1985: The purple rose of Cairo, de Woody Allen

 

 

1985

 

 

 

 

 

The purple rose of Cairo /

 

 

 

 

 

la rose pourpre du Caire

 

 

 

 

 

 

Réalisateur : Woody Allen.

Scénario : Woody Allen.

Photographie : Gordon Willis.

Musique : Dick Hyman.

Production : Orion Pictures.

Interprètes : Mia Farrow, Jeff Daniels, Danny Aiello, Irwing Metzman, Stephanie Farrow.

Durée : 81 min.

 

Résumé : Une femme passe son temps au cinéma pour fuir sa vie ennuyeuse. Elle tombe amoureuse d'un acteur ne cessant d'aller voir le film dans lequel il joue. Puis, un jour, cet acteur lui offre la possibilité de découvrir le monde de la fiction.

 

 

 

 

 

 

Stig Björkman interroge Woody Allen :

 

Naturellement, vous avez vu Sherlock junior, de Buster Keaton. Ce film vous a-t-il inspiré, pour La Rose pourpre du Caire ?

- Que les choses soient claires : je ne me suis absolument pas inspiré de Sherlock Junior. Je l'avais vu des années auparavant, mais je crois vous avoir déjà dit ce que je pense de Buster Keaton. Quoique parfois extrêmement brillants, ses films ne comptent pas parmi mes préférés.  L'idée de faire rentrer le personnage dans l'écran m'est venue bien après avoir commencé la rédaction du scénario.

A l'origine, voilà comment se présentait l'histoire : un personnage qui hante tous les rêves d'une femme sort de l'écran. Cette femme en tombe amoureuse, et quand survient l'acteur qui incarne ce personnage, elle se trouve obligée de choisir entre la réalité et la fiction. Naturellement, nul ne peut jamais choisir la fiction, sous peine de sombrer dans la folie. Il faut donc choisir la réalité.  Mais le problème, avec la réalité, c'est qu'elle s'avère souvent pénible. C'est aussi simple que ça.  Toutes les autres idées me sont venues au fur et à mesure que j'écrivais.

 

Croyez-vous que les films qui passent à la télé le matin et l'aprèsmidi puissent remplir la même fonction ?

- jusqu'à un certain point. Comparée au cinéma, la télévision représente une tout autre expérience, car non ritualisée. Le grand plaisir était de pénétrer dans d'immenses salles obscures, sous d'énormes lustres. Les cinémas avaient un certain cachet, ils étaient totalement coupés de la réalité extérieure. Chez vous, quand vous regardez la télé, il y a le téléphone qui sonne tout le temps, sans compter la lumière. Ça peut avoir son charme, mais pas le charme des vieux cinés.  Parfois, lorsque je me retrouve chez moi, seul, désœuvré, ou un peu déprimé, j'allume la télé, qui passe justement un film intéressant ; et même si le l'ai probablement déjà vu, je prends tout de même le temps de le regarder.

 

Dans le film, il y a une séquence empreinte d'une grande beauté et d'une puissante nostalgie : celle de la virée nocturne en ville.

- Une telle séquence sort tout droit des films de mon enfance. L'opérateur du film, Gordon Willis, et moi-même, avons grandi en buvant des yeux, en nous gorgeant de ce genre de films, comme on se gorge du lait de sa mère. Aussi n'avons nous eu nul besoin de nous documenter pour réaliser la séquence en question. Il nous a suffi de prendre le temps d'en discuter, pour l'imaginer, telle que vous l'avez vue.

 

 

 

 

 

 

Les années 80.