boycottes des multinationales qui licencient abusivement par milliers  
OGM, organisme génétiquement modifié, guerre génétique, virus bactériologique, virus biologiques, virus de ciblage ethnique, pour armes de ciblage ethnique, armes de guerre bactériologique, NBC
© Protected  by  Copyright - Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur du site.

Nom du site 
: SCANDALES FRANÇAIS
Chapitre : VI°) LA PRESSE radio télévisée écrite, EST-ELLE LIBRE? ou censurée ?  
Adresse du site
Ancienne adresse
: http://membres.lycos.fr/corruptn/06.htm
: http://www.multimania.com/corruptn/06.htm
Adresse e-mail : scandalecorruption@hotmail.com
Traduction : TRANSLATE - TRADUIRE.
           ***COMMUNIQUÉ  DE  PRESSE***
           ***Guerre climatique ? ***
           Publication d'un livre EXPLOSIF
Retour au PLAN du SITE.
Retour au SOMMAIRE du SITE.
Retour au SOMMAIRE du CHAPITRE.


Afrique du Sud et virus de ciblage ethnique

 

Ces méthodes ne sont pas utilisées que par l'Afrique du Sud. D'autres avant eux les ont imaginées, aussi bien les nazis, que les russes et les japonais, dans leur camp 731 de la mort. Déjà à l'poque ils cherchaient des germes de maladies qui pouvaient s'attaquer plus précisément à certains types d'individus. Les recherches sur le clonage ou la génétique sont en réalité un prolongement des recherches sur les armes de ciblage ethnique, mais ça on se garde bien de vous le révéler. Pourquoi ? Tout simplement parce que le contrôle démographique de la population est stratégique, si celle-ci continue de croître, on va vers un épuisement beaucoup plus rapide des ressources naturelles, ce qui n'a pas échappé à cher docteur Henry Kissinger, qui avait déjà réalisé un rapport prévisionnel sur ce sujet dès 1974. Je précise que je possède ce document déclassifié de 1974 de la Maison Blanche. Conclusion, vous aurez toujours des guerres et armes de destruction de masse, pour deux motifs primordiaux:

1°) Dans un but de croissance économique, et c'est précisément l'industrie de l'armement qui permet d'obtenir les plus grands profits.

2°) Un autre but qui est une régulation démographique mais qui permet aussi de déporter ou détruire les populations qui occupent les régions dotées de ressources naturelles.
Il faut savoir que tous les territoires qui possèdent des ressources naturelles sont appelés un jour ou l'autre à devenir des champs de bataille.
 

Reportage de France 3 du 31/05/2001-23h00:
Cet homme est un cardiologue. Bien que mis en cause dans la conception de programmes scientifiques d'élimination de la population noire sous l'apartheid, et accusé de détournement de fonds, de fraude fiscale, trafic de drogues, le Dr Basson est aujourd'hui encore en activité à l'hôpital de Pretoria. Comment est-ce possible, 7 ans après la fin de l'ancien régime, que cet homme toujours en liberté malgré la gravité des forfaits qui lui sont imputés, n'est pas encore été jugé. Pour tenter de répondre à toute ces questions, nous avons mené l'enquête en Afrique du Sud
 
Une co-production FRANCE 3, B.F.C. Productions.
Un film produit par Françoise Castro.
Enquête menée par Tristan Mendès France
Réalisation Jean-Pierre Prévost
Docteur La Mort

Janvier 2001
Le jour de notre arrivée à Ket Town, la nouvelle Afrique du Sud fêtait l'ouverture de la septième session du parlement libre depuis le retour de la démocratie. Flon flon, costumes bariolés, toute couleur politique confondue. Cette journée est la démonstration voyante d'une fragile réconciliation entre les communautés blanche, noire, et métis. Une cérémonie solennelle et symbolique, à laquelle le Président Tabombeki, successeur de Nelson Mandella prête son concours. Pour comprendre comment l'Afrique du Sud en est arrivé là, revenons quelques années en arrière. De 1960 à 1994, la population noire encadrée par l'ANC, mène alors le combat pour sa libération contre le régime sanglant de l'apartheid. Nelson Mandella, leader charismatique du mouvement est en prison. Sa captivité durera presque 30 ans. Il est libéré  le 11 février 1990, et prononce ici son premier discours d'homme libre et bientôt de Premier Président de la République Multiraciale.

Mes amis je suis ici, devant vous, non comme un prophète, mais comme un humble serviteur de vous le peuple.

En 1995, Nelson Mandella nomme l'archevèque Desmon Toutou, figure emblématique de la lutte pour les droits de l'homme dans le monde, Président d'une commission dite Vérité et Réconciliation, la TRC. La TRC n'est pas un tribunal de justice. Sa mission n'est pas de punir ou de venger, mais d'établir la vérité sur les événements dramatiques du passé, et de bâtir un avenir de réconciliation entre les différentes communautés, quelque soit la race, la couleur, la classe sociale, la croyance, et le sexe.

15 avril 1995, Archevèque Desmond toutou:
Je déclare ouverte l'audience de la commission Vérité et Réconciliation.

Nous assistons ici aux premières auditions de victimes de l'apartheid. Les enquêteurs ont ainsi pendant 4 ans sillonné le pays pour collecter les témoignages de la violence répressive sous l'ancien régime. Mais aussi les aveux de tous les coupables, qui accepte de reconnaître publiquement leurs crimes politiques. Cette double démarche originale de vérité et de réconciliation, a pour finalité non seulement d'aider les victimes, moralement et financièrement, mais également d'accorder une amnistie au bourreau qui l'a sollicite. Mais qui au début de cette investigation de la TRC en 1996, pouvait imaginer l'incroyable ampleur des recherches militaires meurtrières qui menaçaient la population de ce pays. Dans le secret de ses états majors, l'armée Sud Africaine élabore en effet un terrible et gigantesque projet, celui d'une guerre chimique et bactériologique. Justification de ces recherches, la guerre froide. La xxxxx est un enjeux stratégique important, et les russes expérimentent Angola meurtrier du même type. Mais en fait, c'est surtout la population noire d'Afrique du Sud qui est la vraie cible des savants de l'apartheid. Un projet d'extermination massive, baptisé project Cost.

Général Constand Miljoen, leader du Freddom Front:
C'est moi qui est initié le project Cost lorsque j'étais à la tête des forces militaires. Je l'ai fait parce que à un moment donné, l'ANC s'est lancé dans des opérations urbaines, et elle poussait les choses tellement loin, que cela risquait d'aggraver la situation. Ce qui aurait été très mauvais pour l'image du pays. Il fallait éviter cela à tout prix. C'est là que je me suis dit, au lieu de tirer à vue sur une foule en colère, à balle réelle, et de tuer des gens, cherchons un autre moyen de neutraliser ces groupes. J'ai alors soumis le problème a des scientifiques.

Dont Basson était l'un des plus important. Wouter Basson, Général de brigade aux 7ème bataillon médical des forces armées sud africaines.

Général Constand Miljoen, leader du Freddom Front:
J'ai demandé à Basson, seriez vous capable de mettre au point pour moi, un gaz qui ne serait ni irritant, ni mortel, mais qui rendrait les gens inoffensifs pendant quelque temps, afin qu'ils se calment et que nous n'ayons pas à les tuer, en cherchant à maîtriser la foule.

Qui est donc ce scientifique défini comme l'homme de la situation par le chef des armées de l'époque, et chargé d'initié une stratégie, pour soi disant paralyser des foules sud africaines, alors qu'on apprendra plus tard par les témoignages de ses anciens collaborateurs, qu'il s'agirait d'un véritable projet de génocide.
En 1996, le Dr Basson est peu connu du grand public. C'est un médecin militaire, il a fait toute sa carrière dans l'armée, il gradé. Habile cardiologue, il a aussi des diplômes de chimiste et de physicien. Il est l'ami de l'ex-président Bota. Fils d'une cantatrice sud africaine, il est dit-il un bourgeois ordinaire, qui vit une existence paisible avec sa famille dans une villa de la banlieue de Pretoria. Pour ses détracteurs qui le craignent, c'est un personnage double, énigmatique, froid, calculateur, pervers, que seul l'argent et les femmes intéresse. Pour ses amis c'est un chirurgien attentif, un charmeur doux et généreux. Pour la TRC, même si le nom de Basson apparaît quelques fois dans les témoignages, il n'est encore qu'un banal suspect.

Docteur Fazel Randera, rapporteur de la TRC:
On a saisi des choses concernant le programme sud africain de guerre chimique et biologique. On avait peu de détail. Les pièces du puzzle c'étaient révélé de façon dispersée. Mais ce que nous commencions à entrevoir, était des plus inquiétant.

Dumisa Ntsebeza, chef des enquêtes de la TRC:
En 1996, nous avons été briefés par Mike Kennedy, des services secrets nationaux. Il avait été membres des services secrets sous le régime de l'apartheid et s'était rallié au nouveau régime, et il nous a expliqué ce que nous avons compris, être le caractère offensif du programme sud africain de guerre chimique et biologique. Après ce briefing, nous avons commencé à passer en revue les coupures de presse et tout ce qui avait été classé. Nous avons recherché par exemple, ceux qui nous paraissaient avoir été victimes d'empoisonnement chimique.

Révérend Frank Chikane, Directeur Général de la Présidence:
Il se trouve que je suis le témoin vivant de ce qui est arrivé. Je n'ai eu la preuve qu'en 1989, qu'on avait enduit mes vêtements de produits chimiques, qui s'avéraient mortels s'ils entraient en contact avec la peau. Mais j'ai survécu. J'ai atterri dans un hôpital aux Etats Unis. Ils m'ont soigné et ont réussi à déterminer l'origine de mes troubles.

Dumisa Ntsebeza, chef des enquêtes de la TRC:
L'un des médecins que nous avons interrogé, nous a laissé entendre qu'un de ses collègues de Roodeplaat, le laboratoire de recherche, lui avait dit qu'ils avaient enduit les sous vêtements du Révérend Frank Chikane, de produits chimiques incolores et inodores. Il suffisait de porter ces sous vêtement pour que le produit passe dans le sang.

Audition de la TRC:
Shalk Van Rensburg, ancien vétérinaire, au laboratoire de Roodeplaat:
Ils ont joué avec la vie de Frank Chikane. Ils ont commis plusieurs erreurs et fait des choses stupides. Par exemple, au lieu d'étaler la toxine qui devait être absorbée par la peau, et de couvrir une grande surface pour permettre l'absorption, ils n'en n'ont mis que sur un petit point précis, et ils ont du utiliser 5 caleçons au lieu d'un. Du coup, Frank Chikane est tombé malade plusieurs fois, ce qui a tout de suite fait penser à un empoisonnement. Les services secrets ont dit qu'il allait en Namibie, mais en fait, il est allé en Amérique, car il n'y avait guère d'expertises médico-légales en Namibie.
 

Il faut savoir qu'un procédé similaire avait été imaginé pour l'élimination de Fidel Castro en utilisant une combinaison de plongée imprégné de la tuberculose, offerte en cadeau.
Cette solution avorta aussi, quelqu'un lui avait déjà offert une combinaison quelques jours plus tôt. La CIA imagina alors un coquillage explosif, qui aurait été déposé sur son lieu de plongé, mais laissa tombé cette idée ridicule.

Ce vétérinaire sait de quoi il parle. Il a travaillé sous les ordres de Basson pendant 7 ans au laboratoire civil de Roodeplaat. La défense sud africaine y sous traitait secrètement les recherches les plus sensibles, et les moins avouables. A quoi ressemble ce fameux laboratoire? Malgré l'interdiction formelle d'y tourner, nous avons décidé d'aller enquêter avec une caméra cachée.

Laboratoire de recherche de Roodeplaat:
Ok, vous descendez par là, et vous allez tomber sur l'entrée principale. Là on vous renseignera.

Une employée:
Basson travaillait dans ce bâtiment. Mais la société pour laquelle il travaillait a déménagé, il y a environ 4 ans. Nous on a simplement acheté le bâtiment, et on a fait autre chose. Quand on a  aménagé ici et acheté le bâtiment il était vide depuis un certain temps déjà. Il l'avait évacué. En fait on a acheté un bâtiment vide. Quand on est arrivé ici il n'y avait plus aucune trace de ce qui s'était passé.

Le journaliste:
Est-ce qu'on pourrait juste jeter un coup d'oeil très vite ?

Une employée:
Bien sûr.

Le journaliste:
Et voir l'endroit où il faisait ses recherches.
Donc on fait encore de la recherche chimique ici ?
Ici c'est donc le genre d'endroit où...

Une employée:
Oui c'est un aménagement typique de laboratoire.

Le journaliste:
Cétait ici, on peut jeter un coup d'oeil ?

Une employée:
Oui, dans cette pièce.

Le journaliste:
Savez-vous si les gens parlent de ce qui s'est passé avant ?

Une employée:
Oui on se pose beaucoup de question. Quand nous avons acheté le bâtiment, nous savions qu'il y avait eu beaucoup d'expérimentations. Nous pensions qu'il s'agissait de recherches pharmaceutiques sur les animaux, car quand on est arrivé ici, il y avait encore 2 babouins en captivité, et on les a vu les pousser sur des chariots. On a donc pensé qu'il faisait des recherches pharmaceutiques. Beaucoup d'entre nous subodorait quelque chose de pas très éthique. Puis l'affaire a éclaté au grand jour devant la Commission Vérité et Réconciliation avec Desmond Toutou et les autres. Il s'est avéré que c'était ici que le gouvernement menait sa guerre chimique et biologique. On a été littéralement envahi par la presse internationale. Et nous on en croyait pas nos yeux. Travailler dans cet endroit avec ces démons du passé, ça a été un gros choc pour nous.

En 1996, les enquêteurs de la TRC ne mesurent pas l'ampleur de toutes les horreurs commises ici par Basson et ses sbires. Ils ont certes des témoignages, des soupçons, et cherche à interroger Basson qui se dérobe. L'enquête piétine, d'autant que de nombreux documents ont été trouvés.

Dumisa Ntsebeza, chef des enquêtes de la TRC:
Et heureusement pour la TRC, en janvier 1997, Wouter Basson a été arrêté à Johanesbourg.

29 janvier 1997
Pourquoi cette arrestation ? Parce que Basson est recherché par les services fiscaux sud africains, pour fraudes et abus de biens sociaux. On trouve dans ses poches, un millier de pilules d'extasi. Pour quelle usage ? Financement occulte ? Fabrication de drogues incapacitantes ? trafic personnel ? Une aubaine en tout cas pour les services secrets américains qui réclamaient cette arrestation, inquiet des trop nombreux déplacements de Basson en Lybi et en Irak, et qui craignait qu'il ne livre des secrets militaires à un état terroriste.

Docteur Fazel Randera, rapporteur de la TRC:
Il y a eu une descente chez lui de la brigade de lutte contre la grande criminalité économique. Et dans sa maison on a trouvé une malle entière de documents, donc quelques uns avait trait au programme de guerre chimique et biologique.

Ce qu'ils ont trouvé était incroyable. Il y avait ce qu'on appelle une liste, autrement dit un bordereau de vente:
sucre à la salmonelle
Bière au thallium
cigarette à l'anthrax
la toxine botulique
chocolat au cyanure
whisky à la colchicine
déodorant au pipilurium
venin de serpent

Trécey Barnes avait imaginé diverses tactiques pour éliminé Fidel Castro qui ont toutes avorté.
Les sels de thallium dans les chaussures, perte de pilosité, paralysie musculaire partielle.
Cigare au LSD ou hallucinogène.
Empoisonné l'air du studio radio au tribun.
En 1960 Richard Bissel patron de la CIA opta pour une méthode plus radicale et s'associa avec la mafia qui recruta 2 cubains entre 1960/1962 et on reimagina d'autres solutions :
la boite de cigares imprégnés de toxines, offerte lors d'une réunion à l'ONU,
le cigare explosif,
La CIA donna aussi à sa maîtresse 2 pilules de poison dissimulées dans son poudrier. Malgré le pouvoir imaginatif mortel de la CIA, tout échoua, la preuve, il est toujours là.(21)

Cette longue liste de vente de produits aux poisons indétectables, était destiné aux agents de la sécurité sud africaine pour leur permettre de tuer les militants noirs sans soulever de soupçon lors d'autopsie. Combien ont été utilisé, on ne le saura sans doute jamais.

Selon vous, cette liste aurait elle pu être utilisée à des fins de recherches scientifiques ou bien est-ce une liste d'armes meurtrières ?

Shalk Van Rensburg, ancien vétérinaire, au laboratoire de Roodeplaat:
Assurément une liste d'armes meurtrières. Aucun intérêt pour quelque recherche que ce soit.

Docteur Pallo Jordan, ex-ministre:
Parmi les méthodes qu'il est présumé avoir utilisé, l'une consistait à enduire l'opercule d'une canette de bière en aluminium, avec du poison. Et si vous utilisiez cette opercule, la partie qui s'enfonce dans la canette, ça activait le poison.

Audition de la TRC
Mike Odendal, ancien microbiologiste, au laboratoire de Roodeplaat:
On m'a donné un paquet de cigarette Camel, et on m'a demandé de déposer quelques gouttes sur les filtres des cigarettes.

Et que serait-il arrivé à la personne qui aurait fumée ces cigarettes ?

Mike Odendal, ancien microbiologiste, au laboratoire de Roodeplaat:
C'est difficile à dire, mais j'imagine que les conséquences auraient été mortelles.

Docteur Fazel Randera, rapporteur de la TRC:
Ce qui en ressort, c'est d'innombrables questions éthiques. Qu'est ce qui fait que, étant médecin je vais d'abord évoquer l'aspect médical, que des médecins qui ont une position siélevée dans la société, en terme d'éthique, qui sont là pour sauver des vies, deviennent soudain impliqués dans des programmes pouvant potentiellement tuer des millions de personnes.

1er février 1997
Coup de théâtre, le docteur Basson est jugé par un tribunal à hui-clos. Pour quelle raison ? Par de mystérieuses fuites; la longue liste des forfaits reprochés à celui que les journalistes surnomme désormais docteur la mort, s'ébruite rapidement. La presse ulcérée s'émeut. Pourquoi ce silence pesant du gouvernement ? Le ton monte. Elle accuse également la TRC de ne pas s'emparer de ce scandale avec suffisamment de fermeté, et exige une audition publique de Basson au sein de la commission.

Andrew Trench, journaliste au Sunday Time:
Notre opinion, en tant que journal comme bien d'autres journaux, était qu'il était absolument primordial que la vérité éclate au grand jour. Ce qu'il révélait pour la première fois, ne faisait que révéler les soupçons qui pesaient sur lui depuis des années. Il fallait que ce soit rendu public.

Dumisa Ntsebeza, chef des enquêtes de la TRC:
Tous les jours on nous demandait, qu'est ce qui se passe avec Basson. Pourquoi la TRC ne fait rien ? Pourquoi n'a-t-il pas été cité à comparaître ? Là il y a un problème. Et le fait que sa demande liberté sous caution est eu lieu à huis clos n'arrangeait pas les choses.

5 février 1997
C'en est trop. Alors que le docteur la mort libéré sous caution rentre chez lui et reprend tranquillement son activité de médecin à l'hôpital, la TRC décide contre l'avis officiel de créer une commission spéciale sur la guerre chimique et bactériologique et d'interroger Basson. Nouveau coup de théâtre, la présidence et le gouvernement s'y oppose catégoriquement au nom du secret défense.

Dumisa Ntsebeza, chef des enquêtes de la TRC:
Il y a eu des intervention. Le ministre de la Défense et le bureau du vice-Président, et le bureau du Président sont venus nous dire, non s'il vous plaît, pouvez-vous empêcher ça ? Ne tenez pas ces audiences, ce sont des affaires très sensibles.

Andrew Trench, journaliste au Sunday Time:
Il est devenu de plus en plus évident que le nouveau régime, le gouvernement de l'ANC avait exactement les mêmes intérêts que l'ancien. Il craignait de gêner la communauté internationale. Ce que celle-ci s'inquiète de savoir que toutes les expériences faites Basson sous le régime de l'apartheid, se perpétuent sous le nouveau gouvernement. Elles ont réagi très vite. Ils ont tout fait pour s'assurer que ces information ne soient pas rendues publiques.

Paddy Prior, conseiller juridique de la TRC:
Certains documents sont restés classés TOP SECRET, alors même que nous avions changé de régime, et la TRC à du en tenir compte, car il faut bien comprendre qu'il y avait certaines restrictions. Par exemple en ce qui concerne la prolifération de certaines substances ou produits chimiques, ou bien, par exemple comme vous pouvez l'imaginer, vis à vis de certains traités avec d'autres pays. Ce type de relation devait être protégé au niveau international.

Si le gouvernement est aussi embarrassé, est-ce que parce qu'une audience publique de la TRC à propos des armes chimiques et bactériologiques, dévoilerait l'importance capital de l'aide militaire illégale, apportée par de nombreux pays occidentaux à l'Afrique du Sud sous l'apartheid, et qui sait encore aujourd'hui. Un vrai scandale et pourtant.

Révérend Frank Chikane, Directeur Général de la Présidence:
Je ne crois pas que Basson aurait pu acquérir de telles compétences, et un tel savoir sur les armes chimiques, sans la collaboration de grandes puissances. C'est un fait grave.

Dumisa Ntsebeza, chef des enquêtes de la TRC:
Wouter Basson est allé à Taïwan par exemple, pour voir ce qu'ils avaient comme programme. Il est allé à San Antonio aux USA dans les années 80, là aussi pour voir leur programme. Il est allé en Israël et en RFA.

Israël a le plus important laboratoire de recherche sur la guerre NBC au Moyen Orient.

Yasmin Sooka, rapporteur de la TRC:
Le docteur Basson a eu accès aux laboratoires militaires en Suisse, et il y a été arrêté en possession d'obligations du Vatican. Autant de choses qui n'ont pas été expliquées ni par les suisses, ni par notre propre gouvernement, ni par le Dr Basson.

Et si autre hypothèse, les occidentaux avaient tout simplement choisis Basson comme un expérimentateur privilégié pour tester grandeur nature leurs propres poisons sur les sud africains.

Docteur Fazel Randera, rapporteur de la TRC:
Le programme de guerre chimique et biologique qu'il a mis sur pied en Afrique du sud, était si sophistiqué, qu'il y avait des gens en Europe, qui faisaient la queue pour pouvoir venir y travailler, parce qu'il le considérait comme le nec le plus ultra des programmes, avec des laboratoires dernier cri. Il y avait toujours de l'argent disponible, les voyages étaient organisés facilement et les gens avaient envi d'y participer.

Juin 1998:
Malgré les pressions diverses, la TRC résiste. Après négociation avec le pouvoir, la commission guerre chimique et bactériologique lance enfin ses investigations. Nous sommes en juin 1998. Basson accepte d'assister aux audiences, mais nouveau rebondissement, il refuse de parler, encore moins de demander l'amnistie. Il écoute ses collaborateurs déballer la longgue liste des forfaits qui lui sont imputés.

Le tribunal:
Vous jurez devant Dieu de dire toute la vérité rien que la vérité ?

Daan Goosen, ancien PDG du Laboratoire de recherche de Roodeplaat:
Je le jure.

Le tribunal:
Vous pouvez vous asseoir.

Daan Goosen, ancien PDG du Laboratoire de recherche de Roodeplaat:
Monsieur le Président, oui j'étais le directeur général. J'étais censé être le patron, celui qui définissait les programmes, décidait des équipements physiques, recrutait les bons scientifiques et aménageait les installations, pour le gouvernement. D'une manière très stricte, on nous a informé que ceci serait une opération militaire, menée au nom de l'état. J'ai enregistré la société en mon nom, avec trois autres actionnaires.

Le tribunal:
Aurait-il été possible que cette société fonctionne efficacement, avec un directeur général n'appartenant pas à la communauté scientifique ?

Daan Goosen, ancien PDG du Laboratoire de recherche de Roodeplaat:
Absolument pas ?

Le tribunal:
Avez-vous été en contact avec les scientifiques lorsque vous étiez directeur général ?

Daan Goosen, ancien PDG du Laboratoire de recherche de Roodeplaat:
Oui Monsieur.

Le tribunal:
Connaissiez-vous la nature des recherches conduites dans vos locaux ?

Daan Goosen, ancien PDG du Laboratoire de recherche de Roodeplaat:
Oui Monsieur. Nous avions des directives très générales, sur ce qu'il fallait faire. Nous avions une grande liberté pour faire ce que nous avions à faire.

Ce que les témoignages de scientifiques révèlent, c'est d'abord un arsenal de gadgets mortels, digne de James Bond.
Tournevis empoisonné
parapluie sarbacane
détonateur de lettre piégée
canne truquée
lessive explosive
et bien d'autres.

Le tribunal:
Nous voyons ici ce qui ressemble à un tournevis. Pouvez-vous nous en parler ?

Jen Lourens, ancien chercheur au laboratoire de Roodeplaat:
La personne qui utilise cet appareil, pique la personne visée. Le simple fait de la piquer libère le poison, et les substances chimiques sont alors injectées dans l'individu.

Le tribunal:
Est-ce qu'on peut manipuler ceux-ci en toute sécurité ?

Jen Lourens, ancien chercheur au laboratoire de Roodeplaat:
Tout à fait. Mais j'éviterai quand même de toucher l'extrémité au cas où.

Jen Lourens, ancien chercheur au laboratoire de Roodeplaat:
Il y avait aussi une aiguille contenue dans ce qui ressemblait à une pompe à vélo. En gros vous avez dans les mains une pompe à vélo. Vous pouvez la faire coulisser pour faire sortir l'aiguille, le même système existait dans des cannes ou les parapluies. Il y avait plusieurs façons de maquiller l'ensemble.
 
 

Le coup du parapluie bulgare a été très utilisé lors de la guerre froide. Il est bizarre que l'on n'est pas présenté à la TRC un ustensil très usuel, le stylo révolver ou seringue doté de curare. Il y a aussi le briquet gazeux avec virus en prime. Toutes ces méthodes ne sont pas l'apanage que des services secrets sud africains, mais des autres aussi. Tous les pays ont leur département  assassinat en toute discrétion.

Le tribunal:
Et à quoi servait la canne ?

Jen Lourens, ancien chercheur au laboratoire de Roodeplaat:
Il y avait deux modèles. Le premier était une canne, qui dissimulait une aiguille sur le bout.
Le deuxième était une canne qui pouvait tiré une petite balle. Une balle en polycabone, qui était percée de nombreux petits trous, ce qui permettait d'y loger des substances toxiques. A très courte distance, l'idée était de pouvoir tirer dans la jambe de quelqu'un. Il y avait aussi deux paquets de lessive Omo, qui avait un mécanisme explosif à l'intérieur.

Le tribunal:
Donc il y avait deux paquets de lessives Omo avec les explosifs déjà à l'intérieur ?

Jen Lourens, ancien chercheur au laboratoire de Roodeplaat:
Oui, les paquets étaient des explosifs amorcé et prêt à l'emploi.

Plus sophistiqué encore, les tentatives d'empoisonnement sont alors perpétrées sur des personnalités de l'ANC. Le leader Steave Bico en mourut. Comme le Révérend Chikane, le Président Mandella y échappa miraculeusement.

Shalk Van Rensburg, ancien vétérinaire, au laboratoire de Roodeplaat:
Le Dr Basson a déclaré, après nous avoir longuement décrit les effets du thallium, si vous donnez juste la bonne dose, il ne faut pas trop en donner, juste ce qu'il faut, vous pouvez provoquer ce qui ressemble à un cas de méningite ou de syphilis. Vous obtenez des symptômes similaires. Et en racontant cela, il a déclaré en passant qu'il avait déjà, que nous avions déjà administré du thallium à Steeve Bico. Il y avait aussi des plans pour contaminer les médicaments pris par le Président Nelson Mandella à l'hôpital. Peu de temps après la libération de Nelson Mandella, il était persuadé que ses fonctions cérébrales allaient se détériorer petit à petit.

Derrière cette panoplie d'inventions d'un autre âge, se profile plus gravement encore, l'existence secrète et massive de produits destinés à propager des maladies à l'échelle d'un peuple, voir d'un continent, anthrax, choléra, méningite, ebola, sida.

Le tribunal:
Pouvez-vous nous décrire les effets du choléra sur l'homme ?

Mike Odendal, ancien microbiologiste, au laboratoire de Roodeplaat:
Il provoque une diarrhée assez grave, une forte déshydratation. Ce sont les effets les plus importants.

Le tribunal:
Et qui sont les plus vulnérables face au choléra ?

Mike Odendal, ancien microbiologiste, au laboratoire de Roodeplaat:
Les humains.

Le tribunal:
Et parmi les êtres humains, les enfants ne sont-ils pas les plus vulnérables ?

Mike Odendal, ancien microbiologiste, au laboratoire de Roodeplaat:
Si.

Le tribunal:
Le choléra tuerait donc préférentiellement les enfants et les personnes âgées ?

Mike Odendal, ancien microbiologiste, au laboratoire de Roodeplaat:
Je suppose oui. C'est la caractéristique du vibrion cholérique.

Le tribunal:
Vous dites avoir produit 26 bouteilles de choléra de 30 millilitres chacune, c'est bien ça ?

Mike Odendal, ancien microbiologiste, au laboratoire de Roodeplaat:
Non 10 millitres.

Le tribunal:
Pardon, 10 millitres chacune. Cela pourrait-il selon-vous, provoquer une épidémie grave ?

Mike Odendal, ancien microbiologiste, au laboratoire de Roodeplaat:
J'imagine que oui, cela pourrait provoquer une épidémie.

Le tribunal:
J'ai dit épidémie grave.

Mike Odendal, ancien microbiologiste, au laboratoire de Roodeplaat:
Oui.

Le tribunal:
Aviez-vous conscience de produire une substance qui pouvait provoquer une épidémie grave?

Mike Odendal, ancien microbiologiste, au laboratoire de Roodeplaat:
Quand on m'a demandé de produire ces organismes, il faut se rappeler en tout cas pour moi, il devait servir pour des tests, et c'est ensuite que certains indices ont laissé à penser qu'ils pourraient être utilisés dans la guerre en Angola.

Shalk Van Rensburg, ancien vétérinaire, au laboratoire de Roodeplaat:
Le Dr Basson a fait un jour cette petite remarque, qu'il y avait beaucoup de problèmes politiques à l'est du pays à ce moment là, et il a ajouté, peut être devrais-je traiter cette foule au choléra.

Tri de population, purification ethnique, le système en s'affinant dans l'horreur, atteint alors les limites ultimes d'un racisme qui rappelle étrangement la solution finale nazy.

Daan Goosen, ancien PDG du Laboratoire de recherche de Roodeplaat:
Le Dr Basson m'a montré un document. Ce document complète une proposition émanent de quelqu'un en Europe. Ce type disait qu'il possédait un produit, une bactérie, qui avait la possibilité de n'infecter, de ne rendre malade et de ne tuer que les gens pigmentés comme les noirs. Le Dr Basson m'a demandé de me documenter et d'étudier scientifiquement cette possibilité. Est-ce vraiment possible ? Notre conclusion a été que c'était tout à fait possible, et il a décidé que ce serait bien que le gouvernement en soit informé. Mais en définitif, nos instructions ont été, et c'est très important, de mettre au point, un produit visant à réduire le taux de natalité de la population noire du pays.

Le tribunal:
Pouvez-vous nous en dire un peu plus ? Qui vous a demandé de mettre au point ce produit ?

Daan Goosen, ancien PDG du Laboratoire de recherche de Roodeplaat:
La personne qui nous donnait directement les instructions était le Dr Basson.
J'ai demandé au Dr Basson, Wouter, pourquoi participes tu à ça? Pourquoi es-tu la dedans?
Tu ne possèdes pas de société, c'est moi qui possède la société. C'est moi qui roule en BMW. C'est moi qui ait la villa de trois étages, c'est moi qui ait ça. La grande vie. Tout le monde pensait, Goosen, il est vraiment génial, c'est vrai. Donc je lui ait demandé, Wouter, pourquoi fait tu ça ? Et il m'a répondu, j'ai une fille, et un jour, parce qu'on sait plus ou moins avec certitude que les noirs prendront un jour le pouvoir, mais le jour où les noirs prendront le pouvoir, et où ma fille me demandera, papa qu'as tu fait pour empêcher ça, j'aurai la conscience tranquille. Et je le reconnais, c'est cette psychose qui prévalait. Et vous pouvez me le reprocher, j'y ai pris part. C'est vrai, et je le regrette. Mais je ne suis pas le seul coupable.

Face à toutes les accusations dont il est coupables, Basson n'affiche selon les membres de la commission, que mépris et cynisme.

Yasmin Sooka, rapporteur de la TRC:
Il était incroyablement confiant, absolument arrogant, et presque moqueur. Il portait une chemise traditionnelle qu'on appelle chez nous, une chemise madibastar. Le Président aime beaucoup ces chemises ethniques très en plan. Eh bien quand Wouter Bason a comparu devant nous, il portait une de ces chemises, et s'appropriait ainsi cette identité comme s'il avait du respect pour la culture indigène, ou bien l'ethnicité de notre pays, alors que le seul but de sa vie, sa mission, c'était de détruire la vie des noirs.

Dumisa Ntsebeza, chef des enquêtes de la TRC:
L'étendue de son arrogance est bien illustré par le fait que, même pendant l'audience, il est descendu à l'étage inférieur de celui de la commission. Il y a un endroit qui s'appelle le moroco café, généralement fréquenté par les parlementaires. Il y a toujours beaucoup de monde, et sur le mur on peut écrire des choses du genre, la nourriture était bonne, etc. Eh bien cet homme est allé vers le mur et il a écrit, le Docteur la Mort doit passer ici.

Le tribunal:
Dr Basson, allumez votre micro s'il vous plaît. Votre nom s'il vous plaît.
Acceptez-vous de prêter serment. Jurez-vous devant Dieu de dire toute la vérité et rien que la vérité. Vous pouvez-vous asseoir.

Paddy Prior, conseiller juridique de la TRC:
Il a fait le maximum d'obstruction. Il a recouru à toutes les manoeuvres juridiques possibles inimaginables. Et finalement il a fallu une injection du tribunal le forçant à venir déposer sous serment. Car c'était pratiquement le dernier jour où la commission pouvait légalement tenir ses audiences. Elle devait s'ajourner le lendemain.

Dumisa Ntsebeza, chef des enquêtes de la TRC:
ça a donc été la plus longue de toutes les audiences. Elle a duré jusqu'à très tard dans la nuit, car il fallait traiter tout ce qu'on voulait lui imputé, et bien sûr il a essayé de gagner du temps sur la plupart des questions. C'est vrai qu'il nous a frustré en nous entraînant dans des artifices juridiques, ce qui fait que nous n'avons jamais réussi à tirer de lui ce que nous aurions vraiment voulu.

31 juillet 1998, Dr Basson:
Monsieur le Président, je nie catégoriquement avoir été impliqué dans l'exécution, l'élaboration, ou la préparation de quelque substance que ce soit, à des fins cruelles, ou pour faire du mal à quiconque.

Nous sommes le 31 juillet 1998. La mission de la TRC s'achève. Elle a montré ses limites. Elle a échoué, parce qu'elle n'avait pas de pouvoirs judiciaires. Contrairement à ses ex-collègues, Basson a refusé de demander l'amnistie, puisqu'il nie en bloc la réalité des crimes qu'on lui impute, et la légitimité de la TRC à l'interroger. Il souhaite un vrai procès devant la justice, et fidèle à ses convictions, ne renie rien à de grands principes sociaux, en vigueur à l'époque de l'apartheid.

Général Constand Miljoen, leader du Freddom Front:
Tout ce que je peux dire, c'est que je suis chrétien. Je vais à l'église, et je suis souvent aller à l'église de Watercloth à Pretoria, et à chaque fois que je suis allé à l'église de Watercloth, j'y est vu Basson. C'est pour ça que je pense que ce n'est pas quelqu'un de mauvais.

Dumisa Ntsebeza, chef des enquêtes de la TRC:
Cette religiosité, je ne peux même pas l'appeler christianisme. Cette religiosité est très amusante chez les Afrikaners, extrêmement amusante. Même quand ils nous assassinaient, nous les militants, ils le faisaient au nom de Dieu.

Audition de la TRC
Avocat des Forces de Sécurité, demandeur d'amnistie:
Nous avons été élevé dans la croyance de l'apartheid. On nous a fait croire que Dieu a prouvé l'apartheid par le truchement de l'église. Que notre participation dans les forces de sécurité était justifié pour faire respecter l'apartheid. Que les noirs étaient inférieurs, et que leurs besoins, leurs émotions, et leurs aspirations étaient différentes des nôtres. Que nous étions supérieurs, et que cette différence justifiait l'apartheid.

Docteur Pallo Jordon, ex-ministre:
Basson est le produit d'un système. Et ce sont souvent des systèmes de ce genre qui produisent des gens comme le Dr Basson. Car sa mission dans la vie, c'était d'essayer de maintenir au pouvoir un régime raciste et tyrannique. Et ils étaient prêt à tout pour y arriver.

Révérend Frank Chikane, Directeur Général de la Présidence:
Le fait que des gens soient allés aussi loin dans un génocide, allant même jusqu'à produire une race de chiens qui ne mort que les noirs, ou à mettre au point des substances chimiques qui n'ont d'effets que sur les noirs et pas sur les blancs, montre jusqu'où sont allés certains dans ce pays. Un système malfaisant peut gravement déshumanisé les gens. L'autre leçon, c'est que si on leur en donne l'occasion, des êtres humains peuvent se révéler excessivement diaboliques.

Le monde entier a déjà condamné l'apartheid comme étant un crime contre l'humanité. La TRC n'a fait que réaffirmer cette position. Et si on veut aller dans cette direction, il faudrait se demander, doit on considérer uniquement les lampistes, et je ne dis pas qu'il faudraient les excuser, mais qu'en est-il des généraux. Qu'en est-il des premiers ministres ? Des Présidents ? Des architectes de cette politique nées en 1948 ?

F.W. de Klerk, ancien Président de l'Afrique du Sud:
Je n'ai été impliqué dans aucune action, susceptible de constituer le moindre chef d'accusation crédible, pour quelque crime que se soit.

4 octobre 1999:
Puisque personne n'est coupable, c'est maintenant à la haute cour de justice de reprendre le flambeau de l'affaire Basson. Son procès s'ouvre en octobre 99. Les chefs d'accusation sont au nombre de 85. Du meurtre au détournement de fonds publics en passant par le trafic de drogue, l'abus de biens sociaux, la corruption. Il risque la prison à perpétuité. Il plaide non coupable. Quelques mois plus tard, nouveau rebondissement. Grâce à d'habiles manoeuvres procédurières, les charges contre Basson se réduisent en peau de chagrin, sont exclues en particulier toutes les accusations de meurtre. C'est la consternation.

Révérend Frank Chikane, Directeur Général de la Présidence:
Je suis allé au tribunal, j'ai témoigné. Bien sûr je ne pouvais pas entrer en contact avec lui avant d'avoir témoigné. Je l'ai rencontré longtemps après. J'ai dit que j'étais content de le rencontrer, mais que j'espérais avoir plus de temps un jour pour parler de toute cette histoire avec lui. Il a répondu qu'il était à ce moment là très occupé par le procès, et qu'il fallait attendre la fin de toutes ces procédures. Pour moi rien ne l'empêchait de dire, je suis désolé. J'ai pris part à ces opérations. J'étais un soldat, j'étais formé à tuer, c'est ce que j'ai fait. Et de reconnaître qu'ils avaient outrepassé les limites, et transgressé toutes les conventions sur la guerre, pour aller jusqu'à cette folie incontrôlable. ça faciliterait la réconciliation, et la reconstruction d'une nouvelle société, car si on ne le fait pas, il a de très grandes chances que ça se reproduise.

Yasmin Sooka, rapporteur de la TRC:
Etant donné l'ampleur de l'instruction mené par le bureau du procureur général, il semble pour le moins bizarre d'avoir limité l'affaire aux délits économiques. Cela nie la valeurs des vies humaines, et c'est un problème, car s'il va en prison pour avoir commis des actes frauduleux, ce n'est pas du tout la même chose que d'être condamné pour meurtre.

Andrew Trench, journaliste au Sunday Time:
L'une des principales erreurs de ce procès, c'est que l'une des plus grosse atrocité ne sera jamais analysée correctement devant la cour. L'affaire des 200 membres de la suapo qui auraient été assassinés et jetés à la mer. Cette idée que les crimes commis hors de l'Afrique du Sud ne peuvent pas être jugé devant nos tribunaux, l'ampleur de certaines de ces atrocités et le fait que nous ne connaîtrons jamais vraiment la vérité, à part quelque petites informations qui surgissent presque par hasard. Je pense que c'est dommage pour tout le monde, quelque soit l'issue du procès.

Nous sommes fin 1999, Basson n'a toujours pas été jugé. Que se passe-t-il ? Les critiques s'accumulent sur le comportement du juge Harson Berg, ce magistrat proche des milieux conservateurs est seul juge désigné pour une aussi lourde affaire.

Dumisa Ntsebeza, chef des enquêtes de la TRC:
Il aurait été préférable que le système judiciaire soit remanié de fond en comble, à la fin de l'apartheid. Dans la plupart des autres pays qui ont subi de telle mutation, les individus qui ont été au service de l'ancien régime tyrannique, ne conservent pas automatiquement leur droit à exercer. Ils sont généralement démis de leurs fonctions à cause de leur passé. Mais dans notre cas c'est l'accord auquel nous sommes parvenus et il faut vivre avec.

Ce type de compromission vaut-il aussi pour Basson ? Le bruit coure en effet qu'il aurait repris son métier de chirurgien à l'hôpital de Prétoria. Nous avons voulu vérifier, toujours avec notre caméra caché.

Le journaliste:
Excusez-moi, pouvez-vous me dire où se trouve le service de cardiologie ?

Une infirmière:
Le service de cardiologie c'est là bas.

Le journaliste:
OK, merci. C'est là au numéro 22 ?

Le journaliste:
Non, non, ce n'est pas ça. En fait je cherche le service où travaillait le Dr Wouter Basson ? Vous pouvez demander ?

Le journaliste:
Bonjour, est-ce que je peux vous poser une question ? Avez-vous entendu parler du Dr Wouter Basson ? Non jamais.

Une infirmière:
Non, je ne sais rien.

Le journaliste:
OK, OK merci.

Le journaliste:
Bonjour, puis-je vous poser une toute petite question ?

Un médecin:
Non, vous ne pouvez pas me poser de question. Il faut d'abord que vous alliez voir le directeur et que vous demandiez son accord, pour pouvoir nous poser vos questions.

Le journaliste:
Il faut que je demande à votre supérieur ?

Un médecin:
Oui, le docteur Zona, je suis désolé, c'est comme ça que ça marche.

Le journaliste:
Mais imaginez que je sois un patient et je veuille être opéré par le Dr Wouter Basson.

Un médecin:
Non.

Le journaliste:
Je ne peux pas demander à l'hôpital si le Dr Wouter Basson travaille ici. Je suis sûr que c'est possible. Dans les registres de l'hôpital, il doit bien y avoir une liste officiel.

Un médecin:
Mais qui êtes vous Monsieur ?

Le journaliste:
Je suis juste un particulier très intéressé par le Dr Wouter Basson. Je viens de Paris en France et nous sommes très intéressés par le Dr Wouter Basson.

Un médecin:
Tout ce que je peux vous dire c'est que c'est le meilleur cardiologue avec qui j'ai jamais travaillé. Vous ne trouverez pas de meilleur cardiologue dans le monde. Il a sauvé des centaines et des centaines de vies. C'est tout ce que je peux vous dire.

Le journaliste:
C'est un très bon médecin ici.

Un médecin:
C'est un des meilleurs. C'est un des meilleurs.

Le journaliste:
Il a effectué de belles interventions ?

Un médecin:
ça fait quatre ans que je travaille avec lui, et c'est le meilleur cardiologue que j'ai jamais renconté.

Le journaliste:
OK, merci beaucoup.

Un médecin:
Je vous en prie.

L'information se confirme donc. Basson travaille toujours ici. Comment est ce possible ?

Andrew Trench, journaliste au Sunday Time:
Que quelqu'un comme lui, sur qui pèse autant d'accusations, de trafics de stupéfiants, de meurtres et de complicités dans d'innombrables crimes, puisse être non seulement employé par l'état, mais surtout comme médecin censé soigné les gens, c'est absolument révoltant.

Docteur Fazel Randera, rapporteur de la TRC:
Il y a suffisamment de précédents dans le droit démocratique sud africain de l'après 1994, pour que le ministère de la santé puisse dire, nous vous suspendons en attendant l'issue de cette affaire. Une suspension impliquant souvent le versement intégral du salaire, et tout ce qui va avec, or qu'est ce qu'on voit. Le ministère de la santé dit, nous attendons de connaître l'issue de ce procès. Je ne pense pas que d'un point de vue morale ou éthique cela soit acceptable.

Basson bénéficie-t-il de protections si puissantes ? Fait-il encore peur au point que personne n'accepte de prendre la décision de sa suspension, parallèlement son procès devant la haute cour s'enlise.

Docteur Fazel Randera, rapporteur de la TRC:
Je crains que ce procès ne réponde pas aux questions que vous posez dans cette interview. ça va juste continuer. Peut être trouverons nous le repos quand il y aura un tribunal international, prêt à le juger et à se servir du procès pour faire jurisprudence en matière de crime contre l'humanité. Il y a beaucoup d'autres personnes qui devraient être traduit devant un tel tribunal. Mais j'espère en tant qu'historien, que l'on ne s'arrêtera pas là. Songeons à ce qui c'est passé au Cambodge, ce qui s'est passé au Vietnam, ce qui se passe encore aujourd'hui en Algérie. Ce qui se passe au Soudan, ce qui semble se passer en Chine sur le plan des violations des droits de l'homme. Donc en tant que monde, nous devons nous dépêcher d'endiguer ce flot de crimes commis impunément, contre l'humanité.

Janvier 2001
Janvier 2001, toujours pas de jugement. Finalement qui est responsable ? Le système qui s'est fourvoyé au point de générer un nouveau docteur Mengele, ou plus globalement la société qui lui a permis de prospérer. Mais il y a une autre interrogation toute aussi grave pour l'avenir.

Andrew Trench, journaliste au Sunday Time:
La grande question a présent, c'est que nous avons un gouvernement démocratique qui possède ce même savoir mortel que possédait le gouvernement de l'apartheid, auquel des nations sans scrupule ont eu recours et pour lequel elles ont été condamnées. Donc la grande question à l'heure actuelle, qu'est-il advenu de ce matériel ? Existe-t-il toujours ? L'Afrique du Sud a signé des accords et des conventions internationales sur ces technologies. Il serait très naïf d'imaginer que ce savoir a disparu avec le docteur Basson, ou bien qui le suivra en prison. Ce ne sera pas le cas.

Nous quittons l'Afrique du Sud sans avoir totalement élucidé le mystère l'affaire Basson et son devenir. Le procès continue. Pour combien de temps, nulle ne peut le dire. Basson est toujours libre. Il n'a toujours pas livré ses secrets. Il ne manifeste ni regrets, ni remords. La question d'un transfer de compétence devant un tribunal international se pose-t-elle, comme à Nuremberg il y a 50 ans. Faut-il tourner la page ou bien, comme l'affirmait Desmond Toutou à la TRC, continuer à regarder la bête au fond des yeux.

Mai 2001:
Le docteur Basson a refusé de s'exprimer devant nos caméras.
Quant à son procès, il est toujours en cours.
 
Enquête de
Un film de 
Produit par
Commentaire dit par 
Tristan Mendès France
Jean-Pierre Prévost
Françoise Castro
Thierry Costa
Voix doublage

 

Juliette Delannoy
Eric Leblanc
Hughes Martel
Bruno Tuchzer 
Son
Montage
Thomas Permutter
Vincent Levy
Moyens technique FRANCE 3 Productions Lille 
Conformation Christine Laurent
Mixage Jean-François Holuigue
Etalonnage Frédéric Debièvre

 

Informations complémentaires à ce reportage:
Tout n'a pas été dit lors de ce reportage et des choses qui impliquent notamment des pays étrangers ou même des personnalités très puissantes. Par exemple Hans Hitchen a écrit que Henry Kissinger soutenait l'apartheid. De plus d'autres services secrets d'un grand nombre de nations utilisent les mêmes méthodes, d'où la nécessité pour eux que celles-ci demeurent encore aujourd'hui inconnues du public. Chaque pays a ses opposant un peu trop gênant, dont il peut être nécessaire à un moment ou à un autre de se débarrasser, et parfois sous les ordres d'un dirigeant d'un autre état. Dans nos démocraties, on assassine pas ses propres opposants, on se rend des services. Histoire de conscience.

13/06/1998 (2)
Un témoin a expliqué jeudi devant la commission Vérité et Réconciliation (TRC) que l'armée avait mené des recherches sur une bactérie qui aurait été seulement mortelle pour les Noirs. Daan Goosen dirigeait le laboratoire de recherches scientifiques de l'armée à Roodeplat, près de Pretoria, dans les années 80. Il a confirmé, après d'autres témoins cette semaine, que des recherches étaient menées sur la stérilisation des femmes noires. Son supérieur hiérarchique, le Dr Wouter Basson, lui avait indiqué, en 1983 ou 1984, qu'un chercheur européen affirmait avoir mis au point une bactérie 'capable de tuer les gens à la peau pigmentée'. Les chercheurs sud-africains menèrent dans la foulée leurs propres recherches approfondies sur le sujet. Wouter Basson a été sommé de témoigner lors des auditions spéciales de la TRC. Il a fait valoir qu'un témoignage de ce type irait à l'encontre de son droit à un procès juste.

05/10/1999 (1)
Wouter Basson 49 ans, est arrivé devant le siège de la Haute Cour de Pretoria contre qui 64 chefs d'accusation ont été retenus. Il est soupçonné d'avoir éliminé au moins 200 opposants noirs au régime de l'apartheid, des militants de l'ANC, en Afrique du Sud, au Mozambique, au Swaziland et en Namibie Il a été à plusieurs reprises à l'étranger avec son équipe en Allemagne, en Israël, en Croatie, en Suisse ou aux Etats-Unis. Il exerce toujours à l'hôpital militaire de Pretoria, est accusé d'avoir concocté des poisons, Gels asphyxiants, pilules cardiaques, drogues, asphyxiants musculaires, dizaines de corps jetés d'avion en mer. D'après les témoignages recueillis par la commission Vérité et Conciliation présidée par Desmond Tutu, l'unité biochimique dirigée Basson a même tenté de concevoir un produit qui, diffusé par le réseau d'alimentation en eau, aurait rendu les femmes noires stériles.

12/10/2000 (2-2)
Ces croyance, largement répandues au Zimbabwe, sont également partagées en Afrique du Sud, où le " mythe Basson " est très répandu dans les campagnes : le virus du SIDA aurait été répandu : dans les années 80 par le "Docteur la Mort", Wouter Basson, l'ancien chef des laboratoires militaires secrets de l'apartheid, dans le but d'exterminer une partie de la population noire. On aurait tort de croire que ces croyances épargne les élites africaines. Ainsi Thabo Mbéki le président d’Afrique du Sud affirmait récemment que, selon lui, l’épidémie du SIDA était le résultat d’un complot de la CIA et de l’industrie pharmaceutique, et il remettait en cause l’existence d’un lien entre le VIH et le SIDA. Il a également décidé de ne pas faire distribuer d’AZT aux femmes enceintes atteintes du SIDA. Aux mêmes causes les mêmes effets, l’épidémie du SIDA en afrique du SUD est le résultat d’une épidémie de viols qui n’a cessé de croitre depuis la chute de l’apartheid...
 



 
Retour au SOMMAIRE du CHAPITRE.
Retour au SOMMAIRE du SITE.
Retour au PLAN du SITE.
Adresse du site
Ancienne adresse
: http://membres.lycos.fr/corruptn/06.htm
: http://www.multimania.com/corruptn/06.htm
Adresse e-mail : scandalecorruption@hotmail.com
Nom du site : Scandale Français
f