Morphologie : Indicatif Présent Intro : le présent de l’indicatif est une forme héréditaire du latin. C’est le « tiroir » qui est le plus employé et de ce fait il a subi de nombreuses usures phonétique. Les désinences ce sont bien conservées (elles se sont étendues aux autres verbes par analogie) mais les radicaux ont perdu leur unité. On peut donc les classer selon le type d’alternance auxquelles ils correspondent.
I. désinences : Beaucoup d’exception pour dire, estre et avoir
P1, le « -o » latin s’amuït, ce qui entraîne l’assourdissement de la sonore qui précède. Le [o] a pu se conserver, mais affaiblit en [e].
P2, le « -s » final s’est conservé
P3, si [t] est précédé d’une voyelle, il chute et ne sera pas rétabli. S’il est précédé d’une consonne, il chute, mais il est rétabli par analogie.
P4, les trois finales latines -amus, -imus, -emus en -mus > -ons. Il reste quelques variantes en -omes, -om, -on.
P5, les trois finales latines atis, etis, itis > -ez (iez dvt palatale). C’est l’évolution phonétique de atis qui entraîne les deux autres.
P6, affaiblissement de ant en ent puis analogie des autres voyelles qui s’affaiblissent en [e] pour conserver une marque spécifique de la personne.Les désinences se sont bien conservées jusqu’au XIIIème parce qu’elle garantissait la marque de la personne. Le pronom personnel étant de plus en plus fréquemment employé à partir du XIIIème, il comble la faiblesse du système phonétique.
II. Les radicaux
L’indicatif présent, temps de l’infectum, exprime l’aspect inaccompli. A ce radical de l’infectum, le latin ajoute une voyelle thématique caractéristique de la conjugaison (absorbées aux P1 et P6) puis, enfin, la désinence personnelle. Lorsque l’accent tombe sur la désinence, la forme est dite faible ; la forme est forte quand l’accent tombe sur le radical. Les deux formes évoluent différement, ce qui explique la disparité des radicaux au présent de l’indicatif en ancien français.
- Alternance syllabique : paroler, aidier
- Alternance vocalique :
-- [e / a] latin accentué libre après palatale > ye / e ou variante nasalisée
cadere > cheoir, quaerere > querre, lavare > lever, ferire > ferir
tenire > tenir, venire > venir, cremerer > criembre, precare > proiier
-- [o] bref latin > o / u. Si yod > wi / oy
Tropare > trover (très irrégulier), potere > povoir, volere > voloir, morir
-- [a] latin libre > e/ a ou variante nasalisée
Sapere > savoir / Amare > amer
-- [e] long > we / e muet ou variante nasalisée
Videre > veoir, credere > creoir, debere > devoir / Minare > mener (?)
-- [o] long > o/ u : cort / queurt-- Alternance due à la place de l’accent : apeler