Morphologie : Indicatif Imparfait Intro : Du latin au français moderne, le temps se conserve avec les mêmes valeurs. Il est facile à reconnaître en latin grâce à des désinences communes à toutes les conjugaisons, il garde la même unité en français. Mais entre temps, il a subi une série de modications. C’est donc grâce aux désinences, témoins de cette évolution, que nous classerons les verbes.
I. ORIGINE LATINE
Pour toutes les conjugaisons, la formation était la même :
radical + thème vocalique + suffixe -ba- + désinences.
Ce qui distinguait les conjugaisons était le thème vocalique ([a] pour la Iere, [e] pour la IIème et la IIIème, [ie > i] pour la IVème). Les radicaux de ce temps était faibles et invariables. En bas latin la IVème conjugaison adopte un [i] tonique long, ce qui bouleverse le système. Le système se recompose à date pré-littéraire, de façon analogique et c’est le thème vocalique [e] qui s’impose aux autres quatre conjugaisons
II. EVOLUTION DU PARADIGME EN ANCIEN FRANÇAIS
Latin classique Bas latin
Mi XIIème siècle
Mi XIIIème siècle
Moyen français-ébam *-éa -eie -oie -ois -ébas *-éas -eies -ois -ois -ébat *-éat -eit -oit -oit -ébamus *-éamus -ïens -ïons -ions -ébatis *-éatis -ïez -ïez -iez -ébant *-éant -eient -oient -oient Du latin classique en bas latin : dissibilation de [b] intervocalique. La terminaison se traduit par analogie sur un verbe comme habere (dont habedam > ea)
Du bas latin au XIIème : [e] accentué libre diphtongue en [ei] ; les P4 et P5 naissent du développement d’un yod comme son de passage entre les deux voyelles en hiatus (ea), ce qui provoque la fermeture du [a].
Du XIIIème siècle au moyen français : [e] ouvert final chute ; les désinences s’unifient sous l’influence de la P3.