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BIBLIOGRAPHIE "Alsace":

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L'Alsace, carrefour de l'Europe ouvert sur le Monde

ADOLF P., Dictionnaire : l'anglais par l'alsacien, université populaire d'Obernai, éd. Le Verger 1997. Wo e Wille isch, isch e Waj/Wëj !  Where there's a will, there's a way !  Saviez vous que l'anglais a conservé de vieux mots qui n'existent plus en allemand standard... mais qu'on retrouve en alsacien ? Devinez donc le mot alsacien qui se cache derrière le verbe anglais jump et le mot anglais, étrange partenaire de notre "Dürlibs" ! Il est vrai que les dialectes germaniques, dont l'alsacien et l'anglo-saxon, ont peu à peu suivi des chemins différents... mais beaucoup de similitudes ont survécu au grand changement de 1066 ! On aurait donc tort de ne pas tirer parti de ressources dialectales pour apprendre l'anglais fondamental... Il s'agit en somme de tout un programme ! Outre une méthode de prononciation, l'ouvrage répertorie plus de mille mots alsaciens et anglais de même origine, illustrés par : des centaines d'exemples concordant partiellement ou totalement dans les deux idiomes, des expressions courantes et tours idiomatiques, des proverbes savoureux, des anglicismes en alsacien, des notes étymologiques et grammaticales, des éléments de comparaison et d'intérêt historique. Né à Strasbourg en 1931, Alsacien de vieille souche, plurilingue (alsacien, allemand, anglais), Paul Adolf est un ancien professeur d'anglais. Diplômé d'études supérieures, Docteur ès lettres, fervent adepte du plurilinguisme en Alsace, il a créé, dès 1966, à l'intention des adultes mais aussi des jeunes désireux de parfaire leurs connaissances, la première Université populaire des villes moyennes du Bas-Rhin à Obernai avec plusieurs antennes dans le département. Il est Vice-président de la Fédération des UP d'Alsace. Depuis la création de l'UPO, celle-ci a compté quelques milliers de personnes. L'auteur y a dispensé les premiers cours d'anglais en tirant - entre autres - parti des ressources dialectales. Dès les évènements de mai 1968 revalorisant le régionalisme, il s'est mis à donner d'originaux cours de dialecte alsacien pour contribuer à la nécessaire sauvegarde du riche patrimoine linguistique régional si important - comme le prouve cet ouvrage - dans l'apprentissage de l'anglais et de l'allemand ! Depuis longtemps, les contacts des Alsaciens avec les milieux anglophones en Alsace et dans le monde ont convaincu Paul Adolf de l'utilité voire de la nécessité, d'un dictionnaire comparatif alsacien-anglais. Il fallait aussi songer aux Alsaciens, souvent loin de leur terre natale, et soucieux de ne pas perdre leurs racines ancestrales et linguistiques. Rompu aux méthodes de la linguistique contrastive et tirant parti de ses connaissances dialectales (mots, expressions, proverbes, etc...) et de ses enquêtes dialectologiques, il avait déjà consacré deux thèses à une comparaison de l'alsacien et de l'anglais (phonétique, phonologie et lexique) qui ont enfin abouti, après des années de recherche dans cette entreprise lexicographique de longue haleine, et après un premier lexique consacré au substantif alsacien et anglais, à ce nouveau et inédit dictionnaire comparatif, inventaire de la plupart des étymologies et des richesses lexicales communes aux parlers alsaciens et à l'anglais.

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  souvenirs de mon jardin (photos C.H. 1998)

BRAEUNER G., PFEFFEL l'Européen, Esprit français et culture allemande en Alsace au siècle des lumières, éd. La Nuée bleue 1994. Aujourd'hui injustement oublié, le Colmarien Théophile Conrad Pfeffel (1736-1809) a été le plus grand écrivain alsacien du 18° siècle mais son rayonnement a dépassé le cadre régional. Celui que l'on a appelé le "La Fontaine alsacien" a été l'un des plus grands fabulistes de langue allemande, l'inventeur de la fable politique. Médiateur entre les cultures française et allemande, Pfeffel, à travers son activité de traducteur, a fait connaître le répertoire du théâtre français en Allemagne et, inversement, a contribué à la diffusion d'auteurs allemands en France. Par ailleurs, ce pédagogue talentueux a créé à Colmar une école européenne, l'Académie militaire, dont l'enseignement se nourrissait des principes éducatifs de Rousseau, Pestalozzi et Basedow. Pendant 20 ans, de grands noms du monde politique, universitaire, littéraire et artistique ont fait le voyage de Colmar pour y rencontrer Pfeffel. Sa stature morale, son inlassable curiosité intellectuelle, son impressionnant réseau d'amis et de correspondants, ses milliers de lettres ont contribué, malgré son infirmité -  il était aveugle depuis l'âge de 20 ans - à asseoir sa réputation en Europe. Gabriel Braeuner nous fait découvrir, dans cette biographie riche et alerte, un Alsacien hors du commun à une époque où un citoyen français pouvait être un intellectuel allemand.

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 souvenirs de mon jardin (photos C.H. 1998) 

BRANT Sébastien, La Nef des Fous, adaptation française par Madeleine Horst, éd. La Nuée Bleue 1992. C'est en février 1494, durant le Carnaval -  la saison des fous -  que parut à Bâle Das Narren schyff du Strasbourgeois Sébastien Brant. Le succès fut foudroyant et durable. Jamais, depuis l'invention de l'imprimerie, un livre en langue allemande n'avait connu pareil succès. Brant, dominé par l'idée que les malheurs des hommes résultent de leurs péchés, entreprend de leur montre la laideur de leurs vices ou folies et présentent une galerie de portrait de fous où chacun pourra se reconnaître. Rien n'échappe à sa rigueur impitoyable :  l'orgueil, la fraude, le blasphème, l'usure, les sérénades nocturnes... Derrière le moraliste âpre et sans concession, pointe un observateur fin, souvent truculent. Cette attention aux hommes et à la vie - magnifiée par la superbe série de gravures sur bois, à laquelle Dürer, jeune, aurait travaillé - confère à la Nef des fous une vigueur et une modernité sans ride.

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souvenirs de mon jardin (photos C.H. 1998)

CANETTI Elias, Die Stimmen von Marrakech, édition bilingue Les Langues Modernes 1992. Ruelles silencieuses, jardins de rêves, marchés aux chameaux, quartier des épices, des cordiers ou des maroquiniers, images et sensations revécues par la magie de la mémoire restituent les "voix" de Marrakech, mais aussi ses couleurs et ses odeurs dans l'intimité de sa vie quotidienne.

CERVANTES, Don Quichotte, éd. Gallimard 1949. ...Là-dessus ils découvrirent trente ou quarante moulins à vent, et, dès que don Quichotte les vit, il dit à son écuyer : " La fortune conduit nos affaires mieux que nous eussions su désirer, car voilà, ami Sancho Pança, où se découvrent trente ou quelque peu plus de démesurés géants, avec lesquels je pense avoir combat et leur ôter la vie à tous. - Quels géants ? dit Sancho. - Ceux que tu vois là, répondit son maître, aux longs bras, et d'aucuns les ont quelques fois de deux lieues. - Regardez, monsieur, répondit Sancho, que ceux qui paraissent là ne sont pas des géants, mais des moulins à vent et ce qui semble les bras sont des ailes, lesquelles tournées par le vent, font mouvoir la pierre du moulin. - Il paraît bien, répondit don Quichotte, que tu n'es pas fort versé en ce qui est des aventures : ce sont des géants, et, si tu as peur, ôte-toi de là et te mets en oraison, tandis que je vais entrer avec eux en une furieuse et inégale bataille." Et, disant celà, il donna des éperons à son cheval Rossinante. 

CREMER D., Im Morgenrot singst du das neue Lied, Gedichte zu Glasmalereien von Marc Chagall, Matthias-Grünewald-Verlag, Mainz 1996.

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souvenirs de mon jardin (photos C.H. 1998)

DALGALIAN G., Enfances plurilingues, Témoignage pour une éducation bilingue et plurilingue, L'Harmattan, 2000.

DE TURENNE Henri, DUCHER François, Les Alsaciens ou les deux Mathilde, JC Lattès, arte éditions 1996. Voici, de la défaite de 1870 au procès des "Malgré nous", près d'un siècle de l'histoire de l'Alsace, à travers la chronique du village d'Alsheim et de ses habitants. Mathilde de la Tour n'a pas vingt ans lorsque son mari est tué au cour de la guerre franco-prussienne. L'Alsace devient allemande. Durant près d'un demi-siècle, envers et contre tout, recluse dans son château, Mathilde va incarner la fidélité à la France, qu'elle confond avec le souvenir de celui qu'elle a aimé. Toutefois, elle ne pourra pas empêcher son fils d'épouser une "Prussienne", la jeune Frederike, fille d'un général. Au village, d'autres familles - les Imhof, vignerons, les Laugel, aubergistes de père en fils - s'accommodent inégalement de la tutelle allemande. Mail il faut vivre. Mariages, naissances, deuils continuent de rythmer les années. La "revanche" de 1914-1918 ne lève pas les malentendus. Pas plus que Berlin, Paris ne comprend ces Alsaciens qui ont "le cœur français et l'accent boche". Lorsqu'en 1940 le rideau de fer tombe sur une alsace que Hitler a décidé de germaniser coûte que coûte, paraît la deuxième Mathilde, bouleversante héroïne de la résistance, qui incarne à son tour la liberté alsacienne. Mais son sacrifice - et et celui de milliers d'Alsaciens - suffira-t-il à délivrer ce peuple du poids de l'Histoire ? Brassant de multiples destinées, de l'aristocrate prussien Wismar au communiste Seligman, du baron kempf, l'industriel, à Rachel la juive berlinoise exilée, du résistant catholique Laugel à rené Imhof, collaborateur nazi, ce roman adapté de la grande série télévisée de Henri de Turenne, Michel Deutsch et Michel Favart nous fait revivre et comprendre la tragédie d'un peuple déchiré entre deux grandes nations. Tragédie qui ne trouvera son dénouement que dans une Europe enfin réconciliée. 

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DEYON P., Rencontres en Alsace, souvenirs d'un recteur, éd. saisons d'Alsace 1994. "J'avais en effet, dans l'intervalle, découvert avec émerveillement quelques- unes des meilleures universités américaines. Quel choc pour un universitaire français à la fin de la décennie 1960 de se retrouver sur un campus de la Nouvelle-Angleterre, du New Jersey ou de la Californie ! Tout, depuis le décor architectural, l'environnement paysager et forestier, la richesse des bibliothèques, les conditions matérielles de travail, l'état des locaux, des salles de cours et des bureaux, l'atmosphère d'émulation et de curiosité intellectuelles, le goût des débats et des confrontations, tout lui donnait le sentiment d'un privilège, d'une réussite de civilisation, et lui inspirait des comparaisons amères avec l'état de notre enseignement supérieur. Je fus également frappé par le caractère dialogué et permanent de la communication entre maîtres et étudiants, de l'esprit d'initiative, de responsabilité individuelle de ceux-ci, de la totale liberté pédagogique de chaque établissement. Sans méconnaître le caractère spécifique des institutions de chaque pays, sans ignorer la faiblesse redoutable de l'enseignement secondaire outre-Atlantique, je trouvais dans ce modèle universitaire des suggestions et des raisons supplémentaires de travailler à la modernisation de nos universités et de notre système éducatif. Je rentrais des États-Unis et d'un voyage au Japon quand, au lendemain des élections de 1981, on me proposa pour la seconde fois la direction d'une académie. Cette fois-ci j'acceptai, et j'eus la chance d'être nommé à Strasbourg !"  "L'allemand en quelque sorte promu "langue régionale de France", nous bousculions d'un coup bien des tabous et ouvrions d'imprévisibles et passionnantes perspectives.   Pierre Deyon

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souvenirs de mon jardin (photos C.H. 1998)

DREYFUS Lucien, Apprendre à être, "Lignes de vie", éd. Cêtre 1994. "... Il ne me paraît pas inutile de proposer à un lecteur dont je pourrais me flatter d'être l'aîné, quelques éléments d'une vie qui n'a pas été sans quelques grands combats : pour une industrie au service de l'homme; pour une culture dialectale, reflet d'une Alsace forte et joyeuse, moqueuse et tendre... Le combat pour la vie enfin, le plus essentiel, qui guide mes pas, d'une fondation médicale à une autre (...) Par-delà les modes et les péripéties, les évolutions et les révolutions, se maintiennent les grandes valeurs humaines... Il y aura toujours des hommes de bonne volonté, des chercheurs de l'impossible, des poètes inspirés, des médecins désintéressés et dévoués; je n'ai pas eu la chance d'être l'un ou l'autre. Mais les uns et les autres doivent savoir que ma pensée profonde à leur égard s'enracine dans cette phrase si belle de Virgile Rossel : " Comment ne serait-je pas avec vous, qui travaillez à réaliser ce qui fût  le rêve de toute ma vie ? "   Lucien Dreyfus

DÜRRENMATT Friedrich (1921-1990), Der Besuch der Alten Dame.

EGEN Jean, Le Hans du Florival, une enfance alsacienne, éd. Terres d'enfance 1984. Où se trouve le centre du monde ? Les opinions divergent. Les chrétiens le situent à Rome, les juifs à Jérusalem, les anguilles dans la mer des Sargasses... Jean Egen le place dans la vallée de Guebwiller où, s'il faut l'en croire, Dieu le père vient se recueillir avec le chœur des anges quand il lui prend envie de contempler sa création. Cela ne veut pas dire que l'auteur des "Tilleuls de Lautenbach" a passé son enfance parmi les séraphins. IL a eu pour compagnons de jeunes démons et de petites diablesses, pour éducateurs de fort joyeux tontons et pour protectrice une grand'mère Kugelhopf. Sans parler d'un ami cheval, de plusieurs copains chiens et d'autres créatures de tous poils qui revivent dans ce livre. Des cruautés de l'Histoire, les Alsaciens ont tiré une philosophie de la gaieté. C'est elle qui nourrit cette chronique du Florival où il est également démontré que le bonheur, comme l'a dit Jean Giono, se situe dans les petites vallées.

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Le Rhin de Schaffhouse à Rotterdam ( in Roland Recht, Le Rhin, Vingt siècles d'art au cœur de l'Europe éd. Gallimard)

ELCHINGER L.-A., l'âme de l'Alsace et son avenir, éd. la nuée bleue 1992.

EGLES René, Maikäfer fliej, mit Bilder vun Raymond Piela un CD, éditions EMA, Pfulgriesheim 1995.

ÉRASME (Rotterdam v.1469 - Bâle 1536), Éloge de la folie.

FAURE E., Découverte de l'Archipel, l'école des lettres, Le Seuil, Paris 1995.L'ÂME FRANÇAISE OU LA MESURE DE L'ESPACE  " ...La vanité et la crainte du ridicule sont les traits les plus saillants du caractère français. C'est étrange, à coup sûr, la vanité étant, neuf fois sur dix, la source du ridicule. Mais c'est ainsi. C'est ainsi parce que le Français surveille la vanité des autres, qu'il tourne en ridicule dès qu'il a pu la saisir. Mais non la sienne propre, que tourne en ridicule son voisin. Voilà ce que c'est que d'être le peuple de la terre aimant le plus la vie de société, la conversation et la mode. Chacun, ici, use son temps à observer ce qui se passe à l'extérieur d'autrui, non à l'intérieur de lui-même. Il n'est pas de pays où l'on voie de plus fines pailles dans l'œil de celui qui est de l'autre côté de la table, mais où la station la plus prolongée devant le miroir soit aussi impuissante à révéler de plus grosses poutres dans le sien. "On ne la fait pas" au Français, mais il croit aux miracles de Lourdes...   Si le portrait qu'en a fait César reste vrai, si le Français est une mixture amusante d'ostentation et de sociabilité, d'esprit d'hospitalité et de fanfaronnade, de curiosité et d'intempérance, de bravoure et de pusillanimité, de générosité et d'étourderie, de mobilité et d'éloquence, il est aussi - César n'avait pu s'en apercevoir encore, mais une longue histoire depuis a permis de le constater - il est aussi, grâce à ces éclairs innombrables qui brillent si fréquemment entre ses impulsions toutes issues d'un désir de plaire incapable de se contraindre, le plus apte de tous les peuples à porter sur lui-même un jugement objectif perspicace et doué d'une force singulière à mesurer ses élans. Oui, le peuple français est le peuple le plus intelligent de la terre. Voilà pourquoi sans doute, il ne réfléchit jamais... " 

L'ÂME ALLEMANDE OU L'ANNEXION DU TEMPS.  "....En somme, ce qui différencie l'Allemand du reste des Européens, du Français et du Méditerranéen surtout, et pour une part très grande de l'Anglais, c'est que sa pensée et son action sont effectivement fonction de la durée et non, comme ceux-là de l'espace. Grâce à l'effort incessant d'une énergie toute appliquée à se définir elle-même, elles contraignent ainsi l'espace à modifier constamment son visage, tandis qu'ailleurs la modification semble passive, et parfois nulle comme chez les Arabes par exemple, et, à un degré d'ailleurs moindre, chez les Espagnols. Certes, c'est une grande chose que cette emprise sur le temps, et qui suffit à sanctifier l'existence du peuple allemand, comme leurs définitions méthodiques ou passionnées de l'espace suffisent à sanctifier celles du peuple français ou italien. C'est une grande chose dont la communauté humaine est appelée à bénéficier à jamais, en la payant bien entendu des souffrances qu'elle conditionne nécessairement. L'âme de ce peuple est comme un chaos tournoyant qui cherche et cherchera, sans cesse, précisément pour en sortir, un devenir à ordonner. Que l'action y échoue parfois, grâce aux faux pas du dedans ou à la résistance du dehors, elle ne peut nous faire douter de sa nécessité auguste. D'autant moins que la musique, en y réussissant toujours, consacre la mission divine à quoi cette âme prétend." 

VERTU DE L'OCCIDENT   " ...Les familiers des paquebots qui vont au-devant de la mousson savent tous qu'après avoir débouché de la Mer Rouge, il n'y a plus sur le bateau ni Anglais, ni Français, ni Allemands, ni Hollandais, ni Italiens, ni Espagnols, mais uniquement des Européens. Si l'Europe elle-même s'en aperçoit, ce sera peut-être son salut, comme la France, l'Angleterre, l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie ont trouvé le leur dans la fusion des vieux domaines féodaux devenus provinces....Mais l'Europe actuelle serait inconcevable sans l'association la plus intime, aux profondeurs du subconscient, des vertus qui ont permis à la France et à l'Allemagne de l'affirmer dans la paix comme dans la guerre. L'architecture et la musique n'en marquent-elles pas les pôles depuis sept ou huit cents ans , L'une, mesure de l'espace, cartésienne avant la lettre, asseyant ses bases statiques sur le plan horizontal pour assurer son ascension et déterminant autour d'elle toutes les expressions de la pensée, non seulement l'abbaye et la cathédrale, non seulement le palais et l'hôtel, mais le jardin, l'alexandrin, les trois unités, le raisonnement antithétique de Pascal, le rempart de Vauban et la manœuvre de Turenne, la classification naturelle, le système métrique, l'étatisme formel de Louis 14 et de Napoléon. L'autre, fonction de la durée, hégélienne avant la lettre, montant d'un seul élan vers les cimes du devenir, éprouvant l'identité du rationnel et du réel dans l'accord de son évidence intérieure et de son langage mathématique, fécondant de proche en proche non seulement le chœur et l'orchestre, mais la pensée qui saisit l'action dans sa volonté de puissance, la chimie et la métallurgie qui fournissent à l'énergie humaine une nouvelle nourriture, les poèmes du pessimisme transcendant - Goethe, Schopenhauer, Nietzsche - qui restituent au fait de vivre sa joie et sa dignité, l'épopée panthéiste de la politique et de l'industrie qui dédaigne la forme arrêtée pour introniser le mouvement. J'imagine que la lutte séculaire qui a opposé sur tous les terrains les Germanos-Slaves et les Celto-Latins, n'a pas d'autres prétexte que ces deux tendances dont il serait aisé de trouver les origines d'une part dans la clémence climatique et la stabilité agricole qui assurent aux uns le sens rationaliste des proportions et de l'équilibre, et d'autre part dans les saisons brutales et l'étroitesse des mers libres qui relèguent les autres dans les intérieurs confortables et les métiers minutieux où les attendent le repliement sur eux-mêmes et le désir d'épancher sans interruption ni mesures autres que les cadences de l'instinct. Je ne doute pas que l'application à la guerre de ces deux armes spirituelles n'ait produit dans le passé, et même dans le présent, des rencontres harmoniques dont a profité l'Europe entière. Je ne doute pas non plus que leur utilisation pacifique, en vue d'une harmonie sans cesse recréée par une collaboration qui s'intégrerait vite à notre sentiment même, ne puisse enrichir encore l'âme européenne enfin conquise après tant de drames nécessaire à sa genèse. N'est-ce point un même cœur qui distribue aux deux ailes le sang qui permet à leurs muscles de les déployer ? Seule jusqu'ici dans l'Histoire - l'Histoire, mémoire des peuples, et c'est pour cela que l'Europe seule a une Histoire - l'Europe a su associer dans son activité morale le dynamisme lyrique qui précipite l'avenir au-devant de nos pas comme une réalité vivante, et le statisme rationnel qui définit ses principales conquêtes et les fixe dans la loi. Certains peuples ont dépassé le peuple européen dans l'exercice de l'une ou de l'autre de ces facultés capitales. L'Inde par exemple dans la première, la Chine après l'Égypte dans l'autre. Mais aucun, jusqu'ici, n'a su faire de leur réunion une unité créatrice, parce que aucun n'a eu la candeur métaphysique, comme le peuple européen, d'accepter de résoudre dans le drame même de l'être, et par lui, leur vivante contradiction qui ne prendra fin qu'avec le dernier homme. Les autres l'ont su, et ont trouvé leur agonie dans l'excès de leur sagesse. L'Europe commence à le savoir, c'est cela qui la désespère. Et c'est grâce à cela qu'elle cherche encore dans ses divisions intestines, à dégager des groupes politiques qui la constituent, des éléments exclusivistes l'un de l'autre dont l'inconsciente confrontation avait fait autrement sa force, même dans les guerres civiles qu'elle qualifiait de nationales. Cependant une dernière chance s'offre à elle, si don Quichotte et Sancho chevauchent de concert dans son cœur, en bons camarades. Elle peut, en stabilisant la Russie, servir de lien positif entre l'Amérique et l'Asie, dont la force n'est pas faite de la possession simultanée des deux éléments qui ont créé l'Europe, mais au contraire de l'ivresse avec laquelle elles vivent chacun d'eux, celui qui consiste essentiellement à agir et celui qui consiste essentiellement à penser."     Élie Faure 

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Le Rhin de Schaffhouse à Rotterdam ( in Roland Recht, Le Rhin, Vingt siècles d'art au cœur de l'Europe éd. Gallimard)

FRERE MEDARD, l'Alsace fidèle à elle-même ?, mémoires, regard sur deux siècles d'histoire d'Alsace, éd. nuée bleue 1988.

FRÖHLICH Andreas, La stimulation basale, édition Schweizerische Zentralstelle für Heilpädagogik (SZH)/Secrétariat suisse de pédagogie curative et spécialisée(SPC), Lucerne 1993. Andreas Fröhlich a étudié la pédagogie spécialisée à Mayence, les sciences sociales à Kaiserlautern et a obtenu en 1986 son doctorat en psychologie pédagogique spécialisé à Cologne. Il a exercé la fonction d'enseignant spécialisé pendant 15 ans. Les principes qu'il a développés pour la prise en charge des enfants polyhandicapés sont appliqués dans de nombreux pays. L'auteur s'intéresse tout particulièrement à la stimulation précoce du développement, aux troubles de la perception, au travail auprès des parents et à l'accompagnement des personnes polyhandicapées. Il est Professeur à l'école supérieure de pédagogie d'Heidelberg depuis 1989. Largement répandue dans les pays de langue allemande depuis 15 ans déjà, la stimulation basale offre d'importantes possibilités de stimulation et de prise en charge des enfants, adolescents et adultes polyhandicapés profonds. Cet ouvrage présente de manière exhaustive le concept et vient ainsi enfin combler une lacune dans les publications françaises. Cette traduction reprend la description de tous les domaines fondamentaux de la prise en charge des personnes polyhandicapées (possibilités de stimulation, difficultés particulières, indications méthodologiques et réflexions pédago-thérapeutiques de base). La stimulation basale est présentée comme un chemin permettant d'accompagner et de soutenir les personnes polyhandicapées dans leur développement.

GOETSCHY H., A Elefanta-G'schechtla, Eine Elefanten-Geschichte, Une histoire d'éléphant, Jérôme Do Bentzinger Editeur 1996. "A Cathy, qu'elle apprenne que la langue alsacienne et l'éléphant ont des sorts ressemblants; des hommes veulent les faire disparaître mais ils ne se laissent pas faire; toi tu feras en sorte qu'aucun des deux ne disparaisse. Du bist jung und hast deine Zukunft vor dir; so bist du auch durch dein Streben eine wichtige Person für unsere Zukunft. Ja dü besch a Steckla fer unsri Zuakunft z'gstalta; a Elefant un Elsassisch das sen zwei scheni Sacha; met ma Mtutzala; affections de l'auteur" dédicace d'Henri Goetschy à Catherine Huber lors de l'une de nos nombreuses réunions d'information des parents concernant le bilinguisme scolaire en Alsace.

GLUCKSMANN A., Le bien et le mal, Lettres immorales d'Allemagne et de France, éd. R.Laffont 1997. Tu es allemand, je suis français, ou vice versa. Trois siècles de rivalité, deux guerres mondiales, une atrocité inoubliable et - miracle ! - cinquante ans plus tard les ennemis héréditaires se jurent fidélité. Pour toujours ! promettent-t-ils par beau temps. Qui sait ? redoutent-ils à la moindre crise. Grande première : la paix sur le Rhin. Paradoxe suprême : les économies fusionnent, les passants s'ignorent. Étrange réconciliation : moins je te connais, plus je t'aime ? La guerre froide avait glacé le souvenir. Aujourd'hui, les questions agaçantes dégèlent. Arrogance française ? Ambitions germaniques ? Le passé est dépassé. L'avenir reste impensé, tant les opinions du Bien et du Mal varient selon qu'on loge à l'est ou à l'ouest du même fleuve. Qu'y a-t-il de commun entre un Allemand et un Français ? Méditation à double voix, ces lettres tentent la conversion d'une relation extérieure en expérience intérieure. Quand l'Européen dialogue avec lui-même, il ne parle pas seulement monnaie, il interpelle ses penseurs, ses poètes, l'histoire; il se demande : L'Europe a-t-elle encore une âme ? L'Europe est-elle de nouveau une idée ?    André Gucksmann

GUIZARD C., Trésor dialectal, éd. du Rhin 1989.

GUIZARD C., SPETH J., dialectionnaire, Elsässisches Wörterbuch vum dreifache Wortschatz, éd. du Rhin 1991. 

HAGEGE C., L'enfant aux deux langues, éd O. Jacob 1996. Les Français sont persuadés qu'ils sont peu doués pour les langues, alors que n'importe quel Français peut devenir bilingue pourvu que l'on consente à créer pour cela les conditions favorables. Ce livre ne s'adresse pas seulement aux spécialistes des langues ou aux linguistes versés dans d'autres domaines mais soucieux de s'informer sur celui-ci. Il s'adresse également aux parents et s'efforce de répondre à leurs interrogations. Quel est l'âge auquel il convient d'introduire l'enseignement d'une nouvelle langue ? Quelles sont les facultés intellectuelles dont le bilinguisme facilite le développement ?  Quelle est l'efficacité comparée de l'apprentissage des langues au début de la vie et durant la période adulte ? Quels sont les cas d'oubli d'une des langues, notamment de la langue maternelle ? En France, l'intérêt pour le bilinguisme est un phénomène récent. Il manque encore un vaste et réel projet d'ensemble. Il s'agit ici de fournir les clefs qui doivent donner accès à une école d'un type encore inconnu. Claude Hagège

HAGEGE C., Halte à la mort des langues, éd O. Jacob 2000. "Sait-on qu'en moyenne, il meurt environ 25 langues chaque année ? Il existe aujourd'hui dans le monde 5000 langues vivantes. Dans cent ans, si rien ne change, la moitié de ces langues seront mortes. A la fin du 21° siècle, il devrait donc en rester 2500 environ, et sans doute beaucoup moins encore si l'on tient compte d'une accélération, fort possible, du rythme de disparition. Certes, comme les civilisations, les langues sont mortelles, et le gouffre de l'histoire est assez grand pour toutes. Pourtant, la mort des langues a quelque chose de tout à fait insolite, et d'exaltant quand nous nous en avisons : les langues sont capables de résurrection ! Mais la vigilance s'impose, faute de quoi toutes sont menacées, y compris le français"   Claude Hagège 

HELL V., Nathan Katz, L'universalité d'un poète dialectal, éd. du Rhin 1992. En cette année du centenaire, puisque Nathan Katz est né le 24 décembre 1892, il était opportun de rappeler l'importance essentielle de son oeuvre poétique et de le libérer de l'image stéréotypée du poète régional qui écrit en dialecte. La double Haimet, celle de l'environnement et celle de l'âme, qui est le fil conducteur du dialogue spirituel de Katz, ne signifie ni enfermement territorial, ni attitude passéiste, bien au contraire. Constituée à contre-courant, à une époque où prédominaient les préjugés nationalistes et où sévissaient diverses formes d'intolérance, son oeuvre s'ouvre sue le vaste monde et sur le futur, elle anticipe les relations transfrontalières et, sans être tributaire d'une idéologie politique, devrait susciter en Alsace la prise de conscience des virtualités européennes qu'implique le devenir culturel de notre région.

HEUSS-KNAPP Elly, Souvenirs d'une Allemande de Strasbourg 1881-1934,  éd. Oberlin 1996.Traduction de Jean-Yves Mariotte, Archiviste de la ville de Strasbourg. 1934 : Dans l'Allemagne depuis peu livrés aux nazis, une femme se penche sur son passé récent. Elly Knapp est née en 1881 à Strasbourg d'un père allemand, professeur d'Université, et d'une mère georgienne et pianiste. Elle a fréquenté son milieu d'origine mais aussi l'intelligentsia alsacienne francophile, Elsa Koeberle et le Dr Bucher. Elle s'est tournée vers l'action sociale et éducative dans le sillage du maire Schwander et de Friedrich Naumann, inspirateur de la pensée libérale allemande. En 1908, Albert Schweitzer la marie à un disciple de Naumann  Theodor Heuss, futur président de la République fédérale allemande. elle part alors pour Heilbronn et Berlin. Souvenirs de la Belle époque, de la guerre et d'une après-guerre difficile, Elly raconte avec spontanéité et sans fioritures; Les souvenirs d'Elly Heuss-Knapp paraissent pour la première fois en français, accompagnés d'une introduction et de notes, documents et photographies, réunis par l'archiviste de la ville de Strasbourg.

HISTOIRE DE LA MÉDECINE A STRASBOURG, édition La Nuée Bleue 1997. Jacques HERAN et collaborateurs. Pourquoi une telle synthèse ? Dialogue entre un historien de profession (Geoges LIVET) e un médecin attaché à l'histoire (Jacques HERAN) : "... Strasbourg : pont, carrefour et creuset. Georges LIVET. - Histoire de la médecine à Strasbourg : histoire de prestige ? Peut-être, mais surtout et avant tout, question de vocation : le pont entre les civilisations, le carrefour des influences, le creuset  qui trouve en soi les éléments de la création spirituelle. Le Rhin humaniste et européen est devenu le Rhin mystique qui ouvre à Strasbourg et à l'Europe, dans ce domaine de l'amicale compétition et de la féconde érudition, les problématiques de demain. Jacues HERAN. - Aussi , à la question du titre : "Pourquoi une telle synthèse ?", est-on en droit de donner une seconde réponse : parce que sa publication s'imposait. Le destin de la médecine strasbourgeoise est unique, l'histoire d'aucune ville universitaire française n'est comparable à la nôtre. Soumise alternativement, de gré ou de force, à la loi du vainqueur, la médecine strasbourgeoise a fini par comprendre qu'elle était riche de sa double culture. Depuis quelques décennies, tant à l'Université qu'en ville, elle a pris l'option de renoncer aux antagonismes stériles, en faveur d'une entente féconde et même de la mise en oeuvre d'une certaine complémentarité. Lors de la fabrication de la maquette, j'avais proposé que la dernière illustration de l'ouvrage soit une photographie  de la fontaine  de Tomi Ungerer, édifiée depuis peu à la porte des Juifs, au-delà de la place Broglie. Le comité de lecture ne l'a pas accepté ! Elle n'est point ancienne, elle a été controversée, elle n'a rien de médical, etc. Voire...Son aqueduc évoque deux mille ans d'histoire (qui fut aussi médicale), sa double chute d'eau représente les deux sources, la germanique et le française, les deux langues, les deux religions. Ses deux grands Demi-Janus de bronze se tournent le dos, certes, mais sous leurs yeux les eaux se mêlent. L'image symbolique de la médecine strasbourgeoise vient d'être dessinée par écrit à la dernière page de l'œuvre; J'ai gagné mon petit pari, Messieurs. Mais au-delà de cette anecdote futile, la médecine strasbourgeoise est en train de gagner le sien. Oui, un chapitre nouveau s'est ouvert dans notre histoire. En médecine comme ailleurs, Strasbourg redevient ce que l'étymologie suggère et la géographie commande : la ville des routes...." 

HOFFET F., Psychanalyse de l'Alsace, Alsatia éditions 1994. Voici maintenant ce que j'appelle "le cas Albert Schweitzer", auquel j'attribue une importance particulière. Deux scènes vont l'illustrer. La première se passe à Paris, chez le directeur d'une grande maison d'édition : "vous devriez publier les oeuvres d'Albert Schweitzer, lui déclarai-je. - Albert Schweitzer ? Qui est ce Monsieur ? - Le fameux hebdomadaire américain Life  voit en lui le plus grand homme de notre époque. Einstein, dans un récent ouvrage, le place auprès de Gandhi. - Est-ce un Allemand, un Américain, un Suisse ? - Non, un Français, un Alsacien. - Vous plaisantez. Un Français que Life  considère comme le plus grand homme vivant et que l'on ne connaîtrait pas à Paris ? - C'est cependant la vérité. Pour convaincre mon interlocuteur je lui lis les lignes que voici, extraites du Reader's Digest d'octobre 1949 : "Quand le Dr Albert Schweitzer arriva aux États-Unis l'été passé, soixante-huit reporters photographes allèrent le trouver à la quarantaine. Sa première conférence de presse dura deux heures. Tout au cours de son voyage en Amérique le fameux médecin philosophe fut acclamé partout comme une figure unique dans l'histoire. Schweitzer a conquis la gloire comme le premier organiste d'Europe, le plus important théologien protestant du monde et ses livres philosophiques ont profondément influencé la pensée de toutes les écoles de philosophie. Cela n'a pas empêché Schweitzer, musicien, philosophe, théologien, d'être en même temps un des médecins les plus fameux de l'époque et un des missionnaires les plus célèbres..." L'éditeur m'a écouté avec intérêt. Il ne publiera pas, pour autant, les oeuvres d'Albert Schweitzer écrites en allemand et traduites en six langues, ni une des quatorze biographies consacrées au grand Alsacien dans différents pays y compris le Japon. Deuxième acte à Strasbourg, où j'ai réuni dans mon salon quelques délégués au Conseil de l'Europe, deux Anglais, un Danois, un Hollandais et un journaliste américain - Vous plaisantez, dit l'Anglais. - Impossible ! fait le Hollandais. - Je ne croirai jamais ce que vous dites, renchérit l'Américain. Tel est "le cas Albert Schweitzer". Un Alsacien conquiert une renommée mondiale. A l'exception de quelques amis, personne ne le connaît à Paris..."Qui est ce Monsieur ?". On peut assurément discuter les opinions de Life, et les jugements du Reader's Digest sont loin d'être infaillibles. On peut estimer que, si l'œuvre de Schweitzer est prodigieuse par sa variété, ses ouvrages philosophiques n'ont peut-être pas l'importance que les Américains leur  attribuent. On ne peut cependant contester les faits : la diffusion extraordinaire des oeuvres de Schweitzer ni l'audience qu'il su conquérir aux quatre coins du monde. Schweitzer est l'homme le plus remarquable que l'Alsace est produit depuis le renaissance. Il incarne l'âme et l'esprit de son pays. Je dis qu'il est troublant, je dis qu'il est grave qu'il reste pratiquement inconnu à Paris. En l'ignorant, c'est l'Alsace que l'on ignore. On a voulu expliquer l'ignorance où l'on est de Schweitzer en France, par le fait que sa philosophie représente avant tout une expression de la pensée protestante, et serait de ce fait peu apte à toucher un pays catholique. Il faut répondre à cela que les protestants français eux-mêmes, qui devraient s'enorgueillir de posséder en lui un des plus grands théologiens de l'époque, ne s'intéressent guère davantage à son oeuvre que leurs compatriotes catholiques. Les grandes oeuvres de Schweitzer (Kultur und Ethik, etc...) sont d'ailleurs purement philosophiques et ont une portée universelle qui explique leur succès dans des pays tels que les Indes et le Japon. On notera du reste que quelques ouvrages de Schweitzer ont paru en France, notamment son premier livre sur Bach qu'il rédigea dans notre langue. Quelques opuscules et une biographie ont également été publiés en français mais dans des maisons secondaires. On remarquera aussi le fait curieux que Schweitzer est le grand-oncle de Jean-Paul Sartre, dont un aïeul était alsacien. Sa philosophie présente bien des points communs avec celle de cet auteur.    Frédéric Hoffet

HUBER C., Aspects actuels des problèmes de santé en Afrique: le cas particulier du Sénégal, Thèse de doctorat en médecine, Faculté de Strasbourg, année 1984 n°321.

HUBER C., CADRIN, LASSENY, Guide Pratique pour la santé de la famille, éditions ELF-Gabon, Port-Gentil(Gabon) 1986.

HUBER C.et M.C., LAUTIER F., Étude rétrospective des motifs d'admission et des principales causes de mortalité au service de Pédiatrie de l'Hôpital de Port-Gentil(Gabon) de juin 1985 à mai1986, Bulletin de la société de Pathologie exotique, 1987, pages 674-681, Paris.

HUBER C.et M.C., LAUTIER F., DESRENTES M., Les intoxications aiguës par le pétrole chez l'enfant au Gabon, Bulletin de la Société de Pathologie exotique, 1987, pages 682-688, Paris, et Médecine d'Afrique Noire, 1987, 34, pages 8-9.

HUBER C., Conduite à tenir devant les broncho-pneumopathies aiguës du nourrisson et de l'enfant, symposium des laboratoires Diamant, Hôtel Mercure Mulhouse, avril 1990.

HUBER C., Une dyspnée grave du nourrisson: un cas de myocardite aiguë à virus coxsackie, Rencontres Médicales du Centre Hospitalier de Mulhouse, novembre 1991.

HUBER C., Albert Schweitzer et la médecine tropicale, Cahiers Albert Schweitzer n°85 septembre 1991, pages 15-25, Strasbourg.

HUBER C., Perforation d'une oesophagite mycotique au cours d'une endoscopie, mémoire d'attestation d'études d'endoscopie digestive et de proctologie pédiatrique,Université Paris 7, Faculté Xavier Bichat 1992.

HUBER C., Suivi des enfants de mères séropositives VIH au Centre Hospitalier de Mulhouse, communication à la 7° journée des pédiatres du Haut-Rhin, septembre 1996, Soultz.

HUBER C., Le SIDA en Afrique considéré comme maladie de civilisation (1ère partie), Etudes Schweitzeriennes, printemps 1998, n°8, éditions Oberlin, Strasbourg.

HUBER C., Le SIDA en Afrique considéré comme maladie de civilisation (2ème partie), Cahiers Albert Schweitzer n° 119-120, août-décembre 2000, Strasbourg.

HUBER C., Le SIDA en Afrique considéré comme maladie de civilisation, poster présenté au congrès euro-sud africain de pédiatrie ESAPEC, octobre 1999, Cape Town(Afrique du Sud). 

HUBER C., Le SIDA en Afrique considéré comme maladie de civilisation (comptes-rendus de missions au Gabon et en Afrique du Sud), Archives de Pédiatrie 2000, pages 687-688, Paris.

HUBER C., POIZAT H., Le SIDA en Afrique, la maladie du désespoir, l' Alsace 10 août 2000, Mulhouse. 

HUBER C., Le bilinguisme paritaire français-allemand à l'école maternelle et primaire de Rixheim : bilans d'étapes, Trait d'union, revue d'information municipale, Rixheim 1996-2000.

HUBER C., Bilan d'étape en l'an 2000 des écoles bilingues paritaires français allemand de Rixheim, de l'essai de sauvegarde d'une langue régionale, l'alsacien, à l'éducation au respect des cultures et patrimoines de l'Europe et du Monde: enfants d'Alsace et citoyens du Monde ?  Land un Sproch, les cahiers du bilinguisme n°134-2000, pages 10-11, Strasbourg.

HUDLETT Albert, Synopsis Géolinguistique, Continuum des parlers alémaniques et franciques d'Alsace et de Moselle germanophone (avec 174 cartes dialectales), éd. Hirlé 2001.

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JENNY B., Germain, "en Alsace le contraire est toujours vrai", éd Jérôme Do Bentzinger 1997. " Mer senn schien's d'Letschte, ja d'Allerletschte Vun dänne Lätze wo noch so bâbble, Wie de Schnâwel ne gewachse-n-esch, Noch uns esch ferti mit däm Trâfari Un no wurd endli, im ganze Frankri Ge parlez-vous numme franzeesch. Un s'esch erächt eso, mer hanns e so gewellt, Un s'esch erächt eso, mer hann uns gern verkellt Vor luetter "Mueder loss'mi a met défiler" Wäje de Bändele, senn mer jetzt gar nix meh"   Germain Muller

KOTZUR H.J., Hildegard von Bingen 1098-1179, Verlag Philipp von Zabern 1998. Hildegard von Bingen (1098-1179)  gilt heute als eine der bedeutendsten Persönlichkeiten des Mittelalters. Als Papst Eugen3 1147 ihre visionäre Gabe anerkennt, wird aus der bis dahin unbekannten Benediktinerin eine Autorität, der sich Kaiser und Päpste, Adelige und Kleriker, Männer und Frauen beugen. Neben Bernhard von Clairvaux wird Hildegard zum Gewissen einer Epoche. Erst im Alter von 50 Jahren beginnt Hildegard mit der Abfassung ihres Lebenswerks, das neben zahllosen Briefen, der berühmten Natur- und Heilkunde sowie dem musikalischen Werk vor allem drei grosse Visionsschriften umfasst und ihren Nachruhm bis heute begründet. Das Katalog-Handbuch zur Jubiläumausstellung des Bishöflichen Dom- und Diözesanmuseums Mainz stellt anhand einer Fülle von farbig abgebildeten Exponaten sowie zahlreicher übergreifender Beiträge Lebenswelt und Schaffen dieser faszinierender Frau vor. Neben Hildegards Herkunft und Bildung wird ihre Rolle als Klostergründerin und Predigerin, als Mahnerin und Komponistin ebenso thematisiert wie ihre visionäre Sicht von Gott und Welt. Eine umfassende und reich bebilderte Präsentation ihres natur- und heilkundlichen Werkes, darunter ihres Wissens um die menschliche Sexualität, bildet einen weiteren Schwerpunkt von Ausstellung und Katalog-Handbuch. 

KURTZEMANN Guy, in memoriam : Professeur Ernest Schneegans 1904-2000. Lettre du Syndicat National des Pédiatres Français, janvier-février 2000. Le Professeur Ernest Schneegans est décédé le 8 février, quelques semaines après l’An 2000. Né 4 ans après le siècle, à Heidelberg, de famille alsacienne, il commença ses études de médecine, à 18 ans, à la Faculté de Médecine de Strasbourg ; Interne des Hôpitaux en 1928, puis Chef de Clinique, il bénéficia d’une bourse qui lui permit de faire un tour d’Europe de la Pédiatrie : Paris, puis Vienne, Berlin et Budapest en 1935, qui étaient les capitales avancées de la Pédiatrie. Marié en 1937, le couple eut un fils et deux petits fils. Pendant la guerre de 1939 à 1945, le docteur Schneegans s’installa à Strasbourg pour exercer en médecine libérale la Pédiatrie exclusive, spécialité qui existait déjà dans les trois départements de l’ancienne Alsace-Lorraine. Ceci lui a permis d’éviter à beaucoup de jeunes gens l’incorporations dans la Wehrmacht. En 1949, il fut nommé Directeur de l’Institut de Puériculture, municipal, à l ‘époque ; tout en gardant un pied à la clinique infantile des Hôpitaux Civils de Strasbourg, dirigé de main de maître par le Professeur Paul Rohmer, son Patron, fondateur de la Pédiatre sociale ; il fut le continuateur de cette œuvre. Le " Schnee " comme l’appelaient affectueusement ses élèves, passa l’agrégation, et obtint le titulariat de la deuxième chaire de pédiatrie créée en 1967 à la Faculté de Médecine, qu’il occupa jusqu’à sa retraite, en 1975. Cultivant ses relations internationales, notamment avec les Professeurs Kerpel-Fronius et Tassowatz, il avait des connaissances très étendues, grâce à sa double culture. Avec une équipe de collaborateurs : les docteurs Albert Rohmer, Heumann, Harscher, le Professeur Geissert, il développa l’élevage des prématurés grâce au lactarium, l’école de puériculture, la pédiatrie sociale, l’étude des maladies métaboliques, la génétique. Il oeuvra tant au Comité National de l’Enfance dont il fut le Vice-Président, (la présence du Professeur Sénécal à ses obsèques en a témoigné) que dans bien des œuvres sociales : Comité Dahlen, OPI (organisation, prévention,insertion), ARAH (handicapés) et prévention des maladies du métabolisme. Dans un domaine tout à fait différent, il prit en charge les problèmes professionnels et fut appelé à la Présidence du Syndicat National des Pédiatres Français succédant ainsi au Professeur Willemin-Clog : il avait, à ce poste, une autorité reconnue, grâce à son expérience en médecine libérale et à ses fonctions hospitalo-universitaires. Le Professeur Schneegans était un homme aimable et courtois, attentif, curieux de connaissances, un chef d’école ; infatigable ne disait-il pas " que la vie est faite pour travailler ". Ses mérites, nombreux – ne fut-il pas aussi Conseiller Municipal – furent récompensés par sa nomination dans l’Ordre de la Légion d’Honneur. C’est au Professeur Juif que revint l’honneur de prononcer l’éloge funèbre, le 14 février, en " l’Eglise Saint-Paul " magnifique temple alliant dans le grès rose d’Alsace l’austérité et la flamboyance du style. Le S.N.P.F. présente à la famille ses condoléances. Guy Kurtzemann

LEBLOND Laurent, La civilisation allemande, Les éditions Ronald Hirlé, 1995. La civilisation allemande, c'est toute la richesse d'une Histoire millénaire marquée par une profonde tradition fédérale, symbolisée par le Saint Empire romain germanique. C'est une capacité d'interrogation sans cesse renouvelée par l'apport du protestantisme et du judaïsme. Actuellement, la vigueur de la démocratie et de l'économie allemande repose aussi sur le maintien de la diversité. La connaissance des modes de vie et la compréhension des mentalités de part et d'autre du Rhin sont essentielles pour les relations franco-allemandes. Elles peuvent permettre de parvenir à une véritable union politique de l'Europe respectant l'identité de chacunLaurent Leblond

LEFEBVRE Jean-Pierre, Anthologie bilingue de la poésie allemande, Bibiothéque de la pléiade, éditions Gallimard, 1993. Florilège, anthologie, recueil : une ancienne relation lie le choix des poèmes à la confection savante des bouquets destinés à l'offrande, composés selon une signification et remis dans des circonstances particulières. Cette référence implique d'autres images : celle du poème-fleur, de l'arbre, des jardins, des graines portées par le vent en terres étrangères, du rôle des oiseaux. Le présent ouvrage n'échappe ni au suave parfum de cette métaphore, ni aux difficultés qu'elle recèle. Il a été conçu, dans son principe et sa confection, comme un geste en direction des peuples et des pays de langue allemande - geste culturel, politique, voire diplomatique, affectif. De Dietmar von Aist à Johannes Kühn, il rassemble un choix important de poèmes, ainsi que de nombreux textes anonymes.

Es schlug mein Herz, geschwind zu Pferde ! Es war getan fast eh gedacht. Der Abend wiegte schon die Erde, Und an den Bergen hing die Nacht; Schon stand im Nebelkleid die Eiche, Ein aufgestürmter Riese, da, Wo Finsternis aus dem Gesträuche Mit hundert schwarzen Augen sah.

Mon cœur battait fort, vite en selle ! Et, sitôt, j'étais à cheval; Le soir déjà berçait la terre Et la nuit pendait aux montagnes. Déjà le chêne avait son costume de brume, Tour gigantesque dressée, là, Dans la broussaille ténébreuse, Où m'observaient cent regards noirs.      Johann Wolfgang Goethe, Willkommen und Abschied

LE MONDE BILINGUE, La politique linguistique du 21°siècle, Besançon 2000.

LENTZ T., Roederer (1734 - 1835), éd. Serpenoise 1989. Peut-on avoir été conseiller au Parlement de Metz, leader du comité patriotique de cette ville, député à la Constituante, procureur général-syndic de la Seine, directeur du Journal de Paris, conspirateur, conseiller d'État, sénateur, comte d'Empire, ministre napolitain, secrétaire d'État d'un grand-duché allemand, commissaire extraordinaire, pair de France, peut-on avoir fréquenté Louis 14, Robespierre, Mirabeau, Sieyès, Talleyrand, Bonaparte, Napoléon, Fouché, Louis-Philippe et Joseph Bonaparte sans pour autant figurer dans le célèbre Dictionnaire des girouettes ? Piere-Louis Roederer (1734-1835) est un de ces rares hommes qui, de l'Ancien Régime à la monarchie de Juillet, ont été au sommet du pouvoir sans jamais se renier. En compagnie de ce lorrain étonnant, c'est à la promenade dans quatre-vingt années de l'histoire de la France et de l'Europe, de Metz à Paris, de la Normandie à Strasbourg, de Naples à Düsseldorf que vous convie Thierry Lentz, au fil des pages de ce passionnant ouvrage.

MITTERRAND F., De l'Allemagne, de la France, éd. Odile Jacob 1996. "Je rêve à la prédestination de l'Allemagne et de la France, que la géographie et leur vieille rivalité désignent pour donner le signal de l'Europe. Si elles ont gardé en elles le meilleur de ce que je n'hésite pas à nommer leur instinct de grandeur, elles comprendront qu'il s'agit d'un projet digne d'elles. Elles auront d'abord à s'en convaincre. La France toujours tentée par le repli sur soi et l'illusion épique de la gloire dans la solitude, l'Allemagne toujours hésitante entre ses vocations, soit nation arrimée à l'union de l'Europe, soir héritière, sans le dire, d'ambitions impériales. On me dira : c'est une utopie ! Mais qu'est-ce qu'une utopie ? Ou bien c'est une absurdité, et le temps se chargera de nous répondre. Ou bien ce n'est que l'anticipation d'un nouvel état possible. Si se produit un sursaut des volontés, en ce moment unique où tout est possible en Europe, alors l'utopie sera réalité. Et beaucoup d'entre vous la connaîtront."   François Mitterrand

PETIT J., L'Alsace à la reconquète de son plurilinguisme, Eine schwere Wiedergeburt, 2°édition augmentée, SALDE Strasbourg, janvier 2000. Du 4° au 16° siècle, l'Alsace a connu de grands poètes et écrivains dont les oeuvres ont été tout autant constitutives de la littérature allemande que la Bible de Luther qu'elles ont précédée. Depuis son rattachement à la France par le traité de Westphalie en 1648, l'Alsace assume progressivement un nouveau rôle : celui de foyer du bilinguisme français-allemand, de centre de recherche sur l'enseignement des langues vivantes et de lieu de rencontre entre les cultures romane et germanique. L'Alsace a souffert des guerres. En 75 ans (1870-1945), elle a changé quatre fois d'appartenance. Les oeuvres de René Schickele et d'Albert Schweitzer ont donc été enfantées dans la souffrance et les déchirements, mais elles adressent au monde un exemplaire message d'humanisme et de paix. Depuis 1946, par la vois de ses élus aux Conseils Généraux, puis au Conseil Régional, l'Alsace revendique inlassablement son droit au bilinguisme. Elle le fait dans la dignité, sans pose de bombes, avec les "seules armes de l'esprit" (René Schickele) et du verbe. La fondation de l'Association ABCM-Zweischprachigkeit en 1990 marque un tournant décisif dans cette évolution. Germaniste de terrain et psycholinguiste, Jean Petit nous conte la saga de la jeune association et il nous décrit les résistances qu'il lui a fallu surmonter dans son travail de pionnier. Il explique et justifie également les options didactiques et linguistiques des fondateurs : parité horaire des deux langues, immersion compensatoire, principe de Grammont (une personne, une langue), utilisation instrumentale de la langue à apprendre dans les domaines d'activité les plus divers et pour la transmission du savoir disciplinaire, enfin et surtout recours à la stratégie naturelle de l'acquisition dont il éclaire les fascinants cheminements en spécialiste passionné. La rapide extension des classes bilingues survenant peu après dans l'Éducation Nationale, grâce à l'engagement résolu du Recteur De Gaudemar et au travail exemplaire de la Commission d'évaluation académique, est également prise en considération. Les résultats obtenus dans le secteur associatif et dans le secteur public sont exposés en détail. Jean Petit souhaite en terminant que, dans son intérêt propre, mais aussi dans celui de la France et de l'Europe, l'Alsace saisisse à bras le corps cette chance que lui offre enfin l'Histoire après l'avoir si longtemps maltraitée.

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PETIT J., L'immersion, une révolution, Jérôme Do Bentzinger Editeur 2001. Jean Petit est germaniste d'origine, mais il occupe une place à part dans la germanistique française : par la voie nouvelle qu'il a frayée - celle de la psycholinguistique acquisitionnelle - à une époque où personne ne se risquait hors des sentiers battus de la littérature, de la civilisation et de la linguistique; par la démarche aussi qui fut toujours la sienne, associant intimement réflexion théorique et action pédagogique sur le terrain; par la réputation internationale enfin, à laquelle il est parvenu et qui lui a valu de figurer parmi les rares français élus professeurs invités permanents d'une université allemande. Il enseigne depuis 1996 à l'Institut Supérieur des Langues de la République Française (ISLF, Béziers). Il a été nommé citoyen d'honneur de la ville d'Ingersheim en mai 2001. Ce nouvel ouvrage nous expose la didactique de l'immersion à laquelle Jean Petit s'est consacré depuis une dizaine d'années en Alsace, mais aussi dans les autres régions de France où sont proposés des cursus bilingues sur la base du français standard et d'une de nos langues régionales (basque, catalan, corse, breton, occitan). Il nous présente ici non seulement les fondements théoriques, mais aussi les modalités de réalisation pédagogique de cette formule qui révolutionne l'enseignement des langues vivantes. Le livre s'adresse donc aux praticiens engagés dans l'enseignement précoce totalement ou partiellement immersif de nos langues régionales ou de langues étrangères, mais aussi aux parents d'élèves désireux de connaître et de comprendre cette forme d'éducation nouvelle et tous les avantages qu'elle apporte pour le développement cognitif, linguistique et culturel de leurs enfants.

PHILIPPS E., Les luttes linguistiques en Alsace jusqu'en 1945, éd. SALDE, 1986. PROCLAMATION DES REPRÉSENTANS DU PEUPLE : Les Citoyennes de Strasbourg sont invitées de quitter les modes allemandes puisque leurs cœurs sont français. A Strasbourg le 25° Brumaire l'an second de la République une et indivisible. Les Représentants du Peuple près l'armée du Rhin. Signés St. Just et Lebas. " En décidant de retracer, à grands traits, l'histoire linguistiques de l'Alsace jusqu'en 1945 et les luttes qui l'ont marquée, nous n'avons pas voulu nous plonger dans le passé pour n'avoir pas à affronter le présent. C'est en cherchant une explication au présent que nous nous sommes vu confronté avec le passé. En effet la question que l'on ne peut pas se poser lorsqu'on se penche sur le présent de l'Alsace, c'est de savoir comment un homme aussi fier que l'Alsacien, dont la personnalité s'est parfois manifestée de si brillante façon dans le passé, ait finalement pu être tenté de s'abandonner au point de renier ses origines et sa langue, c'est à dire son "moi". Seul le passé pouvait nous fournir des éléments de réponse, un passé qu'il faut connaître si l'on veut non seulement comprendre le présent, mais préserver un avenir alsacien à l'Alsace. "    Eugène Philipps

PHILIPPS E., L'ambition culturelle de l'Alsace, éd. SALDE, 1996. " L'histoire a voulu que l'univers culturel de l'Alsace englobe à la fois l'univers culturel d'expression française et l'univers culturel d'expression allemande. S'étendant de l'Atlantique jusqu'au cœur de l'Europe - en passant par Paris, Strasbourg, Berlin, sans oublier Lyon ou Marseille, Genève ou Lausanne, Zurich ou Berne, Vienne ou Graz, avec des ramifications dans plusieurs autres pays européens - il est l'un des plus vastes et des plus riches au monde. A l'heure de l'union européenne et après les bouleversements qui, à partie de 1989, ont modifié le visage de l'Europe et étendu considérablement notre champ de vision, il s'agit maintenant pour l'Alsace de s'enraciner profondément et durablement dans son univers culturel, tout son univers culturel. Une ambition fort ancienne de l'Alsace, mais qui, dans un contexte nouveau, prend une dimension nouvelle. Le français est la clef d'accès à l'univers culturel d'expression française. L'allemand est la clef d'accès à l'univers culturel d'expression allemande. L'accès à l'univers culturel de l'Alsace, dans sa totalité, repose sur la connaissance du français et de l'allemand. Dans ce livre les problèmes de langue, notamment ceux que pose l'existence de l'allemand dialectal et standard en Alsace, occupent une large place. C'est que seule la maîtrise de l'allemand et évidemment du français permet aux alsaciens de se mouvoir librement et sans aucune entrave intellectuelle dans l'univers culturel qui est le leur."  Eugène Philipps

PHILIPPS E., Nostalgies Blut und Boden?, éd. SALDE, 2000. Nostalgies "BLUT UND BODEN"  ?  En publiant à l'automne 1999 son "petit livre", Main basse sur ma langue, Robert Grossmann, élu RPR et Vice-président du Conseil Régional d'Alsace, poursuivait sans doute plusieurs objectifs. Mais c'est " cette fameuse Charte" (européenne des langues régionales ou minoritaires), dont il est un adversaire résolu, qui l'aurait fait monter sur les barricades. Cependant et assez curieusement, l'analyse de cette Charte et les problèmes qu'elle soulevait dans le contexte alsacien d'aujourd'hui ne prennent guère plus qu'une quinzaine de pages. D'ailleurs, on a vraiment quelque peine à comprendre qu'une charte qui se propose, entre autres choses, de donner au sein de l'Union Européenne une existence légale aux langues " régionales "  ferait  " main basse "  sur " l'alsacien " -  " la " langue de Robert Grossmann, même si, en l'occurrence, il ne s'agit pas d'une langue dans le plein sens du terme, mais d'un ensemble de dialectes. A la vérité, la Charte a servi de prétexte à notre auteur pour lancer d'inqualifiables attaques contre plusieurs personnalités de premier plan, notamment contre l'ancien recteur Pierre Deyon et également contre des auteurs et écrivains, dont Robert Grossmann sait qu'ils ont une autre conception que lui de la convivialité qui doit régner entre des citoyens libres et solidaires d'une grande République comme la France. Tous les moyens étaient bons pour porter atteinte à la réputation d'un certain nombre d'entre nous. En bon Alsacien, si l'on peut dire, Robert Grossmann a cherché à nous dénigrer devant l'opinion publique en nous accusant sournoisement de souhaiter en secret le retour de l'Alsace à l'Allemagne et, qui pis est, d'être au fond des adeptes de l'idéologie nazie Blut und Boden ! Il ne pouvait être question pour moi d'accepter sans réagir une accusation aussi perfide.    Eugène Philipps

POTEAU S., LESER G., Albert Schweitzer, homme de Gunsbach et citoyen du monde, éditions du Rhin, Mulhouse 1994.

REYNAUD M.; MALAREWICZ J.A., La souffrance de l'homme, Une approche globale du fonctionnement psychique. Albin Michel 1996. "...L'être humain est constamment l'objet d'un processus où interviennent des éléments différents et complémentaires. Nous sommes, en effet, à tout moment, la résultante d'une série de forces spécifiques, en perpétuelle interaction, telles que les déterminismes génétiques et environnementaux précoces, les mécanismes biologiques, psychologiques et psychosomatiques de gestion de stress, un environnement familial plus ou moins protecteur ou traumatisant. Toutes les approches réductrices que nous avons dénoncées séparent ces différentes forces et privilégient l'une d'entre elles. Selon nous, les cliniciens devraient être capables d'intégrer, autant que possible, ces différents phénomènes qui sont autant de caractéristiques du vivant : - aussi bien dans l'analyse du sujet en souffrance, ce qui implique des représentations multifactorielles et interactives du fonctionnement psychique normal ou pathologique ; - que dans les réponses thérapeutiques où ces éléments doivent, eux-mêmes, se situer dans ce processus interactif; les cliniciens doivent donc concevoir leurs différents actes thérapeutiques dans une complémentarité et une continuité. Cela devrait donc conduire dans l'idéal de la pratique, à une véritable démarche intégrative à la fois sur les différents plans épistémologique, clinique et thérapeutique. En reprenant tous ces paramètres que nous avons l'un après l'autre, détaillés tout au long de ce livre, il est alors possible de schématiser de la façon suivante l'apparition d'une pathologie, d'un trouble psychique. A la suite de cette analyse des composants et des déterminismes de l'apparition de la souffrance psychique, il est possible de distinguer cinq grands pôles de causalité habituellement invoqués dans l'apparition d'une pathologie psychique : - une des évolution marquantes de la psychiatrie actuelle met en valeur le poids de la génétique et de la biologie dans chacun de ces troubles. Nous l'avons longuement évoqué; - la pensée psychanalytique a démontré depuis un siècle maintenant, la part des relations précoces mère-enfant et des traumatismes de l'enfance. Ces données ont été relayées et confirmées par les éthologistes; - l'importance de la synergie corps esprit, ignorée par Descartes, a été redécouverte par la psychanalyse et confirmée par les différentes approches psychosomatiques et, nous l'avons vu par la neuro-endocrinologie. Les connaissances sur les mécanismes de gestion du stress ont été relayées  par les découvertes les plus récentes des neurobiologistes, et notamment par celles qui concernent les relations entre les émotions et les cognitions. La faillite du contrôle émotionnel dans l'apparition des troubles psychiques et psychosomatiques n'est plus contestée; - les mécanismes de la permanente et nécessaire adaptation aux modifications de l'environnement ont été décrits par les cognitivocomportementalistes , ainsi que leurs défaillances. Ils ont particulièrement éclairé les erreurs survenant dans le traitement de l'information et les comportements inadaptés qui en résultent. Les mécanismes d'adaptation; d'intégration et d'apprentissage doivent donc être systématiquement envisagés; - les systémiciens, s'appuyant sur les théories de la communication, ont démontré l'importance du contexte familial et social dans l'apparition et surtout le maintien des troubles psychiques, notamment au travers de la notion d'homéostasie. Par un tout autre cheminement, le rôle du stress, des traumatismes et des événements vitaux a été confirmé par les psychophysiologistes, spécialistes du stress et par les épidémiologistes. Il conviendra donc, pour chaque pathologie, d'envisager la part respective de ces différents phénomènes..."

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RIEDWEG E., OBERLE R., GUTHMANN F., FISCHER R., BRUANT B., BOEGLIN E., S.I.R.P., Mulhouse en France 1798-1998, Deux siècles de volonté humaine, éditions du Rhin, L'Alsace, 1998. ...Le paternalisme des industriels protestants : Paul Hazard dans la Crise de la conscience européenne (Fayard, Paris, 1978) écrit : il y a une espèce d'inaptitude aux affaires dans la religion papiste; tandis qu'au contraire, parmi les réformés, un plus grand zèle favorise leur inclination au commerce et à l'industrie, étant donné qu'ils considèrent la paresse comme illégitime (...) Le marchand, qui va prendre dans la société européenne une place de plus en plus considérable, passe sans remord, sans scrupule, sans hésitation de son comptoir à son temple, le front haut, sûr d'obéir à son double devoir, fier d'assumer à la fois sa place présente sur la terre et sa place future au ciel. Le propos s'applique pleinement au Mulhouse du 19°siècle. De même, d'ailleurs, Edmond About, auteur célèbre, passe à Mulhouse et s'en trouve tout remué : aucun sacrifice à la mode, rien qui puisse éveiller l'envie dans le cœur des passants ; mais on devine un intérieur confortable. Nous sommes dans une ruche de bourgeois laborieux qui se marient de bonne heure, qui ont beaucoup d'enfants et qui vivent en famille. Un désœuvré serait de trop ici, il ne saurait où passer son temps ici, on n'y connaît que des plaisirs sévères; on y voit des musées, des écoles, des bibliothèques, des laboratoires, une salle de conférence et point de théâtre. Le casino, grandiose et bien décoré, éteint son gaz bien avant l'heure où les clubs s'éveillent à Paris. La jolie promenade du Tannenwald est déserte en semaine. Je n'y ai rencontré qu'un jeune prêtre lisant son bréviaire. (témoignage portant sur les années 1860-1870...). C'est bien entendu, du patronat mulhousien et des milieux réformés en général dont il est question dans une ville où dès 1830 les catholiques généralement ouvriers des manufactures, sont majoritaires. Le tableau est là, loin d'être idyllique. Au début du 19° siècle, alors que les Koechlin et leurs amis ferraillent pour la liberté et contre la Restauration, les ouvriers ont bien d'autres sujets de préoccupation. Les salaires suffisent à peine pour se nourrir, mais il faut également s'habiller et se loger. D'ailleurs, les logements sont rares à Mulhouse, les logis misérables, malsains, de véritables taudis, voire des caves, pour des familles entières. Les conditions de travail ne sont guère plus reluisantes, l'hygiène est inconnue, l'air vicié. une journée de travail ne comporte pas moins de quatorze à seize heures, de cinq heures du matin à huit ou neuf heures le soir. Pas de droit d'association ni, a fortiori, de grève, aucun moyen de défense ni possibilité de dialogue. Corvéable à merci, l'ouvrier est encore plus mal loti lorsqu'il est... une femme ou un enfant de six ans !  Plus préoccupé jusque-là des grands combats politiques que de la condition ouvrière, le patronat mulhousien, sous l'impulsion de la Société Industrielle, entame vers 1830 son grand tournant social : aide aux femmes en couches, logements ouvriers, dispensaires pour les enfants, restaurants et magasins bon marché, création de caisses d'épargne et de prévoyance, maisons de retraite... Napoléon III, pourtant peu suspect d'une particulière tendresse à l'égard du patronat qui l'exècre, concède : si l'on pouvait faire cela partout, quel apaisement cela produirait dans les esprits et quelle éloquente réponse au socialisme. Cette réponse patronale est dictée par un strict souci moral. Si les manufacturiers protestants de Mulhouse créent les cités ouvrières, ce n'est pas simplement par pure philanthropie !  La commodité, la propreté d'un logement influent plus qu'on ne le supposerait d'abord peut-être sur la moralité et le bien-être d'une famille. Celui qui ne trouve chez lui qu'un misérable taudis, sale, en désordre, où il ne respire qu'un air nauséabond et malsain, ne saurait s'y plaire et le fuit pour passer au cabaret une grande partie du temps dont il dispose. Ainsi son intérieur lui devient presque étranger et il contracte bientôt de funestes habitudes de dépenses dont les siens ne se ressentent que trop et qui aboutisse presque toujours à la misère. En 1828; le Dr Penot publie le Discours sur quelques recherches de statistiques comparées faites sur la ville de Mulhouse. En 1836, Emile Souvestre, écrivain et professeur, fait paraître dans la Revue de Paris un article qui décrit, comme l'a fait le Dr Penot, la misérable condition des ouvriers : il n'est pas rare de voir deux ou trois familles habitant la même maison et vivant dans la plus hideuse promiscuité. Les filles de fabrique que fatiguent le travail et la pauvreté tâchent de devenir mères pour trouver une place de nourrice dans une maison bourgeoise. Partout où l'industrie a entassé la matière humaine, la corruption n'a pas tardé à s'y mettre; l'accroissement des salaires ne serait pour l'ouvrier qu'un meilleur moyen pour nourrir ses vices. Le mal est plus profond : il ne tient pas seulement à une question d'économie politique, mais à la constitution de la société tout entière. René Villermé, ancien chirurgien des armées napoléoniennes, vient étudier le monde ouvrier à Mulhouse , ce qui en dit long sur la réputation de la ville à cette époque ! Son étude paraît en 1840 et sera d'ailleurs largement citée par Paul Lafargue dans son droit à la paresse plus de quarante ans plus tard, pour... y condamner plus sûrement l'aliénation en régime capitaliste. Villermé décrit une multitude de femmes pâles maigres, marchant pied nus au milieu de la boue et qui faute de parapluie, portaient renversé sur le tête lorsqu'il pleuvait leur tablier ou leur jupon de dessous, pour se préserver la figure ou le cou, et un nombre encore plus considérable de jeunes enfants non moins sales, non moins hâves, couverts de haillons, de l'huile des métiers, tombée sur eux  pendant qu'ils travaillaient (...) , cachant sous leur veste un morceau de pain pour se nourrir en route. Le soir, tous tombaient de fatigue et se levaient le matin sans avoir pu vraiment se reposer. Noirs tableaux qu'il n'était pas nécessaire de noircir encore. Le patronat mulhousien, décrit comme un vil et cynique exploiteur par Paul Lafargue, méritait-il cet excès d'indignité ? En tous les cas , force set de reconnaître que sous l'influence d'hommes comme le Dr Penot ou encore le Dr Paul Curie, adepte de Saint-Simon, les manufacturiers mulhousiens eurent très tôt de réelles préoccupations sociales. Celles-ci sont incontestables et ont marqué une d'une empreinte durable le paysage urbain. D'ailleurs, Bismarck - après l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne - reconnaîtra bien volontiers l'aspect avant-gardiste des initiatives mulhousiennes dans ce domaine. Avec le recul et dès Lafargue et la montée des idées socialistes dans l'opinion, il a été de bon ton de dresser de sévère réquisitoires contre le paternalisme de la fabricantocratie mulhousienne. Curieux procès pour une cause incertaine : le patronat de ce temps était majoritairement en Europe, conservateur, peu préoccupé de la condition ouvrière, indifférent à la misère de ses salariés. Le mérite incontestable des manufacturiers mulhousiens aura été - dans l'esprit de l'époque - de se soucier du logement , de la santé des travailleurs de leurs usines, d'avoir une vraie préoccupation sociale. Si l'on évoque souvent, un peu à tord et à travers, le modèle mulhousien, c'est là qu'il faut le chercher... pour le trouver. Pierre Larousse, qui publie à partir de 1864 les premiers fascicules de son Grand Dictionnaire universel du 19° siècle, ne s'y trompe pas. Il consacre des notices extrêmement élogieuses aux initiatives mulhousiennes, lui qui s'intéresse tant à l'économie, au travail des femmes et des enfants et se proclame implicitement "socialiste". Pierre Larousse rappelant les conclusions du Dr Villermé - apparemment bien informé sur ce point comme sur tout le reste -, conclut : Depuis l'époque où M.Villermé faisait ces constatations, les choses ont bien changé à Mulhouse et de notables améliorations ont été apportées à la condition des travailleurs. Le patronat mulhousien était d'autant plus enclin à un authentique paternalisme que la masse des ouvriers pouvait se révéler à l'usage totalement incontrôlable, le cas le plus typique d'émeute se situant au 26 juin 1847: Le Bäckefest - fête des Boulangers - la plus violente explosion sociale du 19° siècle à Mulhouse...

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                 ... " Je crois pouvoir vous prédire que par le commerce, l'industrie, l'activité persévérante, les encouragements que vous donnera la France, votre ville s'élèvera au rang d'une cité considérable ". Cette prophétie de Jean-Ulrich Metzger, commissaire du Directoire qui mena les négociations pour la réunion de Mulhouse à la France, s'avéra juste. L'ancienne petite cité indépendante alliée aux cantons suisses, devint, au sein de la République française, une capitale industrielle. La prophétie a gardé toute sa force, toute sa justesse. Aujourd'hui comme hier, Mulhouse se mobilise pour répondre aux nouveaux enjeux économiques et sociaux et aborder le XXI° siècle avec confiance. Aujourd'hui comme hier, elle mise sur ce qui fait son génie et sa singularité : sa capacité de travail, son "activité professionnelle". Ce génie n'a pu s'épanouir que grâce à une formidable faculté d'ouverture à l'autre et de tolérance qui lui a permis par exemple, de voir sa population doubler à chaque génération entre 1798 et 1866 ! Mulhouse n'est pas une création de la nature. Elle est le fruit du travail de l'homme, de tous ces hommes venus de vingt horizons différents pour lui apporter leur force de travail, leur savoir-faire et leur énergie créatrice. Ils ont fait de Mulhouse une ville dont l'identité est la somme de leurs identités, une ville dont l'essence même et la force sont dans la diversité.         Eugène Riedweg et collaborateurs

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REUSS Rodolphe, La Sorcellerie en Alsace aux 16° et 17° siècle, éd. du Rhin, 1987. Un observateur attentif des courants de pensées, des interrogations  et des intérêts de la société présente, constate sans grand effort un engouement certain pour la sorcellerie, la magie; une attirance nette pour l'occulte, le caché et le mystérieux. Pris en tenaille entre le développement tout azimut de la technologie et des sciences, et l'angoisse ; entre la civilisation matérielle et les élans spirituels, confrontés aux inquiétudes de l'avenir, l'homme d'aujourd'hui cherche à réconcilier l'être avec le monde, et de nouvelles raisons de vivre plus.

ROLLET Catherine, MOREL Marie-France, Des bébés et des Hommes. Traditions et modernité des soins aux tout-petits, éd. Albin Michel 2000. Où qu'il naisse, un bébé a besion d'être nourri, lavé, porté, aimé. En étudiant les manières d'accoucher, d'allaiter, de bercer, d'habiller, de guider les premiers pas et de soigner les tout-petits au cours des siècles et dans le monde entier, Catherine Rollet et Marie-France Morel mettent en résonance les apports de l'histoire et de l'anthropologie. Il n'y a pas une mais mille manières d'élever un bébé. les plus lointaines ne sont pas forcément les moins bonnes, et les bébés des pays développés les plus heureux du monde. A l'ère du tout-médical, les pratiques d'autrefois et d'ailleurs peuvent éclairer les mères, les pères et les professionnels de la petite enfance. elles devraient avant tout leur donner à réfléchir et à inventer.    

SCHMID Mathias, Tiroler Maler zwischen Paznaun und München, Zum irdischen Glück fehlt...der Segen der Kirche, Mathias Schmid Museum Ischgl Tirol Östereich, 1999.

SCHMIDLIN J.-P, Unser Wortschatz, Les mots retrouvés, éd. Oberlin, 2000.

SCHMITT Paul, Mulhouse au 19°siècle, La montée du catholicisme, éd. Coprur, 1992. L'histoire de la ville de Mulhouse occupe une surface impressionnante sur les rayons des bibliothèques alsatiques. Toutes les périodes un peu dignes d'intérêt y sont inventoriées, explorées, étudiées, sous les titres les plus divers. Un volume essentiel manquait sous la rubrique "vie religieuse", après les nombreuses études consacrées à la Réforme. Le chanoine Paul Schmitt a résolu de combler cette lacune. Son dernier ouvrage, "Mulhouse au 19°siècle, la montée du catholicisme", traite de la lente renaissance d'une paroisse catholique dans l'un des fiefs les plus fervents du protestantisme, entre 1798 et 1870. Depuis le début du 16°siècle, en effet, la cité gagnée toute entière à la foi nouvelle avait banni la religion catholique hors de ses murs. Son annexion à la France mit fin à cette hégémonie sans partage, ouvrant une ère nouvelle de progrès et de tolérance. Déployant sa verve et son érudition coutumière, Paul Schmitt brosse dans ses moindres détails un tableau dynamique de la société mulhousienne au 19°siècle. Il nous présente un à un les auteurs et les acteurs des profondes mutations qui la révolutionnèrent, des capitaines d'industrie protestants, détenteurs du pouvoir politique, aux masses ouvrières, plongées dans la misère et le désarroi moral. Dans ce contexte haut en contrastes, il retrace le laborieux essor de la communauté catholique et les principaux épisodes de la confrontation permanente entre les deux confessions. Or, si celles-ci ont su trouver un équilibre intelligent, un mode de cohabitation harmonieux, sauront-elles le préserver des tensions sociales, économiques et politiques, inévitables dans ce creuset de toutes les différences portées à ébullition ? Au-delà des statistiques et de l'analyse, loin de la caricature et de toute polémique, Paul Schmitt explore un champs d'études particulièrement vaste qui guide le lecteur à travers l'espace et le temps. Non content d'exposer les faits, d'annoncer les défis et de signaler les résultats de la ville et de ses habitants au fil des décennies, il en dissèque les mentalités, en explique les actes et les réactions avec une prudence méticuleuse. Est-il besoin de préciser que sa grande expérience d'historien met l'auteur à l'abri de la partialité et de toute spéculation ou approximation. Plus qu'un récit académique, "Mulhouse et le catholicisme" se révèle un authentique témoignage de la vie quotidienne à Mulhouse, au lendemain de son plus important rendez-vous avec l'histoire.

SCHWEITZER A., Selbstdarstellung, Verlag Heitz et Cie, Strassburg.

SCHWEITZER A., Mitteilungen aus Lambarene, Verlag Heitz et Cie, Strassburg.

SCHWEITZER A., Zwischen Wasser und Urwald, Verlag Paul Haupt, Bern 1926.

SCHWEITZER A., Afrikanische Geschichten, Verlag Paul Haupt, Bern 1939.

SCHWEITZER A., Aus meinem Leben und Denken, Felix Meiner Verlag, Hamburg 1980. Es scheint mir, dass das Werk in Lambarene zu einem bedeutsamen Teil Flucht vor unserer moralisch versteinerten und seelenlosen Kulturtradition gewesen ist - ein Übel, dem gegenüber der einzelne machtlos ist. Nicht gepredigt und gewarnt hat er und nicht geträumt davon, dass sein Beispiel Vorbild und Trost für unzählige werde. Einfach aus innerer Notwendigkeit hat er gehandelt. Am Ende muss doch ein unzerstörbarer guter Kern in vielen sein, sonst hätten sie nie seine schlichte Grösse erkannt. Albert Einstein

SCHWEITZER A., Die Mystik des Apostel Paulus, J.C.B. Mohr (Paul Siebeck), Tübingen 1981. Das Pauluswerk gehört ohne Zweifel zu den bedeutesten Büchern über den Apostel Paulus, und das Prädikat " genial " ist kaum zu hoch gegriffen. H. Goos, Albert Schweitzer, Grösse und Grenzen, 1974.

SCHWEITZER A., Les grands penseurs de l'Inde, Payot, St Amand 1990. L'éthique, c'est la reconnaissance de notre responsabilité envers tout ce qui vit. Il y a deux sortes de mystiques : l'une se déduit du principe de l'identité de l'Esprit universel, l'autre découle de l'éthique. La mystique de l'identité, qu'elle soit indienne ou européenne, n'est pas éthique et n'est même pas à même de le devenir. On peut bien lui prêter un caractère éthique en attribuant une nature éthique à l'Esprit universel. Mais, sitôt que la pensée s'écarte, fût-ce d'un cheveu, de la constatation que l'esprit universel et l'Univers sont un mystère insondable pour nous, elle cesse d'être sur le chemin de la vérité. La pensée indienne moderne s'efforce de donner à la mystique de l'identité le caractère et la signification d'une mystique éthique. Elle y réussit aussi peu que Maître Eckart (environ 1260-1327) qui fit jadis la même tentative pour la mystique européenne. Les greffes de l'éthique ne prennent pas sur la mystique d'identité. La mystique née de l'éthique, par contre, peut admettre que l'Esprit universel et le monde restent un mystère insondable pour nous. N'ayant pas besoin de donner une explication au monde, elle n'entre jamais en conflit avec la connaissance du réel. Tandis que la mystique de l'identité n'accorde que fort peu d'estime à la science, se vantant de posséder une connaissance intuitive et immédiate du monde à côté de laquelle toute autre connaissance devient insignifiante, la mystique éthique reconnaît la valeur de toute connaissance. Elle sait que toutes les recherches et découvertes de la science ne peuvent qu'approfondir le secret que tout ce qui existe est volonté de vivre. La mystique de l'éthique se réclame de la "docte ignorance" (docta ignorantia) dont parlent les mystiques du Moyen âge. La docte ignorance de la mystique éthique est ignorance en ce qu'elle se résigne à ne rien comprendre au mystère qu'est le monde. Elle est docte en ce sens qu'elle sait que la seule chose qu'il nous soit possible de savoir et que nous ayons besoin de savoir, c'est que tout ce qui existe est vie et qu'en nous dévouant pour les autres êtres nous réalisons l'union spirituelle avec l'Infini qui porte en lui toutes les existences. La mystique éthique ne cherche pas à comprendre pourquoi l'Esprit universel prend connaissance de lui-même dans le pauvre esprit humain. Elle s'en tient humblement à la constatation que le pauvre esprit humain communie avec l'Esprit universel et trouve dans cette communion richesse, joie et paix. Dans la mystique éthique,  l'homme possède, comme des biens inaliénables, la plus grande spiritualité et le plus grand idéalisme. Plus la pensée de l'Inde deviendra éthique, moins elle pourra se contenter de l'interprétation éthique d'une mystique qui , par sa nature même, n'est pas éthique, et ne peut le devenir. Tôt ou tard, elle se trouvera amenée à abandonner cette mystique pour la mystique née de l'éthique Albert Schweitzer

SCHWEITZER A., Kultur und Ethik, Beck, München 1990. Ich habe in diesem Buche die Tragödie des bisherigen Suchens nach Weltanschauung geschrieben und selber einen neuen weg zur Weltanschauung beschritten. Wo das abendländische Denken zu keinem Ziele gelangte, weil es sich nicht resolut in die Wüste des Skeptizismus hineinwagte, durchwandere ich diese Wüste ruhigen Mutes. Sie ist ja nur ein schmaler Streifen, der der ewigen Oase elementarer , aus dem Denken über den Willen zum Leben kommender Weltanschauung vorgelagert ist. Indem ich auf diese neue Weise zur Weltanschauung zu gelangen suche, bin ich mir bewusst, damit nur mannigfache Ansätze zu dieser Denkweise, die in dem bisherigen Suchen nach Weltanschauung zutage getreten waren, zusammenzudenken und zu Ende zu denken. In dieses Buch aber lege ich auch meine Überzeugung hinein, dass die Menschheit sich in einer neuen Gesinnung erneuern muss, wenn sie nicht zugrunde gehen will. Ich vertraue ihm auch meinen Glauben an, dass diese Umwälzung sich ereignen wird, wenn wir uns nur entschliessen, denkende  Menschen zu werden. Albert Schweitzer.

SCHWEITZER A., BRESSLAU H., Die Jahre vor Lambarene, Briefe 1902-1912, C.H.Beck, München 1992. Der Briefwechsel zwischen Albert Schweitzer und Helene Bresslau, seiner späteren Frau, musste lange als verschollen gelten. Vor einigen Jahren wurde er wieder entdeckt, hier wird er zum ersten Mal veröffentlicht. Er ist ein grossartiges menschlisches Zeugnis aus der Zeit, in der sich diese beide Menschen, denen berufliche Erfüllung und Erfolg in Europa offengestanden hätten, zur Arbeit in Afrika entschlossen- ein Lebensdokument aus den "Jahren vor Lambarene". 

 "Was ich will, das kann kein Hirngespinnst sein. Dafür bin ich zu realistisch. Aber ich will mich aus diesem bürgerlichen Leben befreien, das alles in mir töten würde, ich will leben, als Jünger Jesu etwas tun. Das ist das Einzige, woran ich glaube - und an deine Freundschaft. Denn auch an sie glaube ich ! Aber die Leute lassen ja nicht zu, dass man aus dem Gewöhnlichen heraustritt, dass man sich aus seinen natürlichen Bindungen löst. Ja, aber ich würde darin zugrunde gehen. Ich muss mich daraus lösen."    Albert Schweitzer an Helene Bresslau, 26.02.1905.

SCHWEITZER A., Six essais sur Goethe, traduction et introduction de Jean-Paul Sorg, Études Schweitzeriennes, ACM éditions, Boofzheim 1999.

SCHWENGLER B., L'Alsace bilingue, Jérôme Do Bentzinger Editeur mai 2000.

UNGERER Tomi, A la guerre comme à la guerre, Dessins et souvenirs d'enfance, éd. la nuée bleue, 1992. A New York, j'avais un ami d'origine juive. Il était né à Auschwitz, ses parents y étaient morts, il y avait survécu les six premières années de sa vie. Que sont mes anecdotes comparées à une tragédie pareille ? La guerre nous a épargné, ma famille, mes proches et moi. Grâce à la ruse et au bon sens de ma mère, nous avons survécu à un régime totalitaire normalisé par le quotidien. Ce livre pourrait paraître un affront primesautier aux grands drames de la misère, de la violence et de la torture. Mais si je parle de cette époque comme on parle de grandes vacances, c'est que gamin j'ai cru assister, avec le détachement de l'enfance, simplement à un spectacle, comme de nos jours mes enfants regardent le télévision. J'ai au moins appris la relativité de la condition humaine, et je suis devenu un pacifiste à ma façon. Il n'y a pas d'antidote au préjugé, à la haine, à l'injustice, sinon la prise de conscience personnelle qui nous dicte nos devoirsTomi Ungerer.

UNGERER Tomi, Mon Alsace, Texte de Paul Boeglin, éd. la nuée bleue, 1997. Chaque Alsacien porte dans son cœur une Alsace qui lui est chère, faite de souvenirs d'enfance, de paysages, d'émotions, de souffrances aussi. Lorsqu'on s'appelle Tomi Ungerer, cette Alsace intime devient un somptueux miroir dans lequel chacun retrouve tout à la fois sa petite histoire personnelle et un grand morceau d'humanité. Car Tomi Ungerer, l'un des plus grands artistes de sa génération, est autant Alsacien enraciné que citoyen du monde. Tendresse et provocation, humour et nostalgie : quand Tomi Ungerer dit "Mon Alsace", c'est d'une région gaie, colorée, sentimentale, complexe, ambiguë parfois, qu'il nous parle. Et d'amitié aussi. Pour Tomi - Paul Boeglin le montre dans son texte complice et incisif - l'enthousiasme et la générosité sont les moteurs de la vie. 

VIGEE C., Un Panier de houblon, la verte enfance du monde, èd. J.C.Lattès, 1994. Fable-océan, genèse, saga familiale, cette "verte enfance du monde" tient de tout cela. Certes cette communauté juive alsacienne de l'entre deux guerres, si riche de ses particularismes, de ses traditions et de ses croyances, n'existe plus. Mais Claude Vigée y est né, y a grandi, et voilà que revivent toutes ces petites gens, merciers, colporteurs, ramasseurs de houblon. Personnages hauts en couleur, récits cocasses, dramatiques, tendres, toute cette vie de l'Alsace, modeste et destinée à l'oubli, nous revient en pleine lumière. De la même manière que Balbec et Méséglise, par la grâce de Proust, ne quitteront plus notre imaginaire, de la même manière Seebach et Bischwiller, par celle de Claude Vigée, appartiendront à notre mémoire.

VIGEE C., La maison des vivants, éd. la nuée bleue, 1996. Claude Vigée, qui a donné le long récit de ses souvenirs intimement liés à l'histoire de sa famille en Alsace dans Un panier de houblon, reprend les photos qui ont ravivé sa mémoire. Il les mêle à cette méditation sur le temps qui passe sur les êtres, les liens entre les humains, les effets de l'Histoire sur l'histoire d'une famille juive en Alsace et plus particulièrement autour de Bischwiller où il est né. La maison des vivants est le nom du cimetière, en hébreu ; elle prête son titre à ce livre d'images, de poésie aiguë et de prose serrée et lumineuse, méditation ludique sur le travail et le sens du temps.

VOGLER B., Histoire des chrétiens d'Alsace, éd. Desclée 1994. La grande nouveauté de cet ouvrage est qu'il traite ensemble les catholiques et les protestants, avec une attention particulière à leurs relations parfois conflictuelles. A ce clivage confessionnel, auquel il faut ajouter l'importance des juifs, l'Alsace doit son originalité, politique et sociale, culturelle et spirituelle. L'affirmation d'une forte identité régionale dépend pour une bonne part de cette situation spécifique. Ce livre fait l'histoire des clercs, pasteurs et théologiens, mais plus encore celle du peuple chrétien avec ses pratiques, ses mentalités et ses sensibilités. Ainsi restitue-t-il le paysage concret qui exprime le christianisme en Alsace : églises et monastères, croix rurales des régions catholiques, art sacré, cantiques populaires, etc.     

VOGLER B., Histoire culturelle de l'Alsace, éd. la nuée bleue 1993.

VOGLER B., Histoire politique de l'Alsace, éd. la nuée bleue 1995.

WALTER H., L'aventure des langues en occident, éd. Robert Laffont, Paris 1994. " La répartition des langues ne semble pas créer de situations conflictuelles au Luxembourg : l'allemand est considéré, avec le français et le luxembourgeois, comme la langue de l'administration et de la justice, tandis que le français reste, sans poser de problèmes, la seule langue de la législation. Il est vrai que, depuis le 14° siècle, le Luxembourg connaît une longue tradition française, car les souverains du grand-duché avaient été élevés à la cour des rois de France. Les chancelleries des comtes du Luxembourg avaient abandonné assez tôt le latin pour le français et l'allemand, et elles avaient établi un bilinguisme écrit dès l'époque où, en 1354, le Luxembourg était devenu un duché. Ce bilinguisme de l'écrit s'est perpétué de nos jours, où il est même devenu un trilinguisme, car la grande presse donne les nouvelles et les analyses politiques en allemand et en français, présente les annonces administratives ou officielles uniquement en français, tandis que les annonces publicitaires et le carnet mondain, ainsi que le courrier des lecteurs, sont rédigés indifféremment dans les trois langues du pays. Le luxembourgeois, de son côté, n'a qu'une courte tradition écrite, qui ne date que de 1825. En 1850, une orthographe officielle a été proposée, qui tente de rapprocher les principes de l'orthographe de l'allemand et ceux du français, qui sont les deux langues principales de l'école. A l'école maternelle, on emploie le luxembourgeois, puis l'allemand, mais, dès l'âge de sept ans, l'enseignement se poursuit en français pendant tout le primaire et le secondaire. L'enseignement ne se fait pas en luxembourgeois, mais cette langue est enseignée comme une matière indépendante depuis 80 ans à l'école primaire, et depuis 50 ans dans le secondaire. C'est à l'école que s'opère, apparemment en toute sérénité, le passage de l'unilinguisme (tout luxembourgeois) au trilinguisme (luxembourgeois - allemand - français). Un bon exemple de ce trilinguisme naturel est offert par les séances dans les tribunaux : les témoignages y sont prononcés en luxembourgeois, les plaidoiries en français et le verdict est rédigé en allemand. Enfin, la langue de la télévision du Luxembourg est le français, mais la radio accueille les trois langues. Pays de cohabitation linguistique sereine, le Luxembourg pourrait sans doute servir de modèle pour tous les pays attachés à la diversité de leurs langues. "     Henriette Walter

 

WEBER J.J., Sur les pentes du Golgotha, Un prêtre dans les tranchées, éd. La Nuée Bleue 2001. Lorsque la Grande Guerre éclate , le jeune abbé Jean Julien Weber est appelé sous les drapeaux. Officier, il combat à la tête de ses hommes. Il affronte la mort et le danger en Alsace, à Notre-Dame-de-Lorette, dans les Vosges et la Marne. Prêtre et soldat, il a "conscience, comme l'écrit Mgr Joseph Doré, de répondre à un devoir qui est celui de sa tâche et de sa responsabilité de combattant luttant pour son pays. A chaque page, cependant, on sent le prêtre. On le sent dans le souci qu'il se fait pour ses hommes, dans la volonté d'être fidèle à ses obligations sacerdotales...". De 1916 à 1919, pendant les convalescences qui suivent blessures et maladies, Jean Julien Weber écrit des carnets de route. Sans fioritures ni effets, il raconte l'enfer des tranchées et des bombardements, la mort et le long calvaire des combattants pris sous les déluges de fer et de feu. Jean Julien Weber (1988-1981) fut évêque de Strasbourg de 1945 à 1966. assistant au trône pontifical à partir de 1958, il est nommé archevêque à titre personnel en 1962 et fait des interventions remarquées au concile Vatican

CASSETTES VIDEO, CD-ROM et CD :

- FAVART M., Les Alsaciens ou les deux Mathilde, une saga familiale à travers un siècle d'Histoire de l'Alsace, la sept-arte-france3-swf-sr-sdr-wdr-tsi-pathétélévision 1996.

- HUBER C., FISCHBACH M., ZIMMERMANN, D' bronchiolit, Rund um, FR3 Alsace, Strasbourg 1998.

- HUBER C, PRADEL J., SIMONETTA B., Bilinguisme Paritaire Précoce, émission TV Santé-vie, Paris 2001.

- HUBER , DAUL, DOVE, BASTIAN, Bilinguisme paritaire français-allemand en école maternelle d'Alsace en 2002, "12-14", journal télévisé d'actualité régionale. FR3 Alsace, Strasbourg 27/02/02.

- PFLIMLIN Pierre, Alsacien et militant de l'Europe, Centre Régional de documentation pédagogique d'Alsace, 1997.

- Le Monde Diplomatique 1984-1998, CD-ROM.

- MULLER Germain, HIRLE Mario, s' beschte vum Barabli, FR3 Alsace, Institut National de l'audiovisuel, Strasbourg 1994.

- SCHULTZ E., 900 Jahre Hildegard von Bingen, Südwestfunk Video, Baden-Baden 1997.

- VAN DORMAEL J., Le huitième jour 1996.

Musique : Leidenstadt (Fredericks, Goldman, Jones)

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