J.M. Keynes

 

 

Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie

J.M. Keynes, 1936

Fiche de lecture

Thèmes connexes

Inflation et systèmes monétaires, M.Friedman, 1976

Inflation et phénomènes monétaires

III. Les effets de l'inflation

IV. Désinflation et politiques de lutte contre l'inflation

Bibliographie

 

 

1. Keynes et les classiques

 

A - La critique de la théorie classique

Le chômage involontaire est possible

- Deux types de chômage chez les classiques : le chômage frictionnel & le chômage volontaire

- Le chômage pour Keynes résulte d'une insuffisance de la demande globale. L'inflation n'apparaît qu'en période de plein emploi lorsqu'il y a plein utilisation des facteurs de production et qu'en conséquence l'offre est inélastique.

L'offre ne crée pas sa propre demande.

 

B - La réponse de Keynes : le principe de la demande effective

La demande effective composée de la consommation et de l'investissement, est le moteur de l'économie : « Ce sont la propension à consommée et le montant de l'investissement nouveau qui déterminent conjointement le volume de l'emploi et c'est le volume de l'emploi qui détermine de façon unique le niveau des salaires réels ».

Cette analyse explique le paradoxe de la pauvreté dans l'abondance : Plus une communauté est riche plus sa propension marginale à consommer est faible. Dans les société pauvres, en revanche, le plein emploi est plus facile à obtenir ; un faible montant d'investissement suffit à l'assurer.

L'épargne et l'investissement sont nécessairement égaux.

 

C - Les déterminants de la consommation et de la propension à consommer

Le principal facteur objectif de la propension à consommer est le revenu. Ce postulat est connu sous le nom de "loi psychologique fondamentale".

Les facteurs subjectifs sont les facteurs qui agissent sur les dépenses une fois le revenu fixé. Huit facteurs subjectifs : « précaution, prévoyance, calcul, ambition, indépendance, initiative, orgueil et avarice ».

Tout cela ne signifie pas que les taux d'intérêt n'ait aucun effet sur les montants consommés ou épargnés. Pour Keynes, la hausse des taux d'intérêt n'influencent que marginalement la consommation et l'épargne. En revanche, une hausse des taux d'intérêt défavorise considérablement l'investissement, ce qui est préjudiciable à la production, au revenu, à la consommation, donc à l'emploi. Il faut gouverner les taux d'intérêt afin qu'il détermine le niveau d'investissement le plus favorable à l'emploi : « Si le taux d'intérêt était gouverné de telle sorte que le plein emploi fût toujours maintenu, la Vertu reprendrait ses droits ».

 

 

2. L'incitation à investir

 

A - L'efficacité marginale du capital

L'efficacité marginale du capital est le rendement escompté de l'investissement compte tenu de la dépréciation de la machine et des coûts qui résultent de son emploi.

« L'état de confiance » joue un rôle important dans la prévision à long terme. Keynes critique la spéculation et suggère pour l'éviter la création d'une lourde taxe d'État frappant toutes les transactions.

 

B - Le taux d'intérêt

Le taux d'intérêt résulte de la confrontation entre l'offre et la demande de monnaie et non de la confrontation demande/offre de capitaux. « L'épargne et l'investissement sont des facteurs déterminés et non déterminant ». Keynes définit le taux d'intérêt comme « La récompense pour la renonciation à la liquidité ».

La préférence pour la liquidité des agents résulte de trois motifs :

- motif de transaction.

- motif de précaution.

- motif de spéculation.

La demande de monnaie dépend du revenu et du taux d'intérêt. La demande de monnaie est une fonction décroissante du taux d'intérêt.

 

C - La création monétaire stimule l'investissement en période de sous-emploi

Un accroissement de la quantité de monnaie à pour effet de diminuer le taux d'intérêt et d'augmenter l'investissement jusqu'à ce que le plein emploi soit réalisé.

En situation de plein emploi, la création monétaire provoque l'inflation, dans la mesure où tous les facteurs de production utilisés, l'augmentation de la quantité de monnaie ne peut pas accroître le niveau de la production.

 

 

3. Le rôle de l'État selon Keynes

 

A - La Politique monétaire de l'État

La politique principale est la politique monétaire. Il faut créer de la monnaie afin de faire baisser les taux d'intérêt. Non seulement cette politique encourage l'investissement, mais elle n'est pas préjudiciable à l'épargne qui ne dépend pas des taux d'intérêt, mais du revenu. Keynes préconise « l'euthanasie des rentiers et du capital oisif ».

Une politique de création monétaire est préférable à une baisse des salaires.

La politique monétaire est nécessaire mais pas suffisante. Il se peut qu'une fois le taux d'intérêt tombé bas, la préférence pour la liquidité devienne virtuellement absolue. La préférence pour la liquidité, rend inefficace la politique monétaire : c'est la trappe à liquidités.

 

B - La relance de l'investissement a un effet multiplicateur

L'investissement a un effet multiplicateur sur la production. En effet, une augmentation de l'investissement entraîne une augmentation de la production de machines, qui entraîne une augmentation des revenus donc une augmentation de la consommation, qui, accroissant la demande, augmente la production, puis le revenuŠ

L'intervention de l'État est donc d'autant plus efficace que la propension marginale à consommer es élevée ; cette intervention a toutefois des limites :

- effet d'éviction

- risque de défiance pour l'avenir et effets d'anticipations

- l'effet multiplicateur peut profiter à l'étranger

Keynes préconise une « socialisation de l'investissement ». Il suggère que l'État procède lui-même à certains de ces investissements grâce au déficit budgétaire notamment.

 

C - Politique commerciale et politique de redistribution

Keynes témoigne d'une certaine sympathie envers les mercantilistes, et pense qu'il faut soutenir les exportations et limiter les importations, afin de réduire le chômage et les taux d'intérêt. « une absurde compétition internationale est préjudiciable à tous ».

Le problème principal de l'ouverture des économies est la perte d'autonomie de la politique monétaire.

Une politique favorisant la consommation peut être favorable au plein emploi. Il faut selon Keynes, favoriser l'investissement et la propension marginale à consommer. Il faut mettre en place une politique de redistribution qui permettrait d'accroître la demande globale.

Keynes se prononce aussi contre le partage du temps de travail : « nous ne voyons pas de raison valable d'obliger ceux qui préfèrent un supplément de revenus à jouir d'un supplément de loisirs ».

 

 

Reférences éditeur :