|
Certains historiens de l'art divisent le classicisme français en deux périodes, l'une commençant dès le XVIe siècle et s'achevant à la mort de Louis XIII, la seconde couvrirait la période du règne personnel de Louis XIV (1661-1715). S'il l'on admet cette classification, reste que dans les lignes qui suivent, il ne sera question que de ce deuxième temps, appelé classicisme ludovicien, et qui concerne tous les arts visuels : architecture religieuse, civile et militaire, sculpture, peinture, arts décoratifs, art des jardins.
Comme en littérature, l'esthétique classique se réfère aux conceptions esthétiques héritées de l'antiquité, de Platon, d'Aristote, de Vitruve (que Charles Perrault traduit en 1673) notamment, s'inspirant également des réflexions des artistes italiens du quattrocento. L'état quand à lui contrôle l'art par le biais des Académies royales ; Louis XIV lui-même dirige les constructions de Claude Perrault, de Jules Hardouin-Mansart, Le Vau, etc., et avant tout les agrandissements du château de Versailles, sur le modèle de Vaux-le-Vicomte, et qui deviendra à son tour le modèle de l'architecture classique. L'art classique est avant tout un art officiel, chargé de donner à la France et au roi l'éclat, le prestige et la noblesse dans toute l'Europe.
Les finalités de l'esthétique classique, sont les mêmes que dans la littérature. L'art classique tend à l'intemporalité, se veut le triomphe de la raison sur les passions, recherche l'équilibre, les bonnes proportions, la clarté, l'harmonie, l'ordre et la mesure, et prend ainsi le contre-pied sur le baroque.
|
|