
Histoire
Au
milieu d’un paysage de vigne, la Capitale des eaux de vie, Cognac, s’est développé
sur les bord de la Charente, devenu un fleuve largement navigable.
Depuis
Comniacum, les gallo-romains commercent avec les pays d’amont et les rivages
maritimes de l’Ouest. Au VII°, Charlemagne met la main sur la Guyenne et
donc sur le cognaçais qui en dépendait. Plus tard, au X°, un petit seigneur
sort de l’anonymat : Hélie de Villebois construit une enceinte forte
autour de son logis. Au XII°, complot contre le suzerain anglais, Henri II de
Plantagenêt, qui vient réduire ses vassaux à l’obéissance (1168). Son
fils Richard, s’empare de cognac (1170) puis marie son fils naturel,
Philippe de Falconbridge, à Amélie de jarnac. Le couple vend la ville à
l’oncle Jean sans Terre, roi d’Angleterre qui a épousé Isabelle de
Taillefer, autre fille de la contrée (1200). Revenue en Angoumois, Isabelle
épouse Hugues de Lusignan. Malheureusement, leurs descendants sont contraints
de l’abandonner, avec l’angoumois, à Philippe le Bel. Pas pour longtemps,
car les anglais reviennent durant la guerre de Cent ans. 20 plus tard, Du
Guesclin et le Duc Jean de Berry rangent Cognac sous la Couronne de France
(1375).
Au
XV°, le ‘bon comte Jean’ reçoit de son père Louis, l’apanage de l’Angoumois
et de Cognac. Il restaure le château, reconstitue les vignobles alentour et
épouse Marguerite de Rohan qui lui un fils, Charles. Celui-ci, marié à
Louise de Savoie, donne naissance à Marguerite (1492) et à François I°, né
à cognac en 1494. A la fin de son règne, François I°, qui est souvent venu
à cognac, déchaînent l’orage à cause du sel (la gabelle) et de la
querelle religieuse. Son successeur, Henri II, hérite de ces maux. En 1548,
lors de la grande révolte des
Pitaux contre les ‘gabelous’, cognac est pillée par les insurgés.
En
1565, Charles IX et sa mère viennent s’assurer des loyaux services des
gentilshommes locaux. Mais 1568 Condé, le chef des Réformés prend cognac.
Le 13 Mars 1569, il sort de la ville pour aller au devant de sa mort à
Bassac-Triac. Cognac passe aux catholiques et en 1587, Catherine de Médicis y
séjourne après les échecs de l’entrevue avec Henri de Navarre à St
Brice. La fronde amène sous les murs de la ville l’armée de Condé (arrière
petit fils du précédent) qui tente de s’en emparer (1561). Mais la paix
s’installe, propice aux affaires de la société Augier Frères, pionniers
du commerce de l’eau de vie (1643).
Se promener
- Porte St-Jacques et rue Grande
Avec ses deux tours rondes à mâchicoulis, la porte St-Jacques (15e s.) permettait de surveiller un pont
disparu. Elle donne accès à la rue Grande. À l'entrée de cette rue, à gauche, remarquez une fontaine
Renaissance.
- La Rue de l'Isle-d'Or
Hôtels du 17" s. avec de belles façades restaurées.
- La Rue Saulnîer
La rue Saulnier, Renaissance, contraste avec la rue Grande. Son nom rappelle une des activités
traditionnelles de Cognac, le commerce du sel. Très large pour l'époque, elle a gardé ses vieux pavés disjoints et ses
hôtels des 16e et 17" s. À son extrémité, maison Renaissance avec boutique.
- La Rue du Palais, la rue Henri-Germain, la rue Magdeleine et sa maison de la Salamandre sont également à parcourir.
- Église St-Léger
Monument du 12e s. profondément remanié. La partie la plus intéressante en est la façade romane percée au
15e s, d'une grande rosace flamboyante. Au portail, détaillez l'archivolte ornée de sculptures représentant
les Travaux des mois et les signes du zodiaque. L'intérieur révèle une vaste nef dont les murs sont du
12e s, À droite du portail l'« espace prieural », un cloître du 18e s,, donne accès à une bibliothèque.
- Le Couvent des Récollets
Restauré, il abrite des salles d'exposition et sièges d'associations. Admirez la jolie salle voûtée d'ogives et le puits
couvert bâti au milieu du cloître.
- Parc François-l°
Bordé à l'Ouest par la Charente, c'est l'ancien parc du château que prolonge un bois. Louise de Savoie
l'appelait son 'dedalus' (labyrinthe) tant il était profond et touffus. Planté principalement en chênes et chênes verts,
il se développe dans l'axe du château. Il a particulièrement souffert
de la tempête de Décembre 1999 et de gros travaux de replantation sont en
cours avec l'achèvement de la première phase.
A
Découvrir :
LE COGNAC PAR LES CHAIS
Ils sont repartis sur les quais, près du port et dans les faubourgs.
- Camus : La visite de cette maison de négoce du cognac, fondée en 1863, permet de se familiariser avec l'histoire du
cognac, sa distillation, son vieillissement et son assemblage. On entre ensuite dans la tonnellerie et dans les
chais avant d'assister à l'embouteillage.
- Hennessy : Après douze ans de service dans la brigade irlandaise des régiments de Louis XV, le capitaine Richard
Hennessy, lassé de la vie des camps, découvre la Charente en 1760, et s'installe à Cognac. Conquis par l'élixir, il en expédie
quelques fûts à ses proches restés en Irlande. En 1765, il fonde une société de négoce qui connaîtra une grande
prospérité. Ce sont ses descendants qui dirigent la maison.
Les quais Heimessy - Les chais de cette maison s'étendent de part et d'autre de la Charente que l'on traverse
en bateau. Appuyés par des scénographies [sons, odeurs), les chais dévoilent les étapes nécessaires à l'élaboration du cognac : double distillation, fabrication des fûts de chêne, vieillissement et assemblage des eaux-de-vie. Un film et la visite d'exposition précèdent la dégustation du cognac.
- Martell : Voici la plus ancienne des grandes maisons de cognac. Jean Martell, natif de l'île de Jersey, s'installa dans le
pays en 1715. On visite la chaîne d'embouteillage, presque entièrement automatisée, puis des chais de
stockage et de vieillissement où le cognac se bonifie pendant 6 à 8 ans en fûts de chêne. On utilise ce bois pour
son léger tanin qui donnera au cognac sa couleur, et ses fibres serrées qui limitent l'évaporation de l'alcool. Dans
la maison du fondateur, trois pièces récemment restaurées restituent l'atmosphère de vie et de travail d'un
entrepreneur du début du 18e s. Avant de rejoindre le hall pour une dégustation, vous êtes invités à jeter un
coup d'oeil aux chais les plus prestigieux : le « purgatoire » et le « paradis » où séjournent des eaux-de-vie
parfois plus que centenaires.
- Prince Hubert de Polignac : Société coopérative regroupant divers viticulteurs charentais, fondée en 1949. Visite des installations au
pavillon du Laubaret.
- Rémy Martin : Cette entreprise fondée en 1724 élabore exclusivement ses cognacs à partir des deux premiers crus de la région.
la Grande et la Petite Champagne. La visite s'effectue à bord d'un train. On traverse la tonnellerie, puis une
parcelle de vigne et des chais de vieillissement.
A Visiter
- Ancien château : Cet édifice des 15e et 16e s. évoque le souvenir des Valois et de François Ier qui y naquit- Devenu, sous Louis XVI,
propriété du comte d'Artois (le futur Charles X), il fut mis sous séquestre à la Révolution.
- Chais Otard : Allez découvrir la salle au Casque où Richard Coeur de Lion maria son fils Philippe avec Amélie de Cognac.
Cette salle conserve une magnifique cheminée surmontée d'un casque, construite par Jean le Bon ; dans
un angle, vestiges du château féodal des Lusignan, du 13° s. De grandes pièces voûtées d'ogives, dont la salle
des Gardes, sont à voir. Le parcours se termine par les chais.
- Musée de Cognac : Il est installé dans l'hôtel Dupuy d'Angeac, situé dans le
parc de l'hôtel de ville.
Rez-de-chaussée (Arts et Traditions populaires) - Histoire et civilisation du pays de Cognac des origines à
nos jours : estampes, cartes, plans, photographies ; céramiques : faïences de Cognac, d'Angoulême, de La
Rochelle ; fossiles (coquillages) trouvés dans la région à l'ère secondaire ; archéologie : préhistoire (pirogue
monoxyle néolithique et céramique), époque gallo-romaine (poterie, statuettes, bracelets).
Sous-sol (Galerie ethnologique du cognac) - Rétrospective historique illustrée sur le cognac. Six salles font
revivre, à l'aide d'outils et de machines : la culture de la vigne et les travaux du vin, la distillation, le négoce des
eaux-de-vie et du pineau charentais, l'artisanat, la tonnellerie, la bourrellerie. Une salle est consacrée à
l'agriculture traditionnelle.
Premier étage (Beaux-Arts) - Peintures, sculptures, meubles et objets d'art français et étrangers du 15e au
19° s. Sur le palier, intéressantes pièces en pâte de verre (Art nouveau) d'Emile Galle Cl 846-1904). Les collections
de peintures anciennes proviennent de pays clients du cognac. Regardez deux oeuvres de l'école anversoise du
16e s- : Loth et ses filles par Jan Massys, Adam et Eve par Frans Floris. Une salle rassemble quelques tableaux d'art
contemporain.