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Epigrammes satiriques
Amour,
Sexe Auvray (d'),
Jean N'en déplaise à
Ronsard, les tétins de nos filles
A des boules ne sont comparés justement,
Car la boule ne sert qu'à abattre des quilles,
Mais un beau sein les fait redresser promptement Baudelaire
(de), Charles Les Belges
poussent, ma parole,
L'imitation à l'excès,
Et, s'ils attrapent la vérole,
C'est pour ressembler aux Français La
Fontaine (de), Jean Aimons,
foutons, ce sont des plaisirs
Qu'il ne faut pas que l'on sépare;
La jouissance et les désirs
Sont ce que l'âme a de plus rare.
D'un vit, d'un con et de deux coeurs
Naît un accord plein de douceurs
Que les dévots blâment sans cause.
Amaryllis, pensez-y bien :
Aimer sans foutre est peu de choses,
Foutre sans aimer, ce n'est rien. Lebrun-Pindrare Ne
cherchons point un vain détour
Pour excuser notre faiblesse :
Les premiers soupirs de l'amour
Sont les derniers de la sagesse
Sarasin, Jean-François
Par ces quatres mots de prose
Je vous mets mon coeur en main;
S'il est bien reçu, demain
J'y mettrais quelque autre chose
La femme dans tous
ses états Bussy-Rabuttin,
Roger Philis, on ne vous
voit jamais
Sans quelque laide ou vieille demoiselle.
Ce n'est pas mal savoir vos intérêts :
Par ce moyen vous êtes jeunes et belles Cailly
(de), Jacques Considère-moi
bien, regarde bien Clymène;
Nous naquîmes tous deux dans la même semaine;
Tous deux, à cinq jours près, somme du même temps;
Cependant, vois quel tord me font les destinées :
Depuis sept mois j'ai trente-six années
Et ce charmant objet n'a toujours que vingt ans. Giraudy N'accusons
plus de fausseté
Ce beau sexe qui nous enchante;
Mes amis, la femme est constante.
Au moins dans sa légèreté La
Sablière (Madame de) Elle
est coquette, sotte et belle,
Assez belle pour le plaisir,
Assez sotte pour mal choisir,
Assez coquette enfin pour n'être pas cruelle :
Elle aura la foule chez elle. Lavoix,
Henry Comme il allait
mourir, elle lui dit : -Espère
En un monde meilleur où tu me reverras.
Mais lui, tous doucement, lui répondit : -Ma chère,
Si ce monde est meilleur, je ne t'y verrais pas. Lebrun-Pindare Oui,
vous avez, Chloris, les traits de venus même;
Oui, de vos yeux le charme est triomphant;
Vos yeux ordonnent qu'on vous aime,
Mais votre bouche le défend. Pavillon,
Etienne Apprenez,
bienheureux amants,
Qu'il n'est point d'amour éternelle :
Quand on ne veut point voir sa maîtresse infidèle,
Il ne faut pas vivre longtemps Scarron,
Paul Dame Astartot, je te
hais tant
Et d'une haine enracinnée,
Qu'encor que je sois mal content
De ma chienne de destinnée,
Je voudrais vivre cent ans
Afin de te haïr longtemps; Scudéry
(de), Madelaine Contre
job, autrefois, le démon révolté
Lui ravit ses enfants, ses biens et sa santé.
Mais pour mieux l'éprouver et déchirer son âme,
Savez-vous ce qu'il fît? ll lui laissa sa femme. Histoire
et Politique : Règlement
de compte en tous genre
Dumas,
Alexandre (Fils) Sur la mort de
Marat dans sa baignoire C'est
ainsi qu'il périt.
Ô ciel, qu'elle vengeance !
Pour un bain qu'il a pris,
Il n'a pas eu de chance. Rivarol Sur
mirabeau qui venait d'écrire contres les agioteurs Puisse
ton homélie, ô pesant Mirabeau,
Assomer les fripons qui gâtent nos affaires !
Un voleur converti doit se faire bourreau
Et prêcher sur l'échelle en pendant ses confrères X
(Le Figaro) Sur
Adolphe Thiers surnommé, après 1871, le libérateur du territoire On
dira, quand il sera mort,
Pour glorifier sa mémoire :
Ci-gît celui qui vient encor
De libérer le territoire. Médecine
et mauvaises langues... Boileau,
Nicolas Paul, ce grand
médecin, l'effroi de son quartier,
Qui causa plus de maux que la peste et la guerre,
Est curé maintenant et met les gens en terre.
Il n'a point changer de métier. Dumas,
Alexandre (fils) Depuis que
le docteur Gistal
Soigne des familles entières,
On a démoli l'hôpital
Et l'on a fait deux cimetières Lebrun-Pindare Puisqu'il
faut qu'on m'expédie,
J'aime autant, docte assassin,
Mourir de maladie,
Que mourir d'un médecin. Neufchateau
(de), François -Mes
malades jamais ne se plaignet de moi !
Disait un médecin d'ignorance profonde.
-Ah ! répartit un plaisant, je crois bien,
Vous les envoyez tous se plaindre en l'autre monde. Epitaphes
Satiriques Derouen,
Jean Ci-gît, muette
enfin, Mireille
Mathieu
Qui n'offence plus que l'oreille
De Dieu Lorens (de),
Jacques Ci-gît ma femme.
Ah! qu'elle est bien,
Pour son propre repos et le miens X Sur
Richelieu
Ci-gît un fameux cardinal
Qui fit plus de mal que de bien
Le bien qu'il fit, il le fit mal
Le mal qu'il fit, il le fit bien
Sur Louis XIV Ci-gît
au milieu de l'église
Celui qui nous mit en chemise.
Et s'il eût plus longtemps vécu
Il nous eût fait montrer le cul.
Sur Rivarol
Ci-gît Antoine de Rivarol
La paresse nous l'avait ravi
Avant la mort
Sur Robespierre
Passant, ne pleure pas ma mort :
Si je vivais, tu serais mort.
Sur Jean Jaures Ci-gît
Jean Jaurès. Quel silence
En ce champ funèbre où tout dort !
Quel calme sur toute la France :
Jean Jaurès se tait ; c'est qu'il est mort. Divers Cailly
(de), Jacques Je sais
bien qu'un homme d'Eglise
Qu'on redoutait fort en ce lieu
Vient de rendre l'âme à Dieu.
Mais je ne sais si Dieu l'a prise. Lebrun-Pindare -Pourquoi
sans l'écouter applaudis-tu Clitandre?
-C'est que j'aime mieux l'applaudir que de l'entendre.
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