Petite Histoire Economique : 1880-2000

 

 
     

    Petite Histoire économique

1880-2000

     

     

Fiche technique

     

 

 

 
     

    Première partie : l'évolution de la conjoncture 1880-1945 : les crises.

     

    I. Des fluctuations cycliques

     

    La croissance économique sur la période 1880-1945 a été particulièrement irrégulière et instable, les cycles économiques fortement cyclique. De nouvelles formes de crises se sont mises en place, forts différentes des crises " d'ancien régime " de la société précapitaliste, à dominante rurale et très liées aux récoltes.

    À partir du XIXème siècle, les crises ne sont plus agricoles mais industrielles (écart entre offre et demande de produits manufacturés), qui s'accompagnent de crises boursières et financières. Dans ces pulsations de l'économie, trois grandes catégories de crises peuvent être distinguée :

    - les trends séculaires (mouvements des prix)

    - les mouvements de longue durée, dits cycles Kondratieff, font alterner des périodes longues (20 à 30 ans) d'expansions puis de récession économique. Les phases ascendantes étant toujours précédées par l'émergence d'innovations technologiques majeures (théorie de Schumpeter).

    - les mouvements de courte durée (6 à 10 ans), dits cycles Juglar, qui se superposent aux cycles précédants et font alterner crise et croissance.

    - des cycles encore plus courts (40 mois), enfin, dits cycles Kitchin, identifiés aux États-Unis, ils correspondent à la gestion des stock par les entreprises.

     

    II. Les crises de 1880 à 1914

     

    Cinq crises se succèdent de 1880 à la veille de la guerre. L'expansion économique à partir de 1896, s'explique par l'apparition de nouvelles activités liées à la seconde révolution industrielle (électricité, pétrole, automobile, textiles, chimie organique) :

    - crise de 1882-1884 (Etats-Unis, France) : crise liée aux difficultés rencontrées par les compagnies de chemin de fer, dont les profits ont diminués. Faillites bancaires (Union générale, Metropolitan Bank) et croissance du chômage.

    - crise de 190-1893 (Royaume-Uni) : crise coton, métallurgie, chantiers navals. Effondrement des valeurs ferroviaires aux États-Unis.

    - crise de 1900 (Europe, Allemagne) : crise liée en Allemagne au surinvestissement dans les industries électriques.

    - crise de 1907 (États-Unis) : crise du cuivre américaine liée à une contraction de la demande de cette matière première. Essor du chômage... En Europe, crise de surproduction et réduction des débouchés extérieurs...

    - crise de 1913 (Europe) : distorsion entre la production industrielle et les facultés d'absorption du marché.

     

    III. La crise de 1920-1921

     

    Crise américaine et anglaise, conséquence de l'instabilité monétaire durant la première Guerre Mondiale. Les politiques de déflation menées dans ces deux pays conduit à la crise.

    - Aux États-Unis : au lendemain de la guerre la croissance continue d'être forte, tirée par la demande intérieur et extérieure, liée à la reconstruction européenne. Cette reconstruction est financée à crédit par les Etats-Unis, ce qui se traduit par une sortie massive de dollars et une forte inflation (diminution de la couverture or du dollar). Pour lutter contre celle-ci, une vigoureuse politique de déflation est menée à partir de mai 1920 (augmentation du coût du crédit par une augmentation du taux d'escompte et contraction de la masse monétaire). Ces mesures conduisent à une chute brutale de la demande, une réduction de la production et une hausse du chômage.

    - En Angleterre, pour restaurer la Livre Sterling qui s'est dépréciée avec le conflit, les anglais lance une stricte politique de déflation par augmentation du taux d'escompte et réduction des émission de monnaie. La perte de compétitivité-prix des produits anglais, réduit les exportation. La crise se manifeste par une forte baisse des prix et une croissance importante du chômage.

     

    IV. La grande crise des années 1930

     

    Le Krach boursier de septembre 1929 inaugure une crise économique généralisée et durable, suivit d'une longue dépression. Au début des années 1930, les responsables politiques semble voir dans cette crise, une traditionnelle crise de type Juglar, passagère et aisément surmontable. Les hésitations des gouvernants se manifestent dans la mise en oeuvre successive de politique de déflation et de politiques de relance.

    1. Les origines de la crise aux États-Unis :

    -La crise de 1929 est due à la conjonction de plusieurs facteurs :

     

    - La distorsion entre la production et la consommation : Dès 1928, il devient difficile d'écouler certains produits en raison de la saturation des marchés intérieurs et extérieurs. À l'intérieur, le pouvoir d'achat a augmenté moins vite que la production, tandis qu'à l'extérieur, la reconstruction européenne est terminées et les industries du vieux continent de nouveaux compétitives. Le débat demeure pour savoir si la crise américaine est le fait d'une surproduction (Jean Heffer) ou de sous-consommation (Jacques Néré).

     

    - L'abus de crédit : La prospérité économique reposait sur la consommation elle-même largement financée par le crédit, ce qui rendait la prospérité très artificielle et volatile. Ce type de croissance était par nature fortement inflationniste.

     

    - La spéculation boursière : En 1929, la capitalisation boursière de Wall Street s'élevait à 90 milliards de dollars alors que le PNB était de 98 milliards. Cette spéculation massive (1,5 million d'Américains spéculent) a été permise par la diffusion d'achats de titres à crédit (" crédits de bourses ") qui impliquaient les courtiers et les banques. L'essor de la spéculation était lourd de conséquences pour l'avenir, puisque la valeur boursière des action n'avait que peu de rapport avec leur valeur réelle. De 1921 à 1929, la production industrielle n'a augmenté que de 30% alors que le cours des actions a sextuplé !

    2. Le krach boursier d'octobre 1929 :

     

    Le système des capitaux flottants a permis aux États-Unis de drainer des capitaux spéculatifs à court terme d'origine européenne. Les pays européens ont chercher à freiner cette fuite de capitaux en augmentant leur taux d'escompte. Les autorités américaine elles-mêmes relevèrent ces taux, voyant cette spéculation pénaliser les possibilités d'investissement productifs. Cette tardive politique de déflation a précipité la crise.

    Le krach boursier débute le 23 octobre 1929, veille du " jeudi noir ". L'effondrement des valeurs est spectaculaire. L'indice Dow jones perd 40% de sa valeur en deux mois, 89% en trois ans. La ruine des petits porteurs entraîne celle des banques qui leur ont prêté. La moitié des banques disparaît de 1929 à 1933.

    3. Propagation de la crise :

     

    Cette crise a entraîné une véritable déflation du crédit et a conduit à des retraits massifs de capitaux des institutions de crédits et des marchés où ils étaient investis. En Europe, la crise affecte d'abord les pays germaniques, qui souffrent des rapatriements de crédits américains et anglais. La faillite des établissements bancaires s'en suit (Credit Anstalt). La crise gagne ensuite la Grande Bretagne et la France par ricochet, qui souffre de la dévaluation du la Livre Sterling.

    4. Les manifestations de la crise

     

    -Quatre manifestations principales :

    - La baisse des prix : de 1929 à 1932, les prix ont fortement baissés , ce qui a entraîné une diminution des revenus et donc des capacités d'achat ou d'investissement des entrepreneurs.

    - La réduction de la production : Avec les difficultés d'écoulement de la production, on assiste à un gonflement des stocks mondiaux et à une diminution des profits des entreprises des secteurs industriel et agricole.

    - Le déclin des échanges : de 1928 à 1938, le commerce mondial de marchandises a diminué de 57% en valeur et de 10% en volume, du fait des désordres monétaires et de l'aggravation générale du protectionnisme.

    - La montée du chômage : Principalement dans le secteur industriel, le chômage affecte en 1933 près de 30 millions de travailleurs dans le monde industriel. 426 500 en France.

 

 

    Seconde partie : l'intervention de l'État : fin XIXème à 1939

     

    I. De la fin du XIXème à 1918

     

    -Les interventions dans le domaine économiques : elles se manifestent d'abord par des mesures visant à protéger les entreprises privées de la concurrence étrangère par l'adoption de mesures protectionnistes. Par ailleurs, des mesures sont prises pour faire obstacles au pouvoir et à la puissance des grands groupes et faire respecter la concurrence. De nombreuses mesures anti trust sont ainsi prises. Aux États-Unis, on pense au Sherman Act de juillet 1890 remplacé en 1914 par le Clayton Act. Aux Japon et en Russie, l'intervention de l'État pour financer les investissements nécessaires à l'industrialisation a été massive. C'est la période de l'action du comte Witte en Russie et de l'ère Meiji au Japon.

     

    -Les interventions dans le domaine social : elles sont impulsées par la diffusion des mouvements ouvriers revendicatifs. En Allemagne, c'est Bismarck, de 1882 à 1890, qui initie la majorité des mesures sociales en faveur des ouvriers (protection sociale, assurance chômage, retraite. En Angleterre, Winston Churchill puis Loyd George mettent en place des mesure similaire. En France, lois Waldeck-Rousseau (syndicalisme, repos dominical, retraites ouvrières...)

     

    II. Durant les années 1930 :

     

    - Un interventionnisme croissant : La crise signe la fin du " laisser faire, laisser aller " et voit la mise en place de politique interventionniste qui tirent le constat des échec des politiques libérales déflationnistes : c'est le New Deal aux États-Unis ou le Front populaire en France. Naissance des politiques économiques modernes.

    Dans un premier temps, au début de la crise, les gouvernements mettent en place des politiques déflationnistes fondées sur la recherche de l'équilibre budgétaire, par la diminution des aides gouvernementales, l'abaissement des traitements des fonctionnaires et des allocations versés aux chômeurs. Elles reposaient aussi sur la défense de la monnaie, la diminution des emprunts publics sensée favoriser l'accès des entreprises au marché financier et à l'investissement productif. C'est la politique menée par Hoover en 1930 ou par Brüning en 1930 en Allemagne.

    L'échec de la déflation conduit à la mise en place de politiques alternatives privilégiant la relance et fondées sur le déficit budgétaire et la dévaluation monétaire.

     

    - Les politiques anticrise : ces politiques prennent plusieurs formes : ¨ La réglementation des activités financières par la surveillance des opération boursière et des activités bancaires ; ‚ L'aide aux secteurs en difficulté. Dans l'agriculture, il s'agit de faire face à la surproduction, responsable de l'effondrement des prix et d'assurer des revenus minima aux exploitants. Des politiques de soutien des prix et de quotas de production sont mis en place pour faire remonter les cours. Dans l'industrie, pour faire face à la surproduction et faire remonter les prix, les ententes d'entreprises sont favorisées, les États mettant entre parenthèses les législations anti trust ; Æ La lutte contre le chômage, passe par le développement de politique de l'emploi spécifiques et en particulier par le lancement de grands travaux d'utilité publique ; Ø Des réformes sociales, enfin, sont entreprises pour améliorer la condition des travailleurs salariés (France : Accords Matignon de 1936).

     

    -La remise en cause des théories :

     

    - La critique de Keynes : la critique de Keynes porte sur la thèse libérale qui postule l'existence d'une situation d'équilibre stable et de plein emploi, par le libre jeu des facteurs. On comptait jusqu'alors sur la baisse des prix pour accroître le pouvoir d'achat et permettre une croissance forte ; Keynes montre que la baisse du revenu nominal créait au contraire une spirale déflationniste entraînant un chômage croissant. Il propose, ainsi, des mesures de relance afin d'accroître la consommation et de résorber le chômage.

     

    -Les propositions de Keynes :Pour Keynes, le niveau de l'emploi dépend de celui de la production qui est lui-même déterminé par celui de la demande effective, c'est à dire la consommation des ménages et l'investissement des entreprises. En Equilibre de sous-emploi, il convient que l'État stimule les investissements et la consommation par le déficit budgétaire, une importante création monétaire et une politique de redistribution du pouvoir d'achat en faveur des plus démunis.

    Pour Alvred Sauvy, Keynes est le " sauveur du capitalisme ". Keynes renouvelle le capitalisme, car pour lui le rôle de l'État n'est nullement de s'emparer de l'initiative économique, mais de fournir les moyens à l'initiative privée de s'exercer plus efficacement. C'est une définition de ce que l'on a appel le néolibéralisme.

 

 

    Troisième partie : De la forte croissance à la crise (1950-2000)

     

    I. L'expansion économique (1950-1973)

     

    1° Les progrès de la production :

     

    - Les Trente Glorieuses : Période de très forte croissance économique qui débute avec les années 1950 et ne se dément pas jusqu'en 1973. Alors que durant tout le XIXème siècle et jusqu'à la crise de 1929, la croissance annuelle de l'économie mondiale n'avait été que de 2%, on a assisté depuis 1945 à plus qu'un doublement du rythme enregistré dans le passé. Cette forte croissance des pays industrialisés s'appuyait sur la progression de la demande, les progrès de l'investissement, la concentration des entreprises permettant des économies d'échelle, ainsi que sur la mise en ¦uvre de nouvelles techniques de production et une meilleur productivité. Cette forte croissance s'est principalement identifiée avec l'industrialisation, liée à la " troisième révolution industrielle.

     

    - Les disparités de la croissance : Cette extraordinaire croissance économique, a cependant été irrégulière dans le temps et dans l'espace : si jamais le produit d'une année n'a été inférieur au moment atteint l'année précédente, la croissance a connu quelques ralentissements en 1949, 1958, 1960, 1967-68 & 1970. La croissance a été moins rapide aux États-Unis et en Grande-Bretagne qu'en France, Allemagne et Japon, ces deux derniers pays se faisant sur la période les champions du " miracle économique "

     

    2° Le mouvement des prix :

     

    La période est marquée par une très forte inflation, dont les causes divergent selon les écoles de pensées : les monétaristes l'expliquent par un excès de monnaie en circulation, les keynésiens par un déséquilibre entre l'offre et la demande, la consommation des ménages croissant plus rapidement que la production industrielle. Il est probable que l'inflation résultait alors de la conjonction de ces différents facteurs, inflation monétaire, inflation par la demande, inflation par la baisse de rentabilité du capital, inflation par les coût salariaux et les matières premières.

     

     

    3° L'essor des relations internationales :

     

    - La mise en place du nouvel ordre monétaire : Les accords de Bretton Woods ont consacré la suprématie américaine et fait du dollar, réserve convertible en or, la principale monnaie utilisée dans les échanges internationaux. Particulièrement demandé au niveau international, les américains ont pu par la planche à billets financer leurs investissements et leurs dépenses extérieur à bon compte. Le FMI, et la mise en place du Groupe des dix et des Droits de tirage spéciaux (monnaie additionnelle utilisable dans les paiements internationaux) a participé du développement spectaculaire des échanges commerciaux.

     

    - La libéralisation des échanges : Dès 1947, les accords du GATT ont permis une réduction importante des obstacles aux échanges mondiaux sous la forme de concessions tarifaires en les pays signataires. Le Kennedy Round de 1964 à 1967, par exemple, a permis un abaissement de 35% en moyenne des droits de douane sur les produits industriels de la CEE (à six), des États-Unis, de la Grande-Bretagne et du Japon. Mais les obstacles non tarifaires sont demeurés très nombreux particulièrement aux États-Unis. De ce fait, on a assisté à la multiplication des ententes régionales dans les pays développés en particulier. L'Europe voit la naissance de l'OCDE en 1960, de la CECA, puis de la CEE et de l'AELE. Le Tiers monde développe également ententes et associations.

     

    - Le développement du commerce mondial : la stabilité monétaire et la réduction des droits de douanes ont favorisés la croissance des échanges commerciaux. En 1950, les exportations mondiales en monnaie courante étaient de 62,1 milliards de dollars, et de 578 milliards en 1973.

     

    4° L'avènement de la société de consommation :

     

    II. La rupture de la croissance

     

    1° La crise monétaire :

     

    - Les origines : le problème du dollar : L'accroissement du déficit de la balance des paiements américains dans les années 1960 a suscité l'inquiétude des possesseurs de dollars, qui ont commencés à convertir leur réserves de devises américaine en or, au point de réduire le stock de la FED de 23 milliards de dollars en 1958 à 10 milliards en 1968, année durant laquelle pour stopper l'hémorragie, Lyndon Johnson décide de suspendre partiellement la convertibilité or du dollar. EN 1971, alors que pour la première fois depuis 1890, la balance commerciale américaine devient déficitaire, Nixon décide le 15 août de suspendre totalement la convertibilité or du dollar.

     

    - Le tunnel et le serpent : Les accords de Washington du 18 décembre 1971 tentent de remettre de l'ordre dans le système monétaire international en établissement un tunnel de fluctuation des monnaies entre elles. Les accords de Bâle entre les six de la CEE et les pays candidat en 1972, mettent en place le serpent monétaire européen, que la spéculation finira par mettre à mal consacrant par la même le retours aux changes flottants.

     

    - L'abandon du système de Bretton Woods : La conférence de Kingston à la Jamaïque en Janvier 1976, met fin au système de l'étalon-or, remplacé par une nouvelle unité de compte le DTS. La conférence est aussi l'occasion de légaliser les changes flottants.

     

    2° La crise de l'énergie :

     

    - Le marché mondial du pétrole au début des années 1970 : Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le marché du pétrole est dominé par les Majors. À partir de la fin des années 1950, certains pays producteurs manifestent leur volonté de retrouver leur souveraineté sur le pétrole. En 1960 est fondé l'OPEP, dont les membres négocient avec les Majors un relèvement du prix du baril pour compenser la détérioration de leur revenu réel et la dégradation de leur pouvoir d'achat. Certains pays nationalisent une partie des compagnies opérant sur leur territoire.

     

    - Le premier choc pétrolier (oct. 1973-1978) : Au lendemain de la guerre du Kippour, l'OPAEP décide de l'embargo des livraisons de pétrole à l'égard de certains pays jugés favorables à Israël, et décide de fixer unilatéralement et sans discussion préalable avec les compagnies pétrolières les prix du brut. Ainsi, le prix du baril de brut léger d'Arabie Saoudite, qui servait de référence, a quadruplé. De 1974 à 1978, l'OPEP a relevé à trois reprise le prix du brut.

     

    - Le second choc pétrolier : La révolution en Iran et l'arrêt total de la production de pétrole dans ce pays à la fin du mois de décembre 1978 ont bouleversé de fond en comble les données du marché pétrolier. La réduction de la production mondiale et la désorganisation des courants commerciaux ont fait apparaître des pénuries sur le marché mondial entraînant une forte hausse des prix réels du brut. Le 28 mars 1979, l'OPEP anticipe la hausse. Au total, à la fin de 1980, le prix moyen du baril de l'OPEP était de 36 dollars et le coût du pétrole de référence avait été multiplié par 2,5 depuis la fin 1978

     

    III. Le monde en crise

     

    1° Une croissance ralentie :

     

    - Rupture et variation du rythme de croissance : Les débuts de la crise (1974-1982) sont marqué par un fort ralentissement de la croissance. Le taux moyen de croissance du PIB en volume dans les pays de l'OCDE est passé de 5% pour la période 1962-1973 à 2,2% pour la période 1974-1982.

    La période 1983-1990 est marquée par une légère reprise, particulièrement aux États-Unis. Le taux de croissance moyenne du PIB des pays de l'OCDE pour la période est de 3,3%. Cette reprise doit beaucoup à l'allégement des charges des entreprises, notamment des coûts salariaux et la remise en cause des mécanismes d'indexation des salaires. La productivité et la rentabilité des entreprises a été restaurée durant la période ; celles-ci se sont désendettées. Les politiques économiques ont donné la priorité à la lutte contre l'inflation par le maintien de taux d'intérêt élevés, qui ont ralentis le rythme de la croissance.

    Les années 1990 sont marquées par le retour de la récession en 1991-1993, due à la conjonction de la guerre du Golfe, au coût de la réunification et au niveau excessif des taux d'intérêt. On constate durant la période un désynchronisation du cycle économique.

     

    - Des causes diverses : Les causes du ralentissement de la croissance sont multiples. On l'explique d'abord par la hausse du coût de l'énergie, qui a eu un effet récessionniste. Pourtant, en terme réel, le prix du brut retrouve en 1992 son niveau de 1973. La seconde explication postule que la crise coïncide avec la phase descendante d'un cycle Kondratieff. Cette crise apparaît comme une crise de transition liée au redéploiement industrielle. Les innovation technologiques dans cette perspective annoncerait une croissance future. Les comportements d'épargne et de consommation explique également une partie de la crise. L'usure enfin du modèle de politique économique d'inspiration libérale a également été invoquée. Elle a engendré deux déséquilibres, entre les profits et les salaires d'une part, entre le secteur public et le secteur privé d'autre part. Les politiques d'austérités ont contracté la demande et grevé la croissance.

     

    - La montée du chômage : Les effets de la crise sur le marché du travail ont été importante, l'OCDE enregistrant en 1994-1995 un taux de chômage moyen de 8% (35 millions de chômeurs), avec de grandes disparités selon les pays. Les effets de la croissance sur l'emploi sont en effet fort différents d'une économie à l'autre. Les premières victimes du chômage sont les minorités ethniques aux États-Unis, les jeunes et les femmes.

     

    2° Le mouvement des prix :

     

    - L'inflation (1974-1982) : la période est marquée par le passage d'une inflation rampante à une inflation galopante, de 5% à 10%, avec d'importants écarts (de 10 points) entre les économies.

     

    - La Stagflation : La crise de 1974- 1982 est marqué par un phénomène nouveau, la combinaison de l'inflation et du ralentissement de l'activité économique. La " stagflation ", met à mal la relation inverse entre inflation et chômage mise à jour par Phillips.

     

    - La désinflation (depuis 1983) : La majorité des pays sous l'impulsion de la FED dirigée par Paul Volcker, s'engage dans la voie de politique monétaires restrictives qui privilégient la lutte contre l'inflation. La baisse du prix des énergies a également contribué à la baisse des prix, tout comme la mondialisation facteur de concurrence internationale. On constate à partir de 1983 la conjonction d'une croissance atone et d'une faible inflation.

     

    - Le risque de déflation : constaté au début des années 1990, a conduit nombre d'économistes à comparer la situation à celle de 1929. La reprise économique récente voit s'éloigner le spectre de la déflation.

     

    3° Déséquilibres et désordres monétaires :

     

    - Puissance et fluctuation du dollar : La décision américaine de 1971 n'a pas remis en cause la suprématie du dollar, malgré la montée du Yen et du Mark dans les échanges internationaux et les réserves des banques centrales. Le dollar demeure très recherché, certaines économies comme l'Argentine souhaitant " dollariser leur économie "

    - De 1976 à 1979-80, la dépréciation du dollar

    - De 1980 à 1985, la revalorisation du dollar : Sous l'influence de la politique de Paul Volcker (contrôle des émissions de billets et hausse des taux d'intérêt), avec le maintien d'une forte demande d'un dollar devenu rare et cher.

    - De 1985 à 1995, la rechute du dollar : effort coordonné des grands pays industrialisés pour baisse le cours du dollar (Accords du Plazza, 22 septembre 1985).

    - Depuis 1995, remontée du dollar

     

    - Les efforts européens de stabilité monétaire, du SME à l'euro : 1978 marque la naissance du SME, dont l'unité de compte est l'Ecu, chaque monnaie du système a un taux pivot rattaché à l'Ecu, autour duquel elle peut osciller jusqu'à ± 2,25%. Après avoir bien fonctionné de 1987 à 1992, le système explose en 1993 sous l'effet de la spéculation. Les bande de fluctuation se trouvant élargies a ± 15%.

    En 1992, le Traité de Maastricht, prévoit la création d'une monnaie unique, l'euro, entrée en vigueur au 1er janvier 1999 et qui concerne aujourd'hui 11 pays membres.