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Daniel Théberge

Il me fait extrêmement plaisir de me joindre à l’équipe de Chevreuil.net afin de faire partager mes 27 années d’expériences en cartes et boussole et orientation en forêt. Cette expérience, je vais la partager avec vous tout au long des chroniques à venir. Il y a plusieurs années, lorsque j’ai mis sur pied une école d’orientation à Rimouski, je me suis donné pour mission d’initier le grand public à l’art de s’orienter en forêt avec boussole et G.P.S. Plusieurs centaines de personnes ont déjà reçu cette formation.

 

Si j’ai contribué à sauver, ne serait-ce qu’une seule vie humaine, ma contribution n’aura pas été vaine. Il est bon de mentionner ici qu’au Québec, des dizaines de personnes se perdent en forêt faute de connaissance en orientation. J’ai acquis mon expérience lorsque j’étais réserviste dans les forces canadiennes. Les premiers cours que j’ai suivis en cartes et boussole m’ont donné la piqûre de l’orientation en forêt. J’ai évolué dans plusieurs conditions climatiques et situations difficiles, me donnant ainsi une vaste expérience du terrain et une bonne base en survie.  Par la suite, on m’a formé comme instructeur et année après année, je n’ai jamais décroché et j’ai toujours voulu en apprendre d’avantage. Cette expérience, je vais la partager avec vous et vous en faire profiter.

 

Les prochaines chroniques porteront sur l’utilisation des cartes et de la boussole. Par la suite, nous verrons en détail le fonctionnement du récepteur G.P.S (global positioning system). Il faut bien comprendre que la boussole constitue la base de l’orientation en forêt. La boussole, contrairement au récepteur G.P.S, fonctionne grâce à un phénomène naturel (magnétisme terrestre). Elle n’a pas besoin de piles et fonctionne à tout coup (dans la plupart des cas). Les manufacturiers de récepteurs G.P.S sont très clair quant à l’utilisation de leurs appareils : tous les récepteurs G.P.S sont des aides à la navigation et ils ne sont pas conçu pour remplacer les autres méthodes de navigation. L’usager doit faire preuve de jugement.

Ce qui veut dire qu’un utilisateur de récepteur G.P.S doit toujours porter sur lui une boussole. Qu’arrivera-t-il si les piles de son récepteurs G.P.S tombent à plat? Comment reviendra-t-il à son point de départ? Un récepteur G.P.S est constitué d’éléments électroniques qui peuvent défaillir. Donc, portez toujours une carte du secteur où vous évolué et une boussole sur vous en tout temps!

Leçon 1 : La carte topographique

Une carte est la représentation graphique du terrain vue des airs. Elle indique les dispositions du terrain qu’elles soient naturelles (montagnes, bois, eaux, etc..) ou artificielles (constructions humaines).

Il existe plusieurs types de cartes. Celles que l’amateur de plein air se sert est de type topographique. L’échelle idéale est de 1 :50 000. Nous verrons en détail ce qu’est un échelle de carte dans les prochaines leçons. Comme son nom l’indique, c’est une carte qui montre les détails du terrain (relief, hydrographie, construction humaine, végétation, etc…).

Il faut bien comprendre que l’utilisation d’une boussole sans une carte limite beaucoup les possibilités de s’orienter convenablement. Une boussole sert à nous faire marcher en ligne droite dans une direction pré-déterminée. En combinant la carte avec la boussole, nous pouvons alors nous situer exactement sur le terrain et atteindre un autre endroit rapidement. Donc, ne partez jamais en expédition ou en randonnée sans apporter une carte du secteur où vous prévoyez évoluer.

Il faut savoir lire une carte pour les raisons suivantes :

Pour retrouver son chemin et aussi reconnaître le terrain où on évolue.

 

Pour comprendre les multiples informations de la carte et des ses possibilités en ayant une bonne image du terrain. 

 

Pour être capable de se situer sur une carte et situer tout ce qui nous entoure afin de pouvoir s’orienter

Une carte topographique est fait de papier. Donc, il faut la préserver de la saleté et de l’humidité. Il est très important d’utiliser un crayon au plomb lorsqu’on travaille sur une carte et de ne pas appuyer trop fort. Souvent, les détails et symboles sont très petits et si par malheur, vous utilisez un stylo, vous cacherez ces symboles à jamais. Il faut prendre garde de ne pas ouvrir votre carte complètement, surtout lorsqu’il vente. Des déchirures vont vite réduire votre carte en lambeaux. La façon la plus simple et la plus efficace de plier une carte est de la plier en deux dans le sens de la longueur. Ensuite, vous n’avez qu’à la plier en accordéon en partie égales (voir illustration plus bas). De cette façon, vous n’avez jamais à la déplier complètement. Vous n’avez qu’à déplier seulement la partie qui vous intéresse. Il est bon de placer votre carte dans un étui en plastique transparent afin de la protéger des intempéries.

Une carte topographique coûte environ 8.00 $.  Le gouvernement en fabrique aussi en polyéthylène. Ce matériau est beaucoup plus résistant que le papier. C’est à peu près le même matériau utilisé pour l’emballage des produits alimentaires, comme les contenants de lait ou d’eau. Elles résistent aux déchirures et sont à l’épreuve de l’eau. Elles sont par contre, assez dispendieuses.

Les cartes topographiques sont disponibles chez plusieurs détaillants à travers le pays. Le bureau des cartes met à la disposition du publique des index de cartes afin de connaître le numéro de carte dont vous avez besoin (exemple 22 C7) Il existe six (6) index de cartes. Par exemple, l’index 2 couvre toute la province de Québec et une toute petite partie des maritimes. Cherchez la rubrique «cartes» dans les pages jaunes de l’annuaire téléphonique afin de trouver le revendeur le plus près de chez vous ou adressez-vous au bureau des cartes du Canada à Ottawa au 1-800-995-6277. Le site web du bureau des cartes peut aussi vous aider : http://cartes.RNCan.gc.ca/

Le mois prochain : les indications marginales d’une carte topographiques

Façon de plier une carte topographique

Leçon 2 : La carte topographique (suite)

Les indications marginales

Autour de l’image de la carte topographique, des marges ont été placés dans le but d’y ajouter des informations importantes quant à l’utilisation de cette carte. La disposition de ces indications marginales est normalisée dans une large mesure afin que les utilisateurs puissent s’habituer à trouver les différents types de renseignements voulus dans les mêmes parties de marges, même s’il s’agit d’un pays différent.

Voici les différentes indications que l’on retrouve sur une carte topographique :

  1. Le nom du pays.
  2. Le numéro de l’édition : ce numéro est fonction du tirage et des mises à jour des cartes.
  3. Le numéro de la carte : ce numéro fait référence au systême cartographique du Canada. Il indique l’échelle et la position d’une carte.
  4. La référence pour usage militaire.
  5. Le glossaire : ensemble des termes relatifs aux représentations graphiques (signes conventionnels).
  6. Les abréviations : abrégé de la signification des détails de la carte.
  7. Les données relatives à la déclinaison magnétique.
  8. La zone et le type de projection.
  9. L’identification du carré de 100 000 mètres.
  10. La méthode de repérage (coordonnées topographiques).
  11. Les amorces brunes : elles indiquent le quadrillage de la zone voisines.
  12. Le tableau des cartes adjacentes.
  13. L’identification du fabriquant.
  14. L’échelle de conversion des altitudes.
  15. L’équidistance des courbes de niveau.
  16. Le type de projection de la carte.
  17. Le nom de la carte : porte le nom de l’endroit le plus significatif.
  18. L’échelle numérique et graphique.
  19. Les signes conventionnels (plus détaillé en arrière de la carte).
  20. Coordonnées géographiques de coin de feuille.
  21. Les côtes en mètres du quadrillage.
  22. Les flèches de direction : petites flèches indiquant la direction et la distance de la prochaine agglomération.

                                                                             

 L’illustration suivante montrent les endroits où sont placés les 22 indications marginales expliqués plus haut.  D’une carte à l’autre, il peut y avoir une légère différence.

Pour l’instant, tous ces termes ne vous sont pas très familiers. À mesure que nous avancerons, tout deviendra plus clair.

Le mois prochain : l’échelle graphique

Article de Daniel Théberge

Leçon 3 : L’échelle numérique et graphique

Qu’est-ce qu’une échelle de carte?

L’échelle d’une carte est le rapport qui existe entre une distance horizontale entre deux points mesurés sur le terrain et les mêmes deux points mesurés sur la carte. Donc, si  la distance mesurée avec une règle entre deux points (point A et point B) sur une carte topographique à l’échelle 1 : 50 000 est égale à un (1) pouce, cela voudra dire que sur le terrain, on retrouvera une distance de 50 000 pouces. Si la distance entre mes points A et B avait été un (1) pied, cela aurait voulu dire que la distance réelle sur le terrain aurait été  de 50 000 pieds. Il ne faut jamais oublié qu’une échelle de carte, c’est un rapport de distance.

L’échelle numérique est le rapport entre les distances mesurées sur la carte et les distances réelles sur le terrain, lesquelles sont réduites à l’horizontale. Elle est toujours exprimée par une fraction et le numérateur est toujours 1. Le dénominateur indique le facteur de réduction.

                                   1/50 000          ou        1: 50 000 ou         _____1_____

                                                                                                          50 000

Une distance de 3 cm sur une carte à 1: 50 000 représente donc 3X 50 000 cm sur le terrain. Cela donne 150 000cm=1500 mètres=1.5 kilomètres.

L’échelle graphique est un ensemble de lignes droites représentant sur la carte l’échelle numérique. Cette échelle est divisée en différentes unités de mesure et en deux parties :  à gauche du zéro, le talon de l’échelle et à droite du zéro, l’échelle.                     

                                                                                                                  

 

Figure 1 : L’échelle graphique

 

Comment se servir de l’échelle graphique pour calculer une distance?

Il est très important de savoir mesurer les distances sur une carte. Si on sous-estime le temps qu’il faut pour franchir une distance, on peut se croire perdu parce qu’on n’a pas atteint sa destination en temps voulu. Ou bien, on peut se faire prendre par l’obscurité.

Il y a plusieurs façons de mesurer une distance entre deux points :

  1. avec un bout de papier (c’est la façon la plus facile de mesurer une distance en ligne droite). Voir la figure 2 et 3

  2. en se servant des lignes de quadrillages comme référence (ces lignes sont à distances fixes les unes des autres). A l’échelle 1 :50 000, les lignes de quadrillages sont à 1000 mètres (1 km) les unes des autres.

  3. avec une cordelette (très utile pour mesurer des distances routières)

  4. avec un curvimètre (il suffit de faire rouler le curvimètre sur la carte en suivant le tracé. La distance réelle est alors affichée sur le cadran)

  5. avec un compas (on ouvre le compas et on place une pointe sur le point A et l’autre pointe sur le point B. Il ne reste qu’à reporter cette longueur sur l’échelle graphique de la carte)

 

                                                 

Figure 2 : Comment mesurer une distance en ligne droite sur une carte

  

Figure 3 : Comment reporter cette mesure sur l’échelle graphique pour mesurer la distance

                                                        

Le mois prochain : Les détails de la carte

Daniel Théberge