Statut
Tout savoir sur...
... le licenciement des agents non titulaires. Le licenciement est une décision unilatérale de l'autorité
territoriale mettant fin aux fonctions de l'agent avant le terme de son
engagement. II ne doit pas être confondu avec la fin normale du contrat.
Quels sont les motifs de licenciement?
Licenciement pour
suppression d'emploi
Cette suppression d'emploi n'oblige pas l’autorité territoriale
à proposer un reclassement au non titulaire.
Licenciement pour
inaptitude physique
Lorsque l’agent, contraint de cesser ses fonctions pour
raison de santé, se trouve, en l’absence de temps de service suffisant, en incapacité
de travail permanente.
Lorsqu'il a épuisé ses droits à congé et qu'il est
définitivement inapte pour raison de santé.
Licenciement pour motif
disciplinaire
Dans ce cas, le licenciement s'effectue sans préavis ni
indemnité. Néanmoins, la sanction ne peut être prise sans respecter la
procédure de communication du dossier administratif à l’agent.
Licenciement pour
insuffisance professionnelle
Lorsque les capacités professionnelles d'un agent ne
répondent pas, ou plus, à ce que l’intérêt du service exige de lui. Elle doit
être appréciée au regard des missions confiées à l’agent.
Dans quels cas est‑il interdit ?
Aucun
licenciement ne peut être prononcé Lorsque l’agent se trouve :
‑ en état de grossesse médicalement constaté ;
‑ en congé de maternité ou d'adoption ;
- pendant une période de quatre semaines suivant l’expiration
du congé de maternité ou d'adoption.
Quelle est la procédure de licenciement ?
L'observation de la
règle du préavis. L’agent non titulaire ne peut
être licencié avant le terme de son engagement qu'après un préavis de :
‑ huit jours, si l’agent a accompli moins de six
mois de services ;
‑ un mois, si l’agent a accompli des services d'une
durée égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans ;
‑ deux mois, si l’agent a accompli des services
d'une durée égale ou supérieure à deux ans.
Toutefois, aucun préavis n'est nécessaire en cas de
licenciement prononcé en matière disciplinaire ou pour inaptitude physique.
Motivation et
notification du licenciement
La décision de licenciement doit être motivée dès sa
notification comme toute décision individuelle défavorable.
Communication du
dossier
Chaque fois que Le licenciement intervient pour des motifs
tenant à la personne, il doit être précédé de la communication de son dossier à
l’agent concerné.
REFERENCES JURIDIQUES
DÉCRET N° 88‑145 DU 15 FÉVRIER 1988,
relatif
aux agents non titulaires de la fonction publique territoriale.
Articles 11 et 13 : énonciation des règles de licenciement des agents ayant épuisé leurs
droits à congé pour raison de santé.
Article 29 : absence de prise en compte des services accomplis avant un licenciement
pour raisons disciplinaires.
Article 36 : le licenciement pour raisons disciplinaires prive l'agent en cause du
préavis et des indemnités de licenciement.
Article 37 : droit à la communication du dossier.
Article 38 : règle de calcul du préavis en fonction de l'ancienneté de l'agent.
Article 40 : principe du préavis avant un licenciement.
Article 41 : protection des agents en congé maternité ou en congé d'adoption.
Article 42 : notification du licenciement par lettre recommandée.
Article 43 : cas dans lesquels une indemnité de licenciement est due.
Article 44 : cas dans lesquels une indemnité de licenciement n'est pas due.
Articles 45 à 49 : mode de calcul de l'indemnité de licenciement.
La procédure de
licenciement.

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Nos conseils
> Vérifiez
si vous avez droit à l'indemnité
de licenciement
LES SEULS AGENTS BÉNÉFICIAIRES SONT:
-
les agents licenciés alors
qu'ils avaient été recrutés pour une durée indéterminée ;
-
les agents qui, engagés à
terme fixe, ont été Licenciés avant ce terme ;
-
les agents qui, physiquement aptes
et remplissant les conditions requises pour être réemployés, n'ont pas été
réaffectés dans leur emploi (ou emploi similaire assorti d'une rémunération
équivalente) à l’issue :
-
d'un congé de maladie ;
-
d'un congé pour accident de
travail ou de maladie professionnelle ;
-
d'un congé pour maternité ou
adoption ;
-
d'un congé parental ;
-
d'un congé pour formation
professionnelle ;
-
d'un congé non rémunéré pour
événements familiaux ;
-
d'un congé non rémunéré pour
élever un enfant (s'il est d'une durée inférieure à un mois) ;
-
d'un congé pour exercer les
fonctions électives ;
-
les agents Licenciés pour
inaptitude physique.
EN REVANCHE, L'INDEMNITÉ N'EST PAS DUE AUX
AGENTS PRÉCITÉS LORSQU'ILS :
-
sont fonctionnaires détachés
sur un emploi contractuel ou temporaire, en disponibilité ou hors cadres ;
-
retrouvent immédiatement un
emploi équivalent dans les services de l'Etat, d'une collectivité territoriale,
de Leurs établissements publics, ou d'une société d'économie mixte dans
laquelle l'Etat, ou une collectivité locale a une participation majoritaire ;
-
ont atteint l’âge d'entrer en
jouissance d'une pension au taux plein du régime général d'assurance vieillesse
de la Sécurité sociale ;
-
sont démissionnaires de Leurs
fonctions ;
-
sont collaborateurs de
cabinet.
Elle
n'est pas due, également, si le Licenciement intervient, soit pour des motifs
disciplinaires, soit au cours ou à L'expiration d'une période d'essai.
> Vérifiez le
montant de votre indemnité
ELLE
DOIT ÊTRE ÉGALE :
-
pour chacune des douze
premières années, à la moitié de La rémunération de base ;
-
pour chacune des années
suivantes, au tiers de La rémunération de base.
Elle
ne peut excéder douze fois la rémunération de base. Elle est réduite de moitié
en cas de licenciement pour insuffisance professionnelle. Elle subit une
réduction de 1,67% par mois de service au-delà du 60e anniversaire.
Ces deux cas de réduction sont cumulatifs. Elle est versée par la collectivité,
ou rétablissement public, qui a prononcé Le licenciement et elle doit être
versée en une seule fois.
> Vérifiez le
montant de l'indemnité compensatrice
de congés annuels non pris.
Celle-ci
est due, sauf si le licenciement est disciplinaire. Elle est égale à 1/10 de La
rémunération totale brute perçue par l’agent lors de l’année en cours. Si l’agent
a pu bénéficier d'une partie de ses congés, elle devient proportionnelle au
nombre de jours de congés annuels non pris.
A éviter
Accepter
de démissionner, dans
ce cas aucune indemnité de licenciement n'est due.
Accepter d'être considéré comme
vacataire, dès lors que l’agent
occupe une activité permanente à temps complet ou non car, dans ce cas, les
indemnités de licenciement et de congés payés ne sont pas dues.
Témoignage
Patrick Defais, ancien responsable de la politique de la ville
«
Les syndicats ne sont là que pour les fonctionnaires »
Patrick
Defais a été licencié au bout de neuf mois d'un contrat qui devait durer trois
ans, au motif d'insuffisance professionnelle. « En cas de rupture de contrat,
on est rapidement noyé dans des questions de droit, sans savoir vers qui se
tourner. Le directeur général des services m'a d'abord convoqué pour me lire
une liste de reproches concernant mon travail. J'étais abasourdi. La situation
sentait le roussi, mais au point de recevoir, la semaine suivante, une
convocation à un entretien préalable de licenciement... L'adjoint au personnel
n'a fait qu'y relire la même liste. Le délai légal de préavis d'un mois a
cependant été doublé pour me permettre, notamment, de quitter l'appartement que
je louais pour me rapprocher de cette commune. J'avais bien quelques
difficultés à remplir les missions qui m'avaient été confiées. J'avais
d'ailleurs mis en place une stratégie pour y remédier. En vérité, mes problèmes
relevaient plus d'une mésentente avec l'élu et le directeur général de la
commune. Je me suis renseigné auprès de mon avocat pour savoir si je pouvais
attaquer ce licenciement en justice. II faut savoir que le tribunal
administratif se prononce dans des délais allant de deux à cinq ans. Dans
l'hypothèse d'une décision favorable, j'aurais pu percevoir la moitié du
traitement relatif à la durée du contrat non effectuée. Devant la lourdeur, le
coût, le caractère aléatoire de la procédure, j'ai préféré la solution de
facilité : me contenter des allocations de l'Assedic, soit 57 % du traitement
pendant neuf mois, dégressif ensuite, et tenter de retrouver le même type
d'emploi d'ici à deux ans. Le statut de contractuel n'en est pas un réellement.
Le maire qui est officiellement l'employeur ne l'est pas réellement. Les
syndicats ne sont là que pour les fonctionnaires. »
9 AVRIL
2001 ‑ LA GAZETTE n° 14-1592