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Ce 16 mai 1998, par dizaines de milliers, ouvriers, paysans, chômeurs, retraités,
jeunes, nous avons manifesté dans les rues de Paris contre l'euro, Maastricht-Amsterdam,
contre les politiques de déréglementation et de privatisation.
- Ensemble, nous lançons un appel à la résistance sociale.
Au nom de la marche forcée à la monnaie unique, tous les gouvernements
se soumettent au carcan de Maastricht, lui-même relié au carcan de l'AMI,
de l'OMC et de l'OTAN. Quelle que soit leur couleur politique, tous ont décidé
d'amplifier la politique de privatisation, de licenciements, de déréglementation,
de destruction des services publics, de liquidation de l'agriculture.
En manifestant, nous affirmons: ils n'ont aucune légitimité pour
détruire tout ce qui a été construit par les luttes séculaires
de la classe ouvrière et de la démocratie, tout ce qui a été
construit par l'humanité tout entière de génération en
génération. Ils ne représentent pas l'immense majorité,
celle qui vit de son travail. lis sont au service d'une minorité, au service
des spéculateurs.
- Dans toute líEurope, les peuples résistent. Travailleurs, chômeurs,
paysans, jeunes, retraités, disent: non à la régression sociale,
à la destruction de tous les droits ! Non à la misère !
- A Luxembourg, en novembre 1997, tous les gouvernements qui se soumettent aux
traités de Maastricht et d'Amsterdam ont décidé d'appliquer
non seulement les critères de convergence économiques, mais aussi les
critères de convergences "sociaux" . Ayant entrepris les privatisations,
le démantèlement des services publics, ayant imposé les plans
d'austérité, ils veulent maintenant, démanteler les conventions
collectives, les Codes du travail et les systèmes de protection sociale.
De quel droit ?
Des générations entières ont lutté pour arracher ces
droits, normes et garanties. C'est uniquement pour satisfaire aux exigences des marchés
financiers que les gouvernements de toute l'Europe entendent baisser encore et encore
le coût du travail et exigent des syndicats ouvriers qu'ils deviennent des
rouages d'application subsidiaire de leurs plans.
- Faudrait- il accepter ? Faudrait il, parce que tous les gouvernements
se soumettent, que les organisations du mouvement ouvrier et démocratique
se soumettent elles mêmes à ces exigences?
Aujourd'hui, par dizaines de milliers, dans les rues, nous lançons un appel:
ensemble, groupons- nous, organisons le pôle de résistance sociale.
- En nous rassemblant dans la diversité de nos origines, de nos points de
vue, nous avons affirmé: le mouvement ouvrier et démocratique vit.
Les peuples veulent vivre. Le paysan veut vivre du travail de la terre. Les travailleurs,
les chômeurs veulent un vrai travail, un vrai salaire, dans le respect des
garanties collectives. Les peuples veulent pouvoir avoir accès aux soins,
élever leurs enfants, les voir accéder à l'instruction.
Ces intérêts ne sont pas ceux des marchés financiers, ils
expriment les besoins de l'immense majorité, ils sont légitimes.
- Manifestant à l'appel du Comité européen, constitué
de militants, de groupes, d'organisations, de partis de 22 pays d'Europe, nous affirmons
: ils mentent, tous ceux qui nous disent que l'on peut construire l'Europe de la
paix sur la base de la destruction , de la désindustrialisation, de la mise
en jachère de terre, de la dislocation des nations dans le cadre de l'Europe
des régions.
l'Europe ne sera synonyme de démocratie, de progrès et de paix,
que lorsque le traité de Maastricht aura été abrogé,
le traité d'Amsterdam repoussé, la monnaie unique rejetée.
l'Europe ne sera synonyme de progrès que lorsque les critères sociaux
de Luxembourg auront été balayés, les services publics rétablis,
les droits sociaux reconquis, le droit au travail pour tous, avec un vrai salaire
garanti.
- Là est la voie positive pour les peuples, pour la paix, la démocratie.
Là est la voie pour l'union libre des nations et des peuples libres et
souverains d'Europe.
Voilà pourquoi nous proposons à toutes et à tous, à
toutes les organisations attachées à la cause de la classe ouvrière
et de la démocratie, dans chaque pays d'Europe, dans tous les pays d'Europe
rassemblons- nous dans un congrès des comités européens contre
Maastricht Amsterdam à Paris, fin 1998.
Face aux gouvernements de l'Union européenne, qui organisent le passage
à l'euro, nous dresserons la résistance des peuples.
Ensemble, nous dirons : non à Maastricht-Amsterdam, non à la monnaie
unique, oui aux droits sociaux, oui à la paix, oui à l'union libre
des peuples d'Europe, non aux privatisations et à la déréglementation.
Paris, le 16 mai 1998
(Appel adopté par les délégations européennes
venues d'Allemagne, du Danemark, d'Espagne, de Grande Bretagne, de Lituanie, de Russie,
de Slovaquie, de République tchèque, de Suisse, de Turquie, réunies
avec le "Comité national pour l'abrogation du traité de Maastricht".
Cet appel a été lancé publiquement à la tribune du rassemblement
international du 16 mai.)
[
signer l'appel]
Les 41 initiateurs

Auchedé Rémy, conseiller général PCF du Pas-de-Calais
; Bargibant Patrice, Mouvement des citoyens (MDC) Paris XIIe; Besson Philippe, syndicaliste
(15) ; Biancardi Sandra, PCF, Paris XVIIIe ; Biscaye Alain, MDC, Paris XVIIIe ; Bremaud
Didier, Parti des travailleurs (49) ; Combes Francis, écrivain et éditeur
; Corduant Katel, militante syndicaliste ; Cousin Marie-Thérese, médecin,
Parti des travailleurs, Paris ; Couty Daniel, syndicaliste (92) ; Couee Yvan, militant
syndicaliste, INRA ; Doriane Olivier, Parti des travailleurs ; Frete Colette, PCF
(80) ; Garabuau Jean, syndicaliste Sécurité sociale ; Gauquelin Marc,
Parti des travailleurs ; Gil Gilbert, militant syndicaliste EDF, PCF (69) ; Gluckstein
Daniel, secrétaire national du Parti des travailleurs ; Gutjahr Bernard, militant
syndicaliste, PCF (74) ; Hassan Henry, syndicaliste enseignant (69) ; Hebert Alexandre,
militant syndicaliste ; Jan Louisa, militante syndicaliste ; Joannon Bernard, syndicaliste
hospitalier (69) ; Karman Jean-Jacques, PCF, conseiller général et
maire adjoint díAubervilliers (93) ; Lambert Pierre, Parti des travailleurs ; Lambin
Michel, militant syndicaliste Equipement ; Langlet Denis, Mouvement du Manifeste
pour líindépendance syndicale ; Latour-Combes Patricia, Gauche communiste
du PCF, membre du comité fédéral du 93, conseillère municipale
díAubervilliers ; Levasseur Pierre, militant syndicaliste PTT ; Malnou Patrick, agent
PTT (92) ; Marquiset Jean-Charles, militant syndicaliste, PCF ; Martin Claude, syndicaliste
enseignant (02) ; Moreau Chantal, militante syndicaliste chimie (02) ; Muller Alain,
militant syndicaliste ; Neau Jean-Paul, militant syndicaliste (49) ; Parquier Jean-Christophe,
PCF, Paris XVIIIe ; Roques Alain, militant syndicaliste recherche ; Salamero Joachim,
militant syndicaliste ; Sifflet Patrice, Mouvement du Manifeste pour líindépendance
syndicale ; Samouth Pascal, syndicaliste (43) ; Vincenot Dominique, syndicaliste
étudiant ; Zoberman Nicole. MDC, Paris XVIIIe.
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