Bifrost 13

Bifrost n°13

Beaucoup d'eau a coule sous les ponts depuis ma derniere (et premiere) critique de Bifrost. Du n°8 au n°13, il ne s'est passé que deux choses de notables (oui, je résume):

  1. La série Corsaire des Etoiles de Francis Valery est finie.
  2. Le trimestriel Bifrost est devenu mensuel.
Je dois a la verite de dire que chacun de ces deux petits événements me remplit de joie.

Bifrost est devenu mensuel, mais a garde sa structure: la premiere partie est toujours consacree aux nouvelles, la seconde foisonne quand a elle de rubriques. On a beau dire, mais cette formule laisse quand meme le lecteur sur sa faim. Sur les 128 pages de cette valeureuse revue, seulement 50 sont consacrees a la fiction. Mouais. Encore une fois, je prefere l'equilibre qu'a reussi a trouver Galaxies. Mais bon.

Mais passons outre ces considerations tristounettes et l'illustration de couverture de Caza, apparemment pas en grande forme, et considerons les trois petites histoires si genereusement dispensees. La premiere est le debut d'une nouvelle serie. Aie, repondrons ceux qui seront devenus allergiques a cette formule avec la serie de Valery sus-nommee. Youpi! s'exclament ceux qui ont vu le nom de l'auteur, qui n'est autre que le semmillant Roland C. Wagner. Cet episode, intitule l'Epouvantail, qui inaugure donc la serie intitulee Par la Noirceur des etoiles brisees, commence assez platement. Bien sur, on a droit la aux bons petits delires wagneriens, mais ca manque encore de piment. En fait, R.C. Wagner ne fait la qu'installer son intrigue, ses personnages, et on reste un peu sur sa faim, vu qu'il n'y a pas de conclusion. Vous allez me dire, c'est le principe de la serie. Et bien, tout ce que je dirais, c'est: oui, mais j'aime pas trop le principe de la serie. Ou plutot que j'ai l'impression que ce principe n'est pas encore bien assimile par ceux qui le mettent en oeuvre actuellement dans Bifrost. Car cet episode ressemble a un bon debut de roman, oui, mais a cause de ca, il manque d'unite. Voila, je pense que les autres episodes seront sans doute plus interessants que celui-ci. Enfin, ca c'est mon intuition, vous en faites ce que vous voulez.

La deuxieme nouvelle est le fruit du genial Robert Silverberg. Vous allez me traiter d'americaniste a la petite semaine, mais encore une fois c'est eux qui font le mieux. Ce Jusqu'a ce que la mort nous separe n'est peut-etre pas une merveille, mais c'est une nouvelle excellente et enrichissante, quoi que puisse bien vouloir dire ce mot dans ce contexte. Le theme de l'immortalite (mille fois rebattu) est ici tres bien mis en scene. C'est l'histoire d'amour entre un homme et une femme, à une époque où l'immortalité est chose commune chez les plus riches. Mais le marié a 363 ans. Et la mariée 32. Et elle va s'interroger sur les raisons qui ont poussé cet homme qui en as tant vu à l'épouser, elle, et pourquoi il prétend, à elle qui est sa septième femme, que leur amour va durer toujours. La conclusion est emouvante. C'est sans doute la reussite du numero.

La derniere nouvelle est celle de Jean-Jacques Nguyen. Cet auteur, souvent tres bon (voire l'Homme singulier, dans Destination Crepuscule 3, et les Visages de Mars), et parfois excellent(voir l'Amour au temps du silicium dans Escales sur l'Horizon 1998), nous gratifie ici d'une nouvelle assez decevante. En fait, j'aurais bien aime voir cette Averse cosmique se prolonger un peu. Les personnages manquent de psychologie (ou plutot d'originalite). La chute est molle et un peu convenue. L'ecriture de Nguyen n'est pas mauvaise, mais en-dessous de ce qu'elle est capable de faire. Oui, c'est vrai, j'en demande beaucoup. Mais c'est parce qu'on m'a habitué à beaucoup mieux. Bref, un relachement. Pas grave.

Les rubriques habituelles sont toujours là, fidèles au poste. Les critiques, la Chandelle de maître Doc'Stolze, les BDs, la deuxième partie de l'article de Genefort sur les Livres-univers, les petits maitres de la SF(consacre a Colin Kapp), la Scienti-fiction, les news cine et tele. Ces rubriques ne cassent pas des briques, ce numero-ci, mais bon, je m'en fout, moi c'est les nouvelles qui m'interessent.

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