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D’origine alsacienne,
mais né dans le Puy-de-Dôme, Pierre Schoendoerffer a été catapulté
aux premiers rangs de la mise en scène française avec son film « la
317° Section ».
Pour vous le situer, le Schoendoerffer de cet époque-là, sachez que je
venais de bourlinguer pendant 18 mois sur un cargo suédois. J’avais à
peine 19 ans. Mon premier départ en Asie, je le dois à un article de
Bromberger. Il était consacré aux caméramen du Service cinématographique
des Armées en Indochine.
Ce fut le coup de foudre. Moins d’un mois après la lecture de
l’article, je signais un engagement de deux ans du S.C.A. Je débarque
à Saïgon en 1952, connaissant assez mal mon métier – entre nous,
j’avais un peu bluffé sur mes capacités de cinéaste. Tout de suite on
m’envoie dans le « grand bain » Le Colonel Langlais dira de lui « il tenait sa caméra comme une
mitraillette ». Menant la vie des combattants, dont il gagne l’amitié, cet opérateur
avec le grade de caporal-chef partage
leur fatigue et leurs souffrances, leurs joies et leurs angoisses. Volontaire pour les grosses opérations, il se fait parachuter plusieurs
fois, entres autres au camp retranché de Nasan où des combats très durs
se poursuivent. Enfin, Schoendoerffer participe à la bataille de Diên Biên
Phu où il fut fait prisonnier.
Libéré et démobilisé, il décide de rester au Viêt-nam comme grand
reporter avant de se livrer en Malaisie à de nombreux reportages
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photographiques pour le compte des Américains.
Ils paraissent dans
«Look» et «Life». Avec l’argent gagné (beaucoup
dit-il), l’ancien correspondant de guerre voyage autour du monde,
s’arrêtant à Hollywood et au Japon pour effectuer des stages dans les
studios de cinéma. Il rentre en France en juillet 1955. Deux jours après
son débarquement au Havre, Pierre Schoendoerffer est embauché par Pathé.
Sur-le-champ, il est envoyé au Maroc où gronde la révolution. Il réalise un court métrage sur la danse produit par Eddie Constantine.
Je n’étais qu’assistant réalisateur. Mon premier vrai film
je l’ai tourné avec Jacques Dupont : « La Passe du Diable »,
d’après un scénario de Joseph Kessel. L’histoire se déroule en
Afghanistan. Nous avions Raoul Coutard comme chef opérateur. Puis, je
mets en scène « Ramuntcho » et « Pêcheur d’Islande ».
Ces deux films n’ont pas eu un gros succès commercial. Loti est un
auteur démodé. Après leurs
demi-échecs, je pars au Yémen et en Algérie, pour la télévision
Profondément marqué par son expérience
indochinoise, Pierre Schoendoerffer s’aplique à la rédaction d’un
roman comptant un épisode de cette douloureuse aventure. Le livre
s’intitulera « La 317° Section » ...
tout comme son film, l’une des meilleures productions sur la tragédie
de la guerre d’Indochine (1964), qui a obtenu le prix du meilleur scénario
au Festival de Cannes l’année suivante.
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Son documentaire sur les américains
au Viêt-nam, « la Section Anderson » (1967), est primé plusieurs
fois.
Schoendoerffer explore toujours la
même veine de l’esprit militaire et les problèmes coloniaux avec
« le Crabe-Tambour » (1977) – son film le plus célèbre, récompensé
par plusieurs Césars, qui raconte l’histoire d’un officier « perdu »
des guerres d’Indochine et d’Algérie -, « l’Honneur d’un
capitaine » (1982) – ce long métrage également primé est un manifeste de réhabilitation de l’armée toujours dans le
contexte de la guerre d’Algérie -, et « Diên Biên Phu »
(1992), grande épopée qui illustre la guerre d’Indochine.
Egalement écrivain, Pierre
Schoendoerffer obtiendra le prix Vauban 1984 pour l’ensemble de son
oeuvre littéraire et cinématographique. Elu membre de l’Académie des
Beaux-Arts (1988), cet homme de bravoure et de conviction aux talents
reconnus est Officier de la Légion d’honneur, médaillé militaire,
officier de l’Ordre National du Mérite, décoré de la croix de guerre
(6 citations) et Officier des Arts et Lettres.
Extraits d’une interview recueillie par J.-Claude Cayeux, de la
fiche filmographique IDHEC sur la « 317ème Section »,
des données encyclopédiques Hachette Multimédia et
de l’international Who’s who 2002.
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