LA CHUTE! - Sommet des Amériques: Merci Black Block...

Sommet des Amériques: Merci Black Block...

Depuis que je suis allé au Sommet des Amériques, mon opinion envers les journalistes s'est quelque peu forgée. Vous ne serez peut-être pas d'accord avec moi, mais depuis je crois qu'il y en a un bon nombre qui ne sont que des rapaces n'ayant rien à foutre de la vérité, payés à gros prix pour créer une image la plus spectaculaire possible.

Partant de cette observation, est-ce que quelqu'un peut m'expliquer l'utilité du Black Block dans des manifestations comme celle de Québec? À Québec, nous étions des dizaines de milliers à manifester pacifiquement, mais où étaient ces foutus journalistes? Leur travail n'est-il pas de couvrir les faits? Non, ce n'est pas leur travail. Leur travail est de créer une image qui frappe l'imaginaire. C'est pourquoi ces « porteurs de la vérité absolue » et « protecteurs du monde libre » n'étaient pas avec l'imposante masse de militants (travailleurs, étudiants et citoyens consciencieux) qui défilaient pacifiquement et démocratiquement dans les rues de notre capitale nationale avec leurs tam-tams, pancartes et slogans. Ils étaient plutôt collés au derrière des quelques dizaines de blocks qui provoquaient les policiers, comme de véritables mouches à merde, attendant patiemment le moment où il capteront l'image qui fera la première page du journal le lendemain. J'aurais bien aimé voir leurs caméras, vendredi, lorsque nous étions une centaine assis par terre, à ne rien faire, devant le barrage de police et que nous avons été sauvagement bombardés de grenades lacrymogènes et fumigènes (et cancérigènes?). Apparemment notre simple présence était une provocation et un danger à la sécurité de Chrétien, Bush et leurs amis. J'aurais bien aimé voir leurs caméras à ce moment, mais il semblerait que nous ne portions par assez de noir pour les intéresser.

Tout ce que nous a montré la télévision, c'est des tuniques noires et des visages masqués attaquant violemment la police avec des bâtons et des pierres. À partir de ce moment, je crois que toute répression policière peut être perçue comme justifiée. Comment peut-on condamner une répression que l'on a visiblement provoquée? N'importe qui sur le terrain aurait vite compris que la provocation était l'œuvre isolée de quelques individus tant dit que la répression était faite envers tous et toutes, mais un téléspectateur à des centaines de kilomètres de l'action n'y voit que du feu. Résultat : les manifestants passent pour une bande d'extrémistes, barbares et dégénérés cherchant à mettre la ville à feu et à sang, et la police comme les sauveurs de la civilisation. Merci Black Block!

Félix-Antoine Pagé

Page d'accueil

Ce texte est une libre opinion, respectez-le en tant que telle.