Sans même parler de la santéTous bon Boulonnais a appris que son collège avait signé une entente d'exclusivité avec Coke, mais peu semble en être touchés. Pourtant, cette compagnie est méconnue, comme tant d'autres, car ici se font leurs profits, non leurs ravages. Cette gigantesque entreprise est loin d'être respectueuse et l'encourager se rapproche du crime contre l'humanité. De récents événements, ci bas relatés, vous convaincront, je l'espère, de marcher jusqu'au dépanneur d'à-côté lorsque vous serez assoiffés.La Coca-Cola Corporation est une multinationale ayant enregistrée des bénéfices de 1,2 milliards de dollars US pour le deuxième trimestre de cette année. Dans la même semaine que la compagnie annonçait fièrement ces résultats, la Fondation internationale pour les droits du travail et le Syndicat américain des métallurgistes déposaient ensemble une plainte contre la compagnie en question devant un tribunal fédéral de Miami. En Colombie, la compagnie aurait engagé des groupes paramilitaires d'extrême droite pour torturer, menacer, séquestrer et tuer des syndicalistes. Ces accusations furent épaulées par l'Agence France-Presse. Bien sûr, l'entreprise nie tout, citant que ces usines ne leur appartienne pas, puisqu'elles sont la propriété de leur principal sous-traitant, Panamerican Beverages, (qui en fait possède 25 pour cent des actions de l'intéressé). Mais le journal Libération aurait mis la main sur des documents, plus précisément des communications entre les dirigeants de l'usine et le quartier général de Coca-Cola en Colombie, qui prouverait la culpabilité de la multinationale américaine. Ce ne sont malheureusement pas les premiers déboires de l'entreprise avec la justice. Selon l'Observatoire des transnationales, un organisme indépendant qui surveille les compagnies et accumulent des données depuis 1901, la liste des méfaits de Coca-Cola est longue. En plus d'être implantée dans dix paradis fiscaux, la transnationale d'Atlanta fut accusée l'an dernier de licenciements sans préavis aux Philippines et de discrimination raciale aux États-Unis. En 1998, au Pakistan, elle fut accusée d'avoir fait travailler des enfants, ce pays ne légiférant justement pas sur ce point. Elle reçu aussi une amende de 5265 $US en 1995 pour avoir violé le code du travail aux États-Unis. Toujours selon l'OT, Coca-Cola aurait " corrompu " des politiciens depuis cinq ans, en investissant dans leur partis respectifs, et ça continue! Bien entendu, comme toute bonne transnationale, Coke est accusé de destruction environnementale, notamment en évacuant des résidus industrielles en Belgique. Ce sont des événements qui se passent bien loin de chez vous mais avec lesquelles vous êtes directement impliqués chaque fois que vous vous procurez un des produits sucrés qui activent vos papilles bernées. Vous connaissez tous les nombreuses campagnes de publicités qui vous incitent à acheter les mille et un produits qui sont entassés dans ces énormes réfrigérateurs colorés et déformés, mais vous ne voyez pas toujours la subtilité avec laquelle elle se glisse dans vos réalités. Ce n'est pas seulement en diversifiant les saveurs que Coke le conquérant conquiert de nouveaux marchés, mais aussi en s'impliquant dans la communauté! Le 11 octobre dernier, la multinationale a annoncé à la Bibliothèque Centrale de Montréal qu'elle investirait un million de dollars dans les cercles de lecture, le programme visant à rejoindre 5300 jeunes à travers six grandes villes canadiennes. Mentionnons aussi cette université d'Atlanta : The Coca-Cola Learning Center. Tous ces généreux dons servant bien entendu à redorer l'image d'une sale compagnie. Pour certains, le débat autours du contrat d'exclusivité signé par le collège et Coke ne concerne que le fait qu'ils ne peuvent se procurer de Pepsi. Personnellement, je ne bois pas de boissons gazeuses et j'encourage le moins possible ces machines qui me harcèlent. Si je m'oppose à ce contrat, c'est surtout parce que ces compagnies considèrent les lieux d'instructions publiques comme un marché, un marché qu'ils peuvent s'approprier comme bon leur semble. Mais encore là, ce n'est pas si grave de profiter de l'argent qu'ils offrent à l'école mais c'est à l'école en entier à se prononcer. Du moins, que le personnel et la clientèle de Bois-de-Boulogne soient consultés avant la signature de telles ententes. Car ce sont ces derniers qui permettent à l'école d'obtenir de tels contrats puisque c'est la clientèle de l'école qui attirent ces charlatans. J'aimerais rappeler que l'AGE n'a toujours pas obtenu une copie du fameux contrat, malgré leurs nombreuses demandes. L'éducation publique ne devrait-elle pas être transparente ? |