Exclusion, ordre moral, précarité, ségrégations, Sida, crise urbaine, toxicomanies... Des émeutes éclatent, des combats mobilisent, en particulier la jeunesse. L’hétérogénéité des problèmes n’est qu’apparente.
Aujourd’hui, nos conflits sociaux les plus importants se jouent bien sûr sur le front de la précarisation. Ce sont non seulement les "exclus" et les jeunes exclus qui sont exposés (500 000 moins de 25 ans sans Sécu), mais également l'ensemble des salariés, menacé de perdre son travail et subissant déjà baisse du pouvoir d'achat et de la qualité de la vie. Dans la jeunesse il devient même impossible de dresser des frontières entre jeunes exclus, jeunes salariés précaires, étudiants-rmistes, jeunes diplômés, jeunes embauchés à des emplois sous-qualifiés après des années de galère.
Derrière tous ces destins hétéroclites, résultats dramatiques du néolibéralisme, derrière la question sociale, il y a une nouvelle question culturelle au sens large du terme : l’identité, le droit - et donc les moyens - pour les individus de devenir des citoyens, de devenir des acteurs de leur propre existence, y compris dans l'entreprise, l'école ou la famille, de ne pas être méprisés ou ignorés, de penser par soi-même face aux médias de masse.
L’avenir se jouera non seulement sur la réduction du temps de travail et le partage des richesses, mais aussi sur celui de la culture et de la reconnaissance sociale, d'où l'importance nouvelle prise par la religion ou la non-religion, les origines culturelles et géographiques. Elle se jouera sur le droit au travail pour tous, mais aussi sur le refus des valeurs travail et argent comme mesure de la valeur des individus. Il s’agit donc à la fois de libérer et d’autogérer le travail, mais aussi de se libérer du travail.
"Autogestion", "nouvelle citoyenneté", "prendre en main ses affaires", les expressions d'hier reprennent d'autant plus de sens que les réponses des acteurs politiques à ces enjeux sont pour l’instant au mieux inexistantes, au pire dangereuses.
Chirac et la "fracture sociale". Le Pen et "l’identité française". Les réponses apportées par la droite, au delà de l’hypocrisie, sont celles de l’égoïsme, de l’inégalité, voire du totalitarisme. D'elle, nous n'attendions rien.
En face, la gauche classique a été totalement incapable de trouver des solutions autres qu'économistes quand elle ne s'est pas purement et simplement alignée sur la politique de la droite. De plus, ses racines semblent l’empêcher de penser la complexité nouvelle. Elle continue à nier les identités particulières, religieuses, culturelles, sexuelles, physiques1, inquiète de voir la France basculer vers le multiculturalisme des ghettos. Elle ne sait pas répondre à ces mobilisations, déçoit, écoeure, révolte.
Profitant de cet espace, une ligue fascisante s'installe en douceur dans notre paysage politique, sans cesser un seul instant de proférer des insultes xénophobes et d'inciter à la haine raciale. Front national : le mensonge érigé en stratégie politique, l'amalgame comme méthode, la désespérance sociale comme terreau de prédilection. Et quand ce n'est pas suffisant, les colleurs d'affiches finissent le sale boulot. Front National : la tête pleine de merde, les mains rouges de sang.
Réconcilier la société, et les jeunes en particulier, avec la politique est un des enjeux des prochaines années, une urgente nécessité. Aujourd'hui, quelle est la réalité de la politique ? Les dirigeants sont des professionnels coupés des réalités sociales. Les réseaux dans le mouvement social sont trop souvent instrumentalisés au service des luttes internes aux partis. La volonté de toujours séduire le plus grand nombre oblige à une prudence qui est devenue couardise. Les allers et retours entre l’opposition et le pouvoir amènent les militants comme les responsables à des changements de discours permanents. Sans oublier la corruption qui ne s'arrête pas aux affaires qui "sortent".
Les écologistes et alternatifs, qui ont pu incarner un espoir de renouveau et qui doivent encore le porter, adoptent, dans une moindre mesure, de plus en plus les mêmes travers. Interrogeons-nous sur la professionnalisation des cadres dans les mouvements écologistes et alternatifs, sur les choix d’engager des publicitaires pour les diverses élections, sur l’agressivité qui anime les débats.
Face à un mouvement social qui a été trop déçu par les méthodes des "responsables" politiques, il nous faut remettre au goût du jour la "politique autrement", ouvrir de nouvelles voies pour une démocratie vécue. Les jeunes ne cautionnent plus les politiciens, cela laisse de la place pour la politique.
Malgré le sommet de Rio, le développement soutenable ne bénéficie d'aucun programme d'envergure : effet de serre, dégradation de la couche d'ozone, recul de la forêt tropicale, érosion des sols, pollution de l'air... La loi du marché, propagée par l'OMC, le FMI et la Banque mondiale, exerce ses ravages à l'échelle planétaire. Le productivisme, sous sa forme libérale, comme sous sa forme dite collectiviste, pille les ressources, génère déchets et pollutions, détruit les êtres humains et leurs cultures.
On en a marre de l’air des villes qui fait tousser, de l’eau qui pue et qui nous empoisonne petit à petit, des forêt qui, parce qu’on veut les "gérer", deviennent de plus en plus moches et uniformes, des côtes qui se couvrent de béton, des espaces naturels qui disparaissent avec leurs animaux, leurs plantes et un peu de nous, des chasseurs à la tourterelle du Médoc, des déchets qui s’entassent et qui nous encrassent. On n’en veut plus de cette trouille de vivre un lendemain... invivable.
En France, au-delà des coups de peinture verte sur le vocabulaire et des ralliements de personnalités plus médiatiques qu'écologistes, les grands partis n'ont en rien abandonné leur religion de la croissance et du profit à tous prix. Au pouvoir, ils détruisent la vallée d'Aspe, construisent un canal à grand gabarit pour relier le Rhin au Rhône, continuent dans la folie nucléaire, automobile, etc.
Le développement harmonieux et démocratique du Sud est un droit imprescriptible. Si nous ne savons pas, au Nord, modifier nos modes de vie, gros consommateurs de matières premières, ce développement entraînera une catastrophe naturelle de grande ampleur.
M'enfin, il y a quand même... Les mouvements sociaux de décembre et le renouveau de l'auto-stop ; le nouveau syndicalisme - Sud, FSU, Confédération Paysanne... - et son désir de transparence et de combativité ; les mouvements associatifs - DAL, Droits Devants, AC! - qui réinventent l’action politique ; le Tiers-Monde avec les sourires du peuple tibétain et du sous-commandant Marcos ; la résistance non-violente et décidée du peuple du Kosovo ; la fin de l'apartheid ; le mouvement des sans-terre au Brésil ; la naissance d'un Etat palestinien ; le renouveau de mouvements régionalistes ouverts ; le retour du féminisme ; la mutation du mouvement Hip-Hop ; Charlie-Hebdo ; l’écho reçu par le Monde Diplomatique ; les Guignols de l'info ; l'auto-organisation des usagers de drogues ; le succès grandissant de la Lesbian and Gay Pride ; le retour des tramways et des vélos dans nos rues ; les quartiers multicolores ; la grève de la faim des jeunes paysans de Trémargat (Centre Bretagne) pour réclamer le droit à produire sans polluer ; la folie d'Eric Pétetin contre les bétonneurs de la vallée d'Aspe... Du soleil à l'occasion et les sourires de ceux qu'on aime.
Pour tout ça, pour eux et pour nous, nous voulons essayer le "coup" du printemps éternel, parce que lorsqu'on aime, lorsqu'on bouge, on a toujours vingt ans.
D'où sommes-nous ? Pas de droite, c'est une chose incontournable. Mais pour autant, sommes-nous de gauche, ou d'autre chose ?
Nous nous reconnaissons dans des valeurs historiques de "la gauche" : l'anticolonialisme, le désarmement, la démocratie, l’autogestion. Nous vibrons au souvenir de Spartacus, de Babeuf, de Louise Michel, de Jaurès, de la commune de Paris ou de l'Espagne de 36. La gauche, le mouvement ouvrier, progressiste est notre héritage. Mais si certains d'entre nous rêvent de refonder la gauche, c'est parce que nous avons à redire sur ses fondations : la gauche telle qu'elle a majoritairement existé du point de vue militant et électoral sous sa forme "radical-socialiste-communiste-nostalgiques du grand soir" mettait derrière le terme "progressisme" le triptyque "progrès technique-progrès du pouvoir d'achat-progrès de l'état". Nous refusons l'étatisme, le jacobinisme, l'avant-gardisme, le productivisme, le consumérisme qui en sont les corollaires. Ce sont des pans entiers de la pensée majoritaire à gauche que nous remettons en cause comme l'ont fait avant nous, au sein de la gauche, les partisans du socialisme utopiste, les libertaires, les situationnistes, la gauche autogestionnaire.
Le virage du PS dans les années 80 ne peut pas pour autant nous réjouir : l'exécution d'Eloi Machoro en Nouvelle Calédonie, l'attentat contre le Rainbow Warrior, la guerre du Golfe, la politique africaine de la France, le ralliement au libéralisme, la politique du tout nucléaire, le nouveau culte de l'entreprise, les coups répétés contre les immigrés ont marqué purement et simplement le ralliement du PS aux idées et pratiques de la droite.
Aujourd'hui, nous cherchons nos mots. Certains d'entre nous se disent clairement "de gauche", d'une gauche qui aura su profondément se renouveler, dans la fidélité à ses valeurs historiques. Ils parlent de gauche alternative, gauche critique, nouvelle gauche, gauche de la gauche. D'autres pensent que notre remise en cause de la gauche est si profonde, qu'il ne serait ni honnête, ni clair de se revendiquer de ce vocabulaire. Ils préfèrent le nouveau vocable d'écologie même si l'écologie a également ses errements insupportables : "écologie" profonde, "verts" bruns, "écologie" girouette, sans oublier ses récupérations mercantiles, qui ont toutes en commun leur caractère antisocial.
La gauche alternative et l'écologie ont ces débats depuis vingt ans et les auront encore sans doute pendant vingt ans. Parce que nous n'utilisons pas exactement les mêmes mots, allons-nous pour autant nous séparer ? Nous refusons de nous arrêter à cela et préférons travailler ensemble à un monde réellement nouveau.
Si les idées écologistes et alternatives nous semblent apporter des réponses originales à la crise que traverse notre monde, c'est qu'elles ont su entendre les messages nouveaux de mai 68 et de la contre-culture des années 70 : une remise en cause culturelle est aussi importante que la révolution économique.
Notre critique du modèle d’intégration français destructeur des identités minorisées et régionales, combinée à notre sensibilité mondialiste, nous ont amené à rechercher la synthèse du particulier et du global. Notre critique de la France centralisée et de la loi de la jungle internationale nous fait chercher un fédéralisme qui réunit citoyenneté locale et citoyenneté planétaire. Notre critique du scientisme et de l'instrumentalisation de la science à des fins de domination nous amène à rechercher une science et des technologies conscientes, au service de la vie, appropriables et contrôlables par tous. Notre critique d'un monde où la première des exploitations de l'Homme par l'Homme est celle de la femme par l'homme, où cette moitié de l'humanité, qui fournit les deux tiers du travail, reçoit un dixième du revenu mondial, et possède moins d’un centième des biens matériels (source ONU). Notre critique d'un monde où l'égalité des sexes n'existe pas, nous fait considérer que le combat pour l'égalité femme-homme est l'un des plus radicaux que nous avons à mener. Car, au-delà d'un intangible principe d'égalité, le renoncement à l'appropriation d'un sexe par l'autre est inséparable des combats contre le capitalisme, les violences, la guerre, le racisme.
La décomposition des modèles dominants a amené la crise d'identité actuelle ; la critique de tout les modèles dominants a donné l’Écologie et la Gauche alternative. Notre critique radicale du monde, nous fait promouvoir des pratiques et perspectives nouvelles.
La première est la responsabilité : responsabilité vis-à-vis des générations futures de leur léguer la seule planète que nous ayons, encore plus riche de beautés et de diversités. La seconde est l'autonomie ou l'autogestion, c'est à dire la reconquête, par les individus et les collectivités humaines, de la maîtrise de leurs activités de production, de leur vie quotidienne et des décisions publiques. La troisième est la solidarité, c'est à dire l'exigence de faire en sorte que chacun (au nord, au sud ; riche ou pauvre ; dans cette génération, la précédente ou la suivante), malgré ses handicaps ou ses erreurs, soit toujours remis en situation de reprendre ses affaires en main, de vivre décemment et d'affirmer son autonomie. Enfin, nous sommes persuadés que l'avènement d'une société fidèle à ces valeurs ne pourra suivre d'autres chemins que ceux de la démocratie et de la non-violence. Tout cela dresse pour nous les contours d'une nouvelle utopie, qui remette au centre du monde l'humain, d'autant plus humain qu'il se respecte lui-même, respecte les autres, la planète et les autres espèces.
Les anciens systèmes de l'Est pour affirmer une certaine égalité (à défaut de liberté), le capitalisme pour imposer le plus largement possible la société de consommation ont amené l'uniformisation des comportements et des modes de vie. Mais à l'heure où la mondialisation, sous couvert du libéralisme, oublie quelque peu le concept de finitude de la planète, nous devons affirmer notre identité anti-productiviste.
Paraître devient le premier objectif de cette société exacerbant jalousie, haine et violence. Ce paraître est glorifié par le dieu Publicité. L'importance accordée au téléphone sans fil, au four à micro-ondes ou à l’automobile est inversement proportionnelle à l'importance que l'on attache aux idées, aux personnes. Chiche! s'attachera donc à considérer l'individu en tant que citoyen-ne et non en tant que consommateur-trice.
Nous choisissons le mondialisme contre la mondialisation. Comment peut-on, en effet, accepter des frontières arbitrairement dessinées et modifiées au son des canons, celles-ci restreignant en plus la libre circulation des individus alors que les capitaux n'ont pas de passeport ? Les frontières glorifient un sentiment national provoquant haine, guerre et racisme. Pour nous, il n'y a rien sur cette terre au dessus de l'être humain, ni nation, ni "ethnie", ni raison d'État. Nous refusons la nationalité au mérite, et revendiquons l'égalité des droits, quelles que soient notre origine ou notre nationalité. Une des richesses de ce pays, c'est le mélange de différentes origines et de régionalités, garantes d'une certaine diversité de pensée, de vies, de références.
Nous ne pensons pas que le principal se décide dans le champ électoral. Nous avons le souvenir du Parti Socialiste et de sa majorité absolue en 1981 à l'Assemblée Nationale. Nous nous souvenons que cela n'a pas suffit à "changer la vie" et qu'au contraire, il a mené pendant de nombreuses années une politique de droite. Le changement réel pour une alternative et non une simple alternance se construit grâce à un rapport de force dans la société, une société éveillée qui oblige les réformistes à faire des réformes.
Cela nécessite tout d’abord le développement de mouvements sociaux. Leur force est ell- même déterminée par leur capacité à s’auto-organiser ; les luttes peuvent en effet préfigurer une alternative de société en valorisant des pratiques fondées sur d’autres critères que sur la loi du profit et la parole des "experts" ; elles peuvent permettre aussi de transformer les revendications en droits nouveaux.
Dans le champ politique, en tant que mouvement de jeunes, débarrassés de la course au pouvoir, consacrons-nous à cette "révolution lente" qui nous semble plus utile : être un aiguillon contestataire aux partis de référence et à la gauche gestionnaire, faire éclater les problèmes, chercher des réponses neuves, faire naître, à la base, sur le terrain, partout, des débats, des contre-pouvoir, des solidarités et une démocratie locale non seulement capables d'interpeller, de déranger et de faire plier les pouvoirs mais aussi de faire vivre dès maintenant la société dont nous rêvons.
Empêcher une expulsion, faire tomber une loi, en proposer une autre, faire naître une école alternative, un comité de quartier, des potagers collectifs, des cours d’entraide scolaire, des repas de quartier, créer une coop bio, monter un journal ou un groupe de rock dans son village, c'est tisser les premières mailles de l’utopie écologiste et alternative, l’amorce de ce que les Fabulous Trobadors appellent "la Grande révolution des quartiers du monde". Cette présence sur le terrain est aussi une manière d’être nous-mêmes les médias de notre action. Donnons des exemples plutôt que des leçons.
Le changement réel pour une alternative et non une simple alternance se construit également en faisant de la politique autrement. Pour les héritiers de la pensée écologiste et de la gauche alternative, il n'y a pas de différence entre les moyens et la fin. Les écologistes disent même que "la fin est dans les moyens comme l'arbre est dans la graine". Cette "logique de l'outil" expliquée par Ivan Illich ou André Gorz est l'un des principes qui, avec le refus du productivisme, a fait la différence avec la gauche classique. D'où la critique des technologies comme le nucléaire, au-delà des aspects environnementaux. D'où notre choix de la non-violence, y compris dans notre action pour changer la société.
En politique, cela se traduit par l'idée de la "politique autrement". La conversion du Parti Socialiste au début des années 80 montre la force de la machine sur les intentions. En ayant la même pratique de la politique et du pouvoir, comment les écologistes pourraient-ils faire autre chose ? Si aujourd'hui un coup de baguette magique les propulsait au gouvernement, ils deviendraient sans doute pires que ceux qu'ils prétendent remplacer. C'est pourquoi, plus que jamais, les écologistes et les alternatifs, doivent refuser la professionnalisation, préconiser et appliquer en leur sein la parité homme-femme, la démocratie directe par des référendums d'initiatives citoyens, des comités de quartier, se battre pour réduire le poids des lobbies, etc.
En pratique cela nécessite d’articuler à la fois lutte quotidienne et luttes de long terme, de promouvoir les formes de vie alternatives préfigurant la société que nous voulons.
Cette exigence doit être la nôtre.
Comme jeunes de mouvements pouvant potentiellement arriver au pouvoir,
nous devons vivre pleinement la politique autrement, pour en être
des mauvaises consciences vivantes. Comme membres d'une génération
qui est sans doute celle qui a pris le plus de distance avec la pratique
classique du militantisme politique, nous devons concilier des exigences
aussi justes que contradictoires : que chacun puisse s'investir suivant
le temps dont il dispose ou qu'il décide de mettre à disposition,
que chacun puisse faire de la politique tout en se faisant plaisir, que
chacun puisse décider la direction de l'action collective sans forcément
passer ses nuits en réunion. Bref, pour paraphraser un slogan aimé
: "de chacun selon ses envies, à chacun selon ses désirs".
Les naïfs, les comiques, les cinglés font plus bouger les choses que ceux qui jouent le jeu du système. Les écologistes, les alternatifs, pour cela, auraient bien tort de troquer leurs utopies et fantaisies pour une culture experte ou gestionnaire. Toute notre communication doit être animée par l’ambition de promouvoir les valeurs fondatrices, dans le respect de toutes les formes de communication, qu’elles soient humoristiques, provocatrices, contestataires, sensibilisatrices, participatives, etc., qu’elles soient radicales ou modérées dans l’expression.
Les congés payés, les
40 heures, l'abolition de l'esclavage, de la peine de mort, le suffrage
universel, dont le droit de vote des femmes. Etaient des utopies. Les utopies
d'aujourd'hui sont le raisonnable de demain.
Causer, c'est bien, mais il faudrait se mettre au boulot. Nous dressons donc une liste des chantiers que nous décidons de mettre en oeuvre en priorité : la lutte contre l'extrême-droite, l'égalité urbaine et celle entre les gens des villes et des campagnes, un développement respectueux de la planète et de ses habitants, la lutte contre le consumérisme, une Europe sociale et écologique, l'égalité femmes-hommes, les 32 heures ou moins pour le droit à l'emploi et à la paresse, le droit de vote aux immigrés, la légalisation et la médicalisation des drogues, le droit à un revenu et à un logement décents pour tous, l'accès à la formation et à la culture, l'achèvement de la séparation de l'Eglise et de l'État, le droit à disposer de son corps, la reconnaissance des cultures minoritaires, le droit à l’autodétermination des peuples, la dissolution de l’armée française en prélude à celles du monde entier... et le reste, et même plus.