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Christophe Lamoure né le 21 janvier 1968 Professeur de philosophie Lecteur-correcteur Conférencier |
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Si vous souhaitez le commander, cliquez sur l'image. " Le PRIX DE L'EXCELLENCE Si j'étais habilité à distribuer des prix, je donnerais celui de l'excellence à Christophe Lamoure pour ses « 365 petits bonheurs philosophiques » Éditions Milan. Ce livre fonctionne comme une bombe. Pour toucher le plus grand nombre possible d’innocents, ce professeur de la France profonde explose la philosophie et en disperse les éclats avec une minuterie d’une grande précision. Tout cela vient des siècles et semble écrit pour les gens d’aujourd’hui en prouvant de façon éclatante que la philosophie n’est pas réservée à l’usage exclusif des lycéens et de quelques professionnels. Pour ne donner qu’un exemple je citerai un fragment d’une phrase d’Hippolyte Taine parmi celles que l’auteur a exhumées pour nous montrer que la philosophie a de beaux restes : « Suivre sa vocation, chercher dans le grand champ du travail l’endroit où l’on peut être utile, creuser son sillon ou sa fosse… » Chacun peut y trouver son compte. Certes, le lycéen y trouvera une incitation à une mûre réflexion pour son orientation. Mais, après méditation, le futur stagiaire s’intéressera aux débouchés avant de contacter une entreprise, le demandeur d’emploi rédigera autrement sa lettre de motivation et son curriculum vitæ, le salarié y trouvera des raisons de se perfectionner et d’envisager des recyclages, le consultant, l’expert et le travailleur indépendant se décideront à de courageux repositionnements. Et surtout, peut-être, l’employeur et le gestionnaire des ressources humaines considèreront-ils autrement, un personnel qui connaît sa vocation, cherche l’utilité et creuse son sillon. Le « grand champ du travail » est en rapide et perpétuelle évolution. Les savoirs et les savoir-faire se multiplient et se diversifient. L’emploi est une dynamique présente qui doit inlassablement être repensée en fonction des réalités futures. Si les profils de carrière existent, c’est à posteriori. L’excellence a ses contraintes. Elle a ses risques. Elle a un coût. C’est pour cela qu’elle a aussi un prix. C’est le prix du travail, de l’intelligence, de la volonté et du courage. C’est pour cela que chacun doit creuser. Plutôt son sillon que sa tombe. Merci à Hippolyte et bravo au prof ! Pierre Auguste Le 5 février 2004" http://www.dijon.enligne-fr.com/ |
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Si vous souhaitez le commander, cliquez sur l'image. Philosophie et tennis par Karine PapillaudLire, juillet 2004 / août 2004 Il faut être rudement gonflé pour comparer Nietzsche à Henri Leconte, Jimmy Connors à Voltaire, et associer la parabole de la caverne platonicienne à l'apprentissage du tennis! Cette audace, a priori délirante, Christophe Lamoure la relève dans un petit précis philosophique très argumenté, dédié à son amour pour le tennis. Le joueur, placé au centre d'un univers circonscrit de lignes blanches, est passé au crible d'une réflexion méthodologique qui vérifie les théories des grands philosophes à l'aune de la balle jaune et du short blanc. L'enthousiasme inconditionnel de l'auteur déborde parfois dans un lyrisme poétique réjouissant. Il s'agit d'un jeu, c'est donc tout à fait sérieux. Le carré de service est-il cartésien? Eléments de réponses avec Christophe Lamour, professeur de philosophie et ancien joueur. Par Gilles DHERS vendredi 28 mai 2004 (Liberation.fr - 15:17)
«L'univers du tennis ne me semble pas devoir se résumer à la simple performance», dit Christophe Lamoure. «Dans le tennis, on assimile bien d'autres choses qu'une technique. Une façon de se découvrir, soi-même, de découvrir les autres et la nécessité de composer avec le réel.» C'est pour cela que ce prof de philo, ancien joueur de bon niveau, a écrit « Petite philosophie du tennis » (1). Un singulier et savoureux ouvrage dans lequel il se livre à un va-et-vient permanent et jamais prétentieux entre la matière qu'il enseigne et le sport qu'il pratique encore et aime toujours. Voici, selon lui, les vertus philosophiques que devrait posséder tout joueur de tennis. Sur le court municipal de la sous-préfecture de la Creuse ou sur le central de Roland-Garros. Entretien. Le stoïcisme. « C'est une philosophie qui vise à distinguer ce qui dépend de vous et ce qui n'en dépend pas et enseigne que notre volonté doit s'attacher aux choses sur lesquelles elle peut être efficace. En tennis aussi, il faut opérer un partage entre ce qui dépend de moi (ma concentration, mon jeu, ma tactique) et faire abstraction des éléments sur lequel je n'ai pas de prise (le temps, la qualité du court, l'arbitrage). Une telle attitude est la marque de l'homme libre selon les stoïciens, le tennis de ce point de vue peut être une école de liberté.» Platon. «Dans l'allégorie de la caverne, il nous apprend à ouvrir les yeux sur le réel. En tennis, on apprend à voir, à ne jamais lâcher la balle du regard. Quand on débute, on croit que voir est simple. C'est alors que l'on frappe à côté de la balle ou qu'on la cadre mal. Le tennis éduque le regard, il apprend à voir vite et juste. Ma perception immédiate du réel demande à être accommodée comme Platon nous demande d'accommoder le réel pour le distinguer des illusions. » Aristote. «Il apprend à faire preuve de prudence dans l'existence, à rapporter nos actes à nos possibilités et à nos moyens. C'est un précepte essentiel pour un tennisman qui doit jouer avec ses moyens pour ne pas « surlouer» au risque de tout perdre. Il faut bien connaître ses talents et ses défauts pour user des premiers de la façon la plus adéquate. » Épicure. « La question du désir figure au centre de son enseignement. Pourquoi joue-t-on au tennis? Pour éprouver un plaisir, indépendamment de la défaite ou de la victoire. Il me semble parfois que les joueurs perdent de vue le plaisir au profit de la richesse, de la gloire ou de la célébrité, qui, pour Épicure, sont des désirs non naturels et non nécessaires. Certains joueurs l'ont perdu de vue, Ils ont oublié pourquoi ils jouent. Ils font alors souvent l'expérience de la lassitude.» Descartes. «Il parle de générosité. Pour lui, il s'agit de la capacité à se déterminer pour un but et s'efforcer de l'atteindre de toute son âme, sans réserve. L'engagement total est le propre des grands champions. Il est une parade efficace contre le doute, toujours menaçant.» Nietzsche. «Les joueurs pensent-ils sur un court? Comme l'enseigne Nietzsche, il faut penser sans réflexion. Penser sans se regarder penser. Il faut une pensée en actes, qui se confonde avec le corps. Corps et pensée doivent être en harmonie parfaite. Quand un joueur commence à se regarder penser, qu'il introduit du doute, de la distance, qu'il commence à se demander ce qu'il fait sur le court, il risque de perdre ses moyens. C'est typiquement le cas d'Amélie Mauresmo, quand elle commence à gamberger. Elle n'est alors plus dans la pensée mais dans la réflexion. Pour gagner au tennis, il ne s'agit pas de ne pas penser mais de penser comme Nietzsche quand il dit: «La grande raison, c'est le corps.». (1) Milan, 119 pages, 13,50 ¤ Une finale Aristote-Socrate
Par Gilles DHERS vendredi 28 mai 2004 (Liberation.fr - 15:16)
«Un beau match de tennis s'élabore à la façon d'une controverse opposant deux orateurs de force voisine, disposant d'atouts propres à contrarier la logique de l'adversaire», écrit Christophe Lamoure, dans «Petite philosophie du tennis». Les grands philosophes avaient leur méthode. Les grands tennismen ont leur style. Tentative de rapprochement. Borg et Socrate. Tout comme Socrate use ses interlocuteurs en leur lançant au visage de nouvelles questions jusqu'à ce que leurs réponses soient insuffisantes et qu'ils finissent par rendre les armes, Borg renvoie la balle jusqu'à ce que son adversaire soit à bout de forces et d'imagination. De ce point de vue, et au regard des deux matchs qu'il a gagnés en cinq sets, Santoro a «fait du Socrate» avec beaucoup de brio. Connors et Voltaire. La capacité de Voltaire est moins de développer une longue argumentation structurée que de disqualifier le point de vue adverse d'une formule. D'un coup, Connors était capable de déborder son adversaire sans s'engager dans un dialogue trop long. C'est aussi le cas de Safin. McEnroe et Nietzsche. Nietzsche a inventé une façon nouvelle de philosopher en rompant avec la tradition d'un échange policé d'arguments rationnels. Il a introduit le pamphlet, le poème, l'aphorisme dans la poésie. McEnroe a lui inventé une nouvelle façon de jouer au tennis, par exemple avec son service totalement atypique. Chacun de ses matchs était une réinvention du tennis. Il pratiquait un tennis d'artiste, plein de risques et d'audaces. Comme Leconte et aujourd'hui Escudé. Federer et Aristote. Aristote était l'homme de tous les savoirs. Federer est le tennisman encyclopédique qui sait jouer tous les coups du tennis avec la même excellence, capable de tenir un discours sans faille, il peut gagner face à n'importe quel adversaire et sur n'importe quelle surface.
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Le Devoir LIVRES, samedi 15 avril 2006, p. f10 Métaphysique pour jeunes Cornellier, Louis Le professeur de philosophie Christophe Lamoure, à qui l'on doit une sympathique Petite Philosophie du tennis, a décidé d'écrire à un jeune afin de partager avec lui les aléas et dédales de l'expérience philosophique. Mais attention, prévient-il en avant-propos de ses Lettres à un jeune philosophe: «Ces lettres ne sont pas une invitation à la philosophie; nous ne décidons pas d'aller à la philosophie, et nul ne peut y conduire un autre. On va à la philosophie sous l'effet d'une attraction irrésistible et qui tient à une complexion très personnelle.» Et cette rencontre, toujours, saisit plus qu'elle ne réconforte, comme ce fut le cas pour le noble Platon, à qui le pouvoir, la richesse et la gloire tendaient les bras: «Platon a rencontré Socrate et, en rencontrant Socrate, Platon a rencontré la philosophie. Rencontre étrange. La philosophie n'a pas un visage avenant: Socrate nous est décrit comme un homme très laid.» Oui, écrit Lamoure à son jeune correspondant, la philosophie désarçonne parce qu'il «s'agit plutôt d'une parole errante, et l'écouter ne rend pas plus intelligent, au contraire c'est une épreuve qui rend plus confus», malgré les prétentions des brillants sophistes qui prônent l'efficacité. La parole de Socrate, pour Lamoure, incarne cette perplexité qui est la grandeur de la philosophie: «Il ne parlait pas mieux que les autres, il parlait autrement.» Et une fois qu'on y a goûté, on ne peut plus s'en passer, même si, devant elle, comme l'écrivait Heidegger, l'homme apprend qu'il ne peut être qu'un débutant. Une parole errante Contrairement à une foule d'ouvrages d'introduction à la philosophie qui ont pour but de présenter un panorama des grandes pensées ayant marqué l'histoire de cette matière, ces Lettres à un jeune philosophe déploient plutôt une parole errante qui explore certains domaines aujourd'hui négligés par la pratique philosophique, notamment et particulièrement celui de la métaphysique, qui «s'intéresse aux êtres invisibles, ceux qui ne s'offrent pas à nos sens». Cette dernière, écrit Lamoure, récupérée, d'une part, par la religion et rejetée, d'autre part, par le discours scientifique, a perdu sa légitimité, entraînant dans sa chute le concept d'âme, aujourd'hui devenu suspect: «Nous avançons d'un pas toujours plus décidé vers une vie toujours plus creuse. Bronzés, minces et musclés, nous sourions à une plate existence. Nos corps sont dynamiques et cependant inanimés. Nous payons le prix d'une négligence: l'oubli de l'âme. Nos âmes sont affamées.» Aussi, dans un bel essai de réhabilitation de la métaphysique, Lamoure rappelle que le concept d'âme «implique que chaque être humain est irréductible à un donné qu'on peut manipuler et décoder de part en part» et que l'espace de la métaphysique, celui «de la pensée et de la raison, non celui de la connaissance et de l'entendement», est le seul qui permet de vraiment penser la question du mal sans la réduire à une plate mécanique matérialiste. Le mal, en effet, ne serait-il que «l'effet d'une mauvaise distribution des organes, le résultat de quelque production hormonale anormale»? Nul besoin, alors, de penser puisqu'il s'agit de «traiter les maux», en faisant passer à la trappe le concept de liberté. L'ordre de l'humain Contre cette logique positiviste qui prétend que «tout problème réclame et connaît une solution», Lamoure rappelle que le monde métaphysique décèle un autre ordre, celui de l'humain, qui «se caractérise par le surgissement de questions qui ne connaissent pas de solution mais qui exigent la réflexion. La question du mal appartient à ce registre. [...] À mon idée, un monde sans métaphysique est un monde sans pourquoi.» Et la philosophie n'est pas ailleurs que dans ce pourquoi et dans les réflexions qu'il suscite, positives avec Platon, négatives avec Cioran, mais impensables en l'absence du «goût de l'absolu». «Je suis curieux, avoue Lamoure, d'interroger les circonstances qui peuvent conduire à la philosophie quand ses traits paraissent si rébarbatifs.» Les traits de Socrate aussi l'étaient, rébarbatifs, mais on ne pouvait plus s'en détacher parce qu'ils ouvraient, comme l'amour qui est lui aussi un pourquoi sans solution, «les yeux de l'âme». Lettres à un jeune philosophe Christophe Lamoure Milan Toulouse, 2006, 132 pages |
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