l’affaire devrait aller directement aux autorités séculaires. "C'est le rôle de la police d’examiner cela . Notre politique est de mettre en premier les besoins des victimes. " Il y a déjà un nouveau Surveillant Président à Stevenston. Et si, suite à ce cas, il devient apparent que les anciens  ont besoin d’une nouvelle direction, cela arrivera. "Les victimes ont besoin d'amour et de compréhension et c'est ce que nous voulons leur offrir. " La Police a déclaré que la Salle du Royaume de Stevenston n'est le sujet d'aucune enquête. »            

Tiré du site du "Daily record":  http://www.dailyrecord.co.uk/shtml/main.shtml

 

 

Des subventions venant des villes de Kennewick et Richland 

pour une assemblée d'une église soulèvent des questions

Kennewick et Richland ont consenti à subventionner à hauteur de  6,000 $ chacune une assemblée des Témoins de Jéhovah prévue cet été. Les 12,000 $ fournis aideront à payer la location du Colisée des Tri-Cities, que Kennewick possède. L'argent est tiré du fond fiscal pour le logement 2002 des deux villes. La moitié des 2 premiers pour cent de l'impôt de chaque ville va au Bureau des conventions et Visiteur de Tri-Cities  et le reste est partagé selon les souhaits de chaque ville. Les conseils de Kennewick et de Richland ont approuvé l'octroi de l'argent des impôts  sur les logements à l’association des Hôtels et Motel  de Tri-Cities.

L’association a déclaré devant chaque conseil que l'argent serait "seulement utilisée dans le but de payer une partie ou la totalité des coûts de promotion du tourisme, l'acquisition d'équipements concernant le tourisme, ou des opérations concernant des équipements concernant le tourisme," c’est à dire les activités permises conformément à la loi de l'état.

L'utilisation de l'argent pour subventionner la location du Colisée est douteuse, a déclaré Keith Lougheed, un spécialiste du bureau du vérificateur de l'état sur l'utilisation de la taxe fiscale de logement. "Cela ne sonne pas juste," a déclaré Lougheed. Mais à moins qu’une personne résidente de l'une des villes se plaigne  au vérificateur, il est peu probable que l'état lance une enquête, a-t-il déclaré. "Généralement nous ne nous immisçons pas. Nous faisons des audits (après les faits)," a-t-il ajouté. "C'est comme cela que je passerais par le Procureur Général."

Le Membre du Conseil de Kennewick  James Hempstead, président du Comité Consultatif du Fond Fiscal Local de sa ville, a déclaré qu'il pensait que la donation de 6,000 $ était pour la promotion touristique de l’assemblée de la Watchtower. C'est la 10ème année que cette assemblée vient au Colisée. Le président d'Association Ginny Hill a déclaré que les hôtels et les motels des Tri-Cities  récoltent de  l’argent pour aider à payer la location du Colisée  lors de l’assemblée de la Watchtower depuis neuf ans. C'est la première fois que l'association a reçu une part de l'argent venant des impôts du logement des villes pour subventionner la location, a-t-elle déclaré.

Cette année, la différence entre le loyer dû et ce que les Témoins de Jéhovah peuvent payer est de 17,500 $. Avec 6,000 $ pour chacune des villes de Richland et Kennewick, les membres de l'association des motels doivent trouver les 5,500 $ restant, a déclaré Hill.

Tom Walker, dont le mandat a pris fin au sein du  conseil de Kennewick  le 31 décembre, a déclaré qu'il avait, aussi, compris que l'argent était allouée "spécifiquement pour la promotion ou pour faire de la publicité" pour l’assemblée de la Watchtower, mais il ne savait pas exactement comment l'association allait le dépenser.

D'autres membres du conseil de Kennewick ont pensé la même chose. Le Maire Jim Beaver ne pouvait pas être joint pour commenter le sujet. Mais Robert Noland, le directeur financier de Kennewick, a declaré qu'il était conscient que l'argent "allait au Colisée pour aider à payer la location," et il pense que c'est une utilisation appropriée de l'argent fiscal. "On peut affirmer que l’argent va au tourisme," a déclaré Noland.  

Bien que Kennewick aurait pu ne pas réclamer de loyer pour l’assemblée et de ce fait préserver cet argent fiscal à d'autres utilisations, Noland a déclaré que la manière dont était faite les choses bénéficiait au Colisée, qui doit lutté pour fonctionner sans pertes. "Nous essayons de diriger le Colisée comme une affaire," a-t-il déclaré. Promotions Management Inc., qui gère le Colisée pour la ville, a annoncé la fin des pertes pour 2001, et l’espoir de voir 226,000 $ de profits en fin de bilan. Richland Councilwoman Rita Mazur a déclaré que l'utilisation de l'argent fiscal pour le logement afin aider à la location du Colisée peut sembler être une subvention en faveur du Colisée de Kennewick, mais cela le vaut bien. "Le comité d'impôt des motels et hôtels de notre ville (Richland) était d'accord avec cela," a-t-elle déclaré, on s'attend à ce que l’assemblée génère 29,000 visiteurs sur plus de cinq week-ends et rapporte 9.5 millions de $ aux Tri-Cities. Les membres du conseil de Richland ont été informés par une note de service que la donation des 6,000 $ "achèverait l'offre" et permettrait de  "conserver l’assemblée au  Tri-cities et permettra d’étendre l'événement sur cinq semaines en 2002."

John Trumbo - le "Hérald" du 4/1/2002

Tiré de http://www.tri-cityherald.com/news/2002/0104/story2.h

 

Les sectes, leurs gourous et leurs victimes
Comment les sectes pervertissent les droits de l'homme et asservissent leurs adeptes. Un colloque en traite, à Bruxelles.

S urtout, ne citez pas le nom de la secte! L'avertissement siffle comme une supplique. J'ai passé vingt-trois ans dans une prison psychologique; si vous nommez la secte qui est "entrée en moi" comme une amibe, votre journal risque de subir des représailles...
Fin des années soixante. Toute jeune fille-mère, rejetée par son père, Michèle Saenen a rejoint les Témoins de Jéhovah. C'était Mai 68, les hippies, la libération de la femme. Nous avions envie de paix, de sécurité. "Ils" me les promettaient. J'étais déstabilisée, j'ai cédé. Mais, dès le premier contact, ils ont travaillé ma personnalité. On lira son témoignage ci-contre.
Au sommet du groupement sectaire, fortement hiérarchisé, il y a le gourou, dégagé de toute élection. Un personnage généralement masculin, d'une présentation ordinaire, doté d'une instruction élémentaire mais remarquable par son charisme et sa faconde, explique François Pignier, président de chambre honoraire à la cour d'appel de Paris. Il intervient au colloque "Le gourou et sa victime" organisé ce samedi par l'Aide aux victimes des comportements sectaires (1). Ce juriste y expliquera comment les sectes pervertissent les droits de l'homme. On ne peut pas attaquer les croyances d'une secte, reprend Michèle Saenen, coordinatrice générale du colloque, parce que les libertés de conscience et de culte sont reconnues par les conventions internationales des droits de l'homme... "Ils" vous attaquent immédiatement en diffamation! La victime doit porter plainte elle-même et la seule action que l'on puisse intenter contre les sectes doit relever du droit commun: viols, vols, actes de pédophilie, etc.

" PARANOÏAQUE ET ESCROC"
La personnalité du gourou sera le fil conducteur du colloque. Parmi les intervenants, le psychologue Jean-Claude Maes établira, sur le thème du sadomasochisme, une comparaison entre la soumission de l'adepte à la secte et celle de l'esclave à son maître. Le psychiatre Michel Monroy expliquera, de son côté, les subtiles stratégies de l'embrigadement. Le recruteur exploite les insatisfactions et refus de la cible.
Les organisateurs de la réunion, destinée en priorité aux professionnels de la santé, de l'éducation et de la justice, désirent se tenir à l'écart du sensationnalisme. Leurs invités s'interdiront de nommer des groupes et d'en exposer les croyances . Les juristes définissent la secte comme une association de structure totalitaire, déclarant ou non des objectifs religieux, et dont le comportement porte atteinte aux droits de l'homme et à l'équilibre social.
Le gourou se présente tantôt comme nouveau messie, tantôt comme thérapeute universel. C'est généralement un paranoïaque doublé le plus souvent d'un escroc, souligne François Pignier.
Le gourou a recruté personnellement ses "encadrants", parmi les demandeurs d'emploi de préférence. A la base de la pyramide, on trouve les adeptes, persuadés de résoudre leurs problèmes grâce à l'organisation.
Ce fonctionnement est souvent complété par une milice qui assure la police de toutes les réunions et s'emploie à dissuader les encadrants et les adeptes insatisfaits de quitter la secte.
La secte déploie des méthodes de manipulation mentale, propres à anéantir le libre arbitre des adeptes, devenus complètement passifs. L'idéologie totalitaire de ces groupes, conclut François Pignier, génère des comportements délictueux: meurtre, empoisonnement, viol, violence, exercice illégal de la médecine, menaces, dénonciation, proxénétisme, harcèlement sexuel, enlèvement, séquestrations, abandon de famille, atteinte au droit du travail ou au patrimoine.

MICHELLE LAMENSCH

(1) ce samedi 21 octobre, de 9 à 19heures, à la salle F de l'UCL, avenue Hippocrate, à 1200Bruxelles. Renseignements: 086-21.41.85.
Quelques adresses utiles:
Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles: 02-504.91.66;
Aide aux victimes des comportements sectaires: 086-21.41.85;
Observatoire local des sectes de Louvain-la-Neuve: 010-47.26.31.

"J'étais une insoumise et c'est ce qui m'a sauvée"

 


Michèle Saenen a décroché des Témoins de Jéhovah, il y a environ quatre ans. Après vingt-trois années d' embrigadement, mes yeux et mes oreilles ont commencé à s'ouvrir: j'étais photographe et ils ont refusé que je fasse des reportages de mariage dans des églises. Pour eux, je perpétuais le faux culte. Mais j'étais une insoumise et c'est ce qui m'a sauvée...
Ensuite, poursuit Michèle, j'ai pris mes informations et j'ai découvert des actes de pédophilie. J'ai alors demandé des comptes à la congrégation et on me les a refusés.
Notre interlocutrice avait rencontré les Témoins de Jehovah au sortir de l'adolescence, dans le salon de ses parents, adeptes de la secte. A cette époque, la toute jeune mère avait quitté son compagnon et se sentait très fragilisée. Ils m'ont tendu la main, m'ont trouvé du travail. C'était pour moi comme une nouvelle famille: enfin je comptais à nouveau pour quelqu'un!
Très vite, le groupement lui proposa d'étudier la Bible pour trouver des solutions à mes problèmes. J'ai plongé dedans, ils étaient très aimables avec moi, je n'ai rien pu leur refuser.
Commencèrent alors les premières réunions de masse. Mille deux cents personnes ensemble dans une piscine pour le baptême: vous avez un choc!
Pour satisfaire aux exigences du groupe, Michèle enleva de sa maison tous les crucifix et souvenirs d'enfance. Elle rompit toute relation avec sa famille et ses proches. Le travail que je fournissais pour le mouvement représentait environ un mi-temps en plus de mon travail à temps plein. Je n'avais plus le temps de faire du sport, de lire les journaux, de regarder la télévision. On ne me disait du monde - ce "grand chaos" - que des choses négatives. Mais Armageddon allait tout changer si on se conformait au profil déterminé par lui.
Toutes mes relations hors secte , poursuit Michèle, étaient considérées comme de mauvaises fréquentations. Je devais faire du prosélytisme non-stop: dans la file au GB, dans le tram, etc. Je devais rendre compte de la moindre de mes activités. Et ce n'était jamais suffisant.
Victime d'un accident de voiture, en compagnie de ses deux enfants, Michèle dit avoir refusé pour eux les transfusions sanguines... et les avoir ainsi perdus. Le médecin m'a critiquée. La secte m'a présentée comme une persécutée. Dieu ne pouvait donc que m'approuver...
Michèle a rencontré son mari chez les Témoins de Jehovah. Leurs enfants ont été élevés dans la secte. Ils n'allaient jamais aux anniversaires de leurs camarades, ils ne participaient pas beaucoup à la vie de l'école. Pour garder la pureté de la congrégation, nous les avons marginalisés.
A en croire Michèle, les Témoins ont leurs antennes partout: Ma fille s'était inscrite à l'Université de Bologne. Ils sont parvenus à annuler son inscription; ils voulaient en faire une prédicatrice.
Lorsque notre interlocutrice a déménagé de Liège à Durbuy, elle est immédiatement entrée en contact avec la congrégation de la plus petite ville de Belgique. Partout où nous allions, même en vacances, nous avions chaque fois un point de chute. Partout ils ont installé leur réseau...
Mais, un jour, Michèle perdit son emploi. Je fis une dépression nerveuse et me mis à apprendre la photographie. Une fois diplômée, j'ai voulu faire du prosélytisme pour le mouvement. Je n'en ai pas reçu l'autorisation. La raison? Mes reportages interdits dans les églises...
Aujourd'hui, le mari de Michèle a également quitté la secte, mais leur fille de 27 ans en est toujours adepte. Elle est leur otage, mais la plus grande preuve d'amour que nous puissions lui manifester est d'attendre et de lui laisser notre porte grande ouverte...

M.L.

Les Témoins: "Nous ne sommes pas une secte"

Ces gens ne nous aiment pas, alors que des milliers d'autres ont témoigné en notre faveur. Marc Hansen, membre de la "congrégation chrétienne" des Témoins de Jéhovah, affirme que son organisation n'assistera pas, même pour information, au colloque organisé par l'Aide aux victimes des comportements sectaires (voir ci-dessus). Parce que nous ne sommes pas une secte, nous n'avons pas de gourou, nous n'avons même pas de chef. Les directives européennes ne sont d'ailleurs jamais parvenues à s'entendre sur le terme de "secte".
Notons que la commission d'enquête parlementaire sur les sectes a repris les Témoins de Jéhovah sur une liste de mouvements sectaires.
Marc Hansen soutient que son Eglise est ouverte à la discussion avec tout le monde. L'engagement des gens, précise-t-il, témoigne de leur démarche personnelle, de leur engagement privé.
L'organisation affiche 50.000 membres en Belgique, pratiquant une religion à part entière, reconnue depuis un siècle.
Ses représentants affirment qu'ils resteront à l'écart du colloque de samedi parce qu'ils disent vouloir éviter le débat et la contradiction.

M. L.

Journal "Le Soir" du Vendredi 20 octobre 2000

Tiré du site "Le Soir en ligne": 

 

 

Une correction biblique tue une enfant selon la police

Le 13 novembre 2001

MAUREEN O'DONNELL, ANA MENDIETA ET ANNIE SWEENEY  JOURNALISTES DE l'EQUIPE

Des parents sont accusés d'avoir battu leur fille de 12 ans jusqu'à la mort a déclaré  la police, ils ont pratiqués la punition biblique "de 40 coups de fouet moins un, trois fois de suite" ont déclaré les détectives lundi.

Constance Slack, une infirmière travaillant dans un hôpital d'enfant, a bâillonné sa fille, Laree, tandis qu'elle a été attachée par les pieds à un futon, a déclaré la police. Son père, Larry Slack, a alors frappé à plusieurs reprises l'enfant avec un câble électrique de trois centimètres de large caoutchouté et rempli de fils, selon la police. Elle est morte suite à une hémorragie interne. "C'était terrifiant," a déclaré un policier. Les parents ont été vexés que Laree ait été "peu coopérante" après lui avoir ordonné de trouver une blouse avec des cartes de crédit à l'intérieur, samedi soir, a déclaré la police. Larry Slack est un ferme partisan des châtiments corporels, et  sa femme et lui ont décidé d'administrer (à leur fille) la discipline biblique, ont déclarés les détectives. "C'était sa manière d'inculquer à sa fille le sens des responsabilités," a déclaré le sergent Stan Salabura. Les deux parents sont de fidèles Témoins de Jéhovah qui enseignent leurs six enfants à la maison, enfants âgés de  8 à 17, ont déclarés la police et les voisins. "Il était une personne stricte. Chaque fois qu'il sortait, les gosses marchaient droit et prêtaient attention à lui ," a déclaré un voisin qui n'a pas voulu être identifié.

Mais leurs amis ont été choqués,  selon leurs allégations. "Il était un type très paisible et une personne très intelligente. Et il était très religieux," a déclaré le Révérend Wayne Lewis junior, qui a suivi des études de la Bible à leur maison. "La première fois que nous nous sommes rencontrés il essayait de me convertir, mais je suis un ministre  Baptiste. '"

  La maison des Slack située au Sud de Brandon était vide et calme, lundi, sans traces de la tragédie. Deux voitures de la famille étaient garées à l'extérieur du 7900ème  bloc. Le long de l'escalier du deuxième étage ont pouvait voir un manuel de formation pour les Témoins de Jéhovah,  des feuilles avec des problèmes mathématiques, un gril, un cercle de basket-ball et un Plan sur la Sécurité lors de Violence Domestique publié par le bureau du procureur du Comté de Cook.

  Les Slack étaient une famille calme qui restait en retrait  de leurs voisins, cachés derrière une barrière en bois de 6 pieds de haut que Larry Slack avait construit pour remplacer une simple chaîne. Larry Slack, 42 ans, est employé depuis 23 années à CTA où on le connaît comme "un bon machiniste et un ouvrier travailleur," a déclaré Salabura. On sait que Constance Slack, 42 ans également, travaille à l'Hôpital d'enfant de Rabida. Les deux parents sont mis en examen pour assassinat, et en plus pour coups aggravés sur leur fils de 8 ans, également dans la nuit de samedi à dimanche.

  Cinq des autres enfants de Slack ont tous montré des signes d'abus physique. Ils ont été pris en charge par l'état et ont été placés auprès de parents, ont déclarés les autorités. Larry Slack a été traité au centre médical et à l'Hôpital Advocate Christ dimanche soir après avoir tenter de se suicider en se rendant au quartier général de la police du Secteur 2. Il était incarcéré à la prison de la Zone Centrale lundi. Dans une déclaration lundi, la famille Slack a déclaré qu'elle coopérait avec la police. "Nous avons aimé grandement Laree," a déclaré Leroy Slack, qui s'est identifié comme l'oncle de Larry Slack et un porte-parole de la famille. "Nous sommes très dérangés sur les circonstances entourant sa mort."

Contribution : Cathleen Falsani

Article du journal "SunTimes" de Chicago du 13 novembre 2001

 

Les risques élevés de mortalité à l’accouchement chez les Témoins de Jéhovah

Jeudi, le 8 novembre 5:32 PM

  Par Charnicia E. Huggins

NEW YORK (Reuters Health) - les Femmes Témoins de Jéhovah ont un risque dramatiquement accru de mourir suite à une perte de sang excessive durant l'accouchement et par leur refus de combler cette perte par du sang donné, selon les résultats d'une étude.

Les transfusions sanguines sont le traitement conventionnel pour l'hémorragie obstétrique, ou pour une perte de sang excessive, mais de telles procédures, ainsi que d’autres traitements médicaux qui impliquent l'administration de sang ou de produits tirés du sang, sont interdits par la religion des Témoins de Jéhovah.

"La Grossesse est sûre pour les femmes qui acceptent des produits sanguins," a déclaré à Health Reuter, le principal auteur de l'étude, le docteur Carl J. Saphier de l’école de médecine du Mount Sinai  de New York.

Ceux qui rejettent de tels produits, peuvent présenté un risque accru de mortalité, "mais il peut être réduit au minimum en donnant les soins appropriés," a-t-il déclaré.

Saphier et ses collègues ont examiné les risques de décès de 332 femmes Témoins de Jéhovah ayant accouchés au Centre Médical du Mount Sinaï de janvier 1988 à décembre 1999 inclus.

Presque 400 naissances – par voie naturelle  ou Césarienne - ont eu lieu pendant cette période d'étude et 24 patientes (6 %) ont fait une hémorragie obstétrique, ont rapportés Saphier et ses collègues dans une publication d'Octobre du Journal américain d'Obstétrique et de Gynécologie.

Deux femmes sont mortes suite à l'hémorragie, correspondant à un taux de 521 morts par 100,000 naissances réussies - un taux de mortalité de la mère presque 44 fois supérieur à la population AMÉRICAINE en générale, indique le rapport.

Actuellement, traiter l'hémorragie obstétrique et certaines autres conditions chez les Témoins de Jéhovah peut impliquer l'utilisation de produits non sanguins appelés restaurateur de volume- des solutions qui sont mélangés au propre sang du patient pour compenser le sang perdu pendant l’intervention - ou des « Cell-Saver », qui sont des dispositifs qui collectent et réutilisent le sang du patient.

Pour une des patientes qui est morte, néanmoins, le traitement par un « Cell-Saver » a été inefficace parce qu'elle avait déjà perdu de grandes quantités de sang au niveau du vagin, note l'auteur.

"Les découvertes impliquent qu’un traitement spécial est nécessaire pour les femmes Témoins de Jéhovah, y compris une discussion particulière avant l’accouchement, les méthodes,  réduire au minimum les perte de sang à l’accouchement et le traitement rapide de toute hémorragie," a déclaré Saphier.

Artilce paru dans le Journal américain d'Obstétrique et Gynécologie 2001; 185:893-895.

Tiré du site: http://dailynews.yahoo.com/h/nm/20011108/hl/childbirth_1.html

 

 

Pour un Témoin de Jéhovah, une transfusion peut conduire à l'exclusion

Si l'on classe les Témoins de Jéhovah parmi les mouvements sectaires, comme l'a fait le rapport parlementaire de 1995, ils constituent la plus importante secte en France par le nombre des fidèles : l'organisation avance le chiffre de 250 000 Témoins et sympathisants en France, dont 120 000 actifs. De son côté, la Coordination nationale des victimes des Témoins de Jéhovah parle d'"un peu plus de 100 000 adeptes", un chiffre sans doute plus proche de la réalité.Les effectifs seraient en légère baisse depuis quelques années : le rapport parlementaire  sur "Les sectes en France", de 1995, estimait en effet, il y a six ans, le nombre des Témoins à 130 000.

Depuis deux ans, la position des pouvoirs publics a évolué à l'égard de ce mouvement d'inspiration chrétienne fondé en 1874 aux Etats-Unis. Dans un rapport de 1999, la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) présidée par Alain Vivien préconisait un "dialogue" avec cette organisation. Plus récemment (Le Monde du 16 septembre 2000), la Mission, dans une note adressée à Matignon au sujet de la proposition de loi About-Picard et du délit de "manipulation mentale", la Mission, , suggérait même de ne plus ranger les Témoins de Jéhovah parmi les sectes, mais dans "les mouvances chrétiennes" dont "la doctrine et la pratique peuvent "seulement" contrevenir à la loi par une rigueur ou un intégrisme intransigeant, ou une tendance à couper l'individu de ses repères familiaux et sociaux" (Le Monde du 16 septembre 2000).

Le 23 juin 2000, le Conseil d'Etat a rendu deux arrêts par lesquels il reconnaissait implicitement le caractère cultuel de deux associations de Témoins de Jéhovah au regard du droit fiscal. Cette décision était venue trancher un contentieux opposant depuis plusieurs années les Témoins de Jéhovah, qui demandaient à bénéficier des avantages fiscaux liés au statut d'associations cultuelles selon la loi de 1905, et le ministère de l'économie et des finances, qui leur contestait ce droit. Dans ces deux arrêts, le Conseil d'Etat a estimé que les associations concernées n'avaient pas fait "l'objet de poursuites ou d'une dissolution de la part des autorités administratives ou judiciaires" et n'avaient pas "incité -leurs- membres à commettre des délits, en particulier celui de non-assistance à personne en danger".

MORT DU JEUNE RÉMI

L'arrêt rendu vendredi par le Conseil d'Etat concerne non plus le caractère cultuel des Témoins de Jéhovah, mais leur refus de la transfusion sanguine. Les Témoins de Jéhovah souscrivent en effet à une croyance sur le caractère sacré du sang, dont ils affirment qu'il est "inscrit dans la Bible". Ils refusent d'absorber du sang ou d'en recevoir par injection pour se soigner. Même si les dirigeants français affirment qu'il ne s'agit pas là d'"un dogme", les publications officielles de l'organisation continuent de préciser que l'acceptation d'une transfusion sanguine peut conduire à "l'exclusion" de la personne concernée. Aujourd'hui, l'organisation permet que ses membres aient recours à des méthodes telles que l'utilisation de substituts au sang ou l'autotransfusion.

En avril, Rémi, un jeune Témoin de Jéhovah de vingt et un ans, était décédé après avoir refusé de recevoir des produits sanguins (Le Monde du 28 avril). Le jeune homme était atteint d'une leucémie aiguë myéloïde. Les médecins qu'il avait consultés estimaient "de 65 %  à 75 %" ses chances de guérison s'il subissait une chimiothérapie. Mais, dans le cas d'une leucémie myéloïde, la majorité des médecins français considèrent que la transfusion sanguine est un préalable indispensable à tout traitement par chimiothérapie, et le jeune homme l'a refusée. Le jeune Rémi était alors allé se faire soigner dans un établissement hospitalier allemand, où il avait reçu une injection d'érythropoïétine (EPO), un facteur de croissance des globules rouges autorisé par les Témoins de Jéhovah. Le jeune homme est décédé quelques heures plus tard.

Xavier Ternisien

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 28.10.01 du journal "Le Monde"

Tiré du site "Le Monde": http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226--238699-,00.html

 

 

Le médecin est soumis à un devoir de persuasion, mais il ne doit pas aller jusqu'à la pression

(Pour voir les commentaires sur l'article cliquez ici (Site "Recherches sur les Témoins de Jéhovah)

"comment analysez-vous l'arrêt du conseil d'état sur les témoins de jéhovah ?

- L'arrêt considère que, dans ce cas précis, où ils étaient confrontés à une situation extrême, les médecins n'ont pas commis de faute en accomplissant un acte indispensable à la survie et proportionné à l'état du malade, quelle que soit la volonté que ce malade avait pu exprimer. C'est donc bien parce qu'il s'agissait d'une situation d'urgence que le Conseil d'Etat a jugé que les médecins n'avaient pas commis de faute en ne respectant pas la volonté exprimée par le malade. L'arrêt a, en effet, annulé la décision de la cour administrative d'appel qui établissait de manière systématique une hiérarchie entre le devoir de sauver une vie et celui de respecter la volonté du malade.

"Dans une situation d'urgence, même s'agissant d'un Témoin de Jéhovah, le malade n'est pas vraiment en mesure de confirmer froidement, posément, une volonté préalablement exprimée dans un contexte qui n'est pas embarrassé par une charge émotionnelle.

- Ces cas de conscience sont-ils fréquents pour les médecins ?

- Ce genre de procédure est rare. Selon les chiffres que nous ont communiqués les témoins de Jéhovah lors d'un récent entretien que nous avons eu avec eux, 1 sur 300 de leurs adeptes sont susceptibles de bénéficier d'une transfusion sanguine du fait de leur maladie tous les ans et 30 d'entre eux sont transfusés contre leur gré. Dans quinze cas, il n'y avait aucune alternative à la transfusion sanguine : le médecin était donc pris, les Témoins de Jéhovah le reconnaissent, entre l'obligation de soins et le respect de la décision du malade. Dans les quinze autres, la transfusion aurait pu être évitée. (c'est moi qui souligne)

"Au cours des dix dernières années, j'ai été personnellement confronté, dans le domaine du cancer, huit à dix fois à un tel dilemme. S'il n'y a pas une situation d'urgence véritable, si la volonté du malade a été exprimée de manière réitérée et si son avis - et celui de sa famille - est éclairé, il est souvent possible de respecter l'avis du malade. Cette décision peut être triste, dérangeante, mais elle est paisible. L'article 36 du code de déontologie médicale prévoit, rappelons-le, que "le consentement de la personne examinée ou soignée doit être recherché dans tous les cas" et que, en cas de refus du traitement proposé exprimé par le malade, "le médecin doit respecter ce refus après avoir informé le malade de ses conséquences". Cette obligation est reprise dans le projet de loi sur les droits des malades, mais, comme le rappellent d'éminents juristes, si la loi est faite pour être respectée, elle est également faite pour être transgressée dans des cas particuliers.

- Arrive-t-il souvent, comme vous l'évoquiez vous-même, que des transfusions soient effectuées contre l'avis du malade ?

- Dans une situation de tout ou rien, il arrive que des médecins prennent leurs responsabilités et transfusent clandestinement. C'est en particulier le cas lorsque le malade est un enfant. Face au risque de voir cet enfant ultérieurement rejeté par sa famille qui le considérerait comme "pollué" par la transfusion, certains médecins font ce choix. Si l'on se réfère à d'autres situations comme celle de personnes commettant une tentative de suicide - on en dénombre une centaine de milliers par an en France, dont environ 12 000 réussies -, je ne connais aucun cas où le suicidant, qui a indéniablement exprimé ainsi sa volonté de mourir, ait poursuivi un médecin pour l'avoir réanimé et sauvé.

- L'état de conscience du malade au moment où la question de la transfusion est posée entre-t-il en ligne de compte dans la décision du médecin ?

- Le code de déontologie prévoit, dans le cas d'un malade hors d'état d'exprimer sa volonté, que "le médecin ne peut intervenir sans que ses proches aient été prévenus et informés, sauf urgence ou impossibilité". Dans le cas des Témoins de Jéhovah, la situation est claire, puisque le refus de la transfusion est connu. La question est en revanche plus complexe s'agissant de thérapeutiques différentes des traitements classiques, proposés à un malade. En dehors des cas d'urgence extrême où ni le médecin ni le malade n'en ont le loisir, il faut insister sur le temps nécessaire au malade pour réfléchir et exprimer sa volonté.

- Quelles règles guident, selon vous, une bonne information du malade ?

- Le médecin est soumis à un devoir de persuasion, mais il ne doit pas aller jusqu'à la pression. Il se doit d'expliquer convenablement à son malade les raisons qui lui font proposer telle thérapeutique. Un médecin a d'ailleurs déjà été condamné pour n'avoir pas accompli ce devoir de persuasion, de négociation avec son patient, à qui il avait mentionné, sans plus insister, l'intérêt d'une vaccination antitétanique en présence d'un risque avéré de tétanos.

"Dans le cas où un malade refuse le traitement proposé, il convient de lui faire signer ce refus. En cas de poursuites judiciaires, ce sera un moyen pour le médecin de faire valoir qu'il a bien informé son patient, mais cela ne saurait le dégager de toute responsabilité en cas de préjudice subi par son malade."
Propos recueillis par Paul Benkimoun


27 Octobre 2001 "Le Monde" 

 

Mis en cause et affaiblis, les Témoins de Jéhovah veulent améliorer leur image

Deux immenses piscines gonflables au milieu d'un hall d'exposition et des dizaines d'hommes et de femmes de tous âges, vêtus d'un maillot de bain, qui attendent patiemment de pouvoir gravir une petite échelle pour être immergés : près de 400 Témoins de Jéhovah ont été baptisés, au cours de trois grands rassemblements qui ont eu lieu du vendredi 3 au dimanche 5 août, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), Lyon et Bordeaux. Des manifestations qui se voulaient internationales puisqu'elles ont rassemblé des Témoins venus de toute l'Europe, mais aussi d'Amérique du Nord et d'Asie.

Cette présence étrangère compense quelque peu la baisse du nombre de Témoins de Jéhovah en France. Cette organisation, qui se présente comme la troisième confession chrétienne en France - appellation qui leur est contestée par les Eglises catholique et protestantes -, a été classée parmi les sectes par le rapport parlementaire de 1995, qui estimait alors ses effectifs à 150 000. Aujourd'hui, la Coordination nationale des victimes de l'organisation des Témoins de Jéhovah parle d'"un peu plus de 100 000" adeptes. "Nous ne subissons pas une baisse mais une stagnation", rectifie Georges Paulin, chargé de l'accueil à Villepinte, qui, pour sa part, avance le chiffre de 250 000 Témoins et sympathisants en France, dont 120 000 actifs.
Loin de se sentir en position de faiblesse, la plupart d'entre eux ont l'impression d'être mieux perçus par la population française. Nicole habite Dijon et fait du porte-à-porte depuis plus de vingt ans : "Nous sommes très bien accueillis. Il se crée généralement un échange intéressant et les gens n'hésitent pas à nous encourager", affirme-t-elle.

INCITATION AU PROSÉLYTISME

Ces rassemblements interviennent alors que les Témoins de Jéhovah ont été récemment mis en cause. En avril, Rémi, un jeune adepte âgé de vingt et un ans atteint d'une leucémie aiguë myéloïde, est décédé après avoir refusé toute transfusion sanguine, en raison de ses convictions religieuses (Le Monde du 28 avril). Le mouvement affirme avoir créé une structure de médiation pour promouvoir des alternatives médicales, notamment l'auto-transfusion. "Les Témoins de Jéhovah se soignent, ils sont respectueux de la vie, et laisser entendre tout autre chose est détestable", s'indigne Georges Paulin.

Mais les Témoins ne sont pas venus à Villepinte pour polémiquer. Tous assistent, Bible et crayon en main et avec une attention étonnante, aux prêches et témoignages prévus au programme, avant de chanter fièrement des cantiques. Cette année, ils étaient invités à réfléchir sur le thème "Enseignants de la parole de Dieu" : une incitation à peine déguisée au développement du porte-à-porte et au prosélytisme. Les "frères et sœurs" parlant une même langue sont regroupés par hall. Le décor est toujours le même : grande estrade rouge sur fond bleu, des gerbes de fleurs et un pupitre en bois, d'où un prédicateur harangue la foule et invite les fidèles à "ne jamais cesser de suivre le Christ, où qu'il -les- mène". Un important service d'ordre surveille de manière étroite le bon déroulement des opérations. Les journalistes présents sont pris en charge et encadrés individuellement.

Mathilde, elle, est émue : elle vient d'être immergée dans l'eau : "Je suis très heureuse : j'attendais ce moment depuis longtemps. Pour moi, c'est un nouveau départ." Elle affirme ne pas rencontrer de difficulté particulière pour vivre sa foi : "La plupart de mes amis ne pratiquent pas la même religion que moi mais m'acceptent telle que je suis. Que pourraient-ils reprocher à quelqu'un qui décide de mettre sa vie au service de Dieu et au service des autres ?"

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 07.08.01 du Journal "Le Monde"

Tiré du site du journal "Le Monde": http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226-5663-212655-,00.html

 

 

Stéphane Bates, correspondant pour les affaires religieuses

Lundi, le 8 octobre 2001

Il est demandé aux Nations unies d'examiner la raison pour laquelle elle a accordé le statut d'associé aux Témoins de Jéhovah, la secte fondamentaliste Chrétienne Basée aux Etats-Unis, qui considère L’ONU comme une bête écarlate prévue dans le Livre de la Révélation. Les ex-membres de ce groupe fondamentaliste, qui  déclare plus de 130,000 disciples au ROYAUME-UNI, accusent le collège central  âgé des Témoins de Jéhovah, d'hypocrisie en rapport avec l'accord secret avec l’ONU que l'organisation continue de dénoncer en termes apocalyptiques. L'ONU elle-même a admis hier qu'elle était  étonnée que la secte, dont le nom est Watchtower Bible and tract Society of New York, ait pu accepté de figurer dans sa liste d'organisations non gouvernementales depuis une dizaine d'années. Un ancien membre a déclaré : "il y a une inconséquence évidente qui apparaît entre la représentation fréquente que la Watchtower fait de L'ONU comme une organisation mauvaise et ses tentatives en coulisses d'obtenir les faveurs de cette organisation. Si les fidèles en tant qu'individu prenait conscience de ce lien officiel ils en seraient consternés. "il faut beaucoup  d'imagination pour considérer que la Watchtower partage les idéaux de la charte de l'ONU à moins que vous supposiez que la destruction de l'ONU par Dieu est compatible avec cette charte."

Les Témoins, fréquemment rencontrés par des non-membres quand ils essayent de faire des conversions au seuil des maisons, font face à des accusations de mauvaise foi. Ces accusations portent notablement sur l'insistance de la hiérarchie jéhoviste pour que les membres n'acceptent pas de transfusions sanguines et sur les abus sexuel sur enfants que les ministres des Témoins aux Etats-Unis ont dissimulés. Les disciples qui critiquent les leaders des Témoins ou mettent en doute leurs décisions sont par habitude "exclus" ce qui signifie que leurs collègues incluant leurs propre famille doivent les éviter. Une décision obscure et rendue publique de façon biaisée par la hiérarchie de New York l'année dernière et modifiant l'interdiction des transfusions en considérant que Dieu leur avait révélé que les transfusions de certains composants sanguins pouvaient être acceptables, fournissant ainsi une repentance a posteriori, est arrivé trop tard pour plusieurs centaines de disciples dont on sait qu'ils sont mort pour avoir  refusé du sang. Dans  certaines affaires de mauvais traitements sur enfant, la hiérarchie insiste pour qu'il y ait deux témoins indépendants - une condition pratiquement impossible - avant que les accusations ne soient examinées par elle. La Société Watchtower a dénoncé l'ONU et son prédécesseur la Société des Nations pendant plus de 80 années, croyant qu'elle était l'empire mondiale des fausses religions, prévue dans le Livre de Révélation. Une publication récente, publiée après que l'organisation ait obtenu sa reconnaissance auprès de l'ONU, décrit l'ONU comme "une chose répugnante du point de vue de Dieu et de son peuple". Dans un document interne, la Watchtower décrit sa politique comme "une stratégie de guerre théocratique". Elle affirme qu' "en période de guerre spirituelle il est approprié de tromper l'ennemi en lui cachant la vérité. C'est une action désintéressée; cela ne nuit à personne; au contraire cela fait beaucoup de bien." Etre une ORGANISATION NON GOUVERNEMENTALE reconnue auprès des Nations unies - comme plus de 1,500 organisations est - procure un statut quoique contraignant. Pour être qualifier, les organisations doivent montrer qu'elles partagent les idéaux de  la charte, fonctionnent sur une base à but non lucratif, "démontrent de l'intérêt envers les but que s'est fixée l'ONU et doivent prouver leur capacité à toucher un large public ou un public spécialisé" et doivent avoir l'obligation de conduire des programmes efficaces d'information sur les activités de l'ONU.  

Des ex- témoins croient que l'association, qui n'a pas rendue publique ces faits aux disciples, tente d'augmenter sa respectabilité religieuse auprès des gouvernements sceptiques, comme la France, qui a refusé de la reconnaître. Paul Gillies, le porte-parole des Témoins en Grande-Bretagne, a déclaré : "nous n'avons pas d'attitudes hostiles envers les corps gouvernants et si nous devons faire de l'information sur les buts de l'ONU nous le ferons. "Il y a de bons et de mauvais gouvernements, de même qu'il y a de bons ou de mauvais politiciens. Nous croyons ce que le Livre de Révélation nous a dit mais nous n'essayons pas activement de changer le système politique." Un porte-parole de l'ONU a déclaré : "je pense que nous ne pouvons pas être vraiment conscients de leur attitude, qui semble être vraiment étrange." 

dans The Guardian - le 8 octobre 2001- page 13 traduction

 

Les témoins de Jéhovah "hypocrites" abandonnent leur liaison secrète avec l'ONU

Stéphane Bates, correspondant aux affaires religieux

Lundi, le 15 octobre 2001
Les témoins de Jéhovah se sont rapidement dissocié des Nations unies les jours même ou le Gardian révélait l'affaire dans laquelle des membres ont accusé la secte d'hypocrisie en soutenant une organisation qu'elle a dénonçé à plusieurs reprises en privé. Après l'article de lundi dernier, la hiérarchie de l'organisation basée à New-York a devancée  une enquête de l'ONU, consentant à dissocier les Témoins d'une organisation qu'ils considèrent comme la bête écarlate du Livre de la Révélation. On sait que la Watchtower Bible and Tract Society of New York a 6 millions de membres dans le monde et 130,000 en Grande-Bretagne. Elle s'était secrètement affilié à l'ONU en tant qu'Organisation Non Gouvernementale depuis 10 ans. Les organisations reconnues sont censées démontrer qu'elles partagent les objectifs de l'ONU, mais les anciens, au lieu de cela, déclarent aux Témoins de base, de la considérer comme "une chose répugnante aux yeux de Dieu et de son peuple" parce que prétendument elle aspire à la domination mondiale comme Babylone la Grande, la bête de la Révélation. La secte n'accepte aucune participation aux gouvernements et s'est au commencement efforcée de minimiser ou de nier les faits tirés du site Web de l'ONU, qui la répertoriait comme une des 1,500 Organisations Non Gouvernementales affiliées à l'ONU. Ceux qui rapportaient ces faits à la lumière ont été accusés d'apostasie. Les membres exclus sont identifiés, tout comme le reste de l'humanité,  à de la " nourriture pour oiseau" conformément à la prophétie de la bible qui parlant du sort de ceux qui ne sont pas partisans du mouvement, déclare que les oiseaux dévoreront leurs cadavres nus. Dans les heures qui ont suivis l'édition de l'article sur le site Web du Gardian, lundi, et son envoi sur un forum de discussion sur les Témoins de Jéhovah, plus de 14,000 personnes à travers le monde l'ont lu. Hier encore, il y avait 353 messages discutant de l'article et de ses révélations, dans lesquels des Témoins de Jéhovah des Etats-Unis exigeant de voir les copies de l'article. 

dans The Guardian - le 15 octobre 2001 traduction

 

 

Les Témoins de Jéhovah sont-ils un culte ou une secte ? 

Anthropologue au CNRS, co-auteur avec Frédéric Lenoir de "Sectes, mensonges et idéaux", Nathalie Luca répond aux questions de la journaliste qui l’interroge sur les Témoins de Jéhovah. Elle rappelle que le mouvement des T.J. est "millénariste ou apocalyptique" ayant, à plusieurs reprises prédit la fin des temps. Or, pour le passage à l'an 2000, il n'a rien annoncé, signe, sans doute, d'une "évolution". Un changement s'était déjà amorcé en 1995, année où le groupe avait passé un premier compromis avec l’administration "sur la question du service militaire, acceptant le statut d'objecteurs de conscience".
[Par contre, aucune négociation n'a été entamée sur les autres interdits : refus du vote, des vaccins et de la transfusion sanguine.] Concernant l'éducation des enfants et la dévalorisation des études, les T.J. ont également changé leurs directives. Les enfants vont désormais à l'école publique et "certains d'entre eux poursuivent même des études supérieures". Cependant, il n'en reste pas moins vrai que les jeunes reçoivent toujours la même éducation stricte et rigide. L'interview se termine sur une dernière question : Les T.J. peuvent-ils être reconnus comme un "culte" ? Nathalie Luca répond que leur reconnaissance en France lui "paraît inéluctable à terme" car "ils ont fait suffisamment de compromis pour ne plus poser de problème à l'Etat". En outre, plusieurs tribunaux français ont accepté le principe de l'exonération de l'impôt sur les dons. "Les T.J. ont juridiquement gagné" dit-elle. Elle ajoute enfin que les associations de lutte contre les sectes ne doivent pas "s'en désintéresser, car il y a dans ce groupe des individus en souffrance".

dans "La Croix l'Evènement", 06.09.2001, GOMEZ Marianne

 

Qui a peur de Jéhovah ? 

25 000 en Belgique, 130 000 en France, les Témoins de Jéhovah possèdent un patrimoine immobilier de 5,3 milliards de francs [belges]. Aujourd'hui, le mouvement se bat devant les tribunaux français car l'administration taxe les offrandes perçues à hauteur de 60 % et réclame même quatre années d'arriérés, soit la "coquette somme" de 1,86 milliard de francs belges (303 millions de FF), soit un tiers de leur patrimoine présumé. Après l'enquête patrimoniale française dont les T.J. ont fait l'objet en 1999 [Rapport "Les Sectes et l'Argent"], son consistoire a publié des éléments de financement, et un audit a été commandé au cabinet Grant Thornton. L'issue du différend qui oppose l'administration fiscale aux T.J. est à même de remettre en cause la pérennité du site de Louviers, pôle industriel le plus important d'Europe avec Taunus en Allemagne.

dans 'Le Soir', 07.08.2001, LALLEMAND Alain

 

Bordeaux : 20 000 Témoins de Jéhovah 

L'assemblée d'été des Témoins de Jéhovah à Bordeaux s'est ouverte le 3 août en présence de près d'un millier de personnes. Près de 20 000 personnes étaient attendues au Parc des Expositions jusqu'au dimanche 5 août, journée de clôture. Les années précédentes, la secte organisait des assemblées décentralisées dans une vingtaine de villes, rassemblant au total.
100 000 personnes, selon son porte-parole Guy Canonici. Cette année seuls trois lieux de rassemblement étaient prévus : Bordeaux, Lyon et Paris [plus exactement Villepinte].

dans  La Dépêche, 04.08.2001

 

Tout ce qui est extérieur est satanique 

R.C. a passé trente ans chez les Témoins de Jéhovah. Il est à présent retraité. Il décrit son itinéraire au cours de son entretien avec le journaliste. Il a été recruté à 27 ans, en 1954, alors qu'il venait de perdre sa fille. Les T.J. lui ont alors parlé de résurrection. Rapidement, des responsabilités lui ont été confiées. Il est même devenu un dirigeant local dans le Vaucluse. Ses deux fils nés ensuite sont naturellement devenus à leur tour témoins de Jéhovah.
Le déclic est venu à R. C. lorsqu'il a commencé à lire les publications anciennes de la secte et notamment les textes concernant les fausses prédictions sur la fin du monde. Lui et son épouse ont alors décidé de quitter le mouvement. Ses fils, eux, y sont restés.

dans Lyon Capitale, 01.08.2001, RUFFIER Raphaël

 

La stratégie de Jéhovah

Pour renforcer les rangs de leurs fidèles, les Témoins de Jéhovah promettent des miracles aux sourds et aux paralytiques. Des victimes, rassemblées en associations, lancent un cri d'alarme contre la «secte».

Des Témoins, rassemblés dans la salle du Royaume de Louviers. La phobie de Satan, sur laquelle repose le conditionnement, produit des ravages sur les esprits crédules.

Comment résister au «marketing théocratique» des Témoins de Jéhovah auprès des personnes handicapées? Les jéhovistes ont trouvé, en effet, une nouvelle cible, surtout des sourds et des paralytiques, pour renforcer les rangs de leurs fidèles.

Face à cette offensive, deux associations font de la résistance: à Lille, le centre social Formation et culture des sourds, avec l'aide de la Coordination nationale des victimes de l'organisation des Témoins de Jéhovah (1); en région parisienne, le Club de loisirs et d'entraide, une association de paralysés.

«Des Témoins de Jéhovah m'ont promis que je pourrais bientôt entendre et parler.» Cette perspective a évidemment séduit Patrick, un agent de La Poste, dans le Nord, sourd depuis une méningite. Même récit d'une aveugle du Doubs, Christelle, attirée par les prophéties jéhovistes, l'annonce du paradis sur Terre et la perspective de recouvrer la vue. «Ils me promettent de retrouver une vie normale sans handicap», confie encore un tétraplégique de la région parisienne.

Toute une stratégie pour convaincre les handicapés a été mise au point. Ainsi les Témoins de Jéhovah ont-ils appris à parler avec les mains afin de s'adresser aux sourds. «J'ai été agréablement surpris de rencontrer des entendants prêcher en langage des signes, confie Jean-Jacques, un sourd devenu serviteur de Jéhovah dans le Nord. Les catholiques ou les protestants ne le font pas.» Jean-Pierre Poulain, Témoin de Jéhovah, myopathe, ne peut pas se déplacer: alors il chasse le futur adepte par courrier, piochant les coordonnées de personnes handicapées dans les lettres publiées par une revue spécialisée pour paralysés, Le Point carré.

«Au début, les Témoins de Jéhovah sont chaleureux et serviables, raconte Patrick; c'est séduisant pour un sourd, qui, souvent, se sent seul et s'ennuie. J'ai été invité de plus en plus souvent à des réunions d'études bibliques. C'est un engrenage infernal.» Christelle a elle aussi été accueillie amicalement. Mais, très vite, elle a été abandonnée par ses frères en raison du faible rendement de son démarchage à domicile.

Pour endiguer ces tentatives d'embrigadement, André Milésy, président tétraplégique du Club de loisirs et d'entraide, a lancé un cri d'alarme pour protéger les 8 000 lecteurs du Point carré: «Jean-Pierre Poulain, cessez votre prosélytisme! Laissez nos amis tranquilles! Vous ne leur apportez rien de concret. Ne les intoxiquez pas.» Pour l'instant, Jean-Pierre Poulain poursuit son mailing jéhoviste: «André Milésy se trompe sur mes mobiles. Chacun est libre de répondre à mes lettres, c'est-à-dire à mon envie de partager l'amour de la vie, à mon espérance dans une guérison à venir.» «Nous ne cherchons pas particulièrement à attirer les gens vulnérables», ajoute-t-on au siège national des Témoins de Jéhovah, à Boulogne-Billancourt.

André Milésy est pourtant bien décidé à s'opposer à la «secte». Dans la région Nord-Pas-de-Calais, la résistance s'organise au sein d'un réseau d'amitiés. Les anciens Témoins de Jéhovah épaulent les nouvelles victimes afin qu'elles se libèrent de l'endoctrinement qu'elles ont subi. Ce déconditionnement exige beaucoup de patience, car la phobie de Satan, sur laquelle jouent les Témoins de Jéhovah, produit des ravages sur les esprits crédules.

(1) Coordination nationale des victimes de l'organisation des Témoins de Jéhovah, 10, rue de Madagascar, 75012 Paris.

La vérité selon les Témoins
L'organisation des Témoins de Jéhovah, dirigée de New York par un collège central, affirme détenir la vérité sur l'interprétation de la Bible. Les adeptes vont de porte en porte annoncer le «règne de Dieu» «pour obéir à l'ordre de Jésus». Ils prédisent la guerre des armées de Dieu contre les forces du Mal, dite Harmaguédon, la fin du monde, à laquelle seuls survivront les Témoins de Jéhovah. Les 250 000 adeptes et sympathisants français (13 millions dans le monde) partagent une morale austère et puritaine, avec de nombreux tabous, dont l'interdiction de bénéficier d'une transfusion sanguine. Ils ne supportent pas d'être assimilés aux autres sectes... mais, comme les autres, leurs responsables refusent de dévoiler les recettes de leur organisation, qualifiées pudiquement d' «offrandes». Sans doute pour camoufler une vraie puissance financière.

par François Koch

L'Express du 11/07/1996

Tiré du site "L'Express": http://www.lexpress.fr/Express/Info/Societe/Dossier/jehovah/dossier.asp?id=30404

 

 

Le jeune Témoin de Jéhovah atteint de leucémie, qui refusait la transfusion sanguine, est mort

LE JEUNE Témoin de Jéhovah atteint d'une leucémie aiguë myéloïde, qui refusait la transfusion sanguine en raison de ses convictions religieuses (Le Monde du 16 avril), est décédé mercredi 25 avril, dans un hôpital d'Aix-la-Chapelle, en Allemagne. Selon son avocat, Me Frank Berton du barreau de Lille, Rémi, âgé de vingt et un ans, était soigné dans le service d'hémato-oncologie du professeur Oseika. D'après les informations transmises par celui-ci à Me Berton en date du 18 avril, le jeune homme aurait reçu un traitement à base d'érythropoïétine (EPO), un facteur de croissance des globules rouges, avant de subir une chimiothérapie. Me Berton ignore si Rémi a finalement reçu une transfusion sanguine.

Le jeune homme avait appris le 22 mars qu'il était atteint d'une leucémie aiguë. Hospitalisé le 23 mars à l'hôpital Cochin, à Paris, il avait refusé une première fois de recevoir une transfusion sanguine, que les médecins jugeaient pourtant indispensable avant une chimiothérapie.
Transféré au centre Joliot-Curie de Saint-Martin-Boulogne (Pas-de-Calais), Rémi a de nouveau refusé d'être transfusé. Le 11 avril, il a été transféré en Allemagne, pour y être soigné. Le jeune homme était soutenu dans ses choix par sa mère, Témoin de Jéhovah. Son père, divorcé depuis plusieurs années et ne partageant pas les convictions de son ex-épouse, ne pouvait que déplorer la décision de son fils.

Une enquête préliminaire, ouverte par le parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), a été menée auprès du personnel de la clinique de Saint-Martin-Boulogne, pour déterminer si le jeune homme était capable de prendre sa décision librement et n'avait pas été victime de pressions. Interrogé par le quotidien Nord-Littoral (19 avril), le procureur de Boulogne-sur-Mer, Gérald Lesigne, affirmait que les "investigations auprès du personnel du centre Joliot-Curie de Boulogne-sur-Mer font apparaître que ce jeune Témoin de Jéhovah a choisi librement de ne pas suivre le traitement médical. Il a toutes ses facultés individuelles. Ce n'est pas un majeur protégé. Au nom de la liberté de choix, nous ne pouvons aller plus loin..."

L'enquête pourrait donc déboucher sur un classement sans suite. Les représentants du parquet font valoir que, dans une telle affaire, il est difficile de trouver l'incrimination. Le délit d'abus de faiblesse, qui pourrait s'appliquer, est en effet placé dans la partie du code pénal qui concerne les infractions contre les biens (article 313-4). Jusqu'à présent, les tribunaux en ont fait une application très restrictive. La proposition de loi About-Picard "à l'encontre des groupements à caractère sectaire", qui devrait être examinée par le Sénat au début du mois de mai, prévoit de compléter cet article et de l'insérer dans la partie du code pénal concernant les crimes et délits contre les personnes.

Xavier Ternisien

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 28.04.01 du Journal "Le Monde"

Tiré du site du journal "Le Monde": http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226-5663-177411-,00.html

 

Une lettre de l'avocat de Rémi, le jeune témoin de Jéhovah qui refuse une transfusion

À LA SUITE de notre article intitulé "Rémi, témoin de Jéhovah, refuse la transfusion qui pourrait le sauver" (Le Monde du 11 avril), nous avons reçu de l'avocat lillois Me Frank Berton, au nom du jeune Rémi, la mise au point suivante :

Atteint d'une leucémie aiguë, maladie foudroyante qui fait chaque année 5 000 victimes en France, malgré les progrès de la science et de la médecine, Rémi a été hospitalisé et a consulté les meilleurs spécialistes,notamment à l'hôpital Cochin de Paris.

Il veut vivre. Ses convictions personnelles l'ont amené à privilégier un traitement médical ne faisant pas appel à une chimiothérapie lourde associée à des transfusions sanguines aux résultats incertains. C'est un choix que tout adulte est normalement en droit d'exercer.

Réduire la situation de Rémi à un refus de "transfusion -sanguine- qui pourrait le sauver" constitue une présentation tendancieuse, contraire à la réalité, et notamment à la façon habituelle de soigner cette maladie grave et souvent incurable, qui s'est révélée il y a une dizaine de jours. Outre l'atteinte à sa vie privée, il ne peut accepter que sa mère soit faussement accusée de le laisser "s'enfoncer dans la mort sans réagir". Une telle affirmation constitue un affront inacceptable à l'amour et à l'attention que lui porte sa mère depuis sa plus tendre enfance.

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 18.04.01 du Journal "Le Monde"

Tiré du site du journal "Le Monde": http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226-5663-173141-,00.html

 

Rémi, témoin de Jéhovah, refuse la transfusion qui pourrait le sauver

IL A VINGT ET UN ANS et il va mourir. Rémi, étudiant en institut universitaire professionnalisé (IUP) de gestion à Lille, a appris, le 22 mars, qu'il était atteint d'une leucémie aiguë. Son taux d'hémoglobine et de plaquettes est très bas et il risque à tout moment de faire une hémorragie fatale. Une transfusion sanguine pourrait le sauver. Mais Rémi est témoin de Jéhovah et refuse toute injection de sang. Sans ce traitement, les médecins ne lui donnent que quelques semaines à vivre. "J'ai tout essayé pour convaincre mon fils, mais c'est impossible", se désole son père, qui vit à Bauvin (Nord). Séparé de la mère du jeune homme depuis une quinzaine d'années, il ne partage pas les convictions religieuses de son ex-épouse et de son fils, tous deux témoins de Jéhovah. "Mon fils est majeur, je n'ai aucun recours juridique possible..."

Rémi a été hospitalisé le 23 mars à l'hôpital Cochin, à Paris, dans le service du professeur François Dreyfus. Les médecins lui ont proposé une transfusion sanguine, indispensable avant de commencer une chimiothérapie. Devant le refus du jeune homme, ils lui ont accordé un week-end pour réfléchir. "Le personnel médical a été formidable, raconte le père. Ils ont tout fait pour le convaincre. Mais mon fils a reçu aussi de nombreux appels téléphoniques de témoins de Jéhovah Il a été soumis a des pressions."

Passé le délai de réflexion, Rémi a maintenu son refus. Sa mère lui a fait quitter l'hôpital pour le centre Joliot-Curie de Saint-Martin-lès-Boulogne (Pas-de-Calais). Là, elle a demandé au cancérologue Jacques Hernandez d'injecter à son fils un produit qu'elle était allée chercher en Allemagne, chez un naturopathe de Buhl-Baden. "C'était une solution de nature homéopathique, se souvient le médecin. J'ai refusé de l'administrer. De toute façon, le jeune homme n'était pas en état de recevoir une injection intramusculaire. Ce qui m'a choqué le plus, c'est l'attitude de la mère, qui acceptait de voir son fils s'enfoncer dans la mort sans réagir... Pourtant, avec une chimiothérapie, ses chances de guérison étaient de 65 % à 75 %."

"CONSENTEMENT ÉCLAIRÉ DU MALADE"

Rémi a quitté le centre Joliot-Curie après avoir signé une décharge. Une ambulance privée l'a conduit en Allemagne, où il a reçu la fameuse injection. Il est désormais alité chez sa mère, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). Interrogé par Le Monde, Guy Canonici, président de la Fédération chrétienne des témoins de Jéhovah de France, se défend de pouvoir agir : "Nous n'avons pas compétence pour donner un avis sur la question." "Ce qui est en jeu dans ce cas, selon M. Canonici, c'est le respect du consentement éclairé du malade. Les témoins de Jéhovah souscrivent à une croyance, inscrite dans la Bible, qui porte sur le caractère sacré du sang. Ils ne doivent pas absorber de sang ou en recevoir par injection pour se soigner. Mais chacun doit se déterminer librement. Ce n'est pas un dogme chez nous d'affirmer que celui qui refuse une transfusion perdra sa vie ou son âme !"

Pourtant, la Watch Tower Society, l'organe dirigeant des témoins de Jéhovah, précise, dans une lettre du 27 août 1998, que si un membre baptisé "persiste à ne pas respecter les préceptes de la Bible, y compris la notion de la mauvaise utilisation du sang, alors cela peut conduire à terme à son exclusion biblique".

Dans un communiqué du 9 avril, la Fédération des témoins de Jéhovah annonce que Rémi doit être "transféré dans un établissement médical spécialisé dans les prochaines heures". Le père de Rémi, lui, est condamné à l'impuissance devant la dégradation de la santé de son fils. "Que voulez-vous dire à quelqu'un de vingt et un ans qui vous dit : "Je ne meurs pas, je vais vers la résurrection" ? Pour moi, les témoins de Jéhovah seront complices de son suicide."

Xavier Ternisien

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 11.04.01 du Journal "Le Monde"

Tiré du site du journal "Le Monde": http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226-5663-170778-,00.html

 

 

Ouverture d'une enquête sur les pressions qu'un jeune témoin de Jéhovah aurait pu subir
Atteint d'une leucémie et refusant toute transfusion, le jeune homme a quitté la clinique après y avoir reçu des visites

RÉMI, le jeune témoin de Jéhovah atteint d'une leucémie aiguë, qui refuse une transfusion sanguine en raison de ses convictions religieuses (Le Monde du 11 avril), a quitté le domicile de sa mère, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), pour une destination inconnue. Il se trouverait actuellement en Allemagne. Selon son avocat, Me Frank Berton du barreau de Lille, le jeune homme, âgé de vingt et un ans, serait hospitalisé dans "un grand centre universitaire de recherche" et attendrait une greffe de moelle osseuse. "La médecine française affirme que tout préalable à une chimiothérapie est une transfusion. Rémi veut voir s'il n'existe pas un autre traitement applicable", explique Me Berton. Les médecins que le jeune homme avait consultés en France ne lui avaient donné que quelques semaines à vivre, s'il ne subissait pas rapidement une transfusion sanguine, suivie d'une chimiothérapie.

DÉCHARGE SIGNÉE

Le père de Rémi, qui n'appartient pas aux témoins de Jéhovah et déplore la décision de son fils, n'envisage pas de saisir la justice pour l'instant.Il est sans nouvelles de son fils depuis trois jours. Selon nos informations, le parquet de Boulogne-sur-Mer devrait ouvrir une enquête préliminaire, à la suite d'un signalement effectué par l'ADFI (Association de défense des familles et de l'individu) du Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Elle porterait sur les conditions dans lesquelles le jeune homme a quitté la clinique de Saint-Martin-Boulogne (Pas-de-Calais) en signant une décharge. Les premiers éléments recueillis mettent en évidence que Rémi a reçu, au cours de son séjour dans l'établissement médical, la visite de plusieurs témoins de Jéhovah qui auraient pu faire pression sur lui. L'enquête pourrait déboucher sur une information judiciaire pour "non-assistance à personne en danger" et, éventuellement, abus de faiblesse.

Cette affaire pourrait bien gêner la reconnaissance d'association cultuelle que les témoins de Jéhovah tentent d'obtenir de l'administration française depuis plusieurs années. Jusqu'à présent, les juridictions administratives avaient donné systématiquement raison aux témoins de Jéhovah contre le gouvernement. Dans deux arrêts du 23 juin 2000, le Conseil d'Etat statuant en cassation avait estimé que deux de leurs associations pouvaient bénéficier des exonérations foncières reconnues aux associations cultuelles, parce qu'elles ne portaient pas atteinte à l'ordre public et n'avaient pas "incité -leurs- membres à commettre des délits, en particulier celui de non-assistance à personne en danger".

Xavier Ternisien

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 15.04.01 du Journal "Le Monde"

Tiré du site du journal "Le Monde"http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226-5663-172782-,00.html