Mdina
"La porte de Mdina permet de traverser les Howard Gardens, bel espace
vert. Déjà occupée par les Grecs, la ville est baptisée Melita (la "ville
du miel") par les Romains, sans doute en raison des nombreuses ruches de
l'île. C'est ici que Publius, gouverneur romain, aurait été converti par
saint Paul, en 60 apr. J.-C. Mais sont les Arabes qui, dès leur arrivée
en 870, donnent à la ville son nom actuel de Mdina (la "Cité") et la
séparent de Rabat en édifiant des remparts et en creusant le fossé qui protège
encore la partie S.-O. de la ville. Près de 350 ans plus tard, le comte
Roger inaugure le règne des Normands qui laisse a cette cité médiévale ses
plus beaux monuments avant que le tremblement de terre de 1693 n'en détruise
une grande partie. La ville prend le titre de Città Notabile (la "Notable").
Durant le Grand Siège, elle s'engage dans un dans un dur combat contre l'envahisseur
ottoman : un prisonnier turc est pendu chaque jour en haut des remparts.
Mais la construction de la nouvelle capitale, La Valette, marque déclin
de Mdina : celle-ci perd une partie de ses pouvoirs (en particulier ceux
liés à "l'Université", le gouvernement maltais), sa population décroît et
elle devient la Citta Vecchia ou "Vieille Cité". Lorsque le grand maître
Manoel de Vilhena y entre en 1722, il trouve une ville presque déserte.
Aujourd'hui, la population de Mdina ne dépasse pas les 500 hab. environ, parmi lesquels on compte les membres de quelques unes des grandes familles de la noblesse dont elle fut le refuge. Ville historique, ville musée perchée à 210 m sur une proéminence rocheuse, Mdina conserve dans ses rues étroites une vie mystérieuse que semblent protéger ses églises, ses palais et ses couvents. Les Maltais l'ont renommée la "cité du Silence".
Le musée d'histoire naturelle
Longtemps utilisé en tant qu'hôpital, le palais abrite aujourd'hui ce musée. Dans un cadre un peu vieillot, il présente d'intéressantes collections de fossiles, de mammifères, de poissons et d'insectes de l'archipel.
L'église Sainte-Agathe
Édifiée en 1417, elle fut reconstruite par Lorenzo Gafa en 1694. Son maître-autel est l'oeuvre de Giuseppe d'Arena (1633-1719).
Casa Inguanez
Sur la g., une façade moderne dépare cet ancien palais, qui porte le nom de l'une des plus anciennes familles de la noblesse maltaise. Ses membres exercèrent très souvent les fonctions de capitaine de la Verge, le plus haut poste de l'Université. C'est ici que résida Alphonse XIII d'Espagne lors de sa visite à Malte en 1927. Aujourd'hui encore, les rois d'Espagne peuvent disposer de cette maison.
De style baroque bien que dotée d'une façade monumentale peu chargée pour l'époque, la cathédrale Saint-Paul est le chef d'œuvre de Lorenzo Gafa (1630-1710). Elle a été édifiée en 1702, après cinq ans de travaux a l'emplacement d'une première église datant de la fin du XIIe S. et détruite par le tremblement terre de 1693. Seuls le chœur et la sacristie échappèrent au désastre et furent intégrés à la nouvelle construction par Gafà. On peut d'ailleurs retrouver cette ancienne église dans deux fresques de Mateo Perez d'Alessio au Palais des grands maîtres. L'intérieur de cathédrale est richement décore notamment par plusieurs peintures de Mattia Preti, dont un superbe Naufrage de saint Paul, et par une belle croix processionnelle en argent massif rapportée de Rhodes par les chevaliers. Comme dans la cathédrale de La Valette, le pavement est recouvert d'étonnantes pierres tombales en marbre polychrome: le macabre se mêle ici au sacré pour perpétuer la mémoire des plus illustres aristocrates maltais. Les portes de la sacristie proviennent de l'ancienne église normande du xlle s. La sacristie du Saint-Sacrement renferme une icône byzantine du XIIe s., attribuée à Saint Luc.
Construit en 1733 par Giovanni Bargara dans un style baroque sicilien, cet édifice possède en façade un beau balcon soutenu par des atlantes. Il abrite l'un des musées les plus intéressants de Malte, tant par son éclectisme que par la qualité des œuvres et des objets exposés. Pièces, médailles, manuscrits anciens, objets religieux, peintures, gravures d'artistes maltais et européens, partitions musicales sont présentés dans cet ancien séminaire. Certaines œuvres figuraient à l'origine dans la cathédrale, notamment une Vierge en prière de Sassoferrato et les panneaux d'un polyptyque du XIVe s. On peut contempler une collection rare de calices du XIIe s., de chasubles richement brodées et un ensemble de parchemins extraits des archives de l'Inquisition, dont un est signé par Henri IV. A noter, de beaux émaux byzantins. A voir également un codex manuscrit de Saint-Augustin de 2 m.
En longeant Villegaignon St., juste avant d'arriver sur les bastions,
vous trouvez le palais Falzon, également appelé "Norman House". C'est un
parfait exemple de l'architecture siculo- normande qui s'est développée
à Malte avant l'arrivée des chevaliers. Édifiée en 1495 pour le vice-amiral
aragonais Antonio Falzon, cette riche demeure parfaitement conservée constitue
l'occasion de pénétrer dans un palais de l'époque normande. Ce fut, dit-on,
la première résidence de Villiers de l'IsleAdam lors de son arrivée àMalte
en 1530. Sauvé au début du siècle par un officier de marine suédois, aménagé
aujourd'hui en musée privé, ce palais présente des collections d'armes
et de meubles anciens, ainsi que des pièces de vaisselle finement décorées.
Le cadre hors du temps de cette demeure a été utilisé pour le film Christophe
Colomb: la découverte (Filmographie, p. 186).
" (Guides bleus évasion - Malte)