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 |  |  | Un programme militaire nucléaire rendu possible par la rente pétrolière
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LIraq était un pays exportateur de pétrole. Avec le choc pétrolier, ses ressources senvolèrent,
lui donnant les moyens de
ses ambitions. Parmi celles-ci, certaines étaient ( sont peut-être encore) nucléaires. Le 31 octobre 1991,
il ny a donc aucune
raison dêtre étonné en lisant un article de Jean Michel CarradecH dans LExpress, intitulé:
Iraq: la bombe existe . Pourtant
dans les rapports rendus publics par lA.I.E.A., rien de tel ne figure.
En effet, il apparaît que ni le lanceur, ni la bombe, ni luranium nétaient encore fabriqués.
Ni même lusine duranium
construite. Certes, les iraqiens avaient menti et violé sans scrupule le Traité de non prolifération
quils avaient signé.
Dans six villes différentes, ils avaient construit des laboratoires, des usines et dépensé des milliards
de dollars pour posséder
larme nucléaire. Mais ils nétaient ni à un souffle ( Libération), ni
à douze ou dix-huit mois ( Le Monde) de posséder
la bombe (...) Sil était à un souffle de la bombe, pourquoi Saddam naurait-il pas attendu quelques
mois avant de lancer
son extravagant défi à lOccident . Il nous faut donc revenir ici sur lhistoire de ce programme
iraqien.
Un programme dont les débuts datent de 1959
En 1959, un accord de principe est signé entre lU.R.S.S. et lIraq en matière de coopération
nucléaire. Il est complété en
juillet 1960 par un autre document. En 1968, la construction dun réacteur de 2 mégawatts de puissance
et destiné à la recherche
est lancée. LUnion soviétique qui livre à Bagdad de luranium 235 enrichi à 10%, assure
également la formation de chercheurs
iraqiens. LIraq rejoint en 1969 le T.N.P. et les accords de garanties signés avec lA.I.E.A. prennent effet
en 1972. LIraq
en retirera la coopération de lAgence et limage dun Etat respectueux des normes internationales.
Bagdad sest ainsi mise
à labri des regards, voire des suspicions et en a fait un partenaire crédible.
Dans les années soixante-dix, la France prend la relève des Soviétiques. En 1974, Jacques Chirac, alors
Premier Ministre,
effectue une visite de trois jours en Iraq. Lannée suivante, le 5 septembre 1975, Jacques Chirac accueille à
Paris Saddam
Hussein. Ils visitent ensemble le 6 septembre, le centre nucléaire de Caradache. Le Premier Ministre français
explique que
lIraq est en train de mettre au point un programme nucléaire cohérent. La France veut sassocier
à cet effort . Saddam
Hussein lui répond indirectement dans le journal libanais El Ubsou El Arabi du 8 septembre 1975 que laccord
avec la France
est le premier pas concret vers la production de larme atomique arabe . Cela nempêche aucunement la
conclusion de trois
protocoles dintention entre la France et lIraq, le 18 novembre 1975 au sujet de la livraison par Paris de deux
réacteurs
de recherche ( Tammouz 1 et Tammouz 2), placés sous la surveillance de lA.I.E.A.
Les réactions et condamnations internationales sont immédiates. Mais rapidement, le verbe laisse la place au
geste. Le 6 avril
1979, Israël détruit sur le territoire français, à la Seyne-sur-Mer, des éléments
essentiels appartenant aux deux réacteurs
de recherche iraqiens. En septembre 1980, deux avions phantom Israéliens tentent de détruire le
centre nucléaire de Tuwaitha.
En juin 1981, les israéliens bombardent, cette fois-ci en Iraq, le réacteur Tammouz 1, appelé Osirak
par les Iraqiens et rebaptisé
Ochirac par Tel-Aviv.
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 |  |  | Les raisons de ce porgramme
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LIraq tente de se doter de darmes de destruction massive pour trois raisons principalement:
Lhégémonie dans le Golfe face à lIran du Shah, puis face à la révolution
islamique dans ce même pays et contre
laquelle lIraq se battra avec laide des occidentaux. Dailleurs que le pouvoir de Saddam Hussein sest
raffermi à travers
la lutte contre lennemi persan . En 1980, lIraq attaque lIran. La guerre durera huit ans sur fond
dopposition entre
deux anciens empires ( Mésopotamie/ Perse); deux courants religieux ( Sunnisme/ Chiisme), deux cultures ( Arabe/ Perse),
deux armées ( lune formée par les soviétiques, lautre par les américains). Il faudra
attendre, le 15 août 1990, alors que
lIraq a envahi cette fois le Koweït, pour que Bagdad accepte les conditions de Téhéran. Alliés
de Saddam Hussein face à Khomeiny,
les Etats-Unis en tireront les conséquences lors de Tempête du désert . Le Général
Schwarzkopf rapporte à ce sujet: En
donnant mes instructions aux planificateurs, jétais parti de lhypothèse que les Etats-Unis continueraient
à avoir besoin
de lIraq pour faire contrepoids à lIran . Aujourdhui, lIran manifeste des prétentions
nucléaires. Les félicitations
adressées par Fréderico Mayor à Téhéran pour sa proposition dinterdiction totale
des essais nucléaires ne réussissent pas
à masquer ses prétentions atomiques .
LHégémonie au sein du monde arabe. Larmée iraqienne sera la troisième armée
du Moyen-Orient derrière celles dIsraël
et de lEgypte. LIraq du Baas développera une vision unitaire du monde arabe. Ce nest pas un hasard
si Saddam Hussein déclarera
que laccord avec la France est le premier pas concret vers la production de larme atomique arabe .
Dans cette course,
il sopposera à la Syrie, elle aussi dirigée par le Baas. La caste militaire iraqienne ira jusquà
livrer des armes aux chrétiens
libanais combattant la présence syrienne. Les relations entre lIraq et lArabie Saoudite seront aussi marquées
par la rivalité.
Assurer le contrepoids à la puissance israélienne. Les bombardements de 1980 et 1981 renforceront cette
motivation.
Dailleurs, le contrat franco-iraqien de 1975, intervient deux ans après la guerre israélo-arabe de 1973.
Israël était crédité
depuis 1966 de la possession de la Bombe A. Or en 1973, pour la première fois au Moyen-Orient, la menace de larme
nucléaire
avait été faite lors dun conflit. En effet, 13 missiles Jéricho, chacun dune puissance de
20 kilotonnes, furent alors armés,
avec pour cibles Damas, Le Caire, Assouan . Bien plus tard, à loccasion de la signature par lIraq en 1989,
de la Déclaration
de Paris de renonciation à lusage de larme chimique, Tarek Aziz affirmera quil nétait
pas réaliste de demander à un
pays du Proche-Orient de renoncer à telle ou telle arme , en raison de la possessions par Israël darmes
nucléaires . A loccasion
de la guerre du Golfe, lIraq utilisera ses Scuds modifiés ( dénommés Al Hussein) contre Israël
et notamment contre la centrale
nucléaire israélienne de Dimona, dans le désert du Neguev. Selon le Général iraqien Al
Ayoubi, qui commandait à cette époque
lunité chargée des missiles sol-sol, lIraq avait commencé à préparer
des frappes contre des objectifs ( en Israël), dès
mars 1990, après que ladjoint du chef détat-major sioniste ait déclaré le 21 mars
1990 que son gouvernement était disposé
à frapper des objectifs stratégiques en Iraq . Cet antagonisme demeure, comme en attestent les préoccupations
exprimées
début février 1997 par le Premier Ministre israélien au sujet de lacquisition de missiles balistiques
par lIraq, oubliant
le régime auquel ce pays est soumis.
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