Oscar Sisto

Argentins à Paris - Argentins en France

Oscar Sisto

Sur les traces d’Astor Piazzolla, Hector Bianchotti (premier étranger à l'Académie française), Julio Cortázar et tant d'autres qui ont trouvé en France une deuxième patrie, des Argentins de talent continuent à faire vivre cette éternelle histoire d'amour qui lie la France à l'Argentine.

En ce moment la pépinière de talents à sensibilité européenne qu'est Buenos Aires allume les feux de sa rampe sur un de ses enfants préférés : Oscar Sisto, comédien, metteur en scène, compositeur et professeur de théâtre. Il vient de s’intégrer à l'équipe de Star Academy. Sa présence insuffle à l'émission une nouvelle énergie et beaucoup de professionnalisme. Il suffit de comparer la première version et l'actuelle pour être frappé par la qualité artistique acquise par l’incorporation de cet homme de talent.

Après la réputation conquise par son personnage dans Mortadella d'Alfredo Arias, Oscar Sisto vient de nous offrir une nouvelle preuve de son talent avec Oncle Vania, mais son vrai chef d’œuvre a été "Le rêve argentin" au Théâtre du Renard.

De nombreux amateurs ont été déçus de ne pas avoir eu accès au spectacle. La pièce aurait connu un grand succès si les dimensions du théâtre et une saison plus longue avaient permis une plus grande fréquentation.

Le rêve argentin est l'histoire d'un compositeur italien émigré en Argentine qui voit ses rêves de gloire s'effondrer petit à petit. Oscar Sisto y est royal. Il dirige, joue, crée les décors et compose la musique. Celle-ci est omniprésente, non seulement par le sujet de la pièce mais par l'émotion et la profondeur de son message. Sa sonorité faite de tango argentin et d'opéra italien, est à la mesure de l'âme du "porteño", l'habitant de Buenos Aires. Les moments musicaux sont courts mais intenses et leur esprit continue à hanter la scène quand les notes cessent pour laisser la place aux dialogues. Ceci est dû en grande partie grâce à la participation d'un autre Argentin dont la sensibilité et le talent se complémentent à merveille avec celui d'Oscar Sisto, l'orchestrateur Mario Litwin. Les mélodies d'Oscar Sisto prennent un relief mythique par la magie sonore de l'arc-en-ciel musical fourni par Mario Litwin.

Les orchestrations de Mario Litwin du "Rêve argentin" sur la musique d'Oscar Sisto illustrent le cosmopolitisme esthétique des musiciens argentins. Colonialisme culturel ou ouverture d'esprit ?  De Lalo Schiffrin à Gato Barbieri en passant par Alfredo Arias et Jérôme Savary, les Argentins sont fiers de cette diversité et les musiciens ravis de leur éclectisme.

 

Mario Litwin

Mario Litwin vit retiré du monde ne se consacrant qu'à sa seule passion, la musique.

Arrivé en France en 1974 avec les comédiens Leonor Galindo (aujourd'hui Léonor Galindo - Frot) et Hector Malamud, il gagne sa vie à l'époque en faisant avec ses compagnons des tournées en tant que musicien avec le groupe théâtral "du Grand Rêveur".

Consacré plus tard à la pédagogie et à la recherche sur la musique de film, sa vie change avec la publication en 1993 de son livre "Le film et sa musique" aux Éditions Romillat.

Quelques journalistes ont décrit ce livre comme un livre "grand public, d'initiation, facile à lire, etc.". Ce n'est qu'une illusion provoquée par la première lecture, car "Le film et sa musique", d'après l'avis des experts, est un livre dense et une source de richesse dont la lecture -malgré quelques maladresses de style- peut octroyer de la substance pour plusieurs années d'étude.

Si le succès d'un livre se mesure au nombre d'exemplaires vendus, celui du "Film et sa musique" se discerne plutôt par le nombre de lecteurs. Tiré à peine à quelques milliers,  il circule de main en main à travers un public de spécialistes et de passionnés. Il est lu, relu, prêté, photocopié et même "oublié" d'être rendu dans les bibliothèques publiques, lorsqu'il n'est pas tout simplement volé.

Mario Litwin vit depuis 1993 grâce à la notoriété marginale que lui accorde la diffusion presque souterraine de ce livre parmi les initiés. Il a influencé quelques compositeurs célèbres de musique de film -qui se préserveront bien entendu de l'admettre-.

Référencé dans les plus prestigieuses écoles de cinéma du monde, son contenu éclipse la personnalité de l'auteur.  "L'année dernière je n'ai pas eu le droit d'entrer à un congrès où la discussion de quelques passages de mon livre faisait partie de l'ordre du jour" déclare amusé Mario Litwin.

Cependant cette absence de gloire personnelle l'enchante plutôt que ne l’attriste.  Éloigné du monde, Mario Litwin puise son inspiration dans la solitude de sa demeure dans le flanc d'une montagne au cœur des Pyrénées (*) d'où on peut admirer en hiver à travers la baie-vitrée l’éclat de la vallée enneigée. La solitude, dont Marguerite Duras disait : "c'est l'élément essentiel sans quoi on ne peut rien faire" y est omniprésente. "La solitude est un luxe et l'amour de la solitude une grâce" dit Mario Litwin "c'est comme être amoureux de l'univers".

Pas de télévision, ses éditeurs la regardent pour lui. Pas de journal, l'état du monde l'afflige. Pas du courrier, le facteur n'y arrive pas. Seuls les cris des oiseaux, le souffle du vent et la musique de son studio brisent le silence éternel des sommets. 

Mais l'ours des Pyrénées n'a pas l’occasion de rester longtemps dans sa tanière. Avec un pied-à-terre à Paris, un autre à New York et un autre à Tokyo, (son Buenos Aires natal ne lui manque pas), il dévale souvent la pente pour s'occuper des business que sa musique réclame.

 

Ricardo Mosner

Ricardo Mosner, né en 1948 à Buenos Aires ( Argentine ), vit et travaille à Paris. 

Entre 1970 et 1980, il a créé et joué une vingtaine de spectacles picturaux avec sa troupe, le "théâtr'en poudre". 

Peintre, sculpteur et graveur, il a participé à de nombreuses expositions collectives, dont les Ateliers de l'ARC au Musée d'Art Moderne, la Biennale de Paris en 1985, la Triennale des Amériques, les "Murs Peints" du Centre Pompidou, la Biennale de Sculpture aux Pays-Bas... 

Il a présenté une centaine d'expositions personnelles en France et à l'étranger. 

Concepteur de pochettes de disques, de couvertures de livres et d'affiches (musique, cinéma, théâtre), il est l'auteur de l'affiche du Festival d'Avignon 1999, où s'est tenue simultanément l'exposition "Il théâtre" à la galerie Marina, de l'affiche du Festival du Bandonéon à Gennevilliers avec l'exposition "Affiches musicales de Mosner" en 2001 et des deux affiches du Festival "Tempo Latino" 2000 et 2001 (Gers). 

Il collabore régulièrement aux "Papous dans la tête" sur France-Culture. 

Dans le domaine de l'édition, on peut noter la parution de sa première monographie, "Ricardo Mosner, l'inventaire" publiée aux éditions Yéo-Area, de "Paroles Libertaires" où ses peintures illustrent une sélection de textes et la préface d'Etienne Roda-Gil et le "Nougaro illustré par Mosner", tous deux aux éditions Albin Michel ainsi que la production de nombreux livres d'artistes et de bibliophilie. 

Il réalise la commande de la création des chars, échassiers et costumes de la "Carnavalcade" de Saint-Denis en l'an 2000, ainsi que l'affiche de la manifestation. 

"Ricardo Mosner, petite machine en perpétuelle attention au monde, qui croque avec voracité dans  d'innombrables carnets toutes les figures de ses déambulations, ce cinéaste des foules intérieures piège ses propres ombres. 
"Quand j'étais à Buenos Aires, je me sentais très peu argentin, avoue-t-il. C'est en France que je le suis redevenu". Véritable caméra des fantasmes de sa ville natale, ce rapporteur pour aveugles ne cesse de recréer avec une boulimie déconcertante les archétypes du mythe argentin: danseurs de tango aux cheveux noirs et huilés à la Carlos Gardel, gouapes élégantes portant foulard et chapeau, prostituées métisses d'indiennes et d'italiennes, adossées en bas résille aux murs de rues sans joie, machos et rachos, nus et morts." 
                                                                    
Emmanuel Daydé (in "Uno" Ed.Tiempo) 


                                                        Benvenuto

 

Bientôt d'autres Argentins à Paris célèbres d'hier et d'aujourd'hui dans cette page :

Vos réactions seront appréciées -

 

(*) Perdon, Mario Litwin, por revelar su secreto "mais c'est trop beau pour le taire".