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Artistes réputés pour avoir été élèves de Chassériau :
- Pierre PUVIS DE CHAVANNES (1824 - 1898)
- Gustave MOREAU (1826 - 1898)
- Alberto PASINI (1826 - 1899)
 
Artistes ami de Chassériau :
- Henri  LEHMANN (1814 - 1882)



Pierre PUVIS DE CHAVANNES (1824 - 1898)

Pierre Puvis de Chavannes est né à Lyon le 14 décembre 1824 et mort à Paris le 24 octobre 1898.

Après avoir préparé puis abandonné le concours d'entrée à Polytechnique, Puvis de Chavannes séjourne en Italie, à l’age de 23 ans, et se destine à la peinture, il est brièvement l’élève d’Eugène Delacroix, de Henry Scheffer et de Thomas Couture.

Le second voyage en Italie en 1848 est déterminant et lui fait découvrir la peinture décorative. 

Il expose d’abord au Salon de 1850, mais sera refusé plusieurs fois par la suite. En 1854 et 1855, Puvis de Chavannes réalise des fresques et des peintures murales à Amiens (1861 puis 1864-65 et 1882) et au Panthéon de Paris (1874-75 et 1893).

En 1854-55, il peint des décors dans la maison de son frère en Saône-et-Loire; il ne semble avoir rencontré Chassériau qu'après, en 1856, peu de temps avant la mort du maître.

En 1890, il est l’un des co-fondateurs de la Société Nationale des Beaux-Arts, qu’il présidera dès 1891.

Ses oeuvres inspireront les symbolistes, ainsi que Seurat ou Cézanne, mais ne s’inspirent d’aucun mouvement.

Les ouvrages de référence sur Puvis restent le catalogue de l'exposition montée par Jacques Foucart et Louise d'Argencourt, Paris, Grand Palais, et Ottawa, Galerie nationale du Canada, 1975-76 ; et celui dirigé par Aimée Brown Price pour l'exposition du musée Van Gogh d'Amsterdam, 1994.


Comité Pierre PUVIS DE CHAVANNES



Gustave MOREAU (1826 - 1898)

6 avril 1826    Naissance de Gustave Moreau à Paris.

1836-1840  Etudes secondaires au collège Rollin.

Mort de sa soeur Camille âgée de 13 ans, Gustave Moreau est retiré du collège à cause de sa santé. Son père le prépare au baccalauréat. Depuis l'âge de huit ans, le jeune garçon ne cesse de dessiner.

1841 Premier voyage en Italie du Nord dont il rapporte un album de dessins.

1844-1846

Gustave Moreau fréquente l'atelier privé du peintre François-Edouard Picot, décorateur de monuments publics et d'églises de Paris. Il y prépare le concours d'entrée à l'école royale des Beaux-Arts.

 

1846 Gustave Moreau est admis à l'Ecole royale des Beaux-Arts.

 

1849 Moreau quitte l'Ecole après son deuxième échec au Prix de Rome.

1849-50

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Il fait des copies au Musée du Louvre et reçoit quelques commandes de l'administration des Beaux-Arts.

 

1851

Moreau se lie d'amitié avec Théodore Chassériau, ancien élève d'Ingres et il loue un atelier voisin de celui-ci, avenue Frochot, près de la place Pigalle. L'influence de Chassériau sur Moreau est capitale.

 

1852

Moreau est admis pour la première fois au Salon officiel. Il fréquente le théâtre et l'opéra. Ses parents achètent à son nom une maison particulière au 14 rue de La Rochefoucauld. L'atelier du peintre est aménagé au troisième étage.

 

1857-58

Second séjour en Italie d'octobre 1857 à 1859. Il exécute des copies d'après les maîtres (Michel-Ange, Véronèse, Raphaël, Corrège, etc…). Après Rome, il se rend à Florence, Milan et Venise où il découvre Carpaccio, alors méconnu. Il se lie d'amitié avec le jeune Edgar Degas. Après un séjour à Naples avec ses parents venus le rejoindre, il revient à Paris en septembre 1859. Il semble qu'il rencontre peu après Alexandrine Dureux qu'il initie au dessin. Elle restera jusqu'à sa mort en 1890, sa " meilleure et unique amie ".

 

1865 En novembre, Gustave Moreau est invité à Compiègne par l'empereur Napoléon

1869

Expose au Salon Prométhée et L'enlèvement d'Europe. Il obtient une médaille, mais il est sévèrement traité par la critique. Il n'exposera plus jusqu'en 1876.

 

1876

Fait sa rentrée au Salon avec Salomé dansant, Hercule et l'Hydre de Lerne, Saint Sébastien, et une aquarelle L'Apparition.

 

1878  Exposition universelle de Paris. Il présente six peintures.

 

1879

Moreau commence une série exceptionnelle de soixante-quatre aquarelles pour illustrer Les Fables de La Fontaine (collection privée) dont les esquisses sont conservées au Musée Gustave Moreau. Seule une aquarelle de cette série, Le paon se plaignant à Junon, a été donnée au musée.

 

1880  Dernière participation au Salon avec Hélène et Galatée.

 

1882  Il se présente à l'Académie des Beaux-Arts mais n'est pas élu.

 

1884  La mort de sa mère le plonge dans un profond désespoir.

 

1886

Moreau achève le polyptyque La Vie de l'Humanité*

Il expose à la galerie Goupil. C'est la seule exposition personnelle du vivant de l'artiste.

 

1888  Election à l'Académie des Beaux-Arts.

  

1890

Mort de son amie Alexandrine Dureux ; profondément éprouvé, il peint à sa mémoire Orphée sur la tombe d'Eurydice*.

 

1892-1898

Il succède à Elie Delaunay comme professeur à l'Ecole des Beaux-Arts. Il y a pour élèves Georges Rouault, Henri Matisse, Albert Marquet, Henri Charles Manguin, Edgar Maxence…

Le dimanche, il reçoit ses élèves dans sa maison, ainsi que quelques jeunes artistes comme Ary Renan, son premier biographe et George Desvallières.

 

1895

Il achève le chef-d'oeuvre de sa vieillesse, Jupiter et Sémélé et fait transformer la maison familiale du 14 rue de La Rochefoucauld pour qu'elle devienne un musée après sa mort.

 

1898  Il meurt le 18 avril. Funérailles à l'église de la Trinité à Paris.




Alberto PASINI (1826 - 1899)

C'est l'un des peintres orientalistes les plus célèbres et les plus talentueux. Peintre prolifique, infatigable voyageur, ayant côtoyé les plus grands peintres orientalistes français, ses tableaux ont un succès mérité.

nationalistes le poussent à s'engager auprès de Volontaires de Modène, ce qui lui vaut l'exil en 1849. Il se rend à Genève où il rencontre Delacroix, Decamps, Théodore Rousseau, Dupré et Isabey. Il participe au Salon de Paris en 1853.

Il entre dans l'atelier de Chassériau puis effectue un voyage en Perse en 1855 à la place de Chassériau, malade, pour accompagner une mission secrète auprès du Shah. Ses croquis lui permettent de réaliser des peintures à son retour à Paris. Ce voyage sera déterminant pour Pasini : les paysages, les personnages, l'atmosphère, la lumière, les monuments des contrées traversées vont laisser une empreinte durable et des sentiments très vifs qu'il retranscrit dans ses toiles. Il voyage ensuite en Egypte, à Constantinople.

Il remporte de nombreux prix artistiques. Au déclenchement de la guerre franco-prussienne, il retourne en Italie et continue ses voyages. Il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 1878.



Henri  LEHMANN (1814 - 1882) - texte de Didier Rykner

Grand décorateur, portraitiste subtil et dessinateur de premier plan, Henri Lehmann est l'un des peintres les plus méconnus du XIXe siècle.  Elève d'Ingres, il a souffert de l'ostracisme qui a frappé les innombrables artistes issus de cet atelier, à l'exception peut-être de Chassériau dont il se rapproche d'ailleurs par bien des aspects.

Né Allemand en 1814, Henri Lehmann arrive en France en 1831 et entre dans l’atelier d’Ingres. Il expose au Salon à partir de 1835 où il présente le Départ du Jeune Tobie (Hambourg, Kunsthalle), premier tableau d’un cycle qu’il poursuivra jusqu’en 1866. Etranger, il ne peut concourir pour le prix de Rome, et gagne à ses frais la ville éternelle en 1839. Il y rejoint Ingres, son maître, alors directeur de l’Académie de France, avec qui il entretient d'étroites relations : la muse derrière le compositeur Cherubini dans le portrait qu'Ingres peint en 1841-1842 (Paris, Louvre) est due au pinceau de Lehmann.

De nature mélancolique et insatisfaite, le peintre se lie à Rome avec Liszt et Marie d’Agoult, amitié qui engendra une longue correspondance.

Définitivement installé à Paris au début de 1842, il entame une carrière officielle qui lui apporte tous les honneurs. Il multiplie les travaux décoratifs tant religieux (église St Merri, chapelle des Jeunes Aveugles) que profanes (Hôtel de Ville, Palais du Luxembourg, Palais de Justice). 

Le 28 janvier 1852, Henri Lehmann fut chargé du décor des pénétrations de la voûte et des pendentifs de la galerie des Fêtes. Prévenu que l'inauguration de la salle aurait lieu au mois de décembre suivant, l'artiste consacra dix jours aux esquisses et dix mois à l'exécution des 56 compositions qui ne comportaient pas moins de 180 figures et relataient la lutte de l'homme contre les éléments et son accession à la civilisation.

 

Seule la Salle du Trône au Sénat, d’accès difficile, subsiste encore.

Au Salon de 1855 (Exposition Universelle), Lehmann expose pas moins de vingt-et-un tableaux. Elu membre de l’Institut en 1864 et nommé professeur à l’Ecole des Beaux-Arts en 1875, il meurt à Paris le 30 mars 1882 à l’âge de soixante-huit ans.

Comment définir l’art d’Henri Lehmann ?

Comme Chassériau, il traduit le langage ingriste en un romantisme mesuré, amoureux de la ligne, mais ne dédaignant pas les ressources de la couleur. S’il se montre ainsi perméable au courant novateur de la première moitié du XIXème siècle, il reste néanmoins un peintre classique, qui prépare longuement ses compositions par une succession de dessins et esquisses, partant de l’étude isolée du modèle nu. Lehmann dessinateur utilise toutes les techniques mais privilégie la pierre noire un peu grasse avec laquelle il réalise des études expressives, au trait aisément reconnaissable. Représentant intransigeant de la tradition, il compta néanmoins dans son atelier des élèves tels qu’Alphonse Osbert et, surtout, Georges Seurat. Les dessins de ce dernier, dans leur construction rigoureuse et leur utilisation de la couleur noire trahissent l'influence féconde de Lehmann.

 

Henri Lehmann - Allégorie pour la décoration de l'Hotel de Ville de Paris (coll. particulière).