Martin

 

Jacques Martin découvre très tôt la bande dessinée au travers des grands albums allongés de Buster Brown, par Richard F. Outcault, publiés chez Hachette. C’est au verso de ces pages qu’il fait ses premiers dessins ; la plupart représentent des avions (son père était aviateur) ou des personnages moyenâgeux.

Il ne commence à publier qu’en 1946, dans l’hebdomadaire « Bravo » où il crée, un peu par hasard, Monsieur Barbichou. Durant les trois années qui suivent, il multiplie les collaborations éphémères avec des publications bruxelloises et wallonnes, conjuguant l’art de la bande dessinée et celui de l’illustration.

Jusqu’en 1948, il alterne séries réalistes et séries humoristiques. Le premier récit à suivre, dessiné pour « Bravo », est Lamar, l’homme invisible qui s’apparente fort à Flash Gordon dont les aventures paraissent également dans l’hebdomadaire. Dans la foulée, il crée L'Oeil de Perdrix (1947), nouveau héros dont la première aventure, « Le Secret du Calumet », fut directement publié en album.

Vers la même époque, il signe encore une autre série humoristique dont la première histoire s’intitule « Le Hibou Gris » et qui est prépublié simultanément dans deux quotidiens belges. Repris l’année suivante dans un hebdomadaire (Story), il lui donne une suite, « Le Sept de trèfle » qui peut être considéré comme un premier brouillon de ce que sera « La Grande Menace ».

Toujours dans ce même intervalle de temps, paraît « La Cité Fantastique » (1948), une bande dessinée ayant pour thème la guerre.

Tout en poursuivant sa collaboration à Bravo et à Story, Jacques Martin pose sa candidature au Journal de Tintin. C’est en 1948 qu’il conçoit le personnage d’Alix, le proposant aussitôt à Raymond Leblanc, futur rédacteur en chef du Journal de Tintin.

Alix l’intrépide paraît en feuilleton dans le journal des 7 à 77 ans, à partir du 16 septembre 1948. Cette bande dessinée historique s’impose très vite comme l’un des chefs d’œuvre de la bande dessinée franco-belge.

En 1950, Jacques Martin engage à ses côtés un jeune assistant (pour le lettrage et le coloriage), Roger Leloup. Quelques temps plus tard, c’est au tour de Michel Demarets de venir les rejoindre.

Après Alix l’Intrépide, Le Sphinx d’Or et L’Ile Maudite font la joie des lecteurs. 

A partir de la publication de « La Grande Menace » (1953), les récits d’Alix et de Lefranc paraissent en alternance.

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La participation de Jacques Martin dure dix-neuf années pendant lesquelles il travaille sur plusieurs histoires de Tintin, en compagnie, entre autres, de Bob de Moor, sans pour autant abandonner Alix et Lefranc puisque ceux-ci connaissent respectivement sept et trois aventures nouvelles.

Au cours de la décennie suivante, celle qui suit la séparation avec les studios, Jacques Martin crée à une cadence supérieure, publiant neuf titres dans la série Alix (du « Prince du Nil » à « L’Empereur de Chine ») et quatre dans celle de Lefranc (des « Portes de l’Enfer » à « L’Arme Absolue »).

L'ouragan de feu (1961)

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En 1970, il abandonne la réalisation graphique de Lefranc, la confiant alors à Bob de Moor, puis à Gilles Chaillet.

En 1978, en collaboration avec Jean Pleyers, il imagine la série Xan (rebaptisé Jhen après deux épisodes) et écrit « L’Ogre Rouge » pour Paul Cuvelier (ce récit mettant en scène le personnage de Corentin reste inachevé à la mort de ce dessinateur et sera par la suite adapté dans "Les Proies du Volcan", un épisode d’Alix).

A partir de 1983, aux éditions Glénat, il crée la série Arno illustrée par André Juillard.

En 1990, il donne naissance à Orion, personnage évoluant dans la Grèce Antique. Ce héros vivra deux aventures dans « Le Lac Sacré » (1990) et « Le Styx » (mai 1996).

En même temps, Jacques Martin s’entoure de nouveaux collaborateurs pour créer une série d’albums consacrée à des reconstitutions de grands sites antiques. Ainsi seront publiés aux éditions Orix, dans la collection « Les Voyages d’Orion » : « L’Egypte I » (1992) avec Rafael Morales, « Rome I » (1993), avec Gilles Chaillet, « La Grèce I », « La Grèce II » (1994) avec Pierre de Broche, et « Rome II » (1995) .

Un nouveau personnage verra aussi le jour : Keos, dessiné par Jean Pleyers, dans deux albums : « Osiris » (éditions Bagheera 1992) et « Le Cobra » (éditions Helyode 1993).

Chez Glénat, Jacques Martin a poursuivi avec le dessinateur Jacques Denoël, la série Arno qu’il avait créée dans les années 1980 avec André Juillard.

Aux trois premiers titres ont succédé « 18 Brumaire » (1994) et « L’Ogresse » (1995).

En septembre 1996, avec Ô Alexandrie, Jacques Martin signe le 20ème album de la série Alix. Le dernier en date, "Le cheval de Troie" (1988), s'est vu décerner une BD d'Or au premier salon européen de la BD de Grenoble (mars 1989).