
Avant d'en arriver à Post-Mortem Live et au prochain album studio, l'histoire de Parabellum commence avec une poignée d'adolescents dispersés dans l'hexagone et le monde. Ils ne se connaissent pas encore mais l'été de la haine bat son plein
De 1900 à
1961 :
Naissance des différents Parabellum entre la place de la
bastille, la Lorraine et Santiago du Chili. Ils pèsent entre 3,5
et 12 kilos pour certains. Les accouchements se sont bien passés
sauf pour Maman Géant-Vert qui, tel le Christ, doit porter sa
croix pendant dix mois au lieu de neuf ! Déjà l'envie de
prendre son temps pointe à l'horizon
1977 :
Grande année du déclic. Pour la plupart, ils sont déjà punks
et le niveau scolaire est déplorable. Malgré tous les efforts
du corps enseignant, une bonne partie d'entre-eux joue dans des
groupes bien laborieux dont les noms sont heureusement oubliés
par l'Histoire.
1981 :
C'est l'année charnière pour la plupart d'entre eux. C'est
aussi l'année où se dessine à grands traits la future scène
que certains ont trop vite qualifiée d'alternative. Roland
devient le bassiste des Electrodes de Romain Decoret et JP
Correa ; Schultz achève sa carrière lorraine au sein des
GTI, un trio destroy de Thionville ; Sven officie dans
Ex-Babies ; Géant-Vert, entre deux cuites, est grouillot
dans une émission de radio et Patrick est déjà une star
derrière les fûts de DKP, un combo plutôt sauvage et fort
motorisé.
1982 :
Roland plaque les Electrodes. Patrick massacre la tournée des
Stray Cats. Schultz et sa valise en carton débarquent à la Gare
de l'Est. Géant-Vert joue les bassistes dans les Ferrailleurs,
le pire groupe de rock de la capitale qui le vire pour nullité.
Sven est dans les Porte-Mentaux qu'il quitte pour laisser la
place à Schultz. Roland débarque à son tour au mythique
quatrième sous-sol du Parking 2000 pour s'intégrer, lui aussi,
dans le groupe de BB Rock. Géant-Vert prend l'habitude de venir
cuver pendant les répétitions pour se remettre de sa
première production vinylique : le très foireux disque des
Electrodes sans Roland. Patrick, quant à lui, découvre les
subtilités de l'nologie à travers une caisse de bouteilles de
Jack Daniel's. Déjà, c'était très mal barré
1983 :
A force de cuites de plus en plus dévastatrice, Géant-Vert est
bombardé manager des Porte-Mentaux. C'est la seule solution
trouvée par BB Rock pour préserver le foie de son géant
préféré. Enregistrement de démos diverses dont le célèbre A
ça ira que l'on retrouve sur la compilation Mantra
" France Profonde 1 & 2 ". Les
Porte-Mentaux enregistrent même 5 titres sous la houlette de
Pascal Auriat, le producteur de Linda de Souza. Certaines
mauvaises langues iront jusqu'à prétendre que les grands
esprits des possesseurs de valises en carton finissent toujours
par se retrouver ! C'est à cette époque que Géant-Vert
commence à s'afficher avec un t-shirt de fabrication locale sur
lequel est marqué Si Vis Pacem Parabellum.
1984 :
Grande année pour les futurs Parabellum.
Avril :
BB Rock compose Elsa Fraulein (350 000 copies vendues un peu plus
tard) et Schultz, Roland et Géant-Vert prennent la tangente dans
un bel ensemble. Une fois à l'extérieur du Parking 2000, ils
décident de faire un groupe. Géant-Vert déclare qu'il fera les
paroles et les pochettes. Les deux autres, qui ont joué une fois
avec lui pendant une répétition des Ferrailleurs, trouvent
l'idée excellente. En attendant de trouver le batteur adéquat,
ils embauchent Jean-René, la boite à rythmes de Yoyo Tommy Gun,
l'ancien animateur de l'émission " Sueurs
Froides " à Carbone 14. Le 8 mai, à défaut de
célébrer la fête nationale, le trio annonce officiellement à
BB Rock qu'il peut embaucher du personnel. Ce dernier le prend
assez mal et déclare qu'il va devenir une star rien que pour les
faire chier. Il y réussira d'ailleurs assez bien.
Au cours d'une répétition, Roland décide que le t-shirt de
Géant-Vert fera un excellent nom de groupe. Les trois premiers
titres sont composés : Stalag 27, Momo et Arbeit Macht Frei
que le groupe laissera tomber assez rapidement ( titre que l'on
retrouvera sur un album des Rats dix ans plus tard !)
Le 17
juin :
Leurs trois premiers titres en poche, le trio se rend à la cité
universitaire pour un concert des Wampas/Washington DC/Daltons.
Ils y ont été invités par Ronan et Rascal histoire de faire
une brève apparition sur scène. Malheureusement pour les deux
gentils organisateurs de services, le concert n'est qu'une
succession de bastons et Parabellum opère un repli stratégique
avant qu'il ne soit trop tard.
Juillet
84 :
Première répétitions avec un vrai batteur. En l'occurrence
Cambouis, anciennement Propsack et surtout Wundeback.
Entre-temps, le groupe a eu le bon goût de composer l'essentiel
de son futur répertoire : La bombe et moi, SVP 08 38, Pére
Noëlet la plupart des inédits du Vol. 2. C'est aussi l'époque
où Parabellum agrémente son show d'instrumentaux diverses pour
permettre à Schultz de pouvoir souffler. De cette époque, nous
retiendrons un certain éclectisme musical à l'écoute de titre
Comme nut rocker run chicken run et Treblinka.
Août 84 :
Enregistrement de la première démo Stalag 27/La bombe et moi/SVP
08 38/Momo aux studios Jet production à Hagondange, en Lorraine
profonde. Le tout se fait en un week-end avec un budget égal à
zéro. Les Parabellum, à l'exception de Schultz qui joue sur ses
terres, découvrent avec effarement un paysage sinistré par la
crise. Le seul magasin ouvert est une petite boutique puant la
misère et fort justement appelée Baprix ! Il n'y a rien à
acheter sauf de la bière à foison et la vendeuse se tord les
mains de désespoir devant les cagettes de fruits gâtés qu'elle
essaye désespérément de fourguer au groupe. On sent que la vie
n'est pas rose tous les jours dans cette contrée de malheur
Septembre
84 :
Premier concert officiel du groupe et à l'étranger de
surcroît : le bar belge à Angers ! Cambouis n'ayant
pas jugé sa présence utile, c'est JR, la boite à rythmes, qui
se tape le boulot. C'est un succès total. Les quarante-huit (48)
spectateurs présents sont enchantés. Enchanté par l'accueil,
les Parabellum se fendent d'un rappel. Roland dit à
Schultz : " On fait Rockaway beach ! Il
balance l'intro à toute vitesse suivi par Schultz. Seul
problème, ce dernier joue Roll over Beethoven ! ! !
Fin 84 :
C'est le début d'une collaboration fructueuse avec Paris Bar
Rock de Rascal et Ronan. Pendant les dix-huit mois suivants, le
groupe prend régulièrement ses quartiers au Jimmy, rue de
Bagnolet, pour des concerts de plus en plus furieux.
Charitablement, le Géant-Vert déclare que ça fait autant
d'heures de répétitions que Parabellum n'aura pas à
payer !
Entre-temps, la compilation France Profonde 1 avec le premier titre du combo sort dans les bacs. La pochette est à chier et le son de Stalag 27 est quasiment inaudible. C'est un échec total. Malgré ça, la démo plaît beaucoup à un groupement d'une vingtaine de dégénérés de l'Essonne répondant au doux nom de Gougnaf Mouvement. Ce label trouvant le son de la démo excellente, les Parabell' pommes, devant autant de mauvais goût, sont d'accord pour un 45 tours.
Décembre
84 :
Rencontre historique avec Guy Ferrandis au quartier général du
groupe. Il prend une vingtaine de photos en tirant une tronche de
six pieds de long. Plus tard, il dira dans un éclair de
lucidité : " C'est pas des
flèches ! " Roland décide de prendre dix mois de
vacances. Pendant son absence, il est remplacé par Riton futur Garçons
bouchers. Comme Cambouis n'est pas disponible, c'est Jean-Luc,
des GTI's, qui lui succède derrière les fûts.
1985
Janvier :
Sorti du disuqe On est gouverné par des imbéciles avec La bombe
et moi en face A et SVP + Momo sur la face B. Tiré à 1100
exemplaires, ce disque se distingue surtout par sa pochette
poster reprenant la célèbre photo des deux flics de Ferrandis.
Très vite, les embrouilles commencent avec Gougnaf. Ces derniers
en laissent 200 copies au QG des Parabellum. Le groupe, en toute
bonne foi, les offre aux copains (et il y en a !) Un peu
plus tard, Gougnaf réclame le pognon de la vente Ah ces
alternatifs !
Février à
août :
A l'instigation du Géant, Parabellum ne joue que dans les pires
endroits qu'il lui est possible de trouver. C'est le seul moyen
pour forger le caractère d'un groupe qui se respecte donne-t-il
comme explication à ceux qui le lui demandent. Nous retiendrons
la série de concerts au Séisme de Champigny sur Marne où,
exceptionnellement, le taux de bastons chutent en flèche à
chaque passage du groupe. C'est sûr que lorsque le spectacle est
sur la scène, il n'est plus dans la salle, et toc ! Au mois
de mars, surprise, comme Jean-Luc a dû rentrer en Lorraine,
c'est Cambouis qui En juin, c'est la rencontre avec OTH dont il
assure la première partie quelque part dans le sud. C'est le
coup de foudre. Pendant cette période, le groupe écume à
droite et à gauche et n'hésite pas à parcourir sept cents
bornes pour un cachet de cinquante sacs.
Septembre :
Come-back fracassant de Roland lors d'un concert au Jimmy. Le
groupe prend l'habitude de commencer ses concerts par Rock in Pace
précédé d'un énorme bordel instrumental plus communément
appelé intro. Ils jouent aussi le vieux classique des Slades,
mama were all crazee Now qui leur va très bien. En attendant le
retour de leur bassiste habituel, Schultz et Géant ont pondu
R.I.P., L'amour à 45 km/h, Berceasu-Néo-Caveaux, Cayenne, Ilot
d'Amsterdam et le fantastique Doc Bollocks. En deux heures,
Roland apprend les nouveaux morceaux et monte sur scène un peu
après. That's rock'n'roll ! Peu après, la présence d'un
deuxième guitariste se fait sentir. Pendant quelques mois, c'est
Kemar, une vieille connaissance du Jimmy qui s'en occupe. Le
temps de laisser son empreinte sur l'enregistrement de Pére
Noëlpour la compilation Les héros du peuple sont immortels, et
il laisse la place à Sven l'année suivante.
Décembre 85
Première
télé de Parabellum pour un spécial rock français des enfants
du rock filmé par Michel Vuillermé. Le groupe joue trois
morceaux live dans une salle des fêtes quelque part au fin fond
de l'Essonne puis est filmé pour une interview dans le
cimetière russe de Sainte-Genevièvre des Bois. En fait, toutes
les séquences du groupe seront coupées au montage sans autre
explications ! C'était vraiment pas la peine d'importuner
les morts pour un tel résultat
1986
L'album !
Début 86,
un changement important survient. Pour cause de divergences
musicales, Kemar claque la porte et est remplacé au pied levé
par Sven. Ce changement ne surprend personne car Sven était
depuis trop longtemps dans le collimateur de Parabellum. Aussi
sec, le combo a une autre allure. Ne serait-ce que sur le plan
vestimentaire. Véritable garde-robes ambulante, notre chilien
est né avec un atout non négligeable pour tout rocker qui se
respecte : la Classe !
Dès le retour de Montpellier, Cambouis claque la porte définitivement. Motif : raz le bol de tout. Derrière la couronne de regrets éternels qu'il laisse en partant, c'était un personnage haut en couleur et surtout un putain de batteur qui a su laisser sa marque de fabrique partout où c'était possible. Encore aujourd'hui, on peut entendre des fans mal informés donner du "vas-y Cambouis" à Patrick pendant les concerts.
Le départ de Cambouis a beau être un sale coup pour le groupe, c'est aussi le signal de l'arrivée de Patrick derrière les fûts. Ancien de DKP, des Desperados et d'une kyrielle de groupe tous plus mythiques les uns que les autres, il a même donné le tempo à Mr Johnny Thunders en personne ! C'est donc une star qui s'installe derrière le groupe. Sa mission : pousser les trois autres dans la bonne direction dite du maximum rock 'n' roll !
1987
L'année de tous
les dangers
L'année commence par l'enregistrement du nouveau maxi Quatre
garçons dans le brouillard ! La scène du crime est
toujours le studios WW. La session n'est pas très sereine. Trop
de monde défile dans le studio pendant les trois jours. Au
final, trois gravures seront nécessaires avant de pouvoir sortir
le disque. Dès sa sortie, c'est un beau petit succès dans les
bacs. La pochette de Vuillemin, les photos de Ferrandis sur le
canal de l'Ourq, le tout enrobant RIP, Osmose 99, Joyeux Noël et
L'amour à 45 km/h en font un must de l'époque. Seule fausse
note, le disque est distribué par Madrigal qui ne laissera pas
un souvenir impérissable dans les annales du groupe.
Le premier gros coup de l'année est le concert du Printemps de Bourges en compagnie des Béruriers Noirs. Pour l'occasion, Sven arbore une combinaison en plastique rose fluo qui manque de l'étouffer en cours de concert. Alors que le groupe commence une série de concerts importants, c'est au tour du Géant-Vert de claquer la porte pour cause de mésentente avec l'entourage de Parabellum. Il ne supporte plus de devoir lever le doigt chaque fois qu'il lui prend l'envie de pisser. Il part donc fonder sa vespasienne personnelle qui s'appellera Karbala 413. Habitués aux frasques du Géant, les Parabellum ne prennent pas ce nouveau départ très au sérieux. Heureusement pour tout le monde, Parabellum saura contrer cette défection par un sursaut de rock'n'roll franc et massif qui les fera rentrer dans la légende au cours des trois années suivantes.
De Mai à
Décembre
De Mai à Décembre,
le quatuor entame un véritable tour de France qui les amènera
dans les lieux les plus cocasses de l'Hexagone. Tantôt dans une
bétaillère, tantôt dans un camion de livraison, ils délivrent
leur show partout où l'on veut d'eux. A tête reposée, on peut
dire sans se tromper que 1987 est l'année où le véritable
Parabellum prend son envol. A force de concerts pourris, de nuits
blanches, d'alcool et autres produits énergétiques ( Yop, Mars,
Vitamine C, corde à sauter, pompes, saunas, natations etc ) le
style Parabellum est né !
Profitant de sa nouvelle liberté, le Géant se lance dans l'écriture et pond un petit polar punk prénommé Casse-bonbons qui trouve preneur très rapidement chez un éditeur qui le sort en novembre. Parallèlement à son nouveau statut d'écrivain, il entame une carrière de pigiste à Télérama. Trois mois plus tard, il renonce au journalisme en faisant jouer sa clause de conscience. Trop d'enculés dans ce monde là
Discographie :
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