1.
Keynes et les classiques
A - La critique de la théorie classique
Le chômage involontaire est possible
- Deux types de chômage chez les classiques : le
chômage frictionnel & le chômage volontaire
- Le chômage pour Keynes résulte d'une
insuffisance de la demande globale. L'inflation
n'apparaît qu'en période de plein emploi
lorsqu'il y a plein utilisation des facteurs de production
et qu'en conséquence l'offre est inélastique.
L'offre ne crée pas sa propre demande.
B - La réponse de Keynes : le principe de la
demande effective
La demande effective composée de la consommation
et de l'investissement, est le moteur de l'économie :
« Ce sont la propension à consommée et le
montant de l'investissement nouveau qui déterminent
conjointement le volume de l'emploi et c'est le volume de
l'emploi qui détermine de façon unique le
niveau des salaires réels ».
Cette analyse explique le paradoxe de la pauvreté
dans l'abondance : Plus une communauté est riche plus
sa propension marginale à consommer est faible. Dans
les société pauvres, en revanche, le plein
emploi est plus facile à obtenir ; un faible montant
d'investissement suffit à l'assurer.
L'épargne et l'investissement sont
nécessairement égaux.
C - Les déterminants de la consommation et de
la propension à consommer
Le principal facteur objectif de la propension à
consommer est le revenu. Ce postulat est connu sous le nom
de "loi psychologique fondamentale".
Les facteurs subjectifs sont les facteurs qui agissent
sur les dépenses une fois le revenu fixé. Huit
facteurs subjectifs : « précaution,
prévoyance, calcul, ambition, indépendance,
initiative, orgueil et avarice ».
Tout cela ne signifie pas que les taux
d'intérêt n'ait aucun effet sur les montants
consommés ou épargnés. Pour Keynes, la
hausse des taux d'intérêt n'influencent que
marginalement la consommation et l'épargne. En
revanche, une hausse des taux d'intérêt
défavorise considérablement l'investissement,
ce qui est préjudiciable à la production, au
revenu, à la consommation, donc à l'emploi. Il
faut gouverner les taux d'intérêt afin qu'il
détermine le niveau d'investissement le plus
favorable à l'emploi : « Si le taux
d'intérêt était gouverné de telle
sorte que le plein emploi fût toujours maintenu, la
Vertu reprendrait ses droits ».
2.
L'incitation à investir
A - L'efficacité marginale du capital
L'efficacité marginale du capital est le rendement
escompté de l'investissement compte tenu de la
dépréciation de la machine et des coûts
qui résultent de son emploi.
« L'état de confiance » joue un
rôle important dans la prévision à long
terme. Keynes critique la spéculation et
suggère pour l'éviter la création d'une
lourde taxe d'État frappant toutes les transactions.
B - Le taux d'intérêt
Le taux d'intérêt résulte de la
confrontation entre l'offre et la demande de monnaie et non
de la confrontation demande/offre de capitaux. «
L'épargne et l'investissement sont des facteurs
déterminés et non déterminant ».
Keynes définit le taux d'intérêt comme
« La récompense pour la renonciation à la
liquidité ».
La préférence pour la liquidité des
agents résulte de trois motifs :
- motif de transaction.
- motif de précaution.
- motif de spéculation.
La demande de monnaie dépend du revenu et du taux
d'intérêt. La demande de monnaie est une
fonction décroissante du taux d'intérêt.
C - La création monétaire stimule
l'investissement en période de sous-emploi
Un accroissement de la quantité de monnaie
à pour effet de diminuer le taux
d'intérêt et d'augmenter l'investissement
jusqu'à ce que le plein emploi soit
réalisé.
En situation de plein emploi, la création
monétaire provoque l'inflation, dans la mesure
où tous les facteurs de production utilisés,
l'augmentation de la quantité de monnaie ne peut pas
accroître le niveau de la production.
3. Le
rôle de l'État selon Keynes
A - La Politique monétaire de l'État
La politique principale est la politique
monétaire. Il faut créer de la monnaie afin de
faire baisser les taux d'intérêt. Non seulement
cette politique encourage l'investissement, mais elle n'est
pas préjudiciable à l'épargne qui ne
dépend pas des taux d'intérêt, mais du
revenu. Keynes préconise « l'euthanasie des
rentiers et du capital oisif ».
Une politique de création monétaire est
préférable à une baisse des salaires.
La politique monétaire est nécessaire mais
pas suffisante. Il se peut qu'une fois le taux
d'intérêt tombé bas, la
préférence pour la liquidité devienne
virtuellement absolue. La préférence pour la
liquidité, rend inefficace la politique
monétaire : c'est la trappe à
liquidités.
B - La relance de l'investissement a un effet
multiplicateur
L'investissement a un effet multiplicateur sur la
production. En effet, une augmentation de l'investissement
entraîne une augmentation de la production de
machines, qui entraîne une augmentation des revenus
donc une augmentation de la consommation, qui, accroissant
la demande, augmente la production, puis le revenuŠ
L'intervention de l'État est donc d'autant plus
efficace que la propension marginale à consommer es
élevée ; cette intervention a toutefois des
limites :
- effet d'éviction
- risque de défiance pour l'avenir et effets
d'anticipations
- l'effet multiplicateur peut profiter à
l'étranger
Keynes préconise une « socialisation de
l'investissement ». Il suggère que l'État
procède lui-même à certains de ces
investissements grâce au déficit
budgétaire notamment.
C - Politique commerciale et politique de
redistribution
Keynes témoigne d'une certaine sympathie envers
les mercantilistes, et pense qu'il faut soutenir les
exportations et limiter les importations, afin de
réduire le chômage et les taux
d'intérêt. « une absurde
compétition internationale est préjudiciable
à tous ».
Le problème principal de l'ouverture des
économies est la perte d'autonomie de la politique
monétaire.
Une politique favorisant la consommation peut être
favorable au plein emploi. Il faut selon Keynes, favoriser
l'investissement et la propension marginale à
consommer. Il faut mettre en place une politique de
redistribution qui permettrait d'accroître la demande
globale.
Keynes se prononce aussi contre le partage du temps de
travail : « nous ne voyons pas de raison valable
d'obliger ceux qui préfèrent un
supplément de revenus à jouir d'un
supplément de loisirs ».