Confessions

Des confessions


Currit, ancien coureur professionel français, a affirmé avoir pris plusieurs fois le "pot belge". Il considère que ce produit est plus pour les toxicomanes que pour les cyclistes.
Eddy Seigneur : "Je ne veux pas toucher à ses saloperies. je veux vivre jusqu'à 90 ans. Je ne veux pas être un robot, je veux que ma fille soit fière de moi..."
A propos du Tour 98, "J'étais très content pour le cyclisme. Les directeurs sportifs défendent leur paroisse, pas leurs coureurs. Ils savent ce qui se passe et ils rédigent dans les contrats une clause prévoyant le licenciement du coureur en cas de dopage. Si les sponsors menaçaient de partir parce que l'un de leurs coureurs étaient positifs, là, ça bouleverserait les directeurs sportifs! Mais quand le coureur est dans la merde, ils ne pensent qu'à leur gueule.
On ne m'a jamais forcé à pendre des produits interdits. De toute façon, c'était niet. Mes résultats, le les dois à ma sueur, ma classe, mon travail, mon mental. Les mecs font leur tambouille et quand ce sont des potes, je leur dit "Vous jouez, c'est votre problème".
S'il évoque "les consommateurs d'EPO qui savent qui ne sont pas inquiétés à condition que leur taux hématocrite ne dépasse pas 50", c'est pour rappeler que "chez les amateurs, où le suivi médical n'est pas aussi pointu, les taux peuvent monter à 60!"
Luc Leblanc : " Ca me fait mal au coeur d'en voir certains qui gagnent aujourd'hui des étapes de haute montagne alors que deux ans plus tôt, ils étaient incapables de passer un pont de chemin de fer.
On a besoin des médecins. C'est plus dangereux de faire le Tour sans assistance médicale que de le faire en se dopant ! Puis, pour quelques médecins véreux, on oublie tous ceux qui font leur boulot sainement, qui limitent les risques par rapport à certains coureurs qui voudraient se charger beaucoup. Ce sont les médecins qui, parfois, leur font comprendre que leur avenir ne sera pas plus rose en prenant n'importe quoi, n'importe comment. Eux seuls peuvent convaincre les types qui pensent qu'ils vont y arriver en se cassant une petite ampoule pour s'en mettre une lichette dans les veines. C'est aussi très psychologique.
Mais il y a une solution : dégager de l'argent pour pouvoir dépister les produits aujourd'hui indécelables. Il faut une législation européenne, une entente entre les laboratoires pour mettre des marqueurs dans les produits dopants qu'ils fabriquent et une équipe de super-flics pour empêcher la contrebande. On me dit qu'il faudra six ou sept ans pour que cela aboutisse, raison de plus pour enclencher le processus tout de suite.
Il n'y a aucune solution immédiate.
Tout est fonction de la mentalité du type, qui fait qu'il prendra ou pas. Tout le monde ne se dit pas qu'il y a une vie après la course, tout le monde ne pense pas que le plus important et de voir grandir ses mômes. Ceux qui prennent des hormones ou des trucs pires, genre PFC, ne pensent pas à demain, peut-être même qu'il ne se feront pas de vieux os mais qu'ils s'en foutent ! Tout le monde parle de l'EPO mais ce n'est pas le problème.
Ne soyons pas hypocrite, l'EPO est autorisée. Mais, je le dis : l'EPO, quand elle est prise sous contrôle médical, que le taux ne dépasse jamais la barre des 50 - attention, sans qu'il ne soit nécessaire de prendre d'autres produits pour le faire baisser temporairement -, eh bien l'EPO, dans ces conditions, est largement moins dangereuse que toutes les saloperies qui tournent. Ce n'est pas sur l'EPO qu'il faut taper, c'est sur les PFC, les hormones et autres saloperies.
J'ai l'impression que c'est un marché (EPO) trop rentable pour que l'on s'y attaque vraiment.
Erwan Menthéour : " J'ai fait 10 heures et demi de garde à vue car Madiot avait mentionné mon nom. Je ne lui en veux pas, car il s'est battu pour monter la Française des Jeux que, je précise, je n'ai pas balancé, malgré des rumeurs. De toute façon, ce milieu est pourri. Le dopage a toujours existé. Je ne propose pas de solution. Pas mon rôle.
Pourquoi ça serait mal de cracher dans la soupe quand elle est empoisonnée.
Je suis tombé dans un univers avide de pouvoir et d'argent. Et dont certains acteurs feignent d'être des parangons de vertu alors qu'ils sont les commanditaires. Dans cette affaire-là, moi, je n'étais qu'une pauvre pomme, qu'on déplaçait sur l'échiquier, comme les autres. "
Il va sortir sa biographie.

Quelques déclarations trouvées dans le quotidien Libération

Jacques Anquetil en 1967 : "Je préfère me faire une piqûre de caféine que de boire trois tasses de café"

Bernard Thévenet en 1979 : "J'ai été dopé à la cortisone pendant trois ans. Je ne suis pas en état de remonter sur un vélo."

Eddy Merckx en 1988 : "Chargés, les coureurs cyclistes l'ont toujours été. Aux amphétamines ont succédé la cortisone, les anabolisants, puis les substances capables de camoufler la prise de dopants. Et dans les laboratoires, on a toujours le produit d'avance sur le règlement."

Didier Garcia le 24/11/89 : "Je me suis dopé, comme les autres. A la cortisone, aux amphétamines ou encore avec des pilules dérivées de la nitroglycérine, les billes de sprint qu'on avale à proximité de l'arrivée. On n'échappe pas au dopage, chez les pros."

Johan Van der Velde en octobre 1990 : "Chaque jour, un nouveau critérium. C'est détestable mais il faut gagner de l'argent. Alors pour tenir le coup, on prend des amphétamines tous les deux ou trois jours. Durant le Tour, c'est tous les jours la même chose : une injection le matin et des pilules le soir."

Francesco Moser en 1990 : "J'ai estimé à certains moments de ma carrière que je pouvais avoir recours à des produits qui, aujourd'hui seulement, sont reconnus comme des dopants. Je l'ai fait à titre expérimental et jamais pour une compétition."


Laurent Fignon : "L'EPO devait circuler depuis 1990, mais ça restait hyper confidentiel, circonscrit à un petit cercle de coureurs. Ce n'était pas encore normalisé, utilisé de façon organisé comme ça l'est maintenant."
Le coureur français a subi un contrôle positif "pour des amphétamines dans un Grand prix de la Libération à Eindhoven."
L'ancien champion de Belgique, Alain Van Bossche, a démenti hier, les déclarations du quotidien flamand Het Volk, selon lesquelles il aurait absorbé de l'EPO quand il courait chez TVM. "J'ai bien dit que j'avais pris un produit interdit, mais ce n'était pas de l'EPO." Il a alors refusé de préciser la nature de cette substance. Le produit n'était pas seulement utilisé dans notre équipe mais aussi par des coureurs d'autres formations.
Gilles Delion à propos du pourcentage de coureurs dopés dans le peloton : "Non ce n'est pas tout (99%). Mais c'est très élevé quand même. Je ne peux pas donner un pourcentage, car ça fait deux ans et demi que j'ai quitté le peloton, mais ça dépasse de toute façon 80% de l'effectif."
Frédéric Pontier : "Je dois précisé que je n'ai jamais utilisé d'autres produits dopants que l'EPO. Jamais d'anabolisants ou d'autres trucs."
"A vrai dire, ce système (caisse noire) est fréquent."
"C'est une injustice de montrer du doigt l'équipe Festina exclusivement. Elle a simplement eu le tort que son soigneur se fasse piquer."
"Oui deux autres (traitement à l'EPO) en 1997. Je maîtrisais mon taux d'hématocrite avec une machine qui était dans une petite valise."
"Ou finalement, parce que les autres font la même chose. Ca déculpabilise. Et puis, dans le peloton, on ne parle que de ça, naturellement, du genre "quand as-tu mis en route", "quel est ton taux"."
A propos des nouveaux produits : "C'est plus discret. Personnellement, on ne m'en a jamais proposé. C'est encore à l'état confidentiel car ces produits sont plus sophistiqués."
"Il y a un nombre important." (de coureurs dopés)
"Quand je vois à mon niveau (élite 2) des coureurs qui me demandent comment ça se passe avec l'EPO. Le problème dépasse l'activité professionnelle."

Pontier (VC Saint Quentin), qui a été contrôlé positif aux amphétamines en juin dernier à l'issue du championnat de Picardie, a été suspendu pour un an ferme par la commission de discipline de la FFC.


Extrait d'un entretien avec Johan Museeuw paru dans Vélo magazine de juin 1998

Le journaliste : "Récemment, pourtant, votre ancien équipier Eddy Planckaert faisait des déclarations à propos de l'EPO. Elle vous ont touché? Surpris?"

Museeuw : "Oui et non ! Oui parce que lorsque je suis devenu professionnel, Eddy était l'un de ceux qui précisément m'ont mis en garde contre certaines formes de péparations médicales. Planckaert était l'un des coureurs les plus sérieux. Selon moi, il n'a jamais employé d'EPO, mais son problème, c'est bien que vivant comme un ermite, Eddy a besoin des médias. Je crois que c'est pour cela qu'il a fait ses déclarations."


Article paru dans l'Equipe du samedi 24 janvier 1998

- Et toi Eddy, as-tu pris de l'EPO ?

- Oui, une fois. C'est un produit fantastique mais mortel. Celui qui utilise de l'EPO peut considérer que ses performances seront de 12 à 15% supérieures. J'en ai utilisé pendant une période. (en 1991).

Quelqu'un raconte : "En fin de carrière, pendant un critérium en Belgique, un Français lui a proposé le produit et il n'a pas dit non. Il voulait savoir. Il s'est administré 3 piqûres, rien de plus. Il n'a rien gagné par la suite. Il m'a même confié qu'il regrettait de ne pas avoir utilisé plus d'EPO car il aurait été un homme riche."

L'émission a eu lieu 2 semaines avant son passage à la télévision.


Article paru dans l'Equipe du vendredi 23 janvier 1998

Menthéour, à son tour

Hier, au micro d'Europe 1, Erwan Menthéour, à son tour a lancé un pavé dans la marre nauséabonde du dopage. "Oui, j'ai pris certains produits, évidemment, a-t-il déclaré. Pas un produit en particulier, mais des produits qui améliorent les performances, qui permettent d'assurer les charges de travail."

Menthéour : "Ce n'est pas le dopage qui fait les grands champions. S'il n'y avait pas le dopage, on roulerait 5 km/h moins vite, mais les mêmes seraient devant (…), rentrer dans les détails serait stérile. Tout le monde sait ce qui se passe et tout le monde se tait. On met l'accent sur le vélo, mais tous les sports professionnels sont concernés. Avec le dopage, tout le monde monte d'une marche, mais si tu es un tocard, tu auras beau te doper, tu ne seras pas devant. Je n'incrimine surtout pas les coureurs, car ce sont tous des mecs d'exception. les champions ne sont ni des voleurs ni des tricheurs. Leur réussite est d'abord du à une énorme somme de travail, à des sacrifices que l'homme de la rue ne peut pas imaginer."

Dans l'Est républicain, Pascal Lance affirmait stopper sa carrière parce qu'il se refusait à entrer dans l'infernale spirale du dopage, seule en mesure, selon lui, de lui permettre de faire jeu égal.