François-Xavier GarneauLe Canadien-français François Xavier Garneau vécut au Québec de 1809 à 1866, une période où le clergé catholique se confondait avec l'État, où les hostilités entre francophones et anglophones étaient aiguës, où les colons français avaient l'amère Conquête anglais fraîche en tête et où le Canada-français n'avait pas encore d'histoire. Garneau, dès l'âge de 19 ans rêvait de mettre sur papier l'histoire des siens, ce qu'il fit 17 ans plus tard après de nombreuses recherches qui résultaient en la première œuvre historique du Canada-français : L'Histoire du Canada.En tant que première œuvre de ce genre au Canada, L'Histoire du Canada semait la controverse et fut à l'origine de nombreuses critiques pour la plupart exagérées. On reprochait surtout à Garneau l'influence étrangère qu'il avait subi et qui, selon les ultramontains le rendait anti-catholique et développait chez lui un philosophie révolutionnaire. Cependant, certaines critiques savaient apprécier le volonté d'impartialité de Garneau. Ils reconnaissaient également sa qualité d'écrivain et sa méthode d'historien, mais, quoi qu'il en soit, personne de pouvait contredire son patriotisme. Bien qu'il ait provoqué de vives réactions, Garneau s'est tout de même mérité le titre d'historien national par son œuvre d'un envergure que l'on avait jamais vu auparavant en sol canadien. Il avait en effet réussi ses buts, soit de réfuter les affirmations anglaises clamant arrogamment que les Canadiens-français formaient un peuple sans histoire et sans culture et de rétablir la vérité maintes fois faussée par les conquérants de la Nouvelle-France. C'est pourquoi l'Histoire du Canada selon Garneau constitue encore aujourd'hui un article incomparablement précieux de notre patrimoine national.
En ce qui a trait à la langue, les opinions sont tout autant mitigées, certains la trouvent appropriée tel que Louis-Ignace Moreau qui a écrit Dans Le correspondant de Paris en 1854 : " C'est la langue du XVIIe siècle [...] elle est en général simple et correcte [...]. Elle a d'ailleurs la clarté, la gravité, la précision qui conviennent à l'histoire." Par contre, Maximilien Bibaud, auteur d'un pamphlet critique sur L'Histoire du Canada relate que la " grammaire n'y est pas respectée". L'histoire du Canada, Garneau l'exprima d'une façon romantique, mais il a tout de même effectué une recherche de documentation consciencieuse, même si parfois il ne remettait pas la validité de ses sources en question comme il l'aurait du. Cet historien doit ses connaissances en historiographie à ses nombreuses lectures, il a donc subi une influence notable (déplorée par les critiques) d'historiens européens tels que Michelet, Guizot et Sismondi. Garneau aura au moins eu le mérite d'avoir établi la chronologie des événements de la Nouvelle-France qui est, encore aujourd'hui, à peu près inchangée. Sa méthode scientifique d'écrire l'histoire faisait d'ailleurs l'unanimité, tous se ralliaient pour dire que la matière que livre Garneau est formidablement bien ordonnée. L'Histoire du Canada se voulait un récit impartial et les critiques s'accordent pour lui accorder ce mérite, au grand désespoir du clergé et des ultramontains qui qualifient le récit et son auteur d'impies, car Garneau aurait "insulté la religion aussi souvent qu'il l'a pu" aux dires de Bibaud. Se pourrait-il que Garneau, lors de la rédaction de son œuvre, ait glissé quelques opinions personnelles? Étant donné qu'il est pratiquement impossible d'écrire un récit historique complètement impartial, il serait très probable que l'on décèle quelques traits chauvins dans l'œuvre qui avait comme but de créer une nation. Suite à la lecture du texte Savoir Plus : Outils et méthodes de travail intellectuel. Outils complémentaires rédigé par Messieurs Raymond Robert Tremblay et Yvan Perrier, j'ai observé que les deux mots qui le décrivent le mieux sont "méthode" et "recherche". |