
Paroles de Renaud
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J'AI LA VIE QUI M'PIQUE LES YEUX |
Le blues de la Porte d'Orléans Les aventures de Gérard Lambert |
Où c'est que j'ai mis mon flingue ? Où c'est qu'j'ai mis mon flingue ? Rouge-gorge
Tant qu'il y aura des ombres
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Sous tes cheveux beaucoup trop blonds,
Décolorés, ça va de soi,
T'avais une cervelle de pigeon,
Mais j'aimais ça, mais j'aimais ça.
Au fond de tes grands yeux si bleux,
Trop maquillés, ça va de soi,
T'avais què'qu'chose de prétentieux,
Que j'aimais pas, que j'aimais pas.
T'avais la tignasse en bataille,
Et les yeux délavés,
Je t'ai culbutée sur la paille,
T'as pris ton pied.
Refrain :
Adieu fillette,
Nous n'étions pas du même camp,
Adieu minette, bonjour à tes parents.
Tu m'as invitée à Deauville,
Dans ta résidence secondaire,
J'me suis fais chier comme un débile,
Dans cette galère, dans cette galère.
Tu m'as présenté tes copains,
Presqu'aussi cons qu'des militaires,
C'étaient des vrais républicains,
Buveurs de bière, buveurs de bière.
Le grand type qui s'croyait malin
En m'traitant d'anarchiste,
J'regrette pas d'y avoir mis un pain,
Avant qu'on s'quitte.
Refrain
Et quand t'es rentrée à Paname,
Super fière de ton bronzage,
T'as pas voulu poser tes rames
Sur le rivage - c'est une image.
Tu m'as téléphoné cent fois,
Pour que j'passe te voir à Neuilly,
Dans ton pavillon près du bois,
Et j'ai dis oui, et j'ai dis oui.
J'suis v'nu un soir à ta surboum,
Avec vingt-trois d'mes potes ,
On a piétiné tes loukhoums,
Avec nos bottes.
Refrain
Faut pas en vouloir aux marioles,
Y z'ont pas eu d'éducation,
A la Courneuve y'a pas d'école,
Y'a qu'des prisons et du béton.
D'ailleurs y z'ont pas tout cassé,
Y z'ont chouravé qu'l'argent'rie,
Ton pote qui f'sait du karaté,
Qu'est-ce qu'on y a mis, qu'est-ce qu'on y a mis!
Ton père j'l'ai traité d'enfoiré,
Excuse-moi auprès d'lui,
Si j'avais su que c'était vrai,
J'y aurais redit.
Refrain
Maint'nant j'ai plus envie d'causer,
Tu d'vrais déjà avoir compris,
Qu'on est pas né du même coté
D'la bourgeoisie, d'la bourgeoisie.
Arrête une minute de chialer,
Tu vois quand même que j't'oublie pas,
J'te téléphone en P.C.V.
De Nouméa, de Nouméa
Ça fait trois s'maines que j'suis bidasse,
L'armée, c't'une grand' famille,
La tienne était moins dégueulasse,
Viv'ment la quille.
Refrain
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Elle crèche cite Lénine,
Une banlieue ordinaire,
Deux pièces et la cuisine,
Canapé, frigidaire.
Elle prefer'ait habiter
Cite Mireille Matthieu,
Au moins, elle sait qui c'est,
Pis c'est vrai qu'ça fait mieux,
Sur ses cartes de visite
Qu'elle utilise jamais,
ça mettrait du ciel bleu
Sur les quittances de gaz,
Elle en parl'ra au syndic,
Si elle a une occase.
Elle habite quelque part,
Dans une banlieue rouge,
Mais elle vit nulle part,
Y a jamais rien qui bouge.
Pour elle, la banlieue,
C'est toujours gris,
Comme un mur d'usine,
Comme un graffiti.
Elle a 55 ans,
Quatre gosses qu'on mis les bouts,
Plus d'mari, pas d'amant
Et puis quoi, des bijoux ?
Y'a bien qu'son poisson rouge,
Qui lui cause pas d'soucis,
Encore que y'a des nuits,
Quand elle l'entend qui bouge,
Elle s'leve pour aller l'voir,
Des fois qu'y s'rait parti,
Après c'est toute une histoire
Pour s'rendormir whallou !
Elle essaye Guy Des Cars,
Mais elle comprend pas tout.
Elle habite quelque part,
Dans une banlieue rouge,
Mais elle vit nulle part,
Y a jamais rien qui bouge.
Pour elle la banlieue,
C'est toujours la zone,
Même si dans l'fond d'ses yeux,
Y'a un peu d'sable jaune.
Elle travaille tous les jours,
Elle a un super boulot,
Sur l'parking d'chez Carr'four,
Elle ramasse les chariots.
Le week-end, c'est l'enfer,
Quand tous les Parigots,
Viennent remplir l'coffre arriere,
D'leur 504 Peugeot,
De quinze tonnes de lessive,
De monceaux de bidoche,
En cas d'guerre, en cas d'crise,
Ou d'victoire de la gauche.
Ce spectacle l'écœure,
Alors elle pense a ces gars,
Qui sont dev'nus voleurs,
Elle comprend mieux pourquoi.
Elle habite quelque part,
Dans une banlieue rouge,
Mais elle vit nulle part,
Y a jamais rien qui bouge.
Pour elle, la banlieue,
Y'a qu'le bleu des mobs,
Qui l'emmenent en vacances ;
Ses histoires d'amour,
Elle les vit dans Confidences.
Elle a bien ses p'tites joies,
A defaut du bonheur,
Quand elle nourrit ses chats,
Quand elle parle a ses fleurs.
Chaque semaine au loto,
Elle mise dix ou vingt balles,
Elle joue son numero,
D'Securite Sociale.
C'est pas dur, c'est pas cher,
Mais ça rapporte que dalle,
Pis elle écoute la radio,
Surtout Michel Drucker,
Parc'qu'elle le trouve très beau,
Et pas du tout vulgaire.
Elle habite quelque part,
Dans une banlieue rouge,
Mais elle vit nulle part,
Y a jamais rien qui bouge Entre l'chien en plâtre
Sur la television,
Et les castagnettes
Sur le mur du salon.
Chez elle c'est du lino,
Mais faut mettre les patins,
Dehors c't'assez crado,
Faut qu'dedans ça soit bien,
ça pue la pisse de chat,
Mais ça, on n'y peut rien,
Quand t'aime les animeaux,
Tu t'arrêtes pas a ça.
Elle est dit qu'en tout cas,
Elle aime pas les humains.
Pourtant l'a mis l'Bon Dieu
Juste au-d'ssus d'son paddock.
Elle y croit si tu veux,
Mais c'est pas réciproque.
Elle habite quelque part,
Dans une banlieue rouge,
Mais elle vit nulle part,
Y a jamais rien qui bouge.
Pour elle, la banlieue,
C'est toujours gris,
Comme un mur d'ecole,
Comme un graffiti.
retour à la liste des chansons
Ca m'fait quand même vach'ment plaisir,
De t'retrouver mon pote Lucien,
J'parie que t'es encore sans un,
Et qu't'as toujours ton blouson d'cuir.
T'as pas change d'puis 68,
A c't'epoque on s'fendait la gueule,
Aujourd'hui t'as l'air un peu seul,
Allez viens, on va s'prendre une cuite.
Refrain :
Eh dis moi, Lucien,
Ou c'est qu'elle est ta bande,
Maint'nant qu'est-ce que tu branles,
Sans tes copains ?
Et Pierrot le fou d'la becane,
Qu'a eu les deux jambes ecrasees,
Il aurait mieux fait d'y passer,
C'est vraiment trop con les platanes.
Il bosse toujours a l'atelier,
Assis sur un fauteuil roulant,
Tu m'dis qu'il chiale de temps en temps,
Tu vois j'm'en s'rais un peu doute.
Refrain
Et comment qu'il s'app'lait le p'tit,
C'ui qui volait les mobylette,
C'ui qu'a plonge en 67,
Et qu'on n'a pas revu depuis,
Ca doit pas etre le super pied,
La vie a Fleury-Merogis,
Mais elle supporte pas la justice,
Qu'on crache a la gueule du greffier.
Refrain
J'pense pas qu't'ais oublie Riton,
Qui s'est fait descendre au bistrot,
Une balle dans l'ventre, ah les salauds,
Parcequ'il avait cogne l'patron,
T'as plus d'nouvelles de Marylin,
Celle qu'est partie pour Ibiza,
Elle doit etre en train d'crever la-bas,
Avec sa p'tite sister morphine.
Refrain
Et toi mon vieux, mon pote Lucien,
C'est vrai qu't'habites chez ta belle doche,
Que t'es marie, que t'as des gosses,
Qu'tu travailles pour qu'ils aient du pain,
Tu sais, j'ai eu une idee supere,
On va former une nouvelle bande,
Si tu veux c'est toi qui commande,
S'iouplait patron, encore une biere.
Refrain
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Salut Michel, ça fait une paye,
Que j't'ai pas vu
Traîner dans mes ruelles.
Qu'est-ce qu tu d'viens ?
Moi, ça va bien,
'paraît qu'toi tu march'
Sur un drôle de ch'min.
T'as les joues creuses,
Les mains calleuses,
Et la démarche
Un p'tit peu chaloupeuse.
Vraiment tu m'terrasses,
Bonjour l'angoisse !
'paraît qu't'es tombé
Dans une drôle de crevasse.
'paraît qu'c'est pas
Tous les jours dima[A]nche,
La blanche.
Tu bois quéqu' chose, non ?
T'as pas soif ?
Y t'faut ta dose,
T'as pas d'tune,
T'es en carafe.
Allez, prends une bière,
Ça peut pas t'faire de mal,
C'est en vente libre,
Profite-en, c'est pas cher.
Au fait tu m'dois cent sacs,
J'en fais pas un sac,
Mais tes p'tites arnaques,
Ras l'bol, j'en ai ma claque.
Pour décrocher, tu m'as taxé,
Pour descendre sur la Côte,
Te r'faire une santé.
Est-ce qu'elle coûte moins cher
A Villefranche,
La blanche ?
'paraît qu'ta gonzesse
S'est barrée avec ta caisse,
'paraît qu'tu bandais plus
Qu'pour sa gueule, pour ses fesses.
Tu veux qu'j'te dise,
T'étais trop bien pour elle,
Comment ça j'ironise ?
Mais non, j'suis pas cruel.
Eh ben, ma gueule,
Te v'là tout seul,
T'as l'regard triste
Comme çui d'un épagneul.
T'es vach'ment speed,
Mais t'as plus rien dans l'bide,
T'as qu'la poudre aux yeux,
Et les yeux bien livides.
Y'a vraiment plus
Qu'une seule chose qui t'branche,
C'est la blanche.
T'as ptêt raison,
J'te parle comme un vieux con,
Mais j'suis un vieux con vivant,
J'ai la gaule, j'suis content.
Toi t'as les boules,
Moi, j'ai la frite,
C'est pas du Bashung,
Non mon pote, c'est du Nietzsche.
Toi, tu t'fais une ligne,
Moi j'bois une bibine,
Pendant qu'tu t'dopes,
J'fume mes deux paquets d'clopes.
Chacun son trip,
Chacun son flipp',
Toi, c'est pas souvent
Qu't'as des parties gratuites,
J'préfère t'laisser
Tout seul sur ta branche,
Avec la blanche.
Allez salut Michel,
A la prochaine,
On s'téléphone,
On s'fait une bouffe,
Ça baigne.
Et pis, j'vais t'dire,
Si tu m'fais un sourire,
Tout c'que j't'ai dis,
Ben, j'te jure que j'le r'tire.
Mais si j'croise ton dealer,
J'y fous dans l'coeur,
Un coup d'surin
De la part d'un copain.
Ça riqu' d'êt' dur,
Vu que c't'ordure,
Un coeur, ça m'étonnerait
Qu'il en ai un.
On couchera avant lui
Entre quat' planches,
Toutes blanches.
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1.T'es pas né dans la rue,
t'es pas né dans l'ruisseau,
t'es pas un enfant perdu,
pas un enfant d'salaud,
Vu qu't'es né dans ma tête
et qu'tu vis dans ma peau.
J'ai construit ta planète
au fond de mon cerveau.
Refrain :
Pierrot, mon gosse, mon frangin, mon poteau, mon copain tu m'tiens chaud............Pierrot.
2.Depuis l' temps que j' te rêve,
Depuis l' temps que j' t'invente,
De pas te voir j'en crève
Mais j' te sens dans mon ventre.
Le jour où tu ramène,
J'arrête de boire : promis,
Au moins toute une semaine,
Ce s'ra dur, mais tant pis.
Refrain
3.Qu' tu sois fils de princesse,
Ou qu' tu sois fils de rien,
Tu s'ras fils de tendresse,
Tu s'ras pas orphelin.
Mais j' connais pas ta mère :
Je la cherche en vain.
Je connais qu' la misère
D'être tout seul sur le ch'min.
Refrain
4.Dans un coin de ma tête
Y'a déjà ton trousseau :
Un jean, une mobylette
Une paire de Santiago.
T'iras pas à l'école,
J' t'apprendrai les gros mots.
On jouera au football,
On ira au bistrot.
Refrain
5.Tu t' lav'ras pas les pognes
Avant d' venir à table.
Et tu m' trait'ras d'ivrogne
Quand j' piquerai ton cartable.
J' t'apprendrai des chansons
Tu les trouveras débiles.
T'auras p't' être bien raison
Mais j' s'rai vexé quand même.
Refrain
6.Allez viens mon Pierrot,
Tu s'ras l' chef de ma bande.
J' te r'filerai mon couteau,
J' t'apprendrai la truande.
Allez viens mon copain,
J' t'ai trouvé une maman :
Tous les trois ça s'ra bien
Allez viens, je t'attends.
Refrain
retour à la liste des chansons
Monsieur le président, je vous fais une bafouille,
Que vous lirez sûrement, si vous avez des couilles,
Je viens de recevoir un coup de fil de mes vieux,
Pour me prévenir que les gendarmes s'étaient pointés chez.
J'ose pas imaginer ce que leur a dit mon père,
Lui les flics, les curés et puis les militaires,
'Les a vraiment dans le nez, peut être encore plus que moi,
Dès qui peut en bouffer, le vieil anar' y se gène pas,
Le vieil anar' y se gène pas.
Alors, y parait qu'on me cherche que la France a besoin de moi,
C'est con, je suis en Ardèche y fait beau tu le crois pas,
Je suis là, avec des potes, des écolos marrants,
On a une vieille bicoque, on la retape tranquillement.
On fait pousser des chèvres, on fabriques des bijoux,
On peut pas dire qu'on se crève, le travail c'est pas pour nous.
On a des plantations, pas énormes, trois hectares
D'une herbe qui rend moins con, non c'est pas du Ricard,
Non c'est pas du Ricard.
Monsieur le président, je suis un déserteur,
De ton armée de glands, de ton troupeau de branleurs,
Ils auront pas ma peau, ils toucheront pas à mes cheveux,
Je saluerai pas le drapeau, je marcherai pas comme les boeux.
J'irai pas en Allemagne faire le con pendant douze mois,
Dans une caserne infâme avec des plus cons que moi,
J'aime pas recevoir des ordres, j'aime pas me lever tôt,
J'aime pas étrangler le borgne plus souvent qu'il ne faut,
Plus souvent qu'il ne faut.
Puis surtout ce qui me déplait c'est que j'aime pas la guerre,
Et qui c'est qui la fait, ben c'est les militaires,
Ils sont nuls, ils sont moches et puis ils sont teigneux,
Maintenant je vais te dire pourquoi je vais te dire pourquoi je veux
jamais être comme eux.
Quand les Russes, les Ricains feront péter la planète,
Moi j'aurai l'air malin avec ma bicyclette,
Mon pantalon trop court mon fusil, mon calot,
Ma ration de topinambour et ma ligne Maginot,
Et ma ligne Maginot.
Alors me gonfle pas, ni moi, ni tous mes potes,
Je serai jamais soldat, j'aime pas les bruits de bottes,
T'as plus qu'a pas t'en faire et construire tranquilos,
Tes centrales nucléaires, tes sous-marins craignos.
Et vas pas t'imaginer monsieur le président,
Que je suis manipulé par les rouges ou les blancs,
Je ne suis qu'un militant du parti des oiseaux,
Des baleines, des enfants, de la terre et de l'eau,
De la terre et de l'eau.
Monsieur le président, pour finir ma bafouille,
Je voudrais te dire simplement, ce soir on fait des nouilles,
A la ferme c'est le panard si tu veux viens bouffer,
On fumera un pétard et on pourra causer,
On fumera un pétard et on pourra causer.
retour à la liste des chansons
J'm'appelle Sliman et j'ai quinze ans,
J'vis chez mes vieux à la Courneuve,
J'ai mon CAP d'délinquant,
J'suis pas un nul, j'ai fais mes preuves,
Dans la bande, c'est moi qu'est l'plus grand,
Sur l'bras j'ai tatoué une couleuvre.
J'suis pas encore allé en taule,
'Paraît qu'c'est à cause de mon âge,
'Paraît d'ailleurs qu'c'est pas Byzance,
Que t'es un peu comme dans une cage,
Parc'que ici, tu crois qu'c'est drôle,
Tu crois qu'la rue c'est les vacances.
Refrain :
J'ai rien à gagner, rien à perdre,
Même pas la vie.
J'aime que la mort dans cette vie d'merde,
J'aime c'qu'est cassé,
J'aime c'qu'est détruit,
J'aime surtout tout c'qui vous fait peur,
La douleur et la nuit...
J'ai mis une annonce dans Libé,
Pour m'trouver une gonzesse sympa,
Qui boss'rait pour m'payer ma bouffe,
Vu qu'moi, l'boulot, pour que j'y touche,
Y m'faudrait deux fois plus de doigts,
Comme quoi, tu vois, c'est pas gagné.
C'que j'voudrais, c'est être au chom'du,
Palper du blé sans rien glander,
Pi comme ça j's'rais à la Sécu,
J'pourrais gratos me faire remplacer,
Toutes les ratiches que j'ai perdu,
Dans des bastons qu'ont mal tourné.
Refrain
J'ai même pas d'tune pour m'payer d'l'herbe,
Alors j'me défonce avec c'que j'peux,
Le trychlo, la colle à rustine,
C'est vrai, des fois, ça fout la gerbe,
Mais ici, c'est c'qu'on fait d'mieux,
Et puis ça nettoie les narines.
Le soir, on rôde sur les parkings,
On cherche une BM pas trop ruinée,
On l'emprunte pour une heure ou deux,
On largue la caisse à la Porte Dauphine,
On va aux putes juste pour mater,
Pour s'en souv'nir l'soir dans not' pieu.
Refrain
Y'a un aut' truc qui m'branche aussi,
C'est la musique avec des potes,
On a fait un groupe de Hard Rock,
On répète le soir dans une cave,
Sur des amplis un peu pourris,
Sur du matos un peu d'chourave.
On a même trouvé un vieux débile,
Qui voulait nous faire faire un disque,
ça foiré parc'que c'minable,
Y voulait pas qu'on chante en kabyle,
J'lui ai mis sa tête contre une brique,
Que même la brique, elle a eu mal.
Refrain
Des fois, j'me dis qu'à trois mille bornes,
De ma cité, y'a un pays,
Que j'connaît'rais sûr'ment jamais,
Qu'p'têtre c'est tant mieux, p'têtre c'est tant pis,
Qu'là-bas aussi, j's'rais étranger,
Qu'là-bas non plus, je s'rais personne.
Alors pour m'sentir appartenir,
A un peuple, à une patrie,
J'porte autour d'mon cou sur mon cuir,
Le keffieh noir et blanc et gris,
Je m'suis inventé des copains,
Des amis qui crèvent aussi.
retour à la liste des chansons
Boutonneux et militants
Pour une société meilleure
Dont y s'raient les dirigeants
Où y pourraient faire leur beurre
Voici l'flot des étudiants
Propres sur eux et non-violents
Qui s'en vont grossir les rangs
Des bureaucrates et des marchands
Etudiants, poil aux dents
J'suis pas d'ton clan et pas d'ta race
Mais j'sais qu'le coup d'pied au cul
Que j'file au bourgeois qui passe
Y vient d'l'école de la rue
Et il salit ma godasse
Maman quand j'serai grand, voudrais pas être étudiant !
Alors tu s'ras un moins que rien
Ah oui, ça j'veux bien!
Etudiant en architecture
Dans ton carton à dessin
Y'a l'angoisse de not'futur
Y'a la société d'demain
Fais les nous voir tes projets
Et la couleur de ton béton
Tes HLM sophistiqués
On en veut pas nous nos maisons
On s'les construira nous mêmes
Sur les ruines de tes illusions
Et puis on r'prendra en main
Quoi donc? l'habitat urbain
Je sais ça t'fais pas marrer
J'pouvais pas m'en empêcher
Maman quand j'serai grand, voudrais pas être étudiant !
Mais alors qu'est-ce que tu veux faire?
Je sais pas moi, gangster
Etudiant en médecine
tu vas marner pendant 7 ans
Pour être marchant d'péniciline
Tes saloperies d'médicaments
Aux bourgeois, tu r'fileras
Des cancers à tour de bras
Et aux prolos des ulcères
Parceque c'est un peu moins cher
Et l'tiers monde qu'a besoin d'toi
Là c'est sûr que t'iras pas
Malgré tous ceux qui vont crever
T'oublieras que j't'ai chanté
La médecine est une putain
Son macro c'est l'pharmacien
Maman quand j'serai grand, voudrais pas être étudiant !
Mais alors qu'est-ce que tu veux être?
Je sais pas moi, poète
Etudiant en droit
Y'a plus d'fachos dans ton bastion
Que dans un régiment d'para
C'est tout dire, he ducon!
Demain c'est toi qui viendras
Dans ta robe ensanglantée
Pour faire appliquer tes lois
Que jamais on a votées
Qu'tu finisse juge ou avocat
Ta justice on n'en veut pas
Pi tu finit notaire
P't'être qu'on débarquera chez toi
Pour tirer les choses aux clercs
Et tant pis s'il est pas là!
Maman quand j'serai grand, voudrais pas être étudiant !
Mais alors qu'est-ce que tu veux faire?
Je sais pas moi, infirmière?
Etudiant en que dalle
Tu glandes dans les facultés
T'as jamais lu l'Capital
Mais y'a longtemps qu't'as pigé
Qu'y faut jamais travailler
Et jamais marcher au pas
Qu'leur culture nous fait gerber
Qu'on veut pas finir loufiat
Au service de cet état
De cette société ruinée
Qu'des étudiants respectables
Espèrent un jour diriger
En trainant dans leur cartable
La connerie de leurs ainés
Maman quand j'serai grand, voudrais pas être étudiant !
Alors tu s'ras un moins que rien
Ah oui, ça j'veux bien!
retour à la liste des chansons
Elle habitait Germaine,
Une chambre de bonne,
Quelque part dans l'cinquième,
A coté d'la Sorbonne.
Les vécés sur l'palier,
Une fenêtre sur la cour,
En haut d'un escalier,
Qu'avait jamais vu l'jour.
Et sur les murs sans joie
De ce pauvre boui-boui,
Y avait Che Guevara,
Les Pink Floyd et Johnny.
Sur l'vieil électrophone,
Trop souvent détraqué,
Elle écoutait les Stones,
Et Maxime le Fox-Terrier.
Germaine, Germaine, une java, ou un tango ?
C'est du pareil au même, pour te dire que je t'aime,
Qu'importe le tempo.
Germaine, Germaine, un rock and roll ou un slow ?
C'est du pareil au même, pour te dire que je t'aime,
Et que j't'ai dans la peau.
Ça sentait bon chez elle,
L'herbe et le patchouli,
Le parfum des poubelles
Au petit matin gris.
On buvait de la bière
Et du thé au jasmin,
Assis en rond par terre,
Sur un tapis indien.
Les voisins du dessous
Etaient bien sympathiques,
Quand on f'saient trop les fous,
Ils se plaignaient qu'aux flics.
Enfin, bref, chez Germaine,
C'était vraiment Byzance,
Tous les jours de la s'maine,
On était en vacances.
Mais quand elle est partie
Un jour pour Katmandou,
Moi, j'vous jure les amis,
Qu'ça m'a fichu un coup.
Sur la place Saint Michel,
Où elle traînait parfois,
On parle encore d'elle,
Des sanglots dans la voix.
Moi, j'ai repris sa piaule,
Mais c'est plus comme avant,
C'est même plus vraiment drôle,
Elle me manque souvent.
Mais son électrophone,
Elle me l'a laissé,
Comme ses disques des Stones,
Et Maxime Le Forestier.
Germaine, Germaine, une java, ou un tango ?
C'est du pareil au même, pour te dire que je t'aime,
Et qu'j'aime la Kanterbraü, (oh, oh !).
Germaine, Germaine, un rock and roll ou un slow ?
C'est du pareil au même, pour te dire que je t'aime,
Et que j't'ai dans la peau.
retour à la liste des chansons
Ecoutez ça, les aminches,
Les escarpes et les marlous,
C'est l'histoire d'un drôle de grinche,
Tronche d'amour, gueule de voyou.
C'est une histoire féroce,
Qui f'ra pleurer les frangins,
Qui fera chialer les gosses,
De Belleville jusqu'à Pantin.
Refrain
Pleurez pas dans vos mouchoirs,
Non, ça n'est pas mon histoire.
C'est l'histoire triste et sordide,
D'un gigolo d'la Vache-Noire,
Qu'aimait d'un amour stupide,
Une bourgeoise des boul'vards.
L'avait pas une gueule trop moche,
Sous sa casquette de fortif',
Y traînait à la Bastoche,
Où c'est qu'y jouait du canif.
C'était le roi des barrières,
L'as de la java musette,
L'tombeur des bals populaire,
D'la Chapelle à la Villette.
Enfin, bref, c'était l'bon jules,
Pas bégueule et presqu'honnête,
Il avait pas trop d'scrupules,
D'gagner sa croûte à Montmartre.
Mais l'angoisse, c'est qu'un beau soir,
Il a rencontré c'te môme,
Son sourire en balançoire,
Ses grands airs et ses diplômes.
L'aurait mieux fait d'la maquer,
Sur l'trottoir pour trois cent balles,
Plutôt que d's'amouracher,
De cette salope en cavale.
Depuis qu'il l'a dans la peau,
C'est plus l'marlou qu'j'ai connu,
Y parle de s'mettre au boulot,
De plus traîner dans les rues.
Pour y offrir des dentelles,
Y renonce même au fric-frac,
Aux coups d'surin et d'semelles,
Aux combines et à l'arnaque.
Les escarpes et les marlous,
Qui traînez su'l'macadam,
Faites-vous plutôt couper l'cou,
Que d'en pincer pour une grande dame.
retour à la liste des chansons
Ils s'embrassent au mois de janvier car une nouvelle années commence
mais depuis des éternités ell'n'ont pas tellement changées la France.
Passe les jours et les semaines y'a qu'le décors qui évolu,
la mentalité est la même tous des tocards,tous des faux-cul.
Y sont pas lourd en février à se souvenir de Charonne,
des matraqueurs assermentés qui fignolèrents leur besognes.
La France est un pays de flics à tout les coins d'rues y'en a cent
pour faire règner l'ordre public ils assassinent impunément.
Quand on éxécute au mois d'mars,de l'autre côté des Pyrénées,
un anarchiste du pays basque pour lui apprendre à s'révolter.
Ils crient,ils pleurent et ils s'indigne,de cette immonde mise à mort
mais ils oublient qu'la guillotine,chez-nous aussi fonctionne encore.
Être né sous l'signe de l'hexagone,
c'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment,
et le roi des cons sur son trone,
j'parierais pas qu'il est Allemand.
On leurs a dit au mois d'avril dans la télé et les journaux,
de n'pas se découvrir d'un fil que l'printemps c'était pour bientôt.
Tout les principes du XVIe siècle et les vieilles traditions débiles
ils les appliquent tous à la lettre,ils font pitié ces imbéciles
Ils se souviennent au mois de mai,d'un sang qui coula rouge et noir,
d'une révolution manquée,qui faillit renverser l'histoire.
J'me souviens surtout d'ces moutons,effrayés par la liberté,
s'en allant voter par million pour l'ordre et la sécurité.
Ils commémorent au mois de juin le débarquement d'Normandie,
ils pensent au brave soldat 'ricains qui est v'nu se faire tuer loin d'chez lui.
Ils oublient qu'à l'abri des bombes,les français criaient vive Pétain,
qu'ils étaient bien planqués à l'ombre,qui avaient pas beaucoup de Jean Moulin.
Être né sous l'signe de l'hexagone,
c'est pas la gloire en vérité,
et le roi des cons sur son trone,
n'me ditent pas qu'il est Portugais.
Ils font la fête au mois d'juillet en souv'nir d'une révolution,
qui n'a jamais éliminée la misère et l'exploitation.
Ils s'abreuvent de bals populaires,feux d'artifices et de flonflons,
Ils pensent oublier dans la bière,qu'ils sont gouvernés comme des pions.
Au mois d'août c'est la liberté,après toute une années d'usine,
ils crient vive les congés payés,ils oublient un peu la machine.
En Espagne,en Grèce ou en France ils vont polluer toute les plages
et par leur unique présence abimer tout les paysages.
Quand on assassine en septembre un peuple et une liberté,
au coeur de l'Amérique latine,ils sont pas nombreux à geuler.
Un ambassadeur se ramène,bras ouvert il est acceillit,
le faschisme c'est la gangrène,à San Diago comme à Paris.
Être né sous l'signe de l'hexagone,
c'est vraiment pas une sinécure.
Et le roi des cons sur son trone,
il est Français ça j'en suis sûr.
Finis les vendanges en octobre,le raisin fermente en tonneaux,
ils sont très fière de leurs vignobles,leurs côtes-du-rhone et leurs bordeaux.
Ils exportent le sang de la terre un peu partout à l'étranger,
leurs pinards et leurs camemberts,c'est leur seul gloire à ces tarés.
En novembre au salon d'lauto,ils vont admirer par milliers
l'dernier modèle de chez Peugot qui pourront jamais se payer.
La bagnole,la télé,l'tiercé,c'est l'opium du peuple de france,
les supprimer c'est le tuer,c'est une drogue à accoutumance.
En décembre c'est l'apothéose,la grande bouffe et les ptits cadeaux,
ils sont toujours aussi morose mais y'a d'la joie dans les guettos.
La terre peut s'arrêter d'tourner y ratt'ront pas leurs réveillons,
moi j'voudrais tous les voir creuver étouffés de din'de marrons.
Être né sous l'signe de l'hexagone,
on peut pas dire qu'ce soit bandant,
si l'roi des cons perdait son trone,
y aurait cinq cent millions de prétendants.
retour à la liste des chansons
When I have rencontred you,
you was a jeune fille au pair,
and I put a spell on you,
and you roule a pelle to me,
Together we go partout,
on my mob it was super,
it was friday on my mind,
it was a story d'amou-our.
the Refrain:
It is not because you are,
I love you because i do
c'est pas parc'que you are me,
qu'I am you, qu'I am you
You was really beautiful
in the middle of the foule
Don't let me misunderstood
Don't let me sinon i boude
My loving, my marshmallow,
you are belle and i are beau
you give me all what you have
i said thank you, you are bien brave
the Refrain
I wanted marry with you
and make love very beaucoup
to have a max of children
just like Stone and Charden
But one day that must arrive
together we disputed
For a stupid story of fric
we decide to divorced
the refrain
You chialed comme une madeleine
not me, I have my digniti
you tell me: you are sale mec!
i tell you: poil to the bec!
That's comme ga that you thank me
to have learning you English?
Eh! that's not you qui m'a appris,
my grand-father was rosbeef.
the refrain
retour à la liste des chansons
J'AI LA VIE QUI M'PIQUE LES YEUX
J'ai la vie qui m'pique les yeux,
J'ai mon p'tit coeur qu'est tout bleu.
Dans ma tête j'crois bien qu'y pleut,
Pas beaucoup mais un p'tit peu.
J'm'intéresse plus à grand' chose
Même pas fatigué, j'me r'pose,
J'bois la vie à toutes petites doses,
J'vois même plus la couleur des roses.
Dans ma guitare y'a plus rien,
Plus une note, plus un refrain.
Dans mes doigts y'a rien qui tient,
Dans ma peau, y'a qu'du chagrin
Au bistrot du temps qui passe,
J'bois un verre à la terrasse.
J'me dis qu'à l'école de l'angoisse,
J'suis toujours premier d'ma classe.
Me racontez pas d'histoire,
La vie, c't'une tonne de cafards,
C'est toujours un fond d'tiroir,
C'est toujours un train qui part.
J'voudrais vivre rien qu'en vacances,
Qu'ce soit tous les jours Byzance,
Qu'ce soit tous les jours l'enfance,
Dans un monde que d'innocence.
Mais j'vis au fond d'un abîme,
Tout seul avec ma p'tite frime,
Et dans mon dictionnaire de rime,
Avec amour, y'a qu'déprime.
Alors le soir avant qu'j'me couche,
J'écoute chanter la pauv' Souche,
Les mots qui sortent de sa bouche,
Ça m'fait tout drôle et ça m'touche.
Et tout au fond d'sa détresse,
Je découvre tell'ment d'tendresse,
Que même si j'tombais, que j'me blesse,
J'dis bonne nuit à ma tristesse.
Dernier refrain
J'ai la vie qui m'pique les yeux,
Heureus'ment qu'j'suis amoureux,
D'une p'tite fille qui m'rend heureux,
Pas beaucoup mais un p'tit peu.
retour à la liste des chansons
Ça f'sait douze bières que j'm'enfilais
Faut dire qu'on était samedi soir
J'étais tranquillement écroulé
D'vant ma télé, sur mon plumard
Y'avait Jean-Pierre El Kavada
Qui m'racontait l'Afghanistan
Et la Pologne et le Liban
Le Salvador y connaît pas
L'information pour ces mecs-là
est d'effrayer l'prolo, I'bourgeois
À coups d'chars russes, d'ayatollah
" Demain faites gaffe y va faire froid "
Et à part ça " eh bien ça va
Si s'passe quelqu'chose, on vous l'dira ".
V'là ma gonzesse qu'entre dans ma piaule
Qui m'dit qu'est-c'tu fais planté là
T'en as pas marre de ces marioles
T'en as pas marre d'leurs tronches de rats
J'lui réponds j'en ai rien à foutre
Mais j'veux pas rater Télé-Foot.
Cette soirée s'annonçait super
J'me suis enfilé une bibine
pour l'numéro un Mick Jagger
avec Dylan et Bruce Springsteen
J'avais pas bien lu, manque de bol
C'est l'numéro un Bécassine
Avec une turlutte à Guignol
Une main au cul à Colombine
Si ça fait marrer vos lardons
Moi, ça m'a carrément gonflé
S'en est fallu d'peu nom de nom
Qu'j'balance ma bière dans la télé
Mais vaut mieux rire de ces crevures
Que d'gaspiller d'la nourriture.
V'là ma gonzesse qu'entre dans ma piaule
Qui m'dit qu'est-c'tu fais planté là
t'en as pas marre de ces marioles
t'en as pas marre d'leurs tronches de rats
J'lui réponds j'en ai rien à foutre
Mais j'veux pas rater Télé-Foot.
Après j'me suis r'gardé Dallas
Ce feuilleton pourri dégueulasse
Ça fait frémir le populo
De voir tous ces enfants d'salauds
Ces ricains véreux pleins aux as
Faire l'apologie du pognon
De l'ordurerie et de la crasse
Y nous prennent vraiment pour des cons.
Eh, maintenant qu'on est socialistes
Finis les feuilletons américains
On veut des feuilletons soviétiques
Et même des belges y en a des bien
Y'en a un c'est l'histoire d'une frite
Qu'est amoureuse d'un communiste.
V'là ma gonzesse qu'entre dans ma piaule
Qui m'dit qu'est-c'tu fais planté là
ren as pas marre de ces marioles
ren as pas marre d'leurs tronches de rats
J'lui réponds j'en ai rien à foutre, chérie
Mais j'veux pas rater Télé-Foot.
Alors elle m'dit au lieu d't'aliéner
Avec ta télé à la con
t'entends pas qu'ta gosse s'est réveillée
Va lui faire chauffer son biberon
Pi si c'est pas trop te d'mander
Faudra qu'tu changes la caisse du chat
Grouille-toi sinon tu vas rater
Pierre Cangioni et Stopyra
En arrivant dans la cuisine
J'me suis dit tiens un p'tit Ricard
Mais après mes quatorze bibines
J'étais un p'tit peu dans l'coltard
J'ai bu un grand verre de Blédine
J'me suis vautré dans la caisse du chat
Et dans le biberon de ma gamine
J'ai mis d'la sciure et du Pastaga
La moralité d'cette chanson
Elle est super ah ouais je veux
C'est qu'la télé c'est très dangereux
Et le football aussi un peu...
retour à la liste des chansons
1.J'étais tranquille, j'étais peinard
Accoudé au flipper
Le type est entré dans le bar
A commandé un jambon-beurre
Puis il s'est approché de moi
Pi y m'a regardé comme ça:
T'as des bottes mon pote elles me botent
J'parie qu'c'est des Santiag
Viens faire un tour dans l'terrain vague
J'vais t'apprendre un jeu rigolo
A grands coups de chaîne de vélo
J'te fait tes bottes à la baston, moi j'y ai dit:
Laisse béton
Y m'a filé une beigne,
j'y ai filé une torgnole,
y m'a filé une châtaigne
J'lui ai filé mes groles.
2.J'étais tranquille j'étais pénard
Accoudé au comptoir
Le type est entré dans le bar
A commandé un café noir
Pis y m'a tapé sur l'épaule
Puis y m'a r'gardé d'un air drôle :
" T'as un blouson
Mecton
L'est pas bidon
Moi j'me les gèle sur mon scooter
Avec ça j's'rai un vrai rocker
Viens faire un tour dans la ruelle
J'te montrerai mon Opinel
J'te chourav'rai ton blouson "
Moi j'lui dis : " Laisse béton "
Y m'a filé une beigne
J'lui ai filé un marron
Y m'a filé une châtaigne
J'ui ai filé mon blouson
3.J'étais tranquille j'étais pénard
Je réparais ma mobylette
Le type a surgi sur l'boul'vard
Sur sa grosse moto super chouette
S'est arrêté l'long du trottoir
Et m'a regardé d'un air bête :
" T'as l'même blue jean
Que James Dean
T'arrêtes ta frime
J'parie qu'c'est un vrai Lévis Strauss
Il est carrément pas craignos
Viens faire un tour derrière l'église
Histoire que je te dévalise
A grands coups de ceinturon "
Moi j'lui dis : "Laisse béton "
Y m'a filé une beigne
J'lui ai filé une mandale
Y m'a filé une châteigne
J'lui ai filé mon futal
La morale de cette pauvre histoire
C'est qu'quand t'es tranquille et peinard
Faut pas trop traîner dans les bars
A moins d'être fringuer en costard
Quand à la fin d'une chanson
Tu t'retrouve à poil sans tes bottes
Faut avoir d'l'imagination
Pour trouver une chute rigolote.
retour à la liste des chansons
Eh ! Manu, rentre chez toi,
Y'a des larmes plein ta bière,
Le bistrot va fermer,
Pis tu gonfles la taulière.
J'croyais qu'un mec en cuir,
Ça pouvait pas chialer,
J'croyais même que souffrir,
Ça pouvait pas t'arriver.
J'oubliais qu'tes tatouages,
Et ta lame de couteau,
C'est surtout un blindage,
Pour ton coeur d'artichaut.
Eh ! déconne pas Manu,
Va pas t'tailler les veines,
Une gonzesse de perdue,
C'est dix copains qui r'viennent.
On était tous maqués,
Quand toi, t'étais tout seul.
Tu disais, j'me fais chier,
J'voudrais sauver ma gueule.
T'as croisé cette nana,
Qu'était faite pour personne,
T'as dis "elle est pour moi",
Ou alors, y'a maldonne.
T'as été un peu vite,
Pour tatouer son prénom,
A l'endroit où palpite,
Ton grand coeur de grand con.
Eh ! déconne pas Manu,
C't'à moi qu'tu fais d'la peine,
Une gonzesse de perdue,
C'est dix copains qui r'viennent.
J'vais dire, on est des loups,
On est fait pour vivre en bande,
Mais surtout pas en couple,
Ou alors pas longtemps.
Nous autres, ça fait un bail,
Qu'on a largué nos p'tites,
Toi, t'es toujours en rade,
Avec la tienne et tu flippes.
Eh ! Manu, vivre libre,
C'est souvent vivre seul,
Ça fait p't'être mal au bide,
Mais c'est bon pour la gueule.
Eh ! déconne pas Manu,
Ça sert à rien la haine,
Une gonzesse de perdue,
C'est dix copains qui r'viennent.
Elle est plus amoureuse,
Manu, faut qu'tu t'arraches.
Elle peut pas être heureuse,
Dans les bras d'un apache.
Quand tu lui dis "je t'aime",
Si elle te d'mande du feu,
Si elle a la migraine,
Dès qu'elle est dans ton pieu,
Dis-lui qu't'es désolé,
T'as dû t'gourrer d'trottoir,
Quand tu l'as rencontrée,
T'as dû t'gourrer d'histoire.
Eh ! déconne pas Manu,
Va pas t'tailler les veines,
Une gonzesse de perdue,
C'est dix copains qui r'viennent.
Eh ! déconne pas Manu,
C't'à moi qu'tu fais d'la peine,
Une gonzesse de perdue,
C'est dix copains qui r'viennent.
Eh ! déconne pas Manu,
Ça sert à rien la haine,
Une gonzesse de perdue,
C'est dix copains qui r'viennent.
retour à la liste des chansons
Ah... m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi,
Et regarder les gens tant qu'y en a,
Te parler du bon temps qu'est mort ou qui r'viendra,
En serrant dans ma main tes p'tits doigts.
Pi donner a bouffer a des pigeons idiots,
Leur donner des coups de pieds pour de faux,
Et entendre ton rire qui lézarde les murs,
Qui sait surtout guérir mes blessures.
Refrain :
Te raconter enfin comment j'étais, mino, les bombecs fabuleux,
Qu'on piquait chez l'marchand, Car en Sac et Mintho,
Caramels a un franc, et les Mistrals Gagnants.
Ah... marcher sous la pluie cinq minutes avec toi,
Et regarder la vie tant qu'y en a,
Te raconter la Terre en te bouffant des yeux,
Te parler de ta mère un p'tit peu.
Et sauter dans les flaques pour la faire râler,
Bousiller nos godasses et s'marrer
Et entendre ton rire comme on entend la mer,
S'arrêter, repartir en arrière.
Te raconter surtout les Carambars d'antan et les coco-boërs,
Et les vrais roudoudous qui nous coupaient les lèvres,
Et nous niquaient les dents, et les Mistrals Gagnants.
Ah.. m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi,
Regarder le soleil qui s'en va,
Te parler du bon temps qu'est mort et je m'en fous,
Te dire que les méchants, c'est pas nous.
Que si moi je suis la tout près a ton cote,
S'il te plaît, permets-moi d'écouter,
Et entendre ton rire s'envoler aussi haut,
Que s'envolent les cris des oiseaux.
Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie et l'aimer même si,
Le temps est assassin et emporte avec lui
Les rires des enfants... et les Mistrals Gagnants.
retour à la liste des chansons
Où c'est que j'ai mis mon flingue ?
J'veux qu'mes chansons soient des caresses,
Ou bien des poings dans la gueule.
A qui qu'ce soit que je m'agresse,
J'veux vous r'muer dans vos fauteuils.
Alors, écoutez-moi un peu,
Les pousse-mégots et les nez d'boeufs,
Les ringards, les folkeux, les journaleux.
D'puis qu'y a mon nom dans vos journaux,
Qu'on voit ma tronche à la télé,
Où j'vends ma soupe empoisonnée,
Vous m'avez un peu trop gonflé.
J'suis pas chanteur pour mes copains,
Et j'peux être teigneux comme un chien.
J'déclare pas, avec Aragon,
Qu'le poète a toujours raison.
La femme est l'avenir des cons,
Et l'homme n'est l'avenir de rien.
Moi, mon av'nir est sur le zingue,
D'un bistrot des plus cradingues,
Mais bordel ! où c'est qu'j'ai mis mon flingue ?
J'vais pas m'laisser emboucaner,
Par les fachos, par les gauchos,
Tous ces pauv' mecs endoctrinés,
Qui foutent ma révolte au tombeau.
Tous ceux qui m'traitent de démago,
Dans leur torchon qu'j'lirai jamais :
"Renaud, c'est mort, il est récupéré" ;
Tous ces p'tits bourgeois incurables,
Qui parlent pas, qu'écrivent pas, qui bavent,
Qui vivront vieux leur vie minable,
Ont tous dans la bouche un cadavre.
T't'façon, j'chante pas pour ces blaireaux,
Et j'ai pas dis mon dernier mot.
C'est sû'ment pas un disque d'or,
Ou un Olympia pour moi tout seul,
Qui me feront virer de bord,
Qui me feront fermer ma gueule.
Tant qu'y'aura d'la haine dans mes s'ringues,
Je n'chant'rai que pour les dingues,
Mais bordel ! où c'est qu'j'ai mis mon flingue ?
Y'a pas qu'les mômes dans la rue,
Qui m'collent au cul pour une photot ;
Y'a même des flics qui me saluent,
Qui veulent qu'j'signe dans leur calot,
Moi j'crache dedans et j'crie bien haut,
Qu'le bleu marine me fait gerber ;
J'aime pas l'travail, la justice et l'armée.
C'est pas d'main qu'on m'verra marcher,
Avec les connards qui vont aux urnes,
Choisir c'lui qui nous f'ra crever,
Moi, ce jour-là, j'reste dans ma turne.
Rien à foutre de la lutte des crasses,
Tous ces systèmes sont dégueulasses !
J'peux pas encaisser les drapeaux,
Quoiqu'le noir soit le plus beau.
La Marseillaise même en reggae,
Ça m'a toujours fait dégueuler.
Les marches militaires, ça m'déglingue,
Et votr' république, moi, j'la tringle,
Mais bordel ! où c'est qu'j'ai mis mon flingue ?
D'puis qu'on m'a tiré mon canif,
Un soir, au métro Saint Michel,
J'fous plus les pieds dans une manif',
Sans un nunchak' ou un cocktail
A Longwy comme à Saint-Lazare,
Plus de slogans face aux flicards,
Mais des fusils, des pavés des grenades !
Gueuler contre la répression,
En défilant "Bastille-Nation",
Quand mes frangins crèvent en prison,
Ça donne une bonne conscience aux cons,
Aux nez d'boeufs et aux pousse-mégots,
Qui foutent ma révolte au tombeau.
Si un jour, j'me r'trouve la gueule par terre,
Sûr quça s'ra d'la faute à Baader.
Si j'crève le nez dans le ruisseau,
Sûr qu'ça s'ra d'la faute à Bonnot.
Pour l'instant ma geule est sur le zing
D'un bistrot des plus cradingues,
Mais faites gaffe!J'ai mis la main sur mon flingue !
retour à la liste des chansons
L'etait bâti comme un moineau,
Qu'aurait été malade,
A la bouche, derrière son mégot,
Il y avait des gros mots en cascade,
L'etait pas bien gros s'tasticot,
Mais c'étais une vraie boule de haine,
On lui filait plein d'noms d'oiseaux,
Même ceux qui l'connaissaient à peine,
L'app'laient la Teigne.
Il avait pas connu ses vieux,
Il était d'l'Assistance,
Ce genre d'école pour rendre joyeux,
C'est pas exactement Byzance,
D'ailleurs on lisait dans ses yeux,
Pour qu'il soit bien, fallait qu'on l'craigne,
Si tu rentrais pas dans son jeux,
Putain, c'que tu r'cevais comme beignes,
C'etait une Teigne.
Avec les gonzesses, les mich'tons,
L'etait encore plus vache,
J'te file des coups, j'te fous des gnons,
Tu tombes amoureuse et j'm'arrache,
Pour sa p'tite gueule, ses poings d'beton,
Plus d'une se s'raient j'tees a la Seine,
Elle lui parlaient d'amour-passion,
Il répondait par des châtaignes,
C'etait une Teigne.
'l'avait pas fêté ses vingt berges,
Quand une nuit de novembre,
On l'a r'trouve raide comme un cierge,
Pendu au beau milieu d'sa chambre,
S'il y a un bon dieu, une sainte vierge,
Faut qu'ils l'accueillent dans leur auberge,
Parc'qu'avant d'passer sur l'autre berge,
Il m'avait dis "Personne ne m'aime,
J'suis qu'une pauvre Teigne."
Et moi qui l'ai connu un peu,
Quand parfois j'y repense,
Putain c'qu'il était malheureux,
Putain c'qu'il cachait comme souffrance.
Sous la pale blondeur de sa frange,
Sous son air triste, dans sa degaine,
Moi j'suis sur qu'au ciel, c'est un ange,
Et quand j'pense a lui mon coeur saigne,
Adieu la Teigne,
Adieu la Teigne.
retour à la liste des chansons
Je clignote au bord de l'autoroute
J'ai pas fini de vomir ma bière
Le soleil en a rien à foutre
Mon estomac fait sa prière
Trop d'amour me pèse
Toi tu me quittes sans rigoler
C'est comme si j'avais avalé une chaise
Y faut beaucoup qu'je boive pour digérer
refrain
T'en fais pas c'est pas la fin du monde
D'autres filles passeront sous les ponts
t la nature que le soleil immonde
Nous rechante chaque fois sa chanson
J'ai pas vu la tête du facteur
Mon téléphone ne sonne plus
Les oiseaux crient des sons moqueurs
Y'a plus personne aui m'aime plus
Le bar est plein de solitude
Mon amour n'est plus de saison
Je ne bois pas par habitude
Mais pour douter de ma passion
Refrain
L'armée rouge a défilé dans ma tête
J'leur est fait monter de l'aspirine
Z'ont quand même fait leur huit heures comme des bêtes
Me v'la mouillé dans une drôle de combine
Le vent m'apporte des odeurs de frite
Tout l'monde me r'connait dans la rue
J'ai la boule coincée dans mon flip
Y manquerait plus qu'un oiseau me chie d'ssus
Refrain
J'ai pas aimé comme tu es partie
J'ai senti ma tête écraser l'poteau
Toi tu voudrais qu'on reste bons amis
J'ne me vois déjà plus sur les photos
Je me fous de l'odeur des roses
Et de celle qui pourrait m'aimer
Les gens me parlent d'autre chose
Y'en a pas un qui m'aid'ra à pleurer
refrain
refrain
retour à la liste des chansons
Sur la table du salon
Qui brille comme un soulier,
Y a un joli napp'ron,
Et une huîtr'-cendrier.
Y'a des fruits en plastique,
Vach'ment bien imités,
Dans une coupe en cristal,
Vach'ment bien ébréchée.
Sur le mur dans l'entrée,
Y'a les cornes de chamois,
Pour accrocher les clés
D'la cave où on va pas.
Les statuettes africaines,
Côtoient sur l'étagère,
Les p'tites bestioles en verre,
Saloperies vénitiennes.
C'est tout p'tit chez la mère à Titi,
C'est un peu l'Italie,
C'est l'bonheur, la misère et l'ennui,
C'est la mort, c'est la vie.
Y'a une belle corrida
Sur un moche éventail,
Posé au d'ssus du sofa,
Comme un épouvantail.
Sur la dentelle noire,
Y'a la mort d'un taureau,
Qui a du mal à croire
Qu'il est plus sous Franco.
Y'a une pauvre vierge
Les deux pieds dans la flotte,
Qui se couvre de neige,
Lorsque tu la gigotes.
Le baromètr' crétin
Dans l'ancre de marine,
Et la photo du chien
Tirée d'un magazine.
C'est tout p'tit chez la mère à Titi,
Mais y'a tout c'que j'te dis,
C'te femme-là, si tu la connais pas,
T'y crois pas, t'y crois pas.
Sur la télé qui trône,
Un jour j'ai vu un livre,
J'crois qu'c'était "Le Grand Meaulne"
Près d'la marmite en cuivre.
Dans le porte-journeaux,
En rotin tu t'en doutes,
Y'a Nous Deux, l'Figaro,
L'catalogue d'La Redoute.
Pi au bout du couloir,
Y'a la piaule de mon pote,
Où vivent ses guitares,
Son blouson et ses bottes.
Sa collec' de B.D.
Et au milieu du souk,
Le mégot d'un tarpé,
Et un vieux New-Look.
C'est tout p'tit chez la mère à Titi,
Le Titi y s'en fout
Y m'dis qu'sa vie est toute petite aussi,
Et qu'chez lui c'est partout.
Quand y parle de s'barrer,
Sa mère lui dit qu'il est louf'
Qu'il est même pas marié
Qu'ses gonzesses sont des pouff'
Et qu'si y s'en allait,
Pas question qu'y revienne
Avec son linge sale à laver
A la fin d'chaque semaine.
Alors y reste là,
Etouffé mais aimé
S'occupe un peu des chats
En attendant d'bosser.
Y voudrait faire chanteur
Sa mère y croit d'ailleurs
Vu qu'il a une belle voix
Comme avait son papa
C'est tout p'tit chez la mère à Titi,
C'est un peu l'Italie,
C'est l'bonheur, la misère et l'ennui,
C'est la mort, c'est la vie.
retour à la liste des chansons
C'est a peine l'aurore et je tombe du plume
Mon amour dort encore du soleil de l'enclume
Je la laisse a ses rêves ou je n'suis sûrement pas
Marlon Brando l'enlève qu'est-ce que je foutrais la
Sur un cheval sauvage ils s'en vont, ridicules
Dehors y'a un orage Ils sont mouillés c'est nul
Moi j'apprête mes gaules pour partir a la pêche
Musette sur l'épaule, saucisson, bière franche
Quand le soleil arrive mon amour se réveille
Le cœur a la dérive les yeux pleins de sommeil
Téléphone a sa mère qu'est sa meilleure amie
Paroles éphémères et tous petits soucis
J'aimerais bien entendre ce qu'elle dit de moi
C'est sûrement très tendre, enfin bon, j'entends pas
Moi je plante mon hameçon tout en haut d'une branche
Je tire sur le nylon, me ruine une phalange
Le jour avance un peu mon amour se maquille
Un œil et puis les deux, c'est futile mais ça brille
Qui veut-elle séduire, je suis même pas la
Je me tue a lui dire qu'elle est mieux sans tout ça
Que ses yeux sont plus bleus quand ils sont dans ma poche
Et que vouloir trop plaire c'est le plaisir des moches
Moi je sors une truite d'au moins 120 kilos
J'ai pitié, trop petite, je la rejette a l'eau
Il est midi passé je reviens les mains vides
Trop de vent, pas assez l'eau était trop humide
Lors je rentre chez moi triste comme un menhir
Mais personne n'est la pour m'entendre mentir
Mon amour est parti mais parti pour toujours
J'ai perdu mon amour et j'ai perdu ma vie
J'emmènerai dimanche si je peux la gamine
S'emmêler dans les branches a la pêche a la ligne
J'emmènerai dimanche si je veux la gamine
S'emmêler dans les branches a la pêche a la ligne
retour à la liste des chansons
Ecoutez - moi, vous les ringards,
Ecologistes du sam'di soir,
Cette chanson-là vaut pas un clou
Mais je la chante rien que pour vous.
Vous qui voulez du beau gazon,
Des belles pelouses, des p'tits moutons,
Des feuilles de vigne et des p'tites fleurs,
Faudrait remettre vos montres à l'heure.
Refrain :
Moi j' suis amoureux de Paname,
Du béton et du macadam,
Sous les pavés ouais c'est la plage,
Mais l' bitume c'est mon paysage
Le bitume c'est mon paysage.
Ecoutez-moi, vous les ringards,
Ecologistes des boul'vards,
Vos beaux discours y'en a plein l' dos,
Y'a du soleil dans les ruisseaux.
La Tour Montparnasse elle est belle,
Et moi j'adore la Tour Eiffel,
Ecoutez-moi, vous les ringards,
Ecologistes des grands soirs,
La pollution n'est pas dans l'air,
Elle est sur vos visages blêmes.
Moi j'aime encore les pissotières,
J'aime encore l'odeur des poubelles,
J' me parfume pas à l'oxygène,
L' gaz carbonique c'est mon hygiène.
Y'a plein d'amour dans les ruelles
Et d' poésie dans les gratt'ciel.
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Ich liebe dich Gréta,
Ich liebe da grétich,
Ich liebe tach grédi,
Dis - moi pourquoi gréta,
Dis - quoi pourta grémoi,
Dis - ma pourqua gros tas,
Y'a un mur entre toi et moi.
I love you gréta
I love ya grétou,
i louve yo grata,
Dis - quoi pourta grémoi,
Dis - ma pourqua gros tas,
Y'a un mur entre toi et moi.
Oh oui je t'aime gréta,
Oh ouaime je t'a grétoui,
Oh oua je t'oui gretaime,
Dis - quoi pourta grémoi,
Dis - ma pourqua gros tas,
Y'a un mur entre toi et moi.
Dis - moi warum gréta,
Dis - moi pourquoi gréta,
Pourquoi t'habites à Berlin - Est,
Pourquoi j'habite à Berlin - Ouest
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Andy Warhol, à la coupole,
Peint les gambettes de Mistinguett,
Il les dessine très longilignes,
Leurs donne la forme du cou d'un cygne.
Lewis Carrol, à la coupole,
Parle de fillettes en salopettes,
Il les devine vêtues d'un jean's,
Pleines de paillettes sur les paumettes.
Elles me fascinent, toutes ces gamines,
Avec leurs mines de Marylin,
Sortant d'l'école vers la coupole,
Elles caracollent et elles racollent.
Quand vient le soir, j'aime aller boire
Un verre d'alcool à la coupole,
Pour faire du gringue à toutes ces dingues,
A toutes ces folles bien trop frivoles.
Toutes les idoles de la coupole,
Les midinettes, les gigolettes,
Les Carolines en crinolines,
Ne sont en fait que des starlettes.
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Quand la Marie que j'aimais
S'amenait en minaudant,
Dans mon nid, au mois de mai,
J'avais jamais mal aux dents.
De tout Marie émanait
Le beau, le doux, le mignon,
Mais dans ma menue monnaie
Y'avait pas le mot million.
Marie n'était pas mémère,
Elle aimait bien ma moumouth,
Mes mimiques, ma marinière,
Et mes manières de mammouth.
Les amis de mon aimée
M'amusaient, mais allons - donc,
Les habits amidonnés,
Ils donnaient dans le bidon.
Mais Marie, ma muse , ma reine,
N'était pas des masses ma mie,
La muse ment et l'amant peine,
Si j'puis m'exprimer ainsi.
C'est décidé, dés demain,
J'ai des idées détonnantes,
Je vais demander la main
De Marie, si ça l'enchante.
Si j'aimais sa tombola,
Si jamais ça tombe à l'eau,
Mon amante deviendra,
Ben voyons, l'amante à l'eau.
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C'était un gringalet
Pas vraiment laid,
Mais il était
Né à Paname,
Tous ceux qui l' connaissaient
Y disaient
Qu'y savait
Causer aux dames.
C'était pas un tocard,
Un ringard,
Un traîne - boul'vard,
On l'app'lait l' Saint - Bernard,
Le Mozart,
Du pont des arts.
C'était pas un dragueur,
Un flambeur,
De fin d'semaine,
Il amenait nos p'tites soeurs
Un quart d'heure
Su' bord d'la Seine.
Il avait pas eu d' père,
Pas eu d' mère,
Ni d'anniversaire,
Il était né un soir,
Rue Rochechouart,
Prés d'une poubelle.
Il avait pas eu d'chance,
Ni d' vacances,
Dans son enfance,
Mais quand fallait d' l'ambiance,
Sa seule présence,
C'était Bysance.
C'était un bon copain,
Y méritait bien
Cette chansonnette,
Car il est mort de faim,
Un beau matin,
Rue d'la Roquette.
Ma chanson se termine,
Ca m'déprime,
C'est pas humain,
Moi j'aime pas les chansons
Où les héros
Y meurent à la fin.
retour à la liste des chansons
Non, ne crois pas fillette,
Me retenir encore
Dans tes rues sans violettes,
Dans ton triste décor.
N'essaie pas de me suivre,
Déserte mes rivages,
Loin de toi, je veux vivre
De plus beaux paysages.
Refrain :
Petite fille des sombres rues, éloigne-toi.
Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.
J'ai trop longtemps vécu
Dans de pauvres ruelles,
Trop longtemps attendu
Un dernier arc - en - ciel.
J'ai besoin de soleil
Et d'horizon moins gris,
Je veux voir les merveilles
Que, prés de toi, j'oublie.
Je ne suis pas de ceux
que chasse la lumière,
Et qui vivent heureux
Un éternel hiver.
De l'amour je ne veux
Que les filles des rivières,
Lorsque j'aime les yeux,
J'aime aussi la chaumière.
Nos chemins se séparent,
Entends, la vie m'appelle,
Je quitte tes trottoirs
Et tes grises dentelles.
Je pars pour des royaumes
Où l'on m'attend peut - être,
Où le bonheur embaume,
Et donne un air de fête.
Laisse moi m'en aller,
Je n'ai plus rien à dire,
Mais si tu veux pleurer,
N'essaie pas de sourire.
Retourne dans ta nuit,
Au fond de tes faubourgs,
Retourne dans l'ennui
Qui habite tes jours.
retour à la liste des chansons
Y'a eu Antoine avant moi,
Y'a eu Dylan avant lui,
Après moi qui viendra ?
Après moi c'est pas fini.
On les a récupérés,
Oui mais moi on m'aura pas,
Je tirerais le premier,
Et j' viserais au bon endroit.
Refrain :
J'ai chanté 10 fois, 100 fois,
J'ai hurlé pendant des mois,
J'ai crié sur tous les toits,
Ce que je pensais de toi,
Société, société,
Tu m'auras pas.
J'ai marché sur bien des routes,
J'ai connu bien des pat'lins,
Partout on vit dans le doute,
Partout on attend la fin.
J'ai vu occuper ma ville
Par des cons en uniformes
Qu'étaient pas vraiment virils,
Mais qui s' prenaient pour des hommes.
J'ai vu poussé des barricades,
J'ai vu pleurer mes copains,
J'ai entendu les grenades
Tonner au petit matin.
J'ai vu ce que tu faisais,
Du peuple qui vit pour toi,
J'ai connu l'absurdité
De ta morale et de tes lois.
Demain, prends garde à ta peau,
A ton fric, à ton boulot,
Car la vérité vaincra,
La commune refleurira.
Mais en attendant, je chante,
Et je te crache à la gueule
Cette petite chanson Méchante
Que t'écoutes dans ton fauteuil.
retour à la liste des chansons
Pour toutes les fleurs du béton,
Pour tous les gamins de Paris,
J'ai composé cette chanson
Pour éclairer leurs sombres nuits.
Pour ceux qui vivent sur le bitume,
Qui n'ont jamais vu le gazon,
Qui ne connaissent que la brume,
Qui n'ont qu'un ciel gris pour plafond.
Ecoutez moi les gavroches,
Vous les enfants de la ville,
Non Paris n'est pas si moche,
Ne pensez plus à l'an 2000.
Ouvrez vos yeux pleins d'innocence
Sur un Paris qui vit encore
Et qui fera de votre enfance
Le plus merveilleux des décors.
Voyez plus loin que l'horizon,
Le temps n'a pas tout démoli,
Les rues sont pleines de chansons,
Les murs ne sont pas toujours gris.
Ecoutez moi les gavroches,
Vous les enfants de la ville,
Non Paris n'est pas si moche,
Ne pensez plus à l'an 2000.
Traînez vos vies dans les ruelles,
Dans les vieux bistrots, dans les cours,
Et sur les pavés éternels,
Qui n'ont pas quitté les faubourg.
Allez respirer sur la Butte
Tous les parfums de la Commune,
Souvenirs de Paris qui lutte,
Et qui pleure parfois sous la lune.
Ecoutez moi les gavroches,
Vous les enfants de la ville,
Non Paris n'est pas si moche,
Ne pensez plus à l'an 2000.
retour à la liste des chansons
Camarade bourgeois,
Camarade fils - à - papa,
La triumph en bas de chez toi,
Le p'tit chèque en fin de mois,
Regarde toi AH AH AH
Regarde toi AH AH AH
Camarade fils - à - papa,
T'as vraiment pas l'air d'un con,
Quand tu sors le dimanche
Ton petit complet veston
Et ta chemise blanche.
Regarde toi AH AH AH
Regarde toi AH AH AH
Camarade fils - à - papa,
Tu roules en Ferrari
ou en lamborghini,
Tu roules des épaules,
Tu te crois super - drôle,
Regarde toi AH AH AH
Regarde toi AH AH AH
Camarade bourgeois,
Camarade fils - à - papa,
Je sais, ton père est patron,
Faut pas en faire un complexe,
Le jour d'la révolution,
On lui coupera qu'la tête.
Regarde toi AH AH AH
Regarde toi AH AH AH
Camarade bourgeois,
Camarade fils - à - papa,
Tu passes ton temps au drugstore
Sur les Champs - Elysées
Tu crois très très fort,
T'es jamais qu'un minet.
Regarde toi AH AH AH
Regarde toi AH AH AH
Camarade bourgeois,
Camarade fils - à - papa,
Rejoint les rangs de la pègre,
Tu prendras vraiment ton pied,
Ne sois plus une petite pède,
Nous sommes tous des défoncés,
Regarde moi AH AH AH
Regarde moi AH AH AH
Regarde moi AH AH AH
Regarde moi AH AH AH
retour à la liste des chansons
Moi j'aime bien chanter la racaille,
La mauvaise herbe des bas - quartiers,
Les mauvais garçons, la canaille,
Ceux qui sont nés sur le pavé.
J'ai bien du mal à les chanter
Tell'ment qu'elles sont tristes mes histoires,
Mais celle que j'vais vous raconter,
Elle fait même pleurer ma guitare.
Refrain :
Ecoutez - la, ma java sans joie,
C'est la java d'un p'tit gars,
Ecoutez - la, ma java sans joie,
La java d'un p'tit gars qu'était sans foi ni loi.
Sa mère l'avait eu un beau soir,
Alors qu'elle si attendait pas,
Il est né prés des grands boulevards,
Sur le pavé humide et froid.
Il n'a jamais su l'nom d'son père,
Puisque sa vieille, vingt fois par jour,
Pour dix sacs s'envoyait en l'air,
Dans un boxon d'la ma rue du four.
Après avoir quitté l'école,
Où qui s'est pas trop attardé,
Il s'est mis dans la cambriole,
Avec ses copains de Saint - Mandé.
Il a voyouté quelque temps
Avec dédé le surineur,
Avec julot d'Ménilmontant,
Et toute la bande du sacré - cœur.
Il commençait à s'faire un nom,
Et dans les petits bals musette,
Lorsque jouait l'accordéon,
On voyait tourner sa casquette.
Il butta son premier larron
Alors qu'il avait pas vingt ans,
Le crime s'était sa vocation,
L'arnaque son tempérament.
Dans l'quartier où i'f'sait son beurre,
Y'a des gens qui l'appelaient Monsieur,
Mais les flics ces petits fouineurs
Ne le quittaient jamais des yeux.
Quand il a eu un peu trop d'sang
Sur ses doigts couverts de bijoux,
Ils l'ont ficelé sur du bois blanc
Et ils lui ont tranché le cou.
retour à la liste des chansons
Le blues de la Porte d'Orléans
Puisque les Basques et les Bretons
Les Alsaciens les Occitants
Les Corses les Chtimis les Wallons
Y veulent tous être indépendants
Puisqu'y veulent tous l'autonomie
Qu'à priori y ont pas torts
Bah c'est décidé moi aussi
J'prends ma guitare et j'cris bien fort
Que je suis le séparatiste
Du 14ème arrondissement
Oui que je suis l'autonomiste
De la Porte d'Orléans
Le 14ème arrondissement
C'est mon quartier d'puis 25 berges
C'est dans ses rues que j'passe mon temps
Dans ses bistrots que je gamberge
Quand je m'balade au long d'ses rues
J'peux pas oublier qu'autrefois
Vercingétorix s'est battu
Tout près du métro " Alésia "
Moi je suis le séparatiste
Du 14ème arrondissement
Oui moi je suis l'autonomiste
De la Porte d'Orléans
Le 14ème arrondissement
Possède sa langue et sa culture
Et l'autoroute Porte d'Orléans
C'est le début d'la côte d'usure
Dans le 13ème j'ai des copains
Qu'on un peu les mêmes idées qu'moi
On va faire un programme commun
Aux élections on s'présentera
Car moi je suis l'séparatiste
Du 14ème arrondissement
Oui moi je suis l'autonomiste
De la Porte d'Orléans
Bien sûr la Seine nous arrose pas
Mais ça peut toujours s'arranger
A coups d'pétitions pourquoi pas
On pourrait p't'être la détourner
Tout ça pour dire que l'14ème
C'est un quartier qu'est pas banal
A part les flics qu'y sont les même
Que dans l'reste de la capitale
Moi je suis le séparatiste
Du 14ème arrondissement
Oui moi je suis l'autonomiste
De la Porte d'Orléans.
retour à la liste des chansons
Les copains m'avaient dit
" On compte sur toi dimanche
Y'aura p't'être la Sylvie
Qui viendra sans son mec
Elle est con comme un manche
Mais t'as la cote avec
T'as pas à t'faire de bile
Pour toi c'est dans la poche
T'es pas encore débile
Et elle est pas trop moche "
Elle est pas v'nue la belle
Moi j'ai t'nu les chandelle
J'irai plus dans vos boums
Elles sont tristes à pleurer
Comme un sourire de clown
Comme la pluie sur l'été
" Toute façon t'en fait pas "
M'avaient dit les copains
" Des nenettes y'en aura
Beaucoup plus que des mecs
Le quart d'heure américain
Ca va tripoter sec "
Des filles y'en avaient qu'douze
Pour quatre vingt poilus
On fait mieux comme partouze
Mais non j'suis pas aigri
Y'a qu'avec les p'tits LU
Qu'ça a été l'orgie
J'irai plus dans vos boums
Elles sont tristes à pleurer
Comme un sourire de clown
Comme la pluie sur l'été
Lorsque j'suis arrivé
Sur ma vieille mobylette
Y'en avaient qu'écoutaient
L'dernier David Bowie
Y flippaient comme des bêtes
Autours d'une chaîne pourrie
Y fumaient des P4 en buvant du Coca
Un pauvr' type sur sa gratt' jouait Jeux Interdits
Y'avait même une nana qui trouvait ça joli
J'irai plus dans vos boums
Elles sont tristes à pleurer
Comme un sourire de clown
Comme la pluie sur l'été
Y'avaient deux trois loubards
Qui assumaient leurs instincts
En chouravant dans l'noir
Les disques et les larfeuilles
J'voyait tout j'disais rien
C'était mes potes d'Argenteuil
Plus tard dans la soirée
J'ai fait marrer tout l'monde
Faut dire qu'j'ai raconté
Trois cent milles histoires belges
J'en connait des immondes
Mais j'les garde pour les Suisses
J'irai plus dans vos boums
Elles sont tristes à pleurer
Comme un sourire de clown
Comme la pluie sur l'été
Lorque j'me suis barré
J'ai croisé les roussins
Uniformes bleu foncé
Et képis sur le crâne
Tout ça à cause d'un voisin
Qu'aimait pas Bob Dilan
M'ont foutu un PV
Pas d'lumière sur ma meule
Ont cru bon d'ajouter
Qu'y z'aimaient la jeunesse
Pis j'suis rentré tout seul
Même pas en état d'ivresse
J'irai plus dans vos boums
Elles sont trites à pleurer
comme un sourire de clown
Comme la pluie sur l'été
retour à la liste des chansons
En passant par les égouts juste devant ma maison
J'ai creusé un tunnel de 18 mètres de long
J'ai atterri dans la cave d'une laiterie parisienne
J'ai pris 300 carambars un kilo de madeleines
J'ai eu des crampes d'estomacs au moins pendant trois s'maines
J'suis le roi des casseurs j'suis le roi des braqueurs
Les journaux parlent pas d'moi et c'est ça qui m'écoeure
J'ai volé une bagnole qu'était même pas à moi
J'voulais aller sur la cote j'me suis r'trouvé sur le toît
Les quatres roues en l'air mon père m'a engueulé
Comme si c'était sa bagnole que j'y avais bousillé
D'ailleurs c'était la sienne j'pouvais pas l'deviner
J'suis le roi des casses-tout j'suis le roi des filous
Les journaux parlent pas d'moi mais alors pas du tout
Avec un de mes copains on a voulu détourné
Un boeing 707 on n'en a pas trouvé
A la Porte d'Orléans y veulent pas s'arréter
On est mal désservi dans c'quartier non de non
Alors j'ai détourné la conversation
J'suis le roi des pirates de l'air conditionné
Les journaux parlent pas d'moi mais ça va pas tarder
Un peu plus tard j'ai fait le hold up du siècle
A grand coups de burin j'ai cassé un parc-mètre
L'aubergine intrépide qui a voulu s'y opposé
J'ui ai dit des mots obscènes elle s'est mise à pleurer
Y'avait qu'trois francs cinquante dans la caisse fracturée
J'suis le roi des casseurs j'suis le roi des braqueurs
Vous pouvez l'constater j'l'ai déja dit tout à l'heure
Si j'continue à faire des chansons dans c'genre là
C'est pas demain la veille qu'les journaux parl'ront d'moi
Ni haine
Ni arme
Ni violence
retour à la liste des chansons
Il y a beaucoup de monde
Dans la rue Pierre Charon
Il est 2 heures du mat'
Le braquage a foiré
J'ai une balle dans le ventre
Une autre dans le poumon
J'ai vécu à Sarcelles
J'crève aux Champs Elysés
Je vois la France entière du fond de mes ténèbres
Les charognards sont là la mort ne vient pas seule
J'ai la connerie humaine comme oraison funèbre
Le regard des curieux comme unique linceul
" C'est bien fait pour ta gueule
Tu n'es qu'un p'tit salaud
On n'portera pas le deuil
C'est bien fait pour ta peau "
Le boulanger du coin a quitté ses fourneaux
Pour s'en venir cracher sur mon corps déja froid
Il dit " J'suis pas raciste mais quand même les bicots
Chaque fois qu'y a un sale coups ben y faut qu'y z'en soient "
" Moi Monsieur j'vous signale que j'ai fait l'Indo-Chine "
Dit un ancien para à quelques arrivistes
Ces mecs c'est d'la racaille c'est pire que les vietmines
Faut les descendre d'abord et discuter ensuite
" C'est bien fait pour ta gueule
Tu n'es qu'un p'tit salaud
On n'portera pas le deuil
C'est bien fait pour ta peau "
Les zonards qui sont là vont s'faire lincher sûrement
Si y continuent à dire que les flics assassinent
Qu'on est un être humain même si on est truand
Et que ma mise à mort n'a rien de légitime
" Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère "
Dit un père bérêt basque à un jeune blouson de cuir
" Et si c'était ton fils qu'était couché par terre
Le nez dans sa misère " répond le jeune pour finir
" C'est bien fait pour ta gueule
Tu n'es qu'un p'tit salaud
On n'portera pas le deuil
C'est bien fait pour ta peau "
Et Monsieur blanc cassis continue son délire
Convaincu que déja mon âme est chez le diable
Que ma mort fût trop douce que je méritais pire
J'espère bien qu'en Enfer je r'trouverai ces minables
Je n'suis pas un héros j'ai eu c'que j'méritais
Je ne suis pas à plaindre j'ai presque de la chance
Quand je pense à mon pote qui lui n'est que blessé
Y va finir ses jours à l'ombre d'une potence
" C'est bien fait pour sa gueule
Ce n'est qu'un p'tit salaud
On n'portera pas le deuil
C'est bien fait pour sa peau "
Elle n'a pas 17 ans cette fille qui pleure
En pensant qu'à ses pieds il y a un homme mort
Qu'il soit flic ou truand elle s'en fout sa pudeur
Comme ses quelques larmes me réchauffent le corps
Il y a beaucoup de monde
Dans la rue Pierre Charon
Il est 2 heures du mat'
Mon sang coule au ruisseau
C'est le sang d'un voyou qui révait de millions
J'ai des millions d'étoiles au fond de mon caveau
J'ai des millions d'étoiles au fond de mon caveau
retour à la liste des chansons
Depuis qu'Eddy Mitchell est allé Nashville
Tous les rockers français ont carrément flippé
Ils ont pris leur guitare et ont quitté Belleville
Pour aller faire du rock là bas au U.S.A
Ils font du rock'n-roll à Memphis Tennessee
Avec des musicos qui assurent comme des bêtes
Ils vont à New Orléans ou à New York City
Pour trouver le meilleur feeling de la planète
Mais moi pour m'éclater pas b'soin d'aller si loin
Je joue du rock'n-roll à Lille Roubaix Tourcoing
Avec deux trois copains aussi mauvais que moi
On assassine Mozart, Bethov' et Chuck Berry
Avec le gros Lulu et sa guitare en bois
On fait du rock'n-roll qu'est carrément pourris
Dans les bouges de Lille et les bistrots de Tourcoing
Où la bière coule à flot sous des tonnes de frites
On fait danser le twist et le rock au copain
En jouant des vieux tubes de Johnny et d'Elvis
On a des blousons d'cuir et des vieux mocassins
On fait du rock'n-roll à Lille Roubaix Tourcoing
Un des ces quat' matins on deviendra des pop stars
A nous les hits parade et puis à nous Guy Lux
Même si on est mauvais on garde quand même l'espoir
De connaître la gloire la fortune et le luxe
Mais on n'oublieras pas notre pays natal
Et on retournera dimanche et jour de fête
Jouer comme autrefois dans tous les festivals
Pour trouver le meilleur feeling de la planète
On laissera pas tomber tous nos anciens copains
On f'ra du rock'n-roll à Lille Roubaix Tourcoing
On f'ra du rock'n-roll à Lille Roubaix Tourcoing
On f'ra du rock'n-roll à Lille Roubaix Tourcoing
retour à la liste des chansons
Attachez vos ceintures
Eteignez vos mégots
Car voici l'aventure
De Jojo le démago
Voici l'histoire pas très banale
D'un gars qu'était fils de prolos
Qui travaillait la nuit aux Halles
Qui trainait jamais les bistrots
L'avait d'l'allure l'vait d'la classe
L'avais pas l'air d'un gigolo
Il se distinguait de la masse
L'avait l'étoffe d'un Hidalgo
C'est Jojo le démago
Président des gogos
Qui fascine les pecnos
Quand il danse le tango
Jojo avait de l'ambition
Y voulait oublier son rang
Y révait d'grimper les échelons
Et d'finir un jour Président
Y d'vint l'idôle de la jeunesse
Car il savait se faire aimer
Surtout des gars de Garges-Les-Gonesses
Qu'étaient là que pour faire rimer
C'est Jojo l'démago
Président des gogos
On peut voir sa photo
Sur les murs du métro (cadéro)
Un jour y misa son larfeuille
Sur un tocard à cent contre un
Dans la cinquième course à Auteuil
Le cheval gagna haut la main
Jojo toucha le gros paxonne
Il s'arréta de travailler
Il se fit des tas d'relationnes
Du coté d'la bonne société
C'est Jojo l'démago
Qu'a trahis les prolos
Y traîne les casinos
De Nice à Monaco (caïne)
L'arrangua si bien les rombiers d'son quartier
Qu'un beau jour enfin
Les p'tits commerçants les plombiers
L'élire député du coin (coin coin)
Mais Jojo qui savait causer
Fît tant et si bien son turpin
De représentant des larbins
Qu'on l'élisa à l'Elisée (Olé)
C'est Jojo l'démago
Président des gogos
Qui vous payent l'apéro
Sur l'argent des impôts (culot)
(Impôt culot)
(Tango)
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Au cinoche de Créteil
Y jouaient que des pornos,
Moi ça m' disait trop rien
J' les avais déjà vu
J'ai dis à mes copains
Y'a un baloche à Sarcelles
On va y faire un saut,
Y'aura p't'être des morues,
Et pis ça fait un baille
Qu'on s'est plus bastonné
Avec de la flicaille
Ou des garçons bouchés.
C'est mon dernier bal
Ma dernière virée
Demain dans l' journal
Y'aura mon portrait.
On a pris les bécanes
Et on s'est arrachés
Direction la castagne,
La bière à bon marché.
Mais on était pas seul
On avait emmené
Deux trois amuse-gueules
Dont l' port est prohibé
On veux pas provoqué
Moi j' suis pas un fondu
Mais faut bien dire c' qui est
J' suis pas un ange non plus.
C'est mon dernier bal
Ma dernière virée
Demain dans l' journal
Y'aura mon portrait.
Arrivés à l'entrée
Devant la pauvre caissière
On voulait pas payer
vingt-cinq balles c'est trop cher
Alors on a profité
Pour une fois qu' y' avait pas
L' service d'ordre de KCP
Pour foncer dans l' tas
Et puis on s'est pointé
Direct à la buvette
Où on s'est enfilé
Chacun nos huit canettes.
C'est mon dernier bal
Ma dernière virée
Demain dans l' journal
Y'aura mon portrait.
Y'avait une bande de mecs
De l'autre coté d' la piste
Qui nous mataient à mort
Depuis un bon moment.
C'est mon dernier bal
Ma dernière virée
Demain dans l' journal
Y'aura mon portrait.
Et l'espèce de ringard
Qui jouait d' l'accordéon,
On' y a fait bouffé
Avec ses bretelles.
Maintenant il a une belle paire
De poumons nacrés
Dès qu'i' tousse un peu
I' recrache les boutons.
Quand ça a dégénéré
En baston générale
On a vu se pointer
Les milices rurales.
C'est mon dernier bal
Ma dernière virée
Demain dans l' journal
Y'aura mon portrait.
Avec mon flingue d'alarme
J'avais l'air d'un con
Devant la Winchester
De l'adjoint au maire
Y m'a dit " N'avance pas
Si t bouge t'es mort "
J'aurai pas dû bouger
Maintenant je suis mort.
Dans la vie mon p'tit gars
Y'a pas à tortiller :
Y'a rien de plus dangereux
Que de se faire tuer.
C'est mon dernier bal
J'en ai reçue une
Putain qu' ça fait mal
De crever sous la lune !
C'est mon dernier bal
Ma dernière virée
Demain dans l' journal
Y'aura mon portrait.
C'est mon dernier bal
Ma dernière virée
Demain dans l' journal
Y'aura mon portrait.
C'est mon dernier bal
Ma dernière virée
Demain dans l' journal
Y'aura mon portrait.
C'est mon dernier bal
Ma dernière virée
Demain dans l' journal
Y'aura mon portrait.
retour à la liste des chansons
Malgré le blouson clouté,
Sur mes épaules de v'lours.
J'aim'rais bien parfois chanté,
Autre chose que la zone.
Un genre de chanson d'amour
Pour ma p'tite amazone.
Pour celle qui tous les jours
Partage mon cassoulet.
Ma gonzesse, celle que j'suis avec.
Ma princesse, celle que j'suis son mec.
Oh oh oh
Faut dire qu'elle mérite bien,
Qu'j'y consacre une chanson.
Vu que j'suis amoureux d'elle,
Un peu comme dans les films,
Ou y a tous pleins de violons
Quand le héros y meure.
Dans les bras d'une infirmière,
Qu'est très belle et qui pleure.
Et pis elle est balancée ,
Un peu comme un Mayol,
Tu sais bien les statues,
Du jardin des Tuileries.
Qui hiver comme été
Exhibent leur guibolles,
Et se gèlent le cul
Et le reste aussi.
Ma gonzesse, celle que j'suis avec.
Ma princesse, celle que j'suis son mec.
Oh oh oh
Pis faut dire qu'elle a les yeux,
Tell'ment qui sont beaux,
On dirait bien qu'ils sont bleus,
On dirait des calots.
Parfois quand elle me regarde,
J'imagine des tas de choses,
Que je réalise plus tard
Quand on se retrouve tout seul.
Si tu dis qu'elle est moche,
Tu y manques de respect,
Je t'allonge une avoine
Ce sera pas du cinoche.
Mais si tu dis qu'elle est belle,
Comme je suis très jaloux,
Je t'éclate la cervelle
Faut rien dire du tout.
De ma gonzesse, celle que j'suis avec.
Ma princesse, celle que j'suis son mec.
Oh oh oh
J'aimerais bien un c'est jour,
Y collé un marmot,
Ouais un vrai qui chiale et tout
Et qu'a tout le temps les crocs.
Elle aussi elle aimerais ça,
Mais c'est pas possible,
Son mari y veut pas
Y dis qu'on est trop jeune.
Ma gonzesse, celle que j'suis avec.
Ma princesse, celle que j'suis son mec.
Ma gonzesse, celle que j'suis avec.
Ma princesse, celle que j'suis son mec.
Celle que j'suis avec, ma princesse.
retour à la liste des chansons
Mes copains sont tous en cabane
Ou a l'armée ou à l'usine
Y se sont rangés des bécanes
Y'a plus d'jeunesse tient ça m'déprime
Alors pour mettre un peu d'ambiance
Dans mon quartier de vieux débris
J'ai groupé toutes mes connaissances
Intellectuelles et c'est depuis
Que j'suis une bande de jeunes
A moi tout seul
Je sui une bande de jeunes
Je m'fends la gueule
Je suis le chef et le sous chef
Je suis Fernand le rigolo
Je suis le p'tit gros à lunettes
Je suis Robert le grand costaud
Y'a plus d'problème de hiérarchie
Car c'est toujours moi qui commande
C'est toujours moi qui obéit
Faut d'la discipline dans une bande
Je suis une bande jeunes
A moi tout seul
Je suis une bande de jeunes
Je m'fends la gueule
Quand j'débarque au bistrot du coin
Pis qu'un mec veut m'agresser
Bah moi aussitôt j'interviens
C'est beau la solidarité
Quand je croise la bande à Pierrot
Y sont beaucoup plus nombreux
Ca bastonne comme à Chicago
C'est vrai qu'dans sa bande y sont deux
Je suis une bande de jeunes
A moi tout seul
Je suis une bande de jeunes
Je m'fends la gueule
Quand dans ma bande y'a du rififi
Je m'téléphone, je m'fais une bouffe
J'fais un colloque j'me réunis
C'est moi qui parle et c'est moi qu'écoute
Parfois j'm'engueule pour une soute
Qu'est amoureuse de toute ma bande
Alors la sexualité de groupe
Y'a rien de tel pour qu'on s'entende
Je suis une bande de jeunes
A moi tout seul
Je suis une bande de jeunes
Je m'fends la gueule
Quand j'me balade en mobylette
On dirait l'équipée sauvage
Quinze décibels c'est la tempête
Dans tout le voisinage
Et pis si un jour en banlieue
Toute ma bande est décimée
Par une toute une bande de vieux
Je me battrai jusqu'au dernier
Car je suis une bande de jeunes
A moi tout seul
Je suis une bande de jeunes
Je m'fends la gueule
I'm a poor lonesome young band
I feel alone
I'm a poor lonesome young band
Y break my gueule
retour à la liste des chansons
Le jour se lève sur ma banlieue
J'ai froid c'est pourtant pas l'hiver
Qu'est-ce que j'pourrais foutre non de Dieu
J'ai pas un rond et j'ai pas l'air
Sérieux
Sérieux
J'suis un loubard parmi tant d'autres
Je crèche pas loin de la Défense
J'ai l'air crado, c'est pas ma faute
Mon HLM c'est pas bizance
Mon pote
Mon pote
A 14 ans mon paternel
M'a fait embaucher à l'usine
2 jours plus tard j'ai fait la belle
Paraît que j'suis un fils indigne
Bordel
Un soir dans une rue déserte
J'ai fauché une Honda 500
A un fils de bourgeois honnête
Avec elle je fonce à 200
Ouais c'est chouette
C'est chouette
Mon copain Pierrot s'est planté
Sur l'autoroute un jour de pluie
Parfois je l'entends rigoler
C'est sûr qu'il est au Paradis
C't'enflé
C't'enflé
Et moi j'continue mon cinoche
Au pieds de ces buildings miteux
J'voudrais crever avant d'être moche
J'voudrai finir comme toi mon vieux
Gavroche
J'suis un loubard périphérique
J'en ai plein les bottes de ce bled
Le France est une banlieue merdique
Comme dit mon copain Mohamed
Aux flics
Aux flics
Le jour se lève sur ma banlieue
J'ai froid c'est pourtant pas l'hiver
C'est drôle le bitume est tout bleu
Y'a ma bécane qui crâme par terre
Bon Dieu
Mon Dieu
Oh Bon Dieu
Mon Dieu
Oh mon Dieu
Bon Dieu
Oh Bon Dieu
Oh mon Dieu
retour à la liste des chansons
L'avait les roues arquées un peu comme j'ai les jambes
Sur l' toit et sur l' capot l'avait les deux bandes blanches
Le volant en faux bois les banquettes en vrai Skaï
Le klaxon qui jouait le pont d' la rivière Kwaï
Dédé l'avait fait r'peindre en bleu métallisé
Y disait qu'ça lui rapp'lait l' ciel de son pays
On a jamais bien su où qu' c'est qu'il était né
Vu qu'il était menteur comme tous ceux de sa race
Dans la tire à Dédé
J'en ai fait des virées
Quand j'y repense aujourd'hui
Sur ma mob je m'ennuie
Sur la lunette arrière y' avait l'autocollant
Avec allez les verts et sur la vitre avant
Y avait marqué en blanc sur un fond bleu d'azur
" Skiez à Val d'Isère et respirez l'air pur "
Elle pompait à peu près autant d' fuel au cent bornes
Que Dédé buvait d' bière mais faut dire qu'y t'nait bien
Quand on s' tapait l' Sébastopol à 220
Pour qu' les flics nous rattrapent il fallait qu'ils s' cramponnent
Dans la tire à Dédé
J'en ai fait des virées
Quand j'y repense aujourd'hui
Sur ma mob je m'ennuie
Quand Dédé en tenait un coup dans les naseaux
Bien qu' j'ai pas mon permis c'est moi qui conduisait
J' prenais qu' les sens uniques pour semer les perdreaux
Et j' bouclais ma ceinture parc' que j' suis pas givré
On embarquait des grosses qui rodaient en banlieue
Et qu'attendait que nous pour s'éclater un peu
" Allez monté les filles on s'arrache en vacances "
Dix bornes plus loin on leur f'sait l' coup d' la panne d'essence
Dans la tire à Dédé
J'en ai fait des virées
Quand j'y repense aujourd'hui
Sur ma mob je m'ennuie
Mais une nuit des voyous, des vrais enfants d' salauds
Pendant qu' Dédé pionçait z' y' ont fracturé son box
Z' y' ont tirés son klaxon et son autoradio
Ses cassettes de Mike Brant et ses jantes en inox
Dédé le lendemain en voyant le tableau
Lui qu'avait une santé d'académicien
S'est chopé l'infarctus dont nous cause les journaux
Et l'a cassé sa pipe tout seul au p'tit matin
Dans la tire à Dédé
J'en ai fait des virées
Quand j'y repense aujourd'hui
Sur ma mob je m'ennuie
Pauv' Dédé aujourd'hui, l'est au cimetière Pantin
Sur sa tombe on a peint deux bandes blanches c'est super
Sa bagnole crève doucement tout au fond du jardin
D'un pavillon d' banlieue prés d' la ligne de ch'min d' fer
Les poules ont fait leur nid sur les sièges éventrés
La rouille a tout bouffé la peinture et les chromes
Le pare-brise et les phares dégommés par les mômes
Y reste bientôt plus rien d' la pauv' tire à Dédé
Dans la tire à Dédé
J'en ai fait des virées
Quand j'y repense aujourd'hui
Sur ma mob je m'ennuie
Sur ma mob je m'ennuie
retour à la liste des chansons
Quand tu t'es pointé sur la zone
Qui pousse au pied d' mon HLM,
Tu as garé ton vieux Savième
Près d'un pilonne.
Z'avaient rangé vos caravanes
Comme les chariots dans un western.
Soudain dans ma banlieue minable
C'était mon terne.
Toi, ta famille, tes chiens, tes mômes,
Tes copains, tes frangins, tes poules,
C'est comme une grande bouffée d'ozone,
Quand ça déboule.
Salut l' gitan,
Salut l' manouche.
Tu t' souviens d' moi ?
Tu m'avais filé ton canif,
Toi tu pt' prends toujours pour cartouche.
Moi j'ai toujours pas mon certif.
Mario fait toujours le rémouleur,
Angelo fabrique ses paniers,
Moi j' sais bien qu' dans ces p'tits métiers,
Faut faire son beurre.
Il faut avoir des à coté,
Toi t'en as toujours eu un max,
Du genre qui font que quand t'es gaulé,
Et ben tu casques.
Tiré la bagnole à un cave,
J'appelle pourtant pas ça un crime :
C'est toujours aux bourgeois qui friment
Qu' tu les chouraves.
Salut l' gitan,
Salut l' manouche.
Tu t' souviens d' moi ?
Tu m'avais filé ton vieux peigne,
cigarillo au coin d' la bouche,
T'as bien toujours la même dégaine.
T'as toujours ton sacré clébard,
Croisement d' bâtard avec bâtard ;
Tu voulais m'le vendre un milliard,
J'les avais pas.
T'as encore un nouveau tatouage,
Moi j'ai fait trois points sur la main.
Et j' me suis fait percé l'oreille
Par un copain.
Mais ça plaisait pas au dirlo,
Alors y'm'a viré d'l'école.
Si j'le croise dans la rue c'mariole
J' lui fait la peau.
Salut l'gitan,
Salut l'manouche,
Tu t'souviens d'moi ?
T'avais failli m'donner ta montre,
Ma mère m'a dit qu't'avais l'air louche.
Moi j'me fous d'c'que les vieux racontent.
Si tu r'tournes bientôt aux baumettes
Essaie d'dire bonjour à mon vieux :
Dis-y qu'j'ai r'trouvé ses lunettes
Au d'sous son pieu.
Dis-y qu'y s'inquiète pas pour moi :
Son fiston c'est pas un gageo.
Dès qu'j'ai quinze ans j'trouve un boulot
Et j'fais comme toi :
J'me paye une vieille DS ruinée
Un caravane et un clébard,
Je laisse les cons dans leur clapier,
Et puis j'me barre.
Salut l'gitan,
Salut l'manouche.
Tu t'souviens d'moi ?
Tu m'avais filé ton canif
Toi tu t'prends toujours pour cartouche.
Moi j'ai toujours pas mon certif.
retour à la liste des chansons
Y'a eu le tango des fauvettes
Y'a eu le tango de Manon
L'tango des bouch'et d'la Villette
Et le tango des papillons.
Mais moi et mes copains
Celui qu'on aime par dessus tout
Celui qui nous rend vraiment fou
C'est le plus grand, c'est le plus beau.
C'est la tango de Massy-Palaiseau.
Avec le piano à bretelles
Qui nous balance son tremollo
Avec la soupe au vermicelles
Qui fait de nous des grands costauds.
On fait danser les demoiselles
en jouant les Marlon Brando
Faut les voir tourner les sauterelles
Là bas du coté d'Longjumeaux
C'est le tango de Massy-Palaiseau.
Et quand Landru ce vieux salaud
Coupa sa femme en p'tits morceaux
Elle lui d'manda dans un sanglot
Je t'en pris ne me scie pas les os
Il répondit : " Je fais c'que veux
Car je suis le roi du tango
Et je le danse beaucoup mieux
Que Rudolphe et Valentino "
C'est le tango de Massy-Palaiseau.
C'est en forgeant qu'on d'vient forgeron
C'est en mangeant l'la soupe qu'on grandit.
Et c'est en jouant au bûcheron
Qu'Léonard De Vinci.
Mais moi si je devint si sot
Si j'ai des soucis d'puis l'berceau
C'est parc'qu'au bout de la ligne de Sceaux
Un jour j'suis passé par Massy
C'est le tango de Massy-Palaiseau.
Et si je chante ce tango
Un peu débile, un peu rétro,
C'est pour vous dire en quelques mots
" Allez les gars : prenez l'métro
Venez faire un tour par chez moi
Où restent quelques vrais Julos
qui savent danser comme autrefois
Le tango qu'ils ont dans la peau "
C'est le tango de Massy-Palaiseau.
retour à la liste des chansons
Mélusine Chanson d'amour
J'ai connu Mélusine
Au mois d'Mai à l'usine
A coté de Lievin
Elle était bien gamine
Mais comme disait Bourvil
Y'a beaucoup d'gens gamins
(Jean Gabin c'est rigolo )
Quand j'ai connu Sabine
Elle était dans son bain
J'aimais bien sa bobine
On s'est aimés un brin
Mais comme disait Daudet
Y'a beaucoup d'Jean Moulin
(Rouge)
Quand j'ai connu Catherine
J'composait des quatrains
Avec une catin
Là-bas en Argentine
Mais comme disait Krivine
Y'a beaucoup d'Jean Nohain
(c'est hilarant de la Baltique)
Quand j'ai connu Martine
C'était un beau matin
J'ai beurré ses tartines
J'ai roulé des patins
Comme disait Lamartine
Y'a beaucoup d'Jean Bouquin
(là je sais pas quoi dire)
Quand j'ai connu Yasmine
J'y ai offert du Jasmin
Elle avait mauvaise mine
J'ai demandé sa main
Mais comme disait Lénine
Y'a beaucoup d'Jean Rumain
(international sera le genre humain)
(Le dernier)
Quand j'ai connu Amine
Je faisais du dada
J'mangeais des nougatines
Là-bas en Ouganda
Mais comme disait Merlin
Ben heu enchanté
(Thé au Jasmin)
Allo c'est toi maman ?
J'ai garé ma mobylette
Devant l'entrée des artistes
J'ai laissé la porte ouverte
Pour avoir un œil sur elle.
Il faudrait pas qu'on profite
Que j'suis en train d'vendre ma cam'lote
Pour s'débiner sur ma chiotte.
J'ai beau mettre des antivols,
Ca fait la neuvième qu'on m'pique,
Ca fait la onzième que j'vole.
Quoi ?
Qui c'est qui dit qu'c'est pas vrai ?
Toi ?
Bah t'as raison mon pote.
J'ai jamais eu d'mobylette
Ou alors quand j'étais p'tit,
Et j'l'avais acheté avec les ronds d'mes économies.
Laisse béton, j'démystifie.
Non, maintenant j'ai une Harley,
Une grosse qu'a un grand guidon, une grande fourche, une grande roue
Un grand trou dans mon budget.
Ma bécane, c'est comme un ch'val.
Ca tombe bien, j'suis conçu pour :
Elle est faite pour épouser la forme de mes jambes arquées.
Sans blague, t'avais pas r'marqué ?
Avec elle, j'suis un cow-boy,
J'suis shérif dans mon quartier.
Porte d'Orléans, j'fais la loi.
Par ici on y croit pas.
Dans l'quartier, on m'traite de goye.
C'était pour rimer avec cow-boy.
Et tous les apaches de Paris
Qu'y m'voient passé sur ma bête,
Y s'fendent la gueule : c'est pas gentil.
Laisse béton, j'démystifie.
J'ai laissé mon perfecto
Derrière, dans la coulisse,
Accrochée au portemanteau
Et pis j'ai eu peur qu'i'glisse
Entre les doigt du tôlier que
Bien qu'ce soit un brave mec,
Qu'aimerai bien m'le chouravé.
Alors j'viens sur scène avec.
Là, j'ai un insigne SS,
L'initiale de ma gonzesse,
Que c'est même pas ma gonzesse,
C'est la femme à mon copain,
Que c'est même pas mon copain.
Parce que moi j'ai pas d'copains,
Pas d'amis, pas d'parents, pas d'relations.
Ma famille c'est la prison,
Mon copain, c'est mon blouson, c'est mon surin.
Quoi ?
Qui c'est qui dit qu'c'est pas vrai ?
Toi ?
Bah t'as raison mon pote.
Des copains j'en ai des tonnes
Toutes les nuits dans tous les rades,
Tous les paumés, tous les ivrognes,
Tous les fous, tous les malades,
Qui devant un perroquet, une Kanter ou un p'tit joint
S'déballonnent dans un hoquet,
Et r'font l'monde à leur image.
Tous ces mecs c'est mes copains.
Touche pas à mon copain.
" Sort dehors si t'es un homme ! "
Moi, euh, dans ces cas là, j'sors pas.
Dans ma tête, j'suis pas un homme,
Dans ma tête, j'ai quatorze ans ;
Dans les muscles aussi d'ailleurs.
J'parlais des muscles des bras.
" Eh, tu veux m'casser la tête ?
Bah qu'est-ce t'attends ? Vas-y ? "
Laisse béton, j'démystifie.
Sur l'bras droit, j'ai un tatouage :
Y'a une fleur, y'a un oiseau, qui s'envolera plus jamais,
Pis y'a l'prénom d'une souris. Une souris qu'est tellement belle,
Qu'i'faudrait qu'j'm'appelle Verlaine pour trouver les mots pour la décrire un peu,
Mais j'vais essayer quand même.
Dans ces yeux, y'a tant d'soleil,
Que quand elle me r'garde, je bronze.
Dans son sourire, y'a la mer,
Quand elle me parle, je plonge.
Quand j's'rai grand, on s'mariera,
Pis on aura plein d'enfants,
Même que ce s'ra un garçon,
même qu'i's'appellera Pierrot.
" Eh !Laisse moi fermer les yeux, Ouais, laisse moi rêver un peu. "
Sur l'bras gauche y'en a un autre :
Un poulbot qui a une gueule d'ange
Et qui joue d'l'accordéon.
Pis en d'sous y'a mon prénom.
Euh, y'en a qu'ça dérange ?
Dans l'dos, j'voulais faire tatouer un aigle,
aux ailes déployées,
On m'a dit : " Y'a pas la place.
Nan, t'es pas assez carré, alors t'auras un moineau. "
Eh, y'a des moineaux rapaces.
Ca fait marrer mes conneries ?
Laisse béton, j'démystifie.
Bon c'est l'heure, moi j'ai fini,
J'vous vois tout à l'heure au bar,
J'vais m'jeter un p'tit Ricard,
Et ça, c'est pas des conneries.
retour à la liste des chansons
J'ai un pote qu'est plein d'fric
Il est musicien.
Il joue d'la guitare électrique
Avec moi sur scène.
Quand il joue trop fort
Il fait du larsène,
Alors j'lui dit tu fait du larsène rupin.
Sans déc
J'vous jure qu'c'est vrai les mecs
Croix de bois, croix de fer
Si j'mens j'vais en enfer.
Les mecs qui disent qu'j'suis né
Sur un camion citerne
Parce que j'ai les jambes arquées
et y parait qu'sa se voit.
J'vais dire c'est des conneries
Parc'que le camion en fait
il était pas si terne que ça.
Sans déc
J'vous jure qu'c'est vrai les mecs
Jambe de bois, paille de fer
Si j'mens j'vais en enfer.
L'autre jour je réveille avec la gueule de bois
J'avais une sale tronche et les yeux cernés
J'ai r'gardé mes yeux et j'leur est dit comme ça
Allez rendez-vous vous êtes cernés
Sans déc
J'vous jure qu'c'est vrai les mecs
Cheval de bois, rideaux de fer
Si j'mens j'vais en enfer.
Y paraîtrait qu'un mec
Qui s'décolore les ch'veux
Il a l'air d'un trav'lo et ces ridicule
Paraît qu'les travelos
Quand on avance y r'cule
Moi j'trouve ca normal
C'est les trav'los de r'cule.
Sans déc
J'vous jure qu'c'est vrai les mecs
Gueule de bois, chemin de fer.
Si j'mens j'vais en enfer.
Avec mon frère jumeau
On s'ressemble vach'ment
Mais faut dire que nous deux
C'est lui le plus ressemblant
Le jour de notre naissance
Deux scarabées sont morts
Dés qu'un enfant rentr'dans la vie
Un vieillard en sort
Sans déc
J'vous jure qu'c'est vrai les mecs
Paul Préboit, Gaston Defer
Si j'mens j'vais en enfer.
Sans déc
J'vous jure qu'c'est vrai les mecs
Robin des bois, Rochereau d'Enfer
Si j'mens j'vais en enfer.
Sans déc
J'vous jure qu'c'est vrai les mecs
Dans la vie faut pas sans faire
Si j'mens j'vais en enfer.
Sans déc
J'vous jure qu'c'est vrai les mecs
On a beau dire on a beau faire
Si j'mens j'vais en enfer.
Sans déc
J'vous jure qu'c'est vrai les mecs
Croix de bois croix de fer
Si j'mens j'vais en enfer.
Sans déc
J'vous jure qu'c'est vrai les mecs
Oui l'endroit ou bien l'envers
Si j'mens j'vais en enfer.
Sans déc
J'vous jure qu'c'est vrai les mecs.
retour à la liste des chansons
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ca fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré
Le rallye mécanique
Des Mad Max de bazar
A r'commencé son cirque
Au soleil de janvier
Vont traverser l'Afrique
Avec le pieds dans l'phare
Dégueulasser les pistes
Et revenir bronzés
Ravis de cet obscène
Et pitoyable jeu
Belle aventure humaine
Selon les journaleux
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents couillons dans leurs camions
Ca fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré
Passe la caravane
Et les chiens n'aboient plus
Sous les roues des bécanes
Y'a du sang répandu
C'lui des quelques sauvages
Qui ont voulu traverser
Les rues de leurs villages
Quand vous êtes passés
Comme des petits Romel
Tout de cuirs et d'acier
Crachant vos décibels
Aux enfants décimés
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents guignols dans leurs bagnoles
Ca fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré
Combien d'années encore
Ces crétins bariolés
F'ront leur terrain de sport
D'un continent entier
Combien d'années enfin
Ces bœufs sponsorisés
Prendront l'sol africain
Pour une cour de récré
Dans leurs joutes odieuses
Les bonbons bien au chaud
Au fond de leurs délicieuses
Combinaisons fluos
Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ca fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré
retour à la liste des chansons
Quand il est arrivé
A la belle de Mai
Y connaissait dégun
Le parisien,
Qu'esaco ce fadòli
Avéses yeux de gòbi ?
A dit tout le quartier
Qui l'espinchait
Y fait le fier ce pébronnasse !
Oh, Bonne Mère, qué counas !
L'est pas de la Marsiale
C'est un con à la voile
On va lui esquicher
Le bout du nez
Premier jour au bistrot
L'a payé l'apéro
A tous ces enfévés
Pas rancunier !
Y se sont empégués
Jusqu'à la nuit tombée
A la santé peuchère
De l'estranger
Y fait le fier parc'qu'il est riche
Oh, Bonne Mère, qué stoquefiche!
C'est un vrai rompe-figue
Dis, il est de Martigues ?
Qu'est-c'qu'on peut s'en séguer
De ses lovés !
Le lendemain le cacou
Se promenait partout
Avè sa fiancée
Comme un trophée
C'était un belle nine
Au long cou de galine
L'avait dû la furer
Au poulailler
Y fait le fier le parigot !
Oh, Bonne mère, qué cafalo !
Vé, elle a le cul presque
Comme la porte d'aix !
Va caguer à Endoume,
Oh, fangoule !
Un jour, à des nistons
Qui jouaient au ballon
Il dit : "Oh, les minots !
Y'a du boulot !
pour remporter le match
Faut se lever le maffre,
Et allez ! Bouleguez
Les bras-cassés ! "
Y fait le fier, fatche de con !
Mets-y peuchère un pastisson !
Et qu'il aille au Vieux Port
Faire ses estrambords
Peut même s'y néguer
L'estranger !
La caraque était née
Avé la crépine
Son équipe a brillé
A été digne !
Avé le cul, ma foi,
Un peu bordé déanchois
L'a fait des Phocéens
Européens
Y fait le fier et y parade
La Cannebière elle le bade !
Mais il nous casse aussi
Un peu les alibòfi
Car si on a la Coupe,
Il l'a aussi !
Après cette aventure
L'est devenu madur
L'a voulu remplacé
Le député !
Il est bon, ce jobastre,
Pour le 54 !
Y va se retrouver
A Montfavet !
Y fait le fier et y voudrait
Oh, Bonne Mère, nous escaner !
R'tourne à la capitale
Ou bien au pégal !
Ou au PSG
Chez les papés !
A la belle de Mai,
Aux Goudes et au Panier,
Il a salut dégun
Le Parisien
Quand il est remonté
Dedans son TGV
Avé sa fiancée
Et ses lovés !
Y fait le fier, ce pebronnasse !
Oh, Bonne Mère, c'est une estrasse !
Méfi ! Les trains s'arrêtent
Quelques fois aux Baumettes
Aprés un pénéquet
A l'Evêché !
Ecoute ma quique belle,
Cette histoire c'est celle
D'un fada, d'une brêle,
D'une bordille
Qui savait pas qu'ici
On aime les bandits,
Qu'on donne l'amitié
Aux estrangers
Mais si y sont fiers comme le pape
Oh, Bonne Mère, allez, escape !
Fais du bien à Bertrand
Il te le rend en caguant !
Donne lui le ballon
De nos nistons,
Dès qu'il sera champion
Il voudra, ce pébron,
Remplacer le Gaston !
Ca pas question, fatche de con !!!
retour à la liste des chansons
A l'arrière de l'autocar
Ca cartonne à la bière
Devant y'a un pétard
Qui fait une p'tite lumière
Dans l'parebrise
Eh ! Alain ton clébard
Commence à nous gonfler
Fais le taire ce bâtard
Il arrête pas d'aboyer
Y nous les brise
J'dormirais bien une plombe
Avant d'arriver à Tarbes
J'ai les paupières qui tombent
Et les yeux qui s'lézardent
J'suis vanné
J'voulais dire les mecs
Demain après l'gala
J'me taperais bien un steack
Ras l'bol des pizzerias
Terminé
Combien qu'y reste de bornes
A quelle heure on arrive
Et dans quel hôtel on borgne
On va poser nos valises
Nos valises
Y'a Fredo qui roupille
Hier soir au Novotel
Y s'est tapé une fille
Pas bavarde et très belle
Sans complexe
L'avait draguée dans Lui
Dans les pages du milieu
On s'l'était faite aussi
On était tous amoureux
Même le clebs
Amaury est fâché
T't à l'heure en sortant d'scènes
J'lui est dit qui s'était planté
Dans l'intro d'H.L.M.
Y m'en veut
Putain ! ces musicos
Y z'ont vraiment trop d'talent
Et moins y sont craignos
Plus y sont gonflants
Ou teigneux
Combien qu'y reste de bornes
A quelle heure on arrive
Et dans quel hôtel on borgne
On va sécher nos ch'mises
Nos ch'mises
A l'Alhambra d'Bordeaux
Hier soir y'avait un monde
Au moins quinze cents pélots
Et d'un baston pas l'ombre
C'est bizarre
Y'a pourtant des rockys
Qu'ont dû avoir les boules
En m'voyant applaudi
Même par des babas cools
Quel panard
Vous en faites pas les mecs
Ce soir y s'ront des milliers
Enfoncés Supertramp
Trust et Lavilliers
Mais non j'déconne !
Si y sont qu'une dizaine
On leur paiera l'apéro
On s'éclatera quand même
On f'rat l'concert au bistrot
Chez Simone
Combien qu'y reste de bornes
A quelle heure on arrive
Combine qu'y m'reste à vivre
A quelle heure j'abandonne
J'abandonne
retour à la liste des chansons
Des rues de Bogota
Aux trottoirs de Miami
Ca fait trop loin pour moi
Alors je reste ici
Pourquoi je quitterais
Mon pays si joli
Pour aller galérer
Aux Etats-Unis
Du travail j'en ai
Le pavot la coca
C'est pas Dieu qui les fait
Pousser, c'est mon Papa et moi
Adios Zapata ! Que viva Marijuana !
Pour eux la mort
Pour nous la Samba !
Finie la guérilla
On faisait pas le poids
La lutte armée ça va
Quand t'as pas d'autre choix
Avec les gringos
On a trouvé plus malin
On fait du négoce
La main dans la main
Les banques la CIA
Sont nos meilleurs clients
L'argent de la coca
Eh ! C'est toujours de l'argent
Adios Che Guevara ! Que viva Marijuana !
Pour eux la mort
Pour nous la Samba !
Ils ont tué leurs Indiens
Et pillé mon pays
Nous on se venge enfin
Sans prendre le maquis
On fait agriculteurs
Et l'Oncle Sam achète
Et qui c'est le dealer
Qui pourrit la planète ?
C'est mon Papa et moi
Ou bien c'est le yuppie
Qui blanchit, caramba !
Tout l'argent du trafic ?
Adios Pancho Villa ! Que viva Marijuana!
Pour eux la mort
Pour nous la Samba !
La vérité c'est que
Ces enfants de salauds
Ca les arrangent un peu
La came dans leurs ghettos
Ca tue surtout les pauvres
Les négrots, les bandits
Ca justifie les flics
Ca fait vendre des fusils
Mais un jour le quart monde
Dira aussi " Basta "
A la misère du monde
Et chant'ra avec moi
Viva Che Guevara ! Zapata ! Pancho Villa !
Pour eux la mort
Pour nous la Samba
retour à la liste des chansons
Allongés sous les vagues
Le soleil dans les yeux
Loin des cris de la plage
Où s'ébattent joyeux
Des enfants dérisoires
Des crétins boutonneux
Des lecteurs de France Soir
Et des chiens dangereux
On est bien tous les deux
Si bien que peu s'en faut
Qu'un aigri malheureux
Ne nous jette un seau d'eau
Allongés sous les vagues
S'appelle ma chanson
Plus c'est con, plus ça passe
A la télévision
Il faisait du soleil
Elle faisait du vélo
Moi je l'ai vue pareille
A Marylin Garbo
Sortie d'une aquarelle
Dans sa ch'mise à carreaux
Elle était plus que belle
Je n'étais pas que beau
Elle pédalait, volage
Dans les dunes imberbes
Parfumée d'Eau Sauvage
Et ça sent pas la merde
Dévorés par les nuages
S'appelle mon poème
Plus c'est con, plus ça passe
Sur les radios F.M.
Sur ma planche de surf
Moi je fendais l'écume
Je suais comme un boeuf
Mais bon, j'avais un rhume
J'étais musclé comme un
Copain d'Marlon Brando
Qu'est pas sur la photo
Mais qu'est musclé très bien
Quand elle m'a vu si beau
Comme une pierre elle est
Tombée de son vélo
Et s'est mise à rier
Poursuivis pas les crabes
S'appelle ma ballade
Plus c'est con, plus ça passe
Dans les boîtes minables
Je lui ai dit: Mignonne
Viens me rejoindre à l'eau
Quand on y est, elle est bonne
Quel talent ! Quel culot !
Elle a mis dans la s'conde
Son string clouté Prisunic
Et a plongé dans l'onde
Et les sacs en plastique
Depuis nous nous aimons
Comme s'aiment les oiseaux
Les huitres, les poissons
Et puis les pédalos
Qu'est-ce qu'y faut pas chanter
Comme conneries affligeantes
Pour espérer entrer
Un jour au Top Cinquante
(bis)
retour à la liste des chansons
Sam'di soir on est d'virée
On a confié la gamine
A la gonzesse d'à côté, la voisine
On lui a dit "tu peux manger y'a des oeufs dans l'frigidaire
Tu peux r'garder la télé y'a Drucker
Réponds pas au téléphone
Sauf si on te téléphone
Pis surtout t'ouvres à personne
Si on sonne
Si la p'tite elle fait la foire
Tu lui racontes une histoire
Si elle a soif tu la fais boire mais pas trop"
Baby sitting blues, baby sitting blues
C'est l'blues de maman papa qui s'en vont pis qu'assument pas
C'est l'blues de papa maman, le feu à l'appartement ceci-cela
La voisine est étudiante mais elle est quand même gentille
Elle prépare une thèse sur Kant, elle m'la fera lire
Elle a monté ses affaires, ses lunettes et son cartable
Posé son gros dictionnaire sur la table
Y'avait pas beaucoup d'images, ma gamine a pas aimé
Elle a arraché toutes les pages sans s'presser
C'était plutôt mal barré entre la grande et la p'tite
Elles étaient pas vraiment branchées sur l'même trip
Baby sitting blues, baby sitting blues
C'est l'blues de maman papa qui s'en vont pis qu'assument pas
C'est l'blues de papa maman qui s'emmerdent au restaurant, y s'passe quoi
La p'tite a voulu manger, l'étudiante lui a dit "bon
J'vais t'préparer une purée au jambon"
Ma fille a dit "l'a du gras", a foutu l'assiette par terre
C'est normal elle aime pas l'gras, elle aime que son père
Ta purée elle est caca, je veux une om'lette aux oeufs
Et un grand verre de coca ou même deux
Le baby sitter excédé lui file un choco BN,
Un yaourt pas très sucré pis une beigne
Baby sitting blues, baby sitting blues
C'est l'blues de maman papa qui s'en vont pis qu'assument pas
C'est l'blues de papa maman qui balisent en attendant la fin du r'pas
La grande va bientôt craquer déjà elle veut plus d'enfant
S'écroule devant la télé, pas longtemps
Ma gamine arrive en pleur "veux voir une K7 maint'nant
Celle des schtroumpfs et d'leur bonheur écoeurant"
Pis qu'après on lui raconte une histoire où y'a des loups
Une princesse et pis un monstre et c'est tout
La baby sitter veux bien, mais seul'ment après Drucker
Ma gamine y colle un pain par derrière
Baby sitting blues, baby sitting blues
C'est l'blues de maman papa qui s'en vont pis qu'assument pas
C'est l'blues de papa maman qui s'demandent si en rentrant ça ira
Sam'di soir ça a baigné, on a paniqué pour rien
La p'tite avait assuré plutôt bien
Elle bouquinait dans sa piaule la critique de la raison pure
Trouvait ça Presqu'aussi drôle que Ben Hur
La grande dormait comme un loir, l'a fallu la réveiller
En lui jetant des seaux d'eau bien glacés
L'est partie en titubant pis ça m'a coûté dix sacs
Les baby sitter maint'nant quelle arnaque
Baby sitting blues, baby sitting blues
C'est l'blues de maman papa qui s'en vont pis qu'assument pas
C'est l'blues de papa maman le feu à l'appartement ceci-cela
Baby sitting blues, baby sitting blues
C'est l'blues de maman papa qui s'en vont pis qu'assument pas
C'est l'blues de papa maman le feu à l'appartement ceci-cela
C'est pas moi qu'ai mis l'feu à l'appartement, c'est ceci-cela
retour à la liste des chansons
Les poings serrés au fond des poches de son blouson,
Angelo flippe à mort, il est encore plombé,
Il accuse le bon Dieu de la fatalité,
Mais, au fond d'sa caboche, y s'fait pas d'illusions :
A force de cartonner, dans tous les azimuts,
Des gonzesses qu'on t le cœur planté en haut des cuisses,
La rouquine du pressing, des minettes ou des putes,
Sûr qu'il a pas fini d's'en choper des choses tristes.
Y rêvait d'une gonzesse qu'aurait été qu'à lui,
Belle comme un tatouage mais quand même intelligente,
Qu'il aurait pu aimer un peu comme un ami,
'l'a une envie d'crever qui lui r'monte du bas-ventre.
Alors ce soir, à la foire,
Avec deux trois lascars,
Il ira au baston,
Comme le prolo va au charbon,
Il ira au baston, au baston,
Fil'ra des coups, prendra des gnons,
C'est p't'être con, mais tout est con !
Les poings serrés au fond des poches de son blouson,
Angelo flippe à mort, il est encore viré,
C'est l'quatrième boulot depuis l'début d'l'année,
T't'façon y s'rait barré, mais où il est marron,
C'est qu'y s'était promis, avant d'décaniller,
De s'faire le coffre fort dans l'bureau du premier,
Et la ;peau du p'tit chef qu'a jamais pu l'saquer
Pass'qu'y rangeait sa mob'devant le box du patron.
Y rêvait d'un travail où faudrait pas pointer
Où tu pourrais aller que quand t'en a envie,
Que tu f'rais par plaisir, pas pour gagner du blé,
Y paraît qu'ça existe dans la philosophie.
Alors ce soir, à la foire,
Avec deux trois lascars,
Il ira au baston,
Comme le prolo va au charbon,
Il ira au baston, au baston,
Fil'ra des coups, prendra des gnons,
C'est p't'être con, mais tout est con !
Les poings serrés au fond des poches de son blouson,
Angelo flippe à mort en découvrant l'chantier
Dans la turne glacée en haut du pavillon
Où ses parents s'engueulent à longueur de journée.
Y trouve plus sous son pieu sa colec'de Play-Boy,
Sa mère a bazardé sa rouleuse et son herbe,
Son connard de p'tit frère est v'nu jouer aux cow-boy
Dans sa piaule, c'est l'boxon et ça lui fout la gerbe !
Y rêvait d'une famille qu'y faudrait pas subir,
Des parents qui s'raient pas des flics ou des curés,
Pour pas d'venir comme eux y voudrait pas vieillir,
Et pour jamais vieillir y sait qu'y doit crever !
Alors ce soir au baloche,
Avec son manche de pioche,
Il ira au baston, au baston,
Comme le prolo va au charbon,
Il ira au baston, au baston,
Fil'ra des coups, prendra des gnons,
C'est p't'être con, mais tout est con.
retour à la liste des chansons
J'ai cent ans et j'suis bien content
J'suis assis sur un banc
Et je regarde les contemporains
C'est dire si j'contemple rien
J'file des coups d'canne aux passants
Des coups d'pompe aux clébards
Qui m'énervent et j'me marre
On peut rien m'dire, j'suis trop vieux
Trop fragile, trop précieux
J'ai cent ans qui dit mieux
J'ai plus d'amour, plus d'plaisir
Plus de haine, plus d'désirs
Plus rien
Mais j'suis comme le platane
Un peu d'pluie, j'suis en vie, ça m'suffit
J'suis bien
J'ai des marmots qui m'courent partout autour
Des gonzesses moins, mais ça mange pas d'pain
J'parle aux oiseaux, comme disait l'autre idiot
Et j'me d'mande où j'ai mis mon chapeau
J'ai cent ans et j'suis bien content
J'ai encore mal aux dents
Mais la souffrance c'est très rassurant
Ca n'arrive qu'aux vivants
J'attends tranquille sur mon banc
Que ce vieux monde explose
Tant il se décompose
Moi ça fait quatre vingt quinze ans
Que j'crois plus à grand chose
Il est temps que j'me repose
J'ai plus d'amour, plus d'plaisir
Plus de haine, plus d'désirs
Plus rien
Mais j'suis comme le platane
Comme ma canne, j'suis solide et ancien
J'suis bien
J'souhaite pas aux p'tits jeunes une bonne guerre
Vu qu'moi j'en ai pas eu, à part Mai 68
Mais j'me rappelle même plus en quelle année c'était
Ni qui c'est qu'avait gagné
J'ai pas cent ans, je faisais semblant
C'étaient qu'des mots, du vent
Mais j'aimerais bien les avoir demain
Même aujourd'hui j'veux bien
Pour jouir enfin du bonheur
D'avoir pu traverser
Sans me faire écraser
Cette pute de vie, ses malheurs
Ses horreurs, ses dangers
Et ses passages cloutés
retour à la liste des chansons
Marche près de moi
Va pas t'éloigner
Attention, Lola
Les rues sont piégés
Tâche, ma colombe
De pas mettre un pied
Sur les ligne sombres
Entre les pavés
Sinon c'est l'enfer
Archi assuré
Sinon c'est galère
Pour l'éternité
C'est pas des histoires
C'est pas du pipeau
Fais gaffe à l'abîme
Près du caniveau
Y'a que les enfants
Qui savent éviter
Ces sacrées rayures
Qui nous font tomber
Tu sais que les grands
Ceux qu'on s'ra jamais
Suivent leurs chaussures
Sans rien regarder
Nous piétineraient même
Tranquilles, pour peu
Tout ça parce qu'on s'aime
Qu'on vit pas comme eux
C'est pas des histoires
C'est pas du pipeau
Fais gaffe aux adultes
A leurs godillots
N'ouvre pas la porte
Y'a sur'ment un loup
Faudrait pas qu'y sorte
Du fond de son trou
Pourrait bien, la bête
Nous bouffer tout cru
En voyant nos têtes
A nous qui avons cru
Si souvent le soir
L'entendre hurler
Au bout du couloir
Ou sous l'escalier
C'est pas des histoires
C'est pas du pipeau
Fais gaffe à ses griffes
Evite ses crocs
Y'a que les enfants
Qui savent aimer
Les loups noirs ou blancs
Qui nous font trembler
Tu sais que les grands
Ceux qu'on s'ra jamais
Méprisent souvent
Les chiens sans collier
Leur préférant même
Les agneaux, pour peu
Qu'ils plient sous les chaînes
Et bêlent comme eux
C'est pas des histoires
C'est pas du pipeau
Fais gaffe à jamais
Suivre les troupeaux
retour à la liste des chansons
Je m'suis chopé 500 lignes :
"Je n'dois pas parler en classe"
Ras l'bol de la discipline !
Y'en a marre c'est digoulasse !
C'est même pas moi qui parlais,
Moi j'répondais à Arthur
Qui m'demandait, en anglais,
Comment s'écrit No Future
Si on est punis pour ça
Alors je dis : 'Halte à tout ! '
Explique-moi, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
C'est quand même un peu galère
D'aller chaque jour au chagrin
Quand t'as tell'ment d'gens sur Terre
Qui vont pointer chez "fous-rien"
'vec les d'voirs à la maison
J'fais ma s'maine de soixante heures,
Non seul'ment pour pas un rond
Mais en plus pour finir chômeur!
Veulent me gaver comme une oie
'vec des matières indigestes,
J'aurais oublié tout ça
Quand j'aurai appris tout l'reste,
Soulève un peu mon cartable,
L'est lourd comme un cheval mort,
Dix kilos d'indispensable
Théorèmes de Pythagore !
Si j'dois avaler tout ça
Alors je dis : 'Halte à tout ! '
Explique-moi, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
L'essentiel à nous apprendre
C'est l'amour des livres qui fait
Qu'tu peux voyager d'ta chambre
Autour de l'humanité,
C'est l'amour de ton prochain,
Même si c'est un beau salaud,
La haine ça n'apporte rien,
Pis elle viendra bien assez tôt
Si on nous apprend pas ça
Alors je dis : 'Halte à tout ! '
Explique-moi, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
Quand j's'rais grande j'veux être heureuse,
Savoir dessiner un peu,
Savoir m'servir d'une perceuse,
Savoir allumer un feu,
Jouer peut-être du violoncelle,
Avoir une belle écriture,
Pour écrire des mots rebelles
A faire tomber tous les murs !
Si l'école permet pas ça
Alors je dis : 'Halte à tout ! '
Explique-moi, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
Tu dis que si les élections
Ca changeait vraiment la vie,
Y'a un bout d'temps, mon colon,
Qu'voter ça s'rait interdit !
Ben si l'école ça rendait
Les hommes libres et égaux,
L'gouvernement décid'rait
Qu'c'est pas bon pour les marmots!
Si tu penses un peu comme moi
Alors dit :"Halte à tout"
Et maint'nant, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
Si tu penses un peu comme moi
Alors dit :"Halte à tout"
Et maint'nant, Papa,
C'est quand qu'on va où ?
retour à la liste des chansons
Il s'appelait Hugues, il était pas moche
Pas trop con non plus, y vivait tout seul
Il avait pas la langue dans sa poche
Sinon c'est sa poche qu'aurait pué d'la gueule
L'avait en effet un problème sévère
Qui depuis tout p'tit lui causait souci
Il avait l'haleine d'un vieux camenbert
Le souffle violent d'un printemps pourri
Comme un gars qu'aurait bouffé du vautour
Roulé des galoches à un troupeau d'hyènes
Y r'foulait du goulot comme si d'puis toujours
L'avait embrassé les idées d'Le Pen
Ca schlinguait un peu comme une morgue en grève
Comme un sac poubelle longtemps oublié
Comme un poisson mort échoué sur la grève
Comme une charogne au fond d'un fossé
Chanson dégueulasse mais chanson profonde
Chanson un peu crasse comme le monde
Il aimait Julie et la Julie donc
L'aimait en retour, elle qui jamais
N'avait pu conquir le coeur de quiconque
Accepta l'amour que le Hugues offrait
La jolie Julie avait elle aussi
Un problème grave, majeur et sérieux
Qui depuis petite lui causait souci
Elle puait des pieds - d'un seul ? non, des deux
Comme quelqu'un qu'aurait marché dans la tête
A Ducon-Pauwels ou à B.H.L.
Comme quelqu'un qu'aurait taillé ses chausettes
Dans un vieux Libé aux pages culturelles
Ca schlinguait le vestiaire du Parc des Princes
Comme un chien mouillé mort depuis huit jours
Comme un barbecue dimanche en province
Comme un maillot jaune à l'arrivée du tour
Chanson dégueulasse mais chanson jolie
Chanson un peu crasse comme la vie
Tous les deux d'affairent le soir de leurs noces
A se nettoyer ratiches et arpions
Lui frotte ses dents 'vec un balai brosse
Les rince au gas-oil, mange du savon
Elle s'est enfermée dans la salle de bains
Se nettoie les pieds au fer à souder
Y verse dessus les plus doux parfums
Shalimar, Opium et Ajax W.C.
Arrivés au lit, malgré leurs efforts
L'odeur est immonde, prenante, torride
Suffocante en diable, débandante à mort
Leur premier amour risque d'être un bide
Il lui dit: Chérie, je dois t'avouer
Mon drame impossible, ma douleur secrète
Elle lui dit: " T'inquiète, je l'ai deviné
Mon amour tu as bouffé mes chaussettes
Chanson dégueulasse mais chanson d'amour
Chanson un peu crasse comme l'amour
(bis)
retour à la liste des chansons
Il est arrivé un matin d'novembre
Comme le messager du temps qui fout l'camp
J'l'ai vu dans la glace au mur de ma chambre
Planté sur mon grand front intelligent
Tout seul au milieu d'une mèche brune
Arborant très fier ses reflets d'argent
Comme un fantôme sortant de la brume
Comme un arbre mort au jardin d'enfants
Putain d'cheveu blanc
Putain d'cheveu blanc
J'ai crié : "Au secours, viens vite mon amour
Viens l'voir ce salaud avant qu'j'l'arrache
Regarde le bien à la lumière du jour
Ca fait une balafre ça fait comme un tâche
Demain à coup sûr débarquent ses p'tits frères
Dans six mois peut-être on m'appelle Crin-Blanc
L'troisième âge arrive ça y'est c'est l'hiver
Moi qui croyait vivre l'éternel printemps "
Putain d'cheveu blanc
Putain d'cheveu blanc
J'ai beau m'répéter pour faire le brave
C'proverbe imbécile qui m'amuse plus
"La neige au grenier, le feu à la cave "
J'ai l'impression qu'un oiseau m'a chié d'ssus
J'ai l'impression qu'la mort étale en riant
Un manteau d'hermine sur ma pauvre tête
Ou que la faucheuse se fait les dents
Avant d'attaquer à la baïonnette
Putain d'cheveu blanc
Putain d'cheveu blanc
On a beau s'croire toujours adolescent
Pass'que nos gonzesses un peu miro
Pass'que les miroirs sont très indulgents
Et nos métastases toujours à zéro
Le jour où t'hérites des ch'veux d'tes parents
T'as du mal à croire qu'à partir d'maint'nant
Les filles vont craquer sur tes tempes argent
Surtout si elles craquaient pas avant
Putain d'cheveu blanc
Putain d'cheveu blanc
Y'a quand même pas d'quoi s'flinguer tu sais bien
Qu'y'a des choses plus graves dans la vie
j'pourrais
Voter socialiste, r'garder TF1
Pis être abonné à VSD
J'pourrais croire en Dieu rouler en scooter
Pis j'pourrais avoir sous mes cheveux blancs
Un cerveau d'sportif t'imagines l'horreur
J'préfèr'rais m'les couper j'parle évidemment
De mes cheveux blancs
Mes putains d'cheveux blanc
Putain d'cheveu blanc
Putain d'cheveu blanc
retour à la liste des chansons
Au rez-d'-chaussée, dans mon HLM
Y'a une espèce de barbouze
Qui surveille les entrées,
Qui tire sur tout c'qui bouge,
Surtout si c'est bronzé,
Passe ses nuits dans les caves
Avec son Beretta,
Traque les mômes qui chouravent
Le pinard aux bourgeois.
Y s'recrée l'Indochine
Dans sa p'tite vie d'peigne cul.
Sa femme sort pas d'la cuisine,
Sinon y cogne dessus.
Il est tellement givré
Que même dans la Légion
Z'ont fini par le j'ter,
C'est vous dire s'il est con!
Putain c'qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!
Au premier, dans mon HLM,
Y'a l'jeune cadre dynamique,
Costard en alpaga,
C'ui qu'a payé vingt briques
Son deux pièces plus loggia.
Il en a chié vingt ans
Pour en arriver là,
Maintenant il est content
Mais y parle de s'casser.
Toute façon, y peut pas,
Y lui reste à payer
Le lave vaisselle, la télé,
Et la sciure pour ses chats,
Parc'que naturellement
C'bon contribuable centriste,
Il aime pas les enfants,
C'est vous dire s'il est triste!
Putain c'qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!
Au deuxième, dans mon HLM,
Y'a une bande d'allumés
Qui vivent à six ou huit
Dans soixante mètres carrés,
Y'a tout l'temps d'la musique.
Des anciens d'soixante-huit,
Y'en a un qu'est chômeur
Y'en a un qu'est instit',
Y'en a une, c'est ma soeur.
Y vivent comme ça, relax
Y'a des mat'lats par terre,
Les voisins sont furax;
Y font un boucan d'enfer,
Y payent jamais leur loyer,
Quand les huissiers déboulent
Y écrivent à Libé,
C'est vous dire s'ils sont cools!
Putain, c'qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!
Au troisième, dans mon HLM;
Y'a l'espèce de connasse,
Celle qui bosse dans la pub',
L'hiver à Avoriaz,
Le mois d'juillet au Club.
Comme toutes les décolorées,
Elle a sa Mini-Cooper,
Elle allume tout l'quartier
Quand elle sort son cocker.
Aux manifs de gonzesses,
Elle est au premier rang,
Mais elle veut pas d'enfants
Parc'que ça fait vieillir,
Ca ramollit les fesses
Et pi ça fout des rides,
Elle l'a lu dans l'Express,
C'est vous dire si elle lit!
Putain c'qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!
Au quatrième, dans mon HLM,
Y'a celui qu'les voisins
Appellent " le communiste ",
Même qu'ça lui plaît pas bien,
Y dit qu'il est trotskiste!
J'ai jamais bien pigé
La différence profonde,
Y pourrait m'expliquer
Mais ça prendrait des plombes.
Depuis sa pétition,
Y'a trois ans pour l'Chili,
Tout l'immeuble le soupçonne
A chaque nouveau graffiti,
N'empêche que " Mort aux cons "
Dans la cage d'escalier,
C'est moi qui l'ai marqué,
C'est vous dire si j'ai raison!
Putain c'qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!
Pi y'a aussi, dans mon HLM,
Un nouveau romantique,
Un ancien combattant,
Un loubard, et un flic
Qui s'balade en survêtement
Y fait chaque jour son jogging
Avec son berger all'mand,
De la cave au parking,
C'est vachement enrichissant.
Quand j'en ai marre d'ces braves gens
J'fais un saut au huitième
Pour construire un moment
'vec ma copine Germaine,
Un monde rempli d'enfants.
Et quand l'jour se lève
On s'quitte en y croyant,
C'est vous dire si on rêve!
Putain c'qu'il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!
retour à la liste des chansons
En cherchant les clés d'l'auto
J'ai fouillé comme un salaud
Dans ton sac
J'ai mis un sacré boxon
J'ai tout chamboulé dans ton
Bric-à-brac
C'est pas des plus élégants
Ca r'ssemble à un mauvais plan
Une arnaque
J'voulais connaitre tes secrets
Au risque de me manger
Quelques claques
J'ai découvert des trésors
Qui m'ont fait t'aimer encore
Un peu plus
J'suis resté émerveillé
D'vant un beau carnet d'tickets
D'autobus
Un mouchoir tout bien plié
Qui t'a jamais vu pleurer
Ou si peu
P't être que j'suis si mauvais mec
Qu'j'ai rendu ton coeur tout sec
Pis tes yeux
J't'ai piqué un Stimorol
Ca a un vieux goût d'pétrole
Mais c'est good
J'aime bien ça les bonbons bleus
Pis ça change du vert pisseux
D'Hollywood
Et j'ai pas touché tes clopes
Tes Rothman j'te les boycote
Sauvagement
Le tabac sur-africain
Ca pollue aussi les mains
J'me comprends
En farfouillant de plus belle
Dans ton délicieux bordel
J'ai trouvé
Accroché avec un trombone
Une p'tite carte, un téléphone
Griffoné
J'ai failli app'ler pour voir
Si j'tombais sur un grand noir
Culturiste
J'ai pas osé
J'ai eu peur de déranger ton coiffeur
Ton dentiste
Bah voyons tu t'emmerdes pas
C'est toi qu'a cette photo là
Je l'adore
C'est la seule que j'ai d'nous trois
Pis d'mon chien qu'était à moi
mais qui est mort
J'pouvais la chercher longtemps
Planquée sous ta paire de gants
Au milieu
D'tes crayons à maquillage
Ta collec'de coquillages
Merveilleux
Ton agenda Filofax
Il a dû t'coûter un max
J'en rigole
Tes copines ont toutes le même
Mais il est joli quand même
Ma parole
V'là ton beau stylo doré
Il s'appelle "revient", je l'connais
Pis pas loin
Une souris blanche égarée
Pour les s'maines d'amour fériés
Tin tin tin
Faire le sac des dames c'est moches
Si tu veux tu m'fais les poches
Pour t'venger
Mais t'y trouv'ras presque rien
L'plus souvent y'a qu'mes deux poings
Bien serrés
Si j'les ouvre y'a tout l'amour
Que j'ai pour toi d'puis toujours
Qui s'envole
Alors j'les garde bien fermés
Comme ça j'garde aussi les clés
D'la bagnole
retour à la liste des chansons
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme, Tatatin
Moi la mer elle m'a pris
Je m'souviens un Mardi
J'ai troqué mes santiags
Et mon cuir un peu zone
Contre une paire de docksides
Et un vieux ciré jaune
J'ai déserté les crasses
Qui m'disaient "Sois prudent"
La mer c'est dégueulasse
Les poissons baisent dedans
Refrain:
Dès que le vent soufflera
Je repartira
Dès que les vents tourneront
Nous nous en allerons
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Au dépourvu tans pis
J'ai eu si mal au coeur
Sur la mer en furie
Qu'j'ai vomi mon quatre heures
Et mon minuit aussi
J'me suis cogné partout
J'ai dormi dans des draps mouillés
Ca m'a coûté ses sous
C'est d'la plaisance, c'est le pied
Refrain
Ho ho ho ho ho hissez haut ho ho ho
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Mais elle prend pas la femme
Qui préfère la campagne
La mienne m'attend au port
Au bout de la jetée
L'horizon est bien mort
Dans ses yeux délavés
Assise sur une bitte
D'amarrage, elle pleure
Son homme qui la quitte
La mer c'est son malheur
Refrain
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prends l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Comme on prend un taxi
Je ferai le tour du monde
Pour voir à chaque étape
Si tous les gars du monde
Veulent bien m'lâcher la grappe
J'irais aux quatre vents
Foutre un peu le boxon
Jamais les océans
N'oublieront mon prénom
Refrain
Ho ho ho ho ho hissez haut ho ho ho
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prends l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Et mon bateau aussi
Il est fier mon navire
Il est est beau mon bateau
C'est un fameux trois mats
Fin comme un oiseau (Hissez haut)
Tabarly, Pageot
Kersauson ou Riguidel
Naviguent pas sur des cageots
Ni sur des poubelles
Refrain
C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prends l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Je m'souviens un Vendredi
Ne pleure plus ma mère
Ton fils est matelot
Ne pleure plus mon père
Je vis au fil de l'eau
Regardez votre enfant
Il est parti marin
Je sais c'est pas marrant
Mais c'était mon destin
Refrain: (ter)
Dès que le vent soufflera
Nous repartira
Dès que les vents tourneront
Je me n'en allerons
retour à la liste des chansons
Ya des Doudous partout c'est fou
Celle de ma chanson
Elle a les yeux vraiment doux
On dirait des cailloux des perles
Aussi noirs que sa peau cachou
Elle travaille dans un magasin
Elle vend des maillots de bain
A des belles et à des boudins
A des moches et à des biens
A des vieilles qu'on la peau qui craint
A des jeunes qu'en prennent bien soin
A des pucelles à des putains
Et toute la journée
Y faut se les fader
Dans son petit magasin
Le soleil n'entre jamais mais c'est très bien
La Doudou
Elle s'en fout
Au mois d'août
Elle met les bouts
La Doudou dit bonjour toujours
Aux dames aux demoiselles
Qui viennent acheter chez elle
Des bikinis pourris très chers
A fleur ou à rayure panthère
Elle est polie avec les mémères
Qui mériteraient des beignes
L'est gentille avec les belle-mères
Elle connais pas la mienne
La Doudou s'est sans dire un mot
Qu'elle supporte les pauvres têtes
Les pouffiasses de la conso
Qui croient comme des bêtes
Que la beauté s'achète
Dans son petit magasin
Mmm l'amour n'entre jamais mais ça n'fait rien
La Doudou
Elle s'en fout
Au mois d'août
Elle met les bouts
La Doudou va larguer bientôt
Son tout petit boulot
De vendeuse de maillots
Dans un pays plus chaud plus beau
Elle va aller brûler sa peau
Dans son île sous les cocotiers
Où elle est la plus belle
Le soleil, l'amour, le reggae
Vont bientôt s'occuper d'elle
De son corps bronzé tout entier
Sans la marque du maillot
La Doudou n'en porte jamais
Elle dit "ce truc idiot
C'est bon pour les cageots"
Dans son petit magasin
La Doudou trouve qu'il est long le mois de Juin
La Doudou
Elle s'en fout
Au mois d'août
Elle met les bouts
La Doudou
Elle s'en fout
Au mois d'août
Elle met les bouts...
retour à la liste des chansons
Elle a mis sur l'mur
Au dessus du berceau
Une photo d'Arthur
Rimbaud
Avec ses cheveux en brosse
Elle trouve qu'il est beau
Dans la chambre du gosse
Bravo
Déjà les p'tits anges
Sur le papier peint
J'trouvais ça étrange
J'dis rien
Elle me font marrer
Ses idées loufoques
Depuis qu'elle est
En cloque
Elle s'réveille la nuit
Veut bouffer des fraises
Elle a des envies
Balaises
Moi, j'suis aux p'tits soins
J'me défonces en huit
Pour qu'elle manque de rien
Ma p'tite
C'est comme si j'pissais
Dans un violoncelle
Comme si j'existais
Plus pour elle
Je m'retrouve planté
Tout seul dans mon froc
Depuis qu'elle est
En cloque
Le soir elle tricote
En buvant d'la verveine
Moi j'démêle ses pelotes
De laine
Elle use les miroirs
A s'regarder dedans
A s'trouver bizarre
Tout le temps
J'lui dit qu'elle est belle
Comme un fruit trop mûr
Elle croit qu'je m'fous d'elle
C'est sûr
Faut bien dire s'qu'y est
Moi aussi j'débloque
Depuis qu'elle est
En cloque
Faut qu'j'retire mes grolles
Quand j'rentre dans la chambre
Du p'tit rossignol
Qu'elle couve
C'est qu'son p'tit bonhomme
Qu'arrive en Décembre
Elle le protège comme
Une louve
Même le chat pépère
Elle en dit du mal
Sous prétexte qu'il perd
Ses poils
Elle veut plus l'voir traîner
Autour du paddock
Depuis qu'elle est
En cloque
Quand j'promène mes mains
D'l'autre côté d'son dos
J'sens comme des coups de poings
Ca bouge
J'lui dis "t'es un jardin"
"Une fleur, un ruisseau"
Alors elle devient
Toute rouge
Parfois c'qu'y m'désole
C'qu'y fait du chagrin
Quand j'regarde son ventre
Puis l'mien
C'est qu'même si j'devenais
pédé comme un phoque
Moi j'serai jamais
En cloque
retour à la liste des chansons
Tu peux pas t'casser, y pleut
Ca va tout mouiller tes ch'veux
J'sais qu'tu s'ras jolie quand même
Mais quand même tu s'ras partie
Moi y m'restera à peine
Que ma peine et mon envie
De te coller quelques beignes
Et quelques baisers aussi
Fais gaffe, dehors c'est pas mieux
Y'a d'la haine dans tous les yeux
Y'a des salauds très dangereux
Et des imbéciles heureux
Je suis mille fois meilleur qu'eux
Pour soigner tes petits bleus
Tu peux pas t'casser, y pleut
Ca va tout mouiller tes ch'veux
Tu peux pas t'casser parc'que
T'as pas l'droit, c'est pas du jeu
On avait dit qu'tous les deux
On resterait près du feu
T'aurais pu attendre un peu
J'allais bientôt être vieux
Tu peux pas t'casser, y pleut
Ca va tout mouiller tes ch'veux
Tu peux pas t'casser, je t'aime
A m'en taillader les veines
Et pi d'abord ça suffit
On s'casse pas à six ans et d'mi
Allez, d'accord, t'as gagné
Je te rallume la télé
Mais tu peux pas t'casser, y pleut
Ca va tout mouiller tes ch'veux
Tu peux pas t'casser, y pleut
Ca va tout mouiller tes yeux
retour à la liste des chansons
Quand elle est monté sur ma mouche
Je l'ai ferrée comme un salaud
Mais je l'ai embrassée sur la bouche
Avant de la remettre à l'eau
Ma jolie farouche
Retourne vite te cacher
Sous un caillou sous une souche
Pour vivre libre vis planquée
Tu viens d'échapper à la mort
Te crois pas pour autant sauver
Chaque fois que reviens l'aurore
C'est la vie le vrai danger...
C'est un jeu cruel
Mais c'est la vie ma jolie condamnée
C'est parc'que tu es belle
Parc'que je t'aime que je suis sans pitié...
C'est un jeu cruel
Mais c'est la vie pour l'éternité
C'est parc'que tu es belle
Parc'que je t'aime qu'un jour je te tuerai...
Quand tu t'es pendue à mon cou
Je t'ai ferrée comme un salaud
Je t'ai embrassée partout
Mais je t'ai gardée tout contre ma peau
Joli coeur et jolie bouche
Tu peux toujours te planquer
Sous un caillou sous une souche
Je t'ai pris ta liberté
C'est un jeu cruel
Mais c'est l'amour ma jolie sucrée
J'ai coupé tes ailes
Lorsque je t'ai prise dans mes filets
C'est un jeu cruel Mais c'est l'amour pour l'éternité
C'est parc'que tu es belle
Parc'que je t'aime que je t'aime enchainée...
retour à la liste des chansons
U JONATHANE UYI JUDANA
UYI SIHLANYANA
U'MNGISANA UHI NZULANA
KODWA U JONATHANE U M'AFRIKA
NGE NZALO
IREBELE, ELEHLAZA ELEMILE
Entre guitare et fusil
Jonathan a bien choisi
Ses chansons sont des pavés
Des brûlots
Qui donnent des ailes aux marmots
Sa musique a fait rouiller
Les barbelés
Et scié bien des barreaux
A Soweto, dans le ghetto
Jonathan pourtant ne porte aucun drapeau
Entre le noir et le blanc
Jonathan n'a pas choisi
Car depuis la nuit des temps
Il sait aussi
Que tous les salauds sont gris
Que l'homme est un loup pour l'homme
Un peu partout
Jonathan sait pourtant
Qu'à Soweto, dans le ghetto
Les loups blancs sont plus sauvages et plus méchants
Jonathan est un peu feuj'et un peu fou
Un peu british, un peu zoulou
Mais Jonathan est africain avant tout
Rebelle, vivant et debout
Entre les loups, les agneaux
Jonathan , je t'ai choisi
Tu m'as raconté Neil Aggett
Et Steve Biko
Assassinés par les fachos
Moi je t'ai parlé d'Eloi Machoro
Des enfoirés qu'ont eu sa peau
Et puis Loïc, et puis nos flics
Jonathan, prête-moi ta guitare que j't'explique
Jonathan, je suis comme toi un peu fou
Un peu kanak, un peu zoulou
Un peu beur, un peu basque, un peu tout
Rebelle, vivant et debout
Entre guitare et fusil
Jonathan a bien choisi
Ses chansons sont des pavés
Des brûlots
Qui donnent des ailes aux marmots
Sa musique a fait rouiller
Les barbelés
Et sciés bien des barreaux
A Soweto, dans le ghetto
Jonathan pourtant ne porte aucun drapeau. (bis)
retour à la liste des chansons
La ballade de Willy Brouillard
C'est la nuit sur la banlieue
Willy ouvre enfin les yeux
Y s'était pieuté à l'aube
Peut-être un peut fracass'
Il se lève, se lave, se fringue
Son blouson et son flingue
Il a mal au ch'veux, tant pis,
Le v'là parti
Ronde de nuit
Dans les ruelles noires
Drôle de vie
Pour Willy Brouillard
Le flicard
Baston au Voltigeur
Pas bon, j'irai t't'à l'heure
J'fais pas l'poids tout seul sans les potes
Pis j'ai pas mes menottes
Direction l'Intermarché
Hier soir ils l'ont pillé
Rien à signaler tout est calme
Y'a rien qui crame
Ronde de nuit
Au milieu des barbares
Drôle de vie
Pour Willy Brouillard
Le flicard
Quand il était p'tit y voulait faire
Gardien de square comme son grand-père
Voulait vivre entouré d'minots
Protéger les p'louses les moineaux
Ben y vit entouré d'béton
Au milieu d'une jungle à la con
Y protège l'Etat, les patrons
Ceux qui r'fourguent la came aux nistons
Pourquoi il a choisi
La loi, pas les bandits ?
Pourquoi son vieux l'a déshérité
Quand il a signé ?
Il a jamais fait d'mal à une mouche
Même à une noire, une louche
Il a choisi entre deux galères
Celle où tu bouffes
Ronde de nuit
Sous les néons blafards
Drôle de vie
pour Willy Brouillard
Le flicard
On va quand même pas pleurer
Y'en a des plus paumés
Où t'as vu qu'j'allais faire une chanson
A la gloire d'un poulet ?
Ca s'rait vraiment l'monde à l'envers
Le fond de la misère
Est-c'qu'on peut mettre de la musique
Sur la vie d'un flic ?
retour à la liste des chansons
J'ai voulu planter un oranger
Là où la chanson n'en verra jamais
Là où les arbres n'ont jamais donné
Que des grenades dégoupillées
Jusqu'à Derry ma bien aimée
Sur mon bateau j'ai navigué
J'ai dit aux hommes qui se battaient
Je viens planter un oranger
Buvons un verre, allons pêcher
Pas une guerre ne pourra durer
Lorsque la bière et l'amitié
Et la musique nous ferons chanter
Tuez vos dieux à tout jamais
Sous aucune croix l'amour ne se plaît
Ce sont les hommes pas les curés
Qui font pousser les orangers
Je voulais planter un oranger
Là où la chanson n'en verra jamais
Il a fleuri et il a donné
Les fruits sucrés de la liberté
retour à la liste des chansons
Un pigeon s'est posé
Sur l'épaule galonnée
Du Maréchal de France
Et il a décoré
La statue dressée
D'une gastrique offense
Maréchaux assassins
Sur vos bustes d'airain
Vos poitrines superbes
Vos médailles ne sont
Que fientes de pigeons
De la merde
Un enfant est venu
Aux pieds de la statue
Du Maréchal de France
Une envie naturelle
L'a fait pisser contre elle
Mais en toute innocence
Maréchaux assassins
Le môme mine de rien
A jolimenent vengé
Les enfants et les mères
Que dans vos sales guerres
Vous avez massacrés
Un clodo s'est couché
Une nuit juste aux pieds
Du Maréchal de France
Ivre mort au matin
Il a vomi son vin
Dans une gerbe immense
Méréchaux assassins
Vous ne méritez rien
De mieux pour vos méfaits
Que cet hommage immonde
Pour tout le sang du monde
Par vos sabres versé
Un couple d'amoureux
S'embrasse sous les yeux
Du Maréchal de France
Muet comme un vieux bonze
Il restera de bronze
Raide comme une lance
Maréchaux assassins
L'amour ne vous dit rien
A part bien sûr celui
De la Patrie hélas
Cette idée dégueulasse
Qu'à mon tour je conchie
retour à la liste des chansons
C'est à peine l'aurore
Et je tombe du plume
Mon amour dort encore
Du sommeil de l'enclume
Je la laisse à ses rêves
Où je n'suis sûrement pas
Marlon Brando l'enlève,
Qu'est c'que je foutrais là ?
Sur un cheval sauvage,
Ils s'en vont ridicules
Dehors y'a un orage,
Y sont mouillés c'est nul !
Moi j'affûte mes gaules
Pour partir à la pêche
Musette sur l'épaule,
Saucisson, bière fraîche
Quand le soleil arrive,
Mon amour se réveille
Le coeur à la dérive,
Les yeux pleins de sommeil
Téléphone à sa mère
Qu'est sa meilleure amie
Paroles éphémères
Et tous petits soucis
J'aimerais bien entendre
Ce qu'elle dit de moi
C'est sûrement très tendre,
Enfin bon, j'entends pas
Moi je plante mon hameçon
Tout en haut d'une branche
Je tire sur le nylon,
Me ruine une phalange
Le jour avance un peu,
Mon amour se maquille
Un oeil et puis les deux,
C'est futile mais ça brille
Qui veut-elle séduire,
Je suis même pas là
Je me tue à lui dire
Qu'elle est mieux sans tout ça
Que ses yeux sont plus clairs
Quand ils sont dans ma poche
Que vouloir trop plaire
C'est le plaisir des moches
Moi je sors une truite
D'au moins cent vingts kilos
J'l'ai pitié trop petite,
Je la rejette à l'eau
Il est midi passé,
J e reviens les mains vides
Trop de vent, pas assez,
L'eau était trop humide
Alors je rentre chez moi
Triste comme un menhir
Et personne n'est là
Pour m'entendre mentir
Mon amour est partie,
Est partie pour toujours
J'ai perdu mon amour
Et j'ai perdu ma vie
J'emmènerai dimanche
Si je peux ma gamine
S'emmêler dans les branches
A la pêche à la ligne
J'emmènerai dimanche
Si je veux ma gamine
S'emmêler dans les branches
A la pêche à la ligne
retour à la liste des chansons
Enervé par la colère
Un beau soir, après la guerre
J'ai balancé ma télé par la f'nêtre
Comme j'suis un garçon primaire
Je m'suis dit: " un militaire
Avec un peu d'bol
S'la mange en pleine tête "
Libérés, enfin, mes yeux
On r'gardé l'scaphandrier d'l'aquarium
Qui cherche un trésor planqué
Sous les cailloux bariollés
Pauvr'bonhomme
Enervé par France Intox
Les FM, et les juke-box
J'ai balancé ma radio par la f'nêtre
En priant pour qu'elle tombe pas
Sur la tronche du môme, en bas
Petit joueur d'accordéon à casquette
Libérées, mes deux oreilles
Ont écouté l'poisson rouge d'l'aquarium
Qu'était content d'être tout seul
Qui f'sait juste un peu la gueule
Ou tout comme
Enervé par un Bon Dieu
Que j'trouvais bien trop dangereux
J'ai balancé ma vieille Bible par la f'nêtre
Comme j'suis un garçon normal
Je m'suis dit: " un cardinal
Avec un peu d'bol
S'la mange en pleine tête "
Libéré, enfin, mon âme
Est allée s'nicher au fond d'l'aquarium
Dans une eau limpide et claire
Loin des centrales nucléaires
Loin des hommes
Enervé par ces gauchos
Dev'nus des patrons bien gros
J'ai balancé mon journal par la f'nêtre
Comme j'suis un garçon réglo
J'ai visé le caniveau
Sur d'y r'trouvé l'rédacteur en chef
Libérée, enfin, ma tête
A rejoint l'scaphandrier d'l'aquarium
Qui cherche un trésor planqué
Sous les cailloux barriolés
Pauvre bonhomme
J'suis un peu l'scaphandrier
D'l'aquarium, sur la ch'minée
J'suis un peu l'poisson rouge
Et c'est chouette
Je cherche un trésor planqué
L'amour et la liberté
Sous les cailloux barriolés
D'la planète
Libérez, enfin, ma terre
Des curés, des journaleux, des militaires
De tous les preneurs de tête
Qui provoquent, sous ma f'nêtre
Ma colère
retour à la liste des chansons
Elle s'emmerdait Place Saint-Michel, avec des cons,
elle descendait place de l'Horloge, en Avignon,
s'emmerder avec des vieux chnoques,
de vingt-cinq berges
qui r'viennent des Indes ou du Maroc
et qui s'gobergent,
assis sur des sacs de couchage
plutôt cradoques.
Sous leurs pavés, c'est p't'être la plage,
mais elle est moche !
Elle était un p'tit peu campeuse,
un p'tit peu auto-stoppeuse,
j'l'aurais préférée vicieuse, voire allumeuse !
J'l'ai prise en stop à la porte de Vanves, un soir de juin,
l'est montée dans ma Ford Mustang, avec son chien,
un dobermann complètement barge
qu'avait très faim,
qu'a mis des poils et pi d'la bave
plein mes coussins.
Elle a r'tiré ses charentaises,
bonjour l'odeur,
pour roupiller super à l'aise
pendant trois heures !
Elle était un p'tit peu campeuse,
un p'tit peu auto-stoppeuse,
j'l'aurais préférée vicieuse, voire allumeuse !
En s'reveillant l'avait la frite, elle m'a parlé
d'un pote à elle qu'est journaliste à V.S.D,
qu'écrit parfois dans Rock and Folk,
sous un faux nom,
pi qui s'rait pédé comme un phoque,
mais loin d'être con.
J'lui ai dit : boucle-là, tu m'emmerdes
avec tes salades,
pi tu m'enfumes avec ton herbes
ça m'rend malade !
Elle était un p'tit peu campeuse,
un p'tit peu auto-stoppeuse,
j'l'aurais préférée vicieuse, voire allumeuse !
On s'est arrêté pour bouffer après Moulins,
et Jacques Borel nous a chanté son p'tit refrain :
le plat pourri qui est le sien,
j'y ai pas touché,
tiens, c'est pas dur, même le clébard
a tout gerbé !
Ma stoppeuse s'est rempli l'tiroir
sans rien moufter,
elle était raide, comme par hasard,
j'ai tout casqué !
Elle était un p'tit peu campeuse,
un p'tit peu auto-stoppeuse,
j'l'aurais préférée vicieuse, voire allumeuse !
Quand j'lui ai proposé la botte, sans trop y croire,
elle m'a dit : cause toujours, mon pote, t'est qu'un ringard !
Alors, pour détendre l'atmosphère,
très glauque, très punk,
j'mets une cassette se Starshouter
dans mon Blaupunkt.
Ell'm'dit : j'préfère le rock'n-roll,
c'est plus l'éclate.
Je l'ai gerbé de ma bagnole
à grands coups d'lattes.
Elle était un p'tit peu campeuse,
un p'tit peu auto-stoppeuse,
j'l'aurais préférée vicieuse, voire allumeuse !
Elle s'est r'trouvé sur l'macadam 'vec ses gamelles,
son sac à dos, son dobermann, bien fait pour elle,
terminé pour moi les campeuses,
j'ai eu ma dose,
me parlez plus d'auto-stoppeuse
ça m'rend morose !
J'veux plus personne dans ma bagnole,
j'suis mieux tout seul,
j'conduit d'une main, d'l'autre j'picole
j'me fends la gueule !
Elle était un p'tit peu campeuse,
un p'tit peu auto-stoppeuse,
j'l'aurais préférée vicieuse, voire allumeuse !
retour à la liste des chansons
Ca f'sait pourtant un an ou deux
Que j'crouyais plus du tout en lui
Pas plus que j'croyais au Bon Dieu
Ou à la s'maine des trente-cinq heures
N'empêche que par acquis d'conscience
J'ai mis mes santiag'd'vant la ch'minée
Vu qu'on était l'24 décembre
P't'être que l'Père Noël se pointerait
Il est bien v'nu mais manque de bol
Avec l'antenne de la télé
Y s'est emmêlé les guiboles
Et s'est vautré dans la ch'minée
S'est rétamé la gueule par terre
Sur ma belle moquette en parpaing
Y'avait d'la suie et des molaires
Le Père Noël est un crétin !
Petit Papa Noël
Toi qu'est descendu du ciel
Retourne-s-y vite fait bien fait
Avant que j'te colle une droite
Avant que j't'allonge une patate
Qu'j'te fasse une tête au carré !
J'lui avais d'mandé comme cadeau
Une panoplie d'agent d'police
Une super boite de Meccano
Une carte du parti socialiste
M'a carrément amené peau d'balle
L'avait pas dû recevoir ma lettre
J'avais p't'être pas mis l'code postal
Qui correspond à sa planète
N'empêche qui y s'est pas gêné
M'avait déjà ruiné la moquette
Dans l'canapé s'est écroulé
Pour s'piquer la ruche à l'anisette
Y m'a descendu la bouteille
A lui tout seul le saligaud
'vec le pinard l'a fait pareil
Le père Noël est un poivrot !
Petit Papa Noël
Toi qu'est descendu du ciel
Retourne-s-y vite fait bien fait
Avant que j'te colle une droite
Avant que j't'allonge une patate
Qu'j'te fasse une tête au carré !
L'était bourré comme un polack
Il a fait un boucan d'enfer
Il a fouillé toute la baraque
En chantant des chansons vulgaires
L'a ravagé mes plantations
Toute ma récolte d'herbes de Provence
Veuillez me passer l'expression
L'a gerbé d'ssus qu'elle élégance
S'est barré vers cinq plombes du mat'
Avec mes bottes et mon blouson
M'a chouravé aussi ma gratte
Y m'a juste laissé le bocson
Heureusement qu'ma femme était pas là
Parc'que y s's'rait barré avec
J'veux plus jamais le voir chez moi
Le Père Noël c'est un pauv'mec
Petit Papa Noël
Toi qu'est descendu du ciel
Retourne-s-y vite fait bien fait
Avant que j'te colle une droite
Avant que j't'allonge une patate
Qu'j'te fasse une tête au carré !
retour à la liste des chansons
Va donc pas pleurer
Y s'baladait peinard
Il avait pas d'collier
Il était libre d'aller
Et d'rev'nir pour bouffer
Il était même pas prisonnier
De ton amour insensé
T'aurais quand même pas
Voulu qu'y vive comme un con
Sur le canapé
Loin des gouttières des pigeons
C'était un aventurier
T'aurais pas voulu qu'on l'attache
Y t'aurais miaulé: " Mort aux vaches! "
Le petit chat est mort
Il est tombé du toît
C'est comme ça
Il a glissé sur j'sais pas quoi
Et Patatras
On l'enterr'ra demain j'te jure
Dans un joli carton à chaussures
Le petit chat est mort
Et toi et moi on va couci-couça
A cause de quoi ? A cause que c'est
Chaque fois comme ça
Pourquoi c'est toujours les p'tits chats
Et jamais les hommes qui tombent des toits?
C'était un vrai sac à puces
Encore plus libre qu'un chien
Pas l'genre pour un su-sucre
A te lécher la main
Mais la liberté tu vois
C'est pas sans danger c'est pour ça
Qu'elle court pas les rues ni les toîts
C'était un vrai Titi
La terreur des p'tis oiseaux
La nuit y s'faisait gris
Pour les croquer tout chauds
C'est un peu salaud
Mais t'as jamais mangé d'moineau
C'est pas plus dégueu qu'un MacDo
Le petit chat est mort
Il est tombé du toit
C'est comme ça
Il a glissé sur j'sais pas quoi
Et Patatras
On ira d'main dans un jardin
L'enterrer au pied d'un arbre en bois
Le petit chat est mort
Et toi et moi on va
Couci-couça
A cause de quoi ? A cause qu'on s'demande bien pourquoi
T'as jamais un pape sur les toîts
Etre trop près du ciel p't'être qu'y z'aiment pas
retour à la liste des chansons
Pas d'probléme la banlieue peut s'endormir tranquille
Y s'passera pas grand chose dans ses ruelles noires
Ce soir le fils maudit des grandes cités dortoirs
Est parti pour Paris dans sa Simca 1000
Y va y'avoir du sang sur les murs de la ville
Alors cessez de rire charmante Elvire
Y'a un espèce de chien un vieux loup solitaire
Qui s'dirige vers Paris son nom : Gérard Lambert
Lambert c'est un héros alors y peut pas mourir
Avec lui c'est l'retour de la grande aventure
Celle qui fait hurler celle qui fait frémir
Dans la nuit dans le vent et dans la froidure
Il est tranquille peinard au volant d'sa bagnole
Y s'écoute Capdevielle sur son autoradio
Musicalement il adore surtout les paroles
Quoique des fois y trouve qu'c'est pas assez intello
A travers l'essuie-glace y'en a qu'un qui fonctionne
Y'voit la pluie qui tombe sur le périphérique
L'a raté la sortie le v'là dans l'bois d'Boulogne
L'est complètement paumé dans ce lieu maléfique
Commence à paniquer et surtout y s'énerve
Il avait un rencart à Paris avec une meuf'
S'il arriv à la bourre il a perdu l'affaire
Y manquerait plus qu'y s'fasse arrêter par les keuf's
Ca fait maintenant une plombe qu'il se perd dans la nuit
Voilà l'brouillard qui tombe c'est normal c'est l'hiver
Pour l'ambiance d'la chanson faut des intempéries
Faut un climat sordide comme dans les films de guerre
Dans la lueur de ses phares tout à coup soudainement
Voit passer une silhouette sur le bord de la route
Enfin un être humain se dit-il en lui même
Je vais d'mander mon ch'min à cette âme en déroute
L'arrête sa Simca 1000 auprès d'un arbre en bois
Et à pieds dans la nuit sous la pluie qui ne cesse
S'enfonce dans la forêt poursuivant la gonzesse
Car c'en est une c'est sûr son instinct n'le trompe pas
Elle est jeune elle est belle toute vétue de rouge
Les cheveux ruisselants sur son visage d'ange
Bon sang ce dit Lambert le p'tit chaperon rouge
J'suis un loup solitaire qu'est que j'fais j'me la mange
Il imagine déjà dans l'panier d'la donzelle
Le petit pot de beurre pour grand mère et la galette
Manque de bol elle avait dans son panier d'dentelles
Deux pauv'petites madeleines et une demi-baguette
OK tu viens chéri pour toi ça s'ra dix sacs
A ces mots le Lambert flaira un peu l'arnaque
Il éclata la tête de cette créature
Et s'en fut dans la nuit vers d'autres aventure
retour à la liste des chansons
La boule à zéro
Et la morve au nez
On n'était pas beau
Mais on s'en foutait
Le mercurochrome
Sur nos genoux pointus
C'était nos diplômes
D'l'école de la rue
Le seul vrai enfer
Qu'on avait sur terre
Il était dans l'ciel
De nos pauvres marelles
On avait dix ans
Pis on ignorait
Qu'un jour on s'rait grands
Pis qu'on mourirait
L'eau des caniveaux
Nous f'sait des rivières
Où tous nos bateaux
Naviguaient pépère
Aujourd'hui les moineaux
Evitez d'tomber
Le nez dans l'ruisseau
La gueule sur l'pavé
A moins d'pas trop craindre
Les capotes usées
Et les vieilles seringues
Et les rats crevés
L'été sur les plages
C'tait l'débarquement
J'tais les GI's
T'étais les Allemands
Pistolet à flèches
Carabine en bois
Et ma canne à pêche
C'tait un bazooka
Dans les vieux blockhaus
On f'sait notre Q.G.
C'était bien craignoss'
Qu'est-c'que ça chlinguait
Les filles v'naient jamais
Parc'qu'elles craignaient qu'on
Veuille les tripoter
Elles avaient raison
Quand tu ramassais
Un gros coquillage
Eh ben t'entendais
La mer, l'vent du large
Aujourd'hui t'as qu'une
Symphonie d'4x4
Qui vont dans les dunes
Comme a Ouarzazate
Le son des tocards
Réchappés hélas
Du Paris-Dakar
Du rallye d'l'Atlas
On était inscrits
Pour tout l'moi d'juillet
A des cours de gym
Et au club Mickey
En c'temps là Disney
Faisait pas les poches
Ni les porte-monnaie
A des millions d'mioches
C'était l'Figaro
Qui organisaient
l'concours de châteaux
De sable que j'gagnais
Aujourd'hui c'journal
Est l'ami des enfants
Au Front National
Et au Vatican
Quand t'allais t'baquer
Tu t'buvais peinard
Un tasse d'eau salée
Pas une marée noire
Creusant l'sable blond
Tu ram'nais des coques
Pas des champignons
Ni des gonocoques
Dans les bouteilles vides
Y'avait de messages
Pas des pesticides
D'un dernier naufrage
L'jour où j'mourirais
Puisque c'est écrit
Qu'après l'enfance c'est
Quasiment fini
Devant l'autr'charlot
J'espère arriver
La boule à zéro
Et la morve au nez
Du mercurochrome
Sur mes genoux pointus
Qu'y connaisse l'arôme
Du sirop d'la rue
Lui qu'a eu tant d'mômes
Et qui les a perdus
retour à la liste des chansons
Et dire que chaque fois que nous votions pour eux
Nous faisions taire en nous ce cri : " Ni dieu ni maitre ! "
Dont ils rient à présent puisqu'ils se sont fait dieux
Et qu'une fois de plus nous nous sommes fait mettre
retour à la liste des chansons
Les aventures de Gérard Lambert
Quatorze Avril 77
Dans la banlieue où qui fait nuit
La petite route est déserte
Gérard Lambert rentre chez lui
Dans le lointain les mobylettes poussent des cris...
Ca y'est j'ai planté le décor
Créé l'climat de ma chanson
Ca sent la peur ça pue la mort
j'aime bien c't'ambiance pas vous? ah bon...
Voici l'histoire proprement dite
voici l'intrigue de ma chanson
Gérard Lambert roule très vite
Le vent s'engouffre dans son blouson
Dans le lointain les bourgeois dorment comme des cons
Lorsque soudain survient le drame
Juste à la sortie d'un virage
Y'a plus d'essence dans la bécane
Gérard Lambert est fou de rage!
T'aurais pas dû Gérard Lambert
Aller ce soir là à Rungis
T'aurais dû rester chez ta mère
Comme un bon fils
Il met sa mob sur la béquille
s'assied par terre et réfléchit:
Dans cette banlieue de bidonvilles
Y'a pas un pompe ouverte la nuit!
Dans le lointain y'a une sirène qui s'évanouit...
Qu'est ce que j'vais faire bordel de dieu?
J'vais quand même pas rentrer à pied!
Plus y s'angoisse moins ça va mieux
Quand soudain lui surgit une idée:
J'vais siphonner un litre ou deux
Dans l'réservoir de cette bagnole
Et pis après j'y crève les pneus
Comme ça gratuitement par plaisir
Faut bien que j'me défoule un peu
J'suis énervé...
Une fois son forfait accompli
Gérard Lambert va repartir
La mobylette veut rien savoir
C'est le bon Dieu qui l'a puni!
T'aurai pas dû Gérard Lambert
Aller ce soir là à Rungis
T'aurais dû rester chez ta mère
Comme un bon fils
Alors pendant une demi heure
Dans son moteur il tripatouille
Il est crevé il est en sueur
Il a du cambouis jusqu'aux coudes
Dans le lointain le jour se lève
Comme d'habitude
A c'moment là un mec arrive
Un p'tit loubard aux cheveux blonds
Et qui lui dit comme dans les livres:
" S'te plaît dessine moi un mouton
Une femme à poil ou un calibre
Un cran d'arrêt une mobylette
Tout c'que tu veux mon pote t'es libre
Mais dessine moi quequ'chose de chouette!
Dans le lointain y's'passe plus rien
Du moins il me semble...
Alors d'un coups d'clé à molette
Bien placé entre les deux yeux
Gérard Lambert éclate la tête
Du Petit Prince de mes deux!
Faut pas gonfler Gérard Lambert
Quand y répare sa mobylette
C'est la morale de ma chanson
Moi j'la trouve chouette
Pas vous ? ah bon...
retour à la liste des chansons
Boules de gommes et p'tits mystères
Je m'demande si y'a d'quoi faire
Une chanson
Du parfum d'Amsterdamère
Qui sortait d'la pipe en terre
Du tonton
De mes bobos sur les coudes
Du bruit d'la machine à coudre
Dans l'salon
Et du gros chagrin surtout
De ma p'tite frangine qui boude
Pour de bon
Mais la nostalgie tu sais
Autour de quarante balais
Quand ça t 'chope
Ca t'donne envie d'te r'tourner
Sur toutes ces journées ratées
Sans tes potes
Ca donne envie d'retrouver
Et tes billes et tes cahiers
Et ta gomme
Et d'pardonner à ta mère
D'avoir jamais bien su faire
La tarte au pommes
Les dimanches à la con
De quand j'avais disons
Dix ans
Me reviennent souvent
Pas toujours mais mettons
Tout l'temps
Avec les frangins on s'cultait
On s'balançait des coups d'pieds
Sous la table
Pour avoir l'blanc du poulet
Que la mère nous découpait
Equitable
Pis on f'sait dans nos assiettes
Avec la purée toute bête
Au milieu
Des p'tits volcans super chouettes
Qui mettaient dans nos p'tites têtes
Du ciel bleu
Boules de gomme et p'tits mystères
Je m'demande si y'a d'quoi faire
Trois couplets
De ces journées sans lumière
Des gâteaux d'anniversaires
Partagés
De ces bouteilles de Clairette
Qu'on détestait en cachette
Et pis d'l'angoisse
De ces heures devant la f'nêtre
A r'gardé une bicyclette
Juste en face
Les dimanches à la con
De quand j'avais disons
Dix ans
Me reviennent souvent
Pas toujours mais mettons
Tout l'temps
Les dimanches à la con
De mes automnes monotones
D'enfant
Faisaient d'moi un santon
Sur le tapi du salon
Y'a cent ans
Dans cet ennui accepté
Des après-midis passés
En silence
Quand les lumières s'allumaient
C'est toute la nuit qui tombait
Sur l'enfance
Ca sentait déjà l'école
Le cartable le tube de colle
Du lendemain
On priait pour que coups d'bol
On s'réveille avec une rougeole
Au matin
Les dimanches à la con
De quand j'avais disons
Dix ans
Me reviennent souvent
Pas toujours mais mettons
Tout l'temps
Les dimanches à la con
De mes automnes monotones
D'enfant
Faisaient d'moi un santon
Sur le tapi du salon
Y'a cent ans
retour à la liste des chansons
On prend des manières à quinze ans
pi on grandi sans qu'on les perde.
Ainsi moi, j'aime bien roupiller,
j'peux pas travailler,
ça m'emmerde
J'en foutrais jamais une secousse
même pas dans la rousse
ni dans rien.
Pendant que l'soir j'fais ma frappe,
ma sœur fait d'la r'tape,
et c'est bien.
Elle a pu d'daron, pu d'daronne
ella a pu personne
elle a que moi
Au lieu sout'nir ses père et mère,
elle soutient son frère.
Eh ben quoi ?
Son julot c'est mon camarade
il veut bien que j'fade avec eux.
Aussi, j'aime mon bauf Erness'
il est à la r'dresse,
pour nous deux.
Euh, j'moccupe jamais du ménage
j'suis libre et j'nage
au dehors
et j'vais sous les sapins au but,
là j'allonge mes flutes,
et j'm'endors.
On prend des manières à quinze ans
pi on grandi sans qu'on les perde.
Ainsi moi, j'aime bien roupiller,
j'peux pas travailler,
ça m'emmerde.
retour à la liste des chansons
Où vas tu garçon ou fille
Lolito-Lolita
Où vas tu garçon ou fille
Dans ce monde là
Dans cette grande pyramide
Où les plus nombreux n'ont pas
D'autre choix que cette vie de
Misère et d'effroi
Les damnés sont tout en bas
Lolito-Lolita
Les damnés sont tout en bas
Deux humains sur trois
Sans abri sans pain sans joie
La pyramide les broie
Depuis dix mille ans je crois
Lolita
Puis vient le prolétariat
Lolito-Lolita
Des millions des petits bras
Une armée de forçats
Trahi par les syndicats
Méprisé par les bourgeois
Et qui marche toujours au pas
Lolita
Plus haut viennent les soldats
Lolito-Lolita
Plus haut viennent les soldats
Ils tireront sur toi
Pour protéger l'Etat
La propriété, la loi
Ils piétinneront tes droits
Lolita
Moins nombreux malgré leur poids
Lolito-Lolita
Viennent curés et prélats
Ils prieront pour toi
Ils te diront: " Ferme-là,
Travaille, consomme et tais toi,
Et le ciel t'appartiendras "
Lolita
Tout en haut il y a les rois
Lolito-Lolita
Tout en haut il y a les rois
Qui règnent sur toi
Ils ont décidé des lois
Qui font que tu resteras
Toujours tout en bas
Leur putains c'est les médias
Renverse la pyramide
Lolito-Lolita
Renverse la pyramide
Mets la tête en bas
Mais tu n'seras pas plus libre
Quand le peuple régneras
Y'aura toujours des Bastilles
A faire tomber, Lolita
Les hommes entre eux sont bien pires
Que des rats !!!
Chì l omi in trà di elli
Sò perghju chè i top
retour à la liste des chansons
Tu sais qu't'as un peu la gueule à James Dean
Celle qu'il aurait eu s'il avait pas été beau
T'es bâti comme une armoire de cuisine
Le coeur dans l'tiroir, tout près du couteau
Lorsque j'vois s'pointer dans mon horizon
Ta carcasse immense de grand chien paumé
J'dis tiens v'la Loulou, la fleur du baston
V'la la bête humaine, v'la l'autre allumé
Je dis "Salut Georges", t'aime pas tellement ça
Tu veux qu'on appelle de ton surnom d'voyou
Celui qu't'as été quand t'étais moins gras
Un p'tit plus jeune, et moins con surtout
Refrain :
T'as pris des coups quand t'étais p'tit
T'en as donné aussi beaucoup
Maintenant tu prends surtout du bide
Tu prends des rides, Loulou
Avec ton nez cassé, tu frimes tous les mecs
Tu dis qu't'as été boxeur, ça en jette
Moi j'sais qu'ça t'vient d'un accident d'poussette
Je l'tiens d'ta p'tite soeur que j'suis pote avec
M'a tout raconté, ta frangine Ginette
Ta vie, ta jeunesse, les conneries qu't'as fait
J'connais ton casier, il est pas vraiment net
Mais c'est quand même pas c'ui d'un député
T'étais une p'tite frappe, t'as roulé ta bosse
Arrête-toi Loulou, c'était y'a dix piges
Entre temps t'as ta femme et deux gosses
Allez bois une bière, et file-moi une tige
Aujourd'hui t'as plus ta gueule et elle est grande
Elle est plus aussi belle, mais ça tu t'en fous
Y'a encore des mômes qui t'croient chef de bande
Encore des gonzesses qu'aiment bien tes yeux d'fou
Tu les baratines avec tellement de bagou
Qu'j'te soupçonne de croire toi-même a tes conneries
Tu dis qu't'as tout fait, qu't'as été partout
Eh j't'ai même pas vu, et j'y étais aussi
Mais dis-moi Loulou, t'as encore grossi
Ah non, c'est du muscle, excuse-moi, j'oubliais
Qu'tu fais du body building avec ton pote Rocky
Pour garder la forme entre deux muflées
T'es l'roi d'la combine et des plans bidons
Allez raconte-moi ta prochaine embrouille
Est-ce-que t'as trouvé encore un pigeon
Un nouvelle galère pour t'remplir les fouilles
Tu cherches un bâton, rien que ça, t'as l'moral
Pour racheter un lot d'blue jeans délavés
Que t'espère fourguer au plus à cent balles
Sois sympa Loulou, met-m'en un d'côté
Bon j'vois qu'tu commences à être allumé
Si tu veux j'arrête de m'foutre de ta gueule
Tu sais j'suis pas mieux qu'toi avec mes trente balais
Toi et moi ensemble, on est quand même seuls
T'as pris des coups quand t'étais p'tit
Moi j'en ai pas donné beaucoup
Maintenant tu prends surtout du bide
J'en prend aussi, Loulou
retour à la liste des chansons
Ma chanson leur a pas plu (suite)
Mon disque était terminé
Y m'restait trois quatre chansons
Qu'j'voulais pas mettre au panier
Qu'étaient vraiment trop canon
'lors je m'suis dit : " Rebelote "
Une fois d'plus j'vais essayer
De les r'fourguer à des potes
Des fois qu'eux y s'raient plantés
'lors j'ai filé en banlieue
Voir un groupe de rap d'enfer
C'était c'qui s'faisait de mieux
Ca plaisait même à ma mère
Pi au niveau des paroles
Ca plaisait même à mon chien !
J'dis au chanteur : Hé Brother !
J'ai une chanson en béton !
Ell's'appelle " On est tous frères
Sauf Hamid qu'est un sale con ! "
C'est un mec y s'sent exclu
D'cette société inhumaine
'lors un jour il en peut plus
Et il crie toute sa haine
En graffitant sur les murs
Son prénom un peu partout
Mais comme y's'appelle Maurice
Ca fait pas joli du tout !
Qu'est ce t'en pense de ma chanson ?
Tu la veux pas, ah bon ?
C'est pas grave j'vais aller voir
Un chanteur de rock, un noir !
'lors j'ai filé au Québec
Pour rencontrer Roch Voisine
J'l'ai trouvé tell'ment beau mec
Que j'ai pris trois aspirines
Ma maman avait raison
J'aurais dû me faire bûcheron !
J'ui ai dit 'vec un grand sourire :
Ecoute un peu ça, calice !
Ma chanson elle est pas pire
Elle s'appelle " je l'aime en crisse "
C'est l'histoire un peu niaiseuse
D'un maudit bum de Montréal
Y rencontre une shampouineuse
Un soir sur le Mont Royal
Quand elle voit sa Camaro
Elle tombe vraiment en amour
Quand y voit ses gosses, le salaud
Il l'abandonne dans la neige !
Qu'est ce t'en pense de ma chanson ?
Tu la veux pas, ah bon ?
C'est pas grave j'vais aller voir
Un chanteur de blues, un noir !
'lors j'ai filé un rencard
A Goldman dans un milk-bar
En train d'convaincre en esquimeau
Qu'y faut aimer son bâton
Qu'la vie n'est qu'un long glaçon
Ma chanson est bonne bonne
Elle chante la différence
Entre la poire et la pomme
Entre le bol et la chance
C'est tout ce qui nous divise
Nous rapproche et nous éloigne
De tout ce que les gens disent
Et de tout ce que j'empoigne
Sur les miettes du balcon
Où je vois trimer la bonne
Quand sont passés les pigeons
Qui souillent mes géraniums
Qu'est ce t'en pense de ma chanson ?
Tu la veux pas, ah bon ?
C'est pas grave j'vais aller voir
Un chanteur de jazz, un noir !
Manque de bol y m'restait plus
Qu'une chanson vraiment craignos
Je tombe sur un trou du cul
Qui rev'nait de Roland-Garros
Une espèce de tête pleine d'eau
Robinet derrière la nuque !
J'ui ai dit : Excuse-moi mecton
Tu voudrais pas faire chanteur ?
T'es largement assez con
Et t'es beau comme un docteur
J'ai une chanson qui s'appelle
" Ell'f'sait du vélo sans selle "
On l'enregistre dès ce soir
Et demain t'es un rock star
On a fait effectiv'ment
Numéro Un tout l'été
Et c'était tell'ment navrant
Que Libé a adoré !
Alors pour les remercier
Je m'suis abonné, pas con
J'ai toujours besoin d'papier
Pour emballer mes poissons !
retour à la liste des chansons
J'avais écrit une chanson
Un vrai tube, un truc en or
Avec des paroles en béton
Un musique le genre Milord
C'était pas vraiment mon style
Je m'suis dit j'vais la placer
ça devrait pas être difficile
Y'a d'la demande dans ce métier yé-yé
J'ai rencontré Capdevielle
Au bar de l'apocalypse
J'lui ai dit écoute ma vieille
ça s'appelle le Cataclysme
ça raconte l'histoire d'un ange
Qu'est marchand de certitudes
Et qui poignarde dans l'ciel étrange
Le fantôme des solitudes
Il est pote avec Mary
La bestiaire du crépuscule
Où tous les gardiens d'la nuit
Viennent jouer les funambules
Voilà ma chanson mon pote
Si t'en veux pas, pas d'malaise
Je la remet dans ma culotte
Mais tu sais pas c'que tu perds
Ma chanson lui a pas plu
N'en parlons plus
J'ai écrit une autre chanson
Un truc encore plus super
Avec des paroles en béton
Avec une musique d'enfer
Mais elle correspondait pas trop
A mon image, mon créneau
Un peu comme si Dalida
Chantait Bebop a Lula lalala
J'ai rencontré Lavilliers
Un soir à Geoffroy Guichard
Dans l'enfer vert immaculé
J'lui ai raconté mon histoire
La chanson s'passe à New York
Y'a Jimmy qui s'fait flinguer
Par un black au coin d'un bloc
Par un flic très singulier
Il était pas vraiment mort
Il était blessé seulement
Jimmy, il est vachement fort
Il est dealer et on l'dit lent
Voilà ma chanson mon pote
Si t'en veux pas, pas d'problème
Je la remet dans ma culotte
Allez va dis-moi qu'tu l'aimes
Ma chanson lui a pas plu
N'en parlons plus
J'suis retourné à ma guitare
Et à mon dictionnaire de rimes
J'ai travaillé très très tard
J'ai fait une chanson sublime
J'l'ai chanté à deux trois potes
Y m'ont dit "C'est pas pour toi"
Sur que ta chanson nous botte
Mais un conseil : oublie-la lalala
'Lors j'ai rencontré Cabrel
Assis au bord de l'autoroute
J'lui ai dit ma chanson s'appelle
Sur le chemin de la route
Et c'est l'histoire d'une nonne
Amoureuse d'un caillou
Dans sa vie y'a plus personne
Que les marchands et les fous
Elle veut retrouver sa terre
Et ses chèvres et ses brebis
Fuir le doute et la poussière
Et revoir sa Normandie
Voilà ma chanson mon pote
Si t'en veut pas, pas d'lézards
Je la remet dans ma culotte
Ou au pire dans ma guitare
Ma chanson lui a pas plu
N'en parlons plus
Alors je m'suis dit "Basta !"
J'fais plus qu'des chanson pour moi
J'm'en suis écrit une aussi sec
Qui raconte l'histoire d'un mec
Amoureux de sa mobylette
Mais leur amour est impossible
Elle aime une clé à molette
Qui est d'une jalousie terrible, horrible
A la fin le mec y meurt
En mangeant une canette de bière
La mobylette se suicide
En s'faisant couler une bielle
La clé à molette finit en taule
Elle qui s'croyait en acier
Et c'est sur cette fin pas drôle
Que s'termine ma chanson pas gaie
Pis si elle vous a pas plu
Vous savez ou j'me la met
T't'façons elle sera pas foutue
Elle sera au chaud, bien logée
Parce que maintenant ma culotte
J'vais t'dire, c'est un vrai juke-box
Tu mets dix balles t'as quatre chansons
T'en as même une qu'a le son long
retour à la liste des chansons
Dis Papa, quand c'est qu'y passe
Le marchand d'cailloux
J'en voudrais dans mes godasses
A la place des joujoux
Avec mes copines en classe
On comprend pas tout
Pourquoi des gros dégueulasses
Font du mal partout
Pourquoi les enfants de Belfast
Et d'tous les ghettos
Quand y balancent un caillasse
On leur fait la peau
J'croyais qu'David et Goliath
Ca marchait encore
Les plus p'tits pouvaient s'débattrent
Sans être les plus morts
Dis Papa, quand c'est qu'y passe
Le marchand d'liberté
Il en a oublié un max
En f'sant sa tournée
Pourquoi des mômes crèvent de faim
Pendant qu'on étouffe
D'vant nos télés, comme des crétins
Sous des tonnes de bouffe
Dis Papa, quand c'est qu'y passe
Le marchand d'tendresse
S'il est sur l'trottoir d'en face
Dis-y qu'y traverse
J'peux lui en r'filer un peu
Pour ceux qu'en ont b'soin
J'en ai r'çu tellement mon vieux
Qu'j'peux en donner tout plein
J'veux partager mon Mac Do
Avec ceux qui ont faim
J'veux donner d'amour bien chaud
A ceux qu'on plus rien
Est-ce que c'est ça être coco
Ou être un vrai chrétien
Moi j'me fous de tous ces mots
J'veux être un vrai humain
Dis Papa, tous ces discours
Me font mal aux oreilles
Même ceux qui sont plein d'amour
C'est kif-kif-pareil
Ca m'fais comme des trous dans la tête
Ca m'pollue la vie et tout
Ca fait qu'je vois sur ma planète
Des 'Inti Fada'partout
Dis Papa, quand c'est qu'y passe
Le marchand d'cailloux
J'en voudrais dans mes godasses
A la place des joujoux
Et p't être que sur ta guitare
J'en jetterai aussi
Si tu t'sers de moi, trouillard
Pour chanter tes conneries
Et p't être que sur ta guitare
J'en jetterai aussi
Si tu t'sers de moi, trouillard
Pour chanter tes conneries
retour à la liste des chansons
Quand l'baba cool cradoque
Est sorti d'son bus VolksWagen
Qu'il avait garé comme une loque
Devant mon rad'
J'ai dit à Bob qu'était au flipp'
" Viens voir le mariole qui s'ramène
Vise la dégaine
Quelle rigolade "
Patchoulli patogasses
Le Guide du Routard dans la poche
Aré Krishna à mort
Cheveux au henné
Oreilles percées
Tu vas voir qu'à tous les coups
Y va nous taper cent balles
Pour s'barrer à Khatmandou
Ou au Népal
Avant qu'il ait pu dire un mot
J'ai chopé l'mec par le paletot
Et j'ui ai dit
" Toi tu m'fous les glandes
Pis t'as rien à foutre dans mon monde
Arrache toi d'là t'es pas d'ma bande
Casse toi tu pues
Et marche à l'ombre
Une p'tite bourgeoise bécheuse
Maquillée comme un carré d'as
A débarqué dans mon gastos
Un peu plus tard
J'ai dit à Bob qu'était au flipp'
" Reluques la tronche à la pouffiasse
Vises la culasse
Et les nibards "
Collants léopards homologués chez SPA
Monoï et Challimard
Futal en skaï comme Travolta
Qu'est ce qu'è vient nous frimer la tête
Non mais ess'croit au Palace
J'peux pas sacquer les starlettes
Ni les blondasses
Avant qu'elle ait bu son cognac
J'l'ai chopée par le colback
Et j'ui ai dit
" Toi tu m'fous les glandes
Pis t'as rien à foutre dans mon monde
Arrache toi d'là t'es pas d'ma bande
Casse toi tu pues
Et marche à l'ombre "
Un p'tit Rocky bargeo
Le genre qui s'est gouré d'trottoir
Est v'nu jouer les Marlon Brando
Dans mon saloon
J'ai dit à Bob qu'avait fait tilt
" Arrête j'ai peur c'est un blouson noir
J'veux pas d'histoires
Avec ce clown "
Derrière ses pauvr'Raybane
J'vois pas ses yeux
Et ça m'énerve
Si ça s'trouve i'm regarde
Faut qu'il arrête sinon j'le crève
Non mais qu'est ce que c'est qu'ce mec
Qui vient user mon comptoir
L'a qu'à r'tourné chez les Grecs
Se faire voir
vant qu'il ait bu son viandox
J'l'ai chopé contre l'juke-box
Et j'ui ait dit
" Toi tu m'fous les glandes
Pis t'as rien à foutre dans mon monde
Arrache toi d'là t'es pas d'ma bande
Casse toi tu pues
Et marche à l'ombre "
Pis j'me suis fait un punk
Qu'avait pas oublié d'être moche
Et un intellectuel en Loden genre Nouvel Obs'
Quand Bob a massacré l'flipper
On n'avait plus une tune en poche
J'ai réfléchis
Et j'me suis dit
" C'est vrai que j'suis épais
Comme un sandwich SNCF
Et qu'demain j'peux tomber
Sur un balaise qui m'casse la tête
Si c'mec là me fait la peau
Et que j'crève la gueule sur l'comptoir
Si la mort me paye l'apéro
D'un air vicelard
Avant qu'è m'emmène voir la haut
Si y'a du monde dans les bistrots
J'ui dirait
" Toi tu m'fous les glandes
Pis t'as rien à foutre dans mon monde
Arraches toi d'là t'es pas d'ma bande
Casse toi tu pues
Et marche à l'ombre "
" Casse toi tu pues
Et marche à l'ombre "
" Casse toi tu pues
Et marche à l'ombre "
retour à la liste des chansons
Ben tu vois
Même moi
J'ai craqué
J'ai glissé
Quelquefois
Qu'est-c'tu crois ?
Qu'j'suis en bois ?
Qu'ces pisseuses
Aguicheuses
Me laissent froid ?
Même moi
Qu'est-c'tu crois ?
Qu'j'suis un ange ?
Qu'ça m'démange
Pas un peu ?
Déteste-moi
Mon amour
J'aimerai ça
Pas toujours
Mais un peu
Mais me jette pas
J'suis consigné chez toi
Me jette pas
Ou jette-toi avec moi
Tu r'marqueras
Qu'j'ai pas nié
Pris la main
Dans l'panier
J'ai avoué
J'ai pas dit
C'est pas moi
Cette fille j'la
Connais pas
J'la connais
Après tout
Tu t'en fous
Tu savais
Qu'la vie est
Dégueulasse
Que l'amour
Dure toujours
Et qu'c'est là
Qu'est parfois
L'angoisse
Mais me jette pas
N'existe pas sans moi
Me jette pas
Ou jette-toi avec moi
T'as raison
Les hommes sont
Des salauds
Des pas beaux
C'est pour ça
Que j'préfère
Les nanas
J'les préfère
Un peu trop
Quelquefois
Tu m'dis qu'toi
C'que t'aimes pas
C'est l'mensonge
Que ça t'ronge
Et qu'tu meurs
Moi c'est la
Vérité
Qu'j'trouve triste
A pleurer
Et je pleure
Mais me jette pas
J'me f'rai tout p'tit, tout plat
Me jette pas
Ou jette-toi avec moi
Y'a pas d'ange
Sur cette terre
A part dans
Les cimetières
Les églises
Y'a qu'des types
Comme il faut
'Vec leur bite
Leur couteau
Sous la ch'mise
J'suis qu'un mec
Fais avec
Mais fais pas
Comme moi
Mon amour
Où à peine
Pour t'venger
Mais sans haine
Sans regret
Sans amour
Mais me jette pas
Moi non plus je m'aime pas
Me jette pas
Ou jette-toi avec moi
(bis)
retour à la liste des chansons
Y'a des jours, elle est belle.
Y'a des jours, elle est moche.
Ca dépend du rimmel
qu'elle se fout sur la tronche.
Mais y'a rien qui l'accroche,
faut la s'couer pour qu'elle bronche.
Elle veut pas travailler,
elle a un peu raison.
T''t'façon, elle sait rien faire,
pi, même si elle savait,
l'aime pas les ouvriers,
elle aime pas les patrons,
elle s'intéresse à rien.
Elle croit pas à la chance,
elle croit pas au destin,
du reste elle s'en balance.
Elle aime rien même pas les copains,
pi elle dit qu'elle est lasse
de traîner sa carcasse
dans c'pauv'monde tout gris,
dans cette pauv'vie sans vie.
Elle s'ennuie.
Mimi...
Quand elle était plus p'tite,
elle voulait être actrice,
ramasser plein d'pognon,
vivre jeune, mourir vite.
Mais les figurations
dans les feuilletons télé
ça cach'tonne à dix sacs,
et pi dans la coulisse
y'a des jours où tu craques.
Tu tombes sur des givrés
qui veulent te faire tourner
du coté du hamac.
alors, elle aime plus ça,
l'a plus la vocation,
même sa peau elle l'aime pas
elle a plus d'ambitions.
Elle aime rien même pas les copains,
pi elle dit qu'elle est lasse
de traîner sa carcasse
dans c'pauv'monde tout gris,
dans cette pauv'vie sans vie.
Même sa peau elle l'aime pas
elle aplus d'ambitions.
Elle est maquée avec
une espèce de p'tit mec
qui bosse dans la musique,
qui va p't'être faire un disque.
Même qu'elle lui dit qu'c'est beau,
qu'on dirait du Lou Reed,
qu'ça ressemble à du Rimbaud.
Elle en croit pas un mot,
mais faut bien dire que'que'chose
si elle veut pas prendre un bide
quand parfois y z'en causent.
Mais en fait elle s'en fout,
de c'mec qu'est qu'est v'nu un jour
lui proposer la botte,
qu'a jamais mis les bouts.
Elle aime rien même pas les copains,
pi elle dit qu'elle est lasse
de traîner sa carcasse
dans c'pauv'monde tout gris,
dans cette pauv'vie sans vie.
Elle s'ennuie.
Mimi...
Elle voulait une maison
avec des baldaquins,
pi une machine à coudre,
des fleurs et des coussins,
pi p't'être même un lardon,
maint'nant elle vaut plus rien.
Parc'qu'y faut jouer des coudes,
même pour trois fifrelins,
elle dit que tout l'emmerde,
que les gens sont méchants,
qu 'elle a plus rien à perdre,
qu'elle est toute vide dedans,
qu'elle voudrait bien, le soir,
sans déranger son monde,
crever toute seule dans l'ombre,
pour sortir du brouillard. ;
Elle aime rien même pas les copains,
pi elle dit qu'elle est lasse
de traîner sa carcasse
dans c'pauv'monde tout gris,
dans cette pauv'vie sans vie.
Elle s'ennuie.
Mimi..
retour à la liste des chansons
Femme du monde ou bien putain
Qui bien souvent êtes les mêmes
Femme normale, star ou boudin,
Femelles en tout genre je vous aime
Même à la dernière des connes,
Je veux dédier ces quelques vers
Issus de mon dégoût des hommes
Et de leur morale guerrière
Car aucune femme sur la planète
N's'ra jamais plus con que son frère
Ni plus fière, ni plus malhonnête
A part peut-être Madame Thatcher
Femme je t'aime parce que
Lorsque le sport devient la guerre
Y'a pas de gonzesse ou si peu
Dans les hordes de supporters
Ces fanatiques, fous-furieux
Abreuvés de haines et de bières
Déifiant les crétins en bleu,
Insultant les salauds en vert
Y'a pas de gonzesse hooligan,
Imbécile et meurtrière
Y'en a pas même en grande Bretagne
A part bien sûr Madame Thatcher
Femme je t'aime parce que
Une bagnole entre les pognes
Tu n'deviens pas aussi con que
Ces pauvres tarés qui se cognent
Pour un phare un peu amoché
Ou pour un doigt tendu bien haut
Y'en a qui vont jusqu'à flinguer
Pour sauver leur autoradio
Le bras d'honneur de ces cons-là
Aucune femme n'est assez vulgaire
Pour l'employer à tour de bras
A part peut être Madame Thatcher
Femme je t'aime parce que
Tu vas pas mourir à la guerre
Parc'que la vue d'une arme à feu
Fait pas frissonner tes ovaires
Parc'que dans les rangs des chasseurs
Qui dégomment la tourterelle
Et occasionnellement les Beurs,
J'ai jamais vu une femelle
Pas une femme n'est assez minable
Pour astiquer un revolver
Et se sentir invulnérable
A part bien sûr Madame Thatcher
C'est pas d'un cerveau féminin
Qu'est sortie la bombe atomique
Et pas une femme n'a sur les mains
Le sang des indiens d'Amérique
Palestiniens et arméniens
Témoignent du fond de leurs tombeaux
Qu'un génocide c'est masculin
Comme un SS, un torero
Dans cette putain d'humanité
Les assassins sont tous des frères
Pas une femme pour rivaliser
A part peut être Madame Thatcher
Femme je t'aime surtout enfin
Pour ta faiblesse et pour tes yeux
Quand la force de l'homme ne tient
Que dans son flingue ou dans sa queue
Et quand viendra l'heure dernière,
L'enfer s'ra peuplé de crétins
Jouant au foot ou à la guerre,
A celui qui pisse le plus loin
Moi je me changerai en chien si je peux rester sur la Terre
Et comme réverbère quotidien
Je m'offrirai Madame Thatcher
retour à la liste des chansons
J't'en supplie mon Papou si j'ramène un d'ces quatres
Mon amoureux chez nous
Lui file pas un coup d'boule une mandale un coup d'latte
Lui fais pas bouffer des clous
Fous pas l'feu à sa mob qui s'ra garée en bas
L'appelle pas " Microbe " l'est plus grand qu'toi
Lui dit pas qu'il est moche et qu'il a l'ch'veux gras
Lui fait pas les poches y fume pas
T'en fait pas Papa, mon amoureux tu l'aim'ras
Il écoute que Brassens et toi
C'est pas un premier de la classe
Il est 'achement plus beau
On dirait toi sur tes vieilles photos
Tu craignais que j'ramène un p'tit con-Chevignon
Il a qu'un gros pull en laine
Pas d'boucle d'oreille dans l'nez et même pas d'blouson
Il est plutôt normal comme dégaine
D'abord c'est obligé qu'tu craques pour mon Manouche
Il adore la pluie et le vent
Il aime René Fallet et y pêche à la mouche
Et en plus il est protestant
T'en fait pas, Papa mon amoureux tu l'aim'ras
Il a tatoué Guevara sur le bras
Question dope pas d'lézard
Il est accro qu'à moi
Y joue d'la guitare il aime les chats
Il est dernier en gym toujours prem'en redac'
Y dessine on dirait Hugo Pratt
Dans deux ans y veut s'arracher au Niger
Bosser pour Médecins sans frontière
Te bile pas pour l'armée y veut s'faire insoumis
J'ui ai même dit qu'on l'planqu'rait
En virant toutes mes p'luches,mon Marsupilami
Y'a bien une p'tite place sous mon lit
T'en fait pas Papa, mon amoureux tu l'aim'ras
Y lit des livres qu'tu comprendrais pas
Du sport il en fait pas
N'empêche qu'en championnat
Il aime que Lens et Marseille comme toi
T'en fait pas Papa, mon amoureux tu l'aim'ras
Au bras d'fer l'est aussi nul que toi
T'en fais pas, tu l'aim'ras
Pendant au moins
Une semaine ou un mois comme moi
retour à la liste des chansons
On choisit ses copains mais rar'ment sa famille
Y'a un gonze mine de rien qu'a marié ma frangine
Depuis c'est mon beau-frère alors y faut faire avec
Mais c'est pas affaire vu qu'c't'un sacré pauv'mec
Mon beauf mon beauf
Il lui a fait quatre gosses pour toucher les allocs
Lui fait l'coup d'la nuit d'noces dès qu'elle est plus en cloque
Cet espèces de trou-duc'qui a fait dix ans d'légion
Ses mômes il les éduque à grands coups d'ceinturon
Le jour où les cons iront pointer
On l'verra au bureau d'embauche
Mon beauf
Il a des rouflaquettes un costard à carreaux
Des moustaches une casquettes et des pompes en croco
Y s'prend pour un vrai mec mais y craint au p'tit jeu
Pour tout dire il est presque à la limite du hors-jeu
Mon beauf mon beauf
A chaque fois qu'y culbute une collègue de bureau
Ou qui va s'faire une pute ce ringard ce blaireau
Y dit qu'c'est pas tromper que c'est juste pour l'hygiène
Mais qu'si ça femme l'imitait il l'assom'rait à coups de beignes
Le jour où les cons s'ront cuisiniers
C'est lui qui préparera les sauces
Mon beauf
Y'a dans sa discothèque tout Richard Clayderman
Y trouve ça super chouette c'est l'Mozart du Walkman
Et pi dans sa R 16 y'a la C.B. tu penses
" 73 la station tête de noeud en fréquence "
Mon beauf mon beauf
Pi bonjour la culture il est 'achment balaise
T'as qu'a voir ses lecture ça casse des barreaux d'chaises
V.S.D Paris-Match et puis Télé 7 jours
Pi bien sûr chaque années y s'offre le prix Goncourt
Le jour où les cons s'ront plusà droite
Y'a p't'être une chance pour qui vote à gauche
Mon beauf
L'adore les animaux l'a un berger allemand
Qui protège c'est bibelots son p'tit appartement
Il l'emmène à la chasse flinguer les p'tit oiseaux
Parc'que c'gros dégeulasse y taquine le moineau
Mon beauf
On choisit ses copains mais rar'ment sa famille
Y'a un gonze mine de rien qu'a marié ma frangine
Il est d'vnu mon beauf un beauf à la Cabu
Imbécile et facho mais heureusement cocu
Quand l'soleil brillera que pour les cons
Il aura les oreilles qui chauffent
Mon beauf
retour à la liste des chansons
Y'a un mariolle, il a au moins quatre ans
Y veut t'piquer ta pelle et ton seau
Ta couche culotte avec tes bonbecs dedans
Lolita, défend-toi, fous-y un coup d'râteau dans l'dos
Attend un peu avant de t'faire emmerder
Par ces p'tits machos qui pensent qu'à une chose
Jouer au docteur non conventionné
J'y ai joué aussi, je sais de quoi j'cause
J'les connais bien les play-boys des bacs à sable
J'draguais leurs mères avant d'connaître la tienne
Si tu les écoutes y t'feront porter leurs cartables
'Reusement qu'j'suis là, que j'te regarde et que j't'aime
Refrain :
Lola
J'suis qu'un fantôme quand tu vas où j'suis pas
Tu sais ma môme
Que j'suis morgane de toi
Comme j'en ai marre de m'faire tatouer des machins
Qui m'font comme une bande dessinée sur la peau
J'ai écrit ton nom avec des clous dorés
Un par un, plantés dans le cuir de mon blouson dans l'dos
T'es la seule gonzesse que j'peux tenir dans mes bras
Sans m'démettre une épaule, sans plier sous ton poids
Tu pèses moins lourd qu'un moineau qui mange pas
Déploie jamais tes ailes, Lolita t'envole pas
Avec tes miches de rat qu'on dirait des noisettes
Et ta peau plus sucrée qu'un pain au chocolat
Tu risques de donner faim a un tas de p'tits mecs
Quand t'iras à l'école, si jamais t'y vas
Qu'est-ce qu'tu m'racontes tu veux un p'tit frangin
Tu veux qu'j't'achète un ami Pierrot
Eh les bébés ça s'trouve pas dans les magasins
Puis j'crois pas que ta mère voudra qu'j'lui fasse un p'tit dans l'dos
Ben quoi Lola on est pas bien ensemble
Tu crois pas qu'on est déjà bien assez nombreux
T'entends pas c'bruit, c'est le monde qui tremble
Sous les cris des enfants qui sont malheureux
Allez viens avec moi, j't'embarque dans ma galère
Dans mon arche y'a d'la place pour tous les marmots
Avant qu'ce monde devienne un grand cimetière
Faut profiter un peu du vent qu'on a dans l'dos
retour à la liste des chansons
Chiffon imbibé d'essence,
Un enfant meurt en silence
Sur le trottoir de Bogotá
On ne s'arrête pas
Dechiqu'tés aux champs de mines,
Décimés aux premières lignes
Morts les enfants de la guerre
Pour les idées de leur père
Bal à l'ambassade,
Quelques vieux malades
Imbéciles et grabataires
Se partagent l'univers
Mort les enfants de Bopale,
Industrie occidentale
Parti dans les eaux du Gange,
Des avocats s'arrangent
Morts les enfants de la haine
Près de nous où plus lointaine
Morts les enfants de la peur
Chevrotine dans le coeur
Bal à l'ambassade,
Quelques vieux malades
Imbéciles et militaires
Se partagent l'univers
Morts les enfants du Sahel,
On accuse le soleil
Morts les enfants de Seveso,
Morts les arbres, les oiseaux
Morts les enfants de la route,
Dernier week-end du mois d'août
Papa picolait sans doute
Deux ou trois verres, quelques gouttes
Bal à l'ambassade,
Quelques vieux malades
Imbéciles les tortionnaires
Se partagent l'univers
Mort l'enfant qui vivait en moi,
Qui voyait en ce monde-là
Un jardin, une rivière
Et des hommes plutôt frères
Le jardin est une jungle,
Les hommes sont devenus dingues
La rivière charrie les larmes,
Un jour l'enfant prend une arme
Bal sur l'ambassade,
Attentat grenade
Hécatombe au ministère
Sur les gravats, les grabatair
retour à la liste des chansons
Où c'est qu'j'ai mis mon flingue ?
J'veux qu'mes chansons soient des caresse,
Ou bien des coups d'poings dans la gueule.
A qui qu'ce soit que je m'agresse,
J'veux vous remuer dans vos fauteuils.
Alors écoutez moi un peu,
Les pousse-mégots et les nez-d'boeux,
Les ringards, les folkeux, les journaleux.
D'puis qu'y'a mon nom dans vos journaux,
qu'on voit ma tronche à la télé,
Où j'vends ma soupe empoisonnée,
Vous m'avez un peu trop gonflé.
J'suis pas chanteur pour mes copains,
Et j'peux être teigneux comme un chien.
J'déclare pas, avec Aragon,
Qu'le poète a toujours raison.
La femme est l'avenir des cons,
Et l'homme n'est l'avenir de rien.
Moi, mon av'nir est sur zinc
D'un bistrot des plus cradingues,
Mais bordel, où c'est qu'j'ai mis mon flingue ?
J'vais pas m'laisser emboucaner
Par les fachos, pas les gauchos,
tous ces pauvr'mecs endoctrinés
Qui foutent ma révolte au tombeau.
Tous ceux qui m'traitent de démago
Dans leur torchons qu'j'lirais jamais :
" Renaud, c'est mort, il est récupéré "
Tous ces p'tits bourgeois incurables
Qui parlent pas, qu'écrivent pas, qui bavent,
qui vivront vieux leur vie d'minables,
Ont tous dans la bouche un cadavre.
T't'façon, j'chante pas pour ces blaireaux,
Et j'ai pas dit mon dernier mot.
C'est sûr'ment pas un disque d'or,
Ou un Olympia à moi tout seul,
Qui me feront virer de bord,
Qui me feront fermer ma gueule.
Tant qu'y'aura d'al haine dans mes s'ringues,
Je ne chant'rai que pour les dingues,
Mais bordel, ! Où c'est qu'j'ai mis mon flingue ?
Y'a pas qu'les mômes, dans la rue,
Qui m'collent au cul pour une photo,
Y'a même des flics qui me saluent,
Qui veulent que j'signe dans leurs calots.
Moi j'crache dedans, et j'cris bien haut
Qu'le bleu marine me fait gerber,
Qu'j'aime pas l'travail, la justice et l'armée.
C'est pas demain qu'on m'verra marcher
avec les connards qui vont aux urnes,
Choisir celui qui les f'ra crever.
Moi, ces jours là, j'reste dans ma turne.
Rien à foutre de la lutte de crasse,
Tous les systèmes sont dégueulasses !
J'peux pas encaisser les drapeaux,
quoi que le noir soir le plus beau.
La marseillaise, même en reggae,
Ca m'a toujours fait dégueuler.
Les marches militaires, ça m'déglingue
Et votr'République, moi j'la tringle,
Mais bordel ! Où c'est qu'j'ai mis mon flingue ?
D'puis qu'on m'a tiré mon canif,
Un soir au métro Saint Michel,
J'fous plus les pieds dans une manif
Sans un nunchak'ou un cocktail
A Longwy comme à Saint Lazare,
Plus de slogans face aux flicards,
Mais des fusils, des pavés, des grenades !
Gueuler contre la répression
En défilant " Bastille-Nation "
Quand mes frangins crèvent en prison
Ca donne une bonne conscience aux cons,
Aux nez-d'boeux et aux pousse-mégots
Qui foutent ma révolte au tombeau.
Si un jour j'me r'trouve par terre,
Sûr qu'ça s'ra d'la faute à Baader.
Si j'crève le nez dans le ruisseau,
Sûr qu'ça s'ra d'la faute à Bonnot.
Pour l'instant, ma gueule est sur le zinc
D'un bistrot des plus cradingues,
MAIS FAITES GAFFE !
J'AI MIS LA MAIN SUR MON FLINGUE !
retour à la liste des chansons
Un briquet allumé dans ton p'tit poing levé
Ton regard qui se noie dans mes yeux délavés
Un keffieh un peu louche jeté sur tes épaules
Mon prénom dans ta bouche, ma photo dans ta piaule
Tes lèvres qui murmurent ces futiles refrains
Qui rouvrent des blessures dans ton coeur et le mien
Ton sourire un peu triste, une larme en cadeau
A l'accordéoniste qui fait pleurer mes mots
Quinze ans, seize ans à peine
Garde-moi ton amour
Garde-toi de la haine
Quinze ans, seize ans, je t'aime
Comme j'aime le jour
Petite, qui se lève
Une petite main jaune au revers du zomblou
Un côté un peu zone pour crier ton dégoût
De ce monde trop vieux, trop sale et trop méchant
De ces gens silencieux, endormis et contents
Quinze ans, seize ans à peine
Garde-moi ton amour
Garde-toi de la haine
Quinze ans, seize ans, je t'aime
Comme j'aime le jour
Petite, qui se lève
Et puis ce déchirures à jamais dans ta peau
Comme autant de blessures et de coups de couteau
Cicatrices profondes pour Malik et Abdel
Pour nos frangins qui tombent, pour William et Michel
Quinze ans, seize ans à peine
Garde-moi ton amour
Garde-toi de la haine
Quinze ans, seize ans, je t'aime
Comme j'aime le jour
Petite, qui se lève
(bis)
retour à la liste des chansons
Hier au rendez-vous des amis
Hou là là je m'suis mis minable
Putain d'muflée que j'me suis pris
Lamentable
Des comme ça j'en prend qu'une par an
A la Bastille, l'dîner au soir
Ou encore les jours d'enterrement
C'qu'est plus rare
J'me souviens même plus c'qu'on fêtait
Mais on a pas bu trop d'tisane
C'matin j'ai une casquette plombée
Sur le crâne
Pochtron, pochtron !
Tu ferais mieux d'm'écrire une chanson
Pochtron, pochtron !
C'est c'que m'dit ma femme qu'aime bien mes chansons
Des musettes comme ça ça vous laisse
Des souvenirs en forme de cicatrice
Des coups d'poignards dans votre jeunesse
C'que c'est triste
J'bois jamais trop mais j'bois assez
Quoique des fois j'en renverse un max
Dans l'caniveau devant l'troquet
J'laisse des traces
Le Picon-Bière c'est redoutable
Même les Belges ils s'y aventurent pas
ça vous fait glisser sous la table
Comme un rat
Pochtron, pochtron !
Fume un joint t'auras l'air moins con
Pochtron, pochtron !
C'est c'que m'dit ma mère qu'a toujours raison
Je gerbe pas toujours comme hier soir
C'est seulement quand j'fais des mélanges
Quand on me met d'l'eau dans mon Ricard
Par Exemple
Y'a Boris qui m'a raconté
C'te nuit j'ai failli foutre une danse
A quinze rugbymen en virée
Z'ont eu d'la chance
Si les potes m'avaient pas r'tenu
J'me les serai mangé un par un
J'aime pas les costauds quand j'ai bu
Ni à jeun
Pochtron, pochtron !
Un d'ces quatre tu vas prendre des gnons
Pochtron, pochtron !
C'est c'que m'disent mes potes en m'filant des marrons
J'ai rejoins ma turne au radar
En filant des coups d'pompes aux parcmètres
Et en insultant les trottoirs
Pour qu'y s'arrêtent
Chez moi j'ai réveillé tout le monde
En m'tapant l'pied nu contre un meuble
ça m'a fait mal jusque dans ma montre
Quelle horreur
Puis j'ai voulu r'peupler la France
Même que la France était pas d'ac'
Je m'suis endormi sans résistance
Comme un sac
Pochtron, pochtron !
Lève-toi c'est huit heures y m'faut mon biberon
Pochtron, pochtron !
C'est c'que m'dit ma gosse qu'a pas d'éducation
Pochtron, pochtron !
Tu ferais mieux d'm'écrire une chanson
Pochtron, pochtron !
C'est c'que m'dit ma femme qu'aime bien mes chansons
Pochtron, pochtron !
Un d'ces quatre tu vas prendre des gnons
Pochtron, pochtron !
C'est c'que m'disent mes potes en m'filant des marrons
Pochtron, pochtron !
Fume un joint t'auras l'air moins con
Pochtron, pochtron !
C'est c'que m'dit ma mère qu'a toujours raison
retour à la liste des chansons
- Dis-moi Renaud, d'abord,
pourquoi t'as un blouson noir ?
Dis-moi, d'abord,
est-c'que c'est vrai que t'es un loubard ?
- Un blouson noir moi j'trouve ça beau
et puis ça m'tient chaud,
et pi j'vais dire un trucs, mon gars,
ça fait peur au bourgeois !
- Mais pourquoi, d'abord, est-c'que les bourgeois
y faut leur faire peur ?
Si y seraient vraiment dangereux
c'est nous qu'aurait peur d'eux.
- C'est leur connerie qu'est redoutable,
et pi n'oublie jamais
qu'y sont les complices du pouvoir,
des flics et des curés !
- Mais pourquoi est-c'que les curés,
d'abord, tu leur en veux ?
C'est quand même un peu grâce à eux,
qu'on a un bon dieu.
- Eh ! Ton bon dieu il est mort
avec Jésus sur la croix,
ils l'ont crucifié avec trois punaises,
et pi y s'est barré !
- Vraiment tu respectes rien,
on s'demande c'que t'aimes,
à part ta gonzesse et tes copains,
que j'sais même pas si t'en as !
- J'aime la vie et les coquillettes,
le musette et la bière,
pi fumer une vieille Goldo
en écoutant chanter Bruant !
- Oah ! l'autre eh !!! d'abord tes Gauloises
elles ont une odeur,
que ça s'rait d'l'eucalyptus
que ça m'étonnerait pas !
- Eh ! maint'nant tu vas m'lâcher
ou j'te renvoie à tes vieux
sans même demander la rançon,
tu commences à m'gonfler !
- D'abord ta chanson elle march'ra jamais
pissque elle rime même pas,
et pi y'a même pas un refrain,
c'est pas populaire, eh ! banane !!!
- C'est vrai qu'elle est un peu baclée,
c'est parc'que sur mon disque
des chansons j'en avais qu'neuf,
et y m'en fallait dix !!!
retour à la liste des chansons
J'ai connu la Pépette
Aux auto-tamponneuses
Elle, elle avait la sept
Et moi j'avais la deuze
La sienne elle était verte
Et la mienne était verte aussi
Elle était bonne, la Pépette
Et c'était son métier
J'lui ai dit tu viens souvent
Aux auto-tamponneuses
Elle m'a dit qu'elle venait souvent
Qu'ça la rendait joyeuse
M'a demandé mais pourquoi
Est-ce-que tu m'demandes ça
J'lui ai dit mais pourquoi
Est-ce-que tu m'demandes ça
On est allé boire une gueuse
Près des auto-tamponneuses
L'avait l'air beaucoup heureuse
Dans sa robe jaune
L'était pas vraiment bêcheuse
L'était pas du tout affreuse
Moi, j'avais les idées vicieuses
Sous mes cheveux jaunes
J'ai offert a Pépette
Un tour d'auto tamponneuse
Elle, elle a gardé la sept
Moi, j'ai repris la onze
Le patron d'l'auto-tampon
Qui était très gentil
Comme musique de fond
Il nous a mis Johnny
Pendant qu'mon idole chantait
Les portes de pénis entier
Les p'tites autos tournaient, et tournaient et tournaient
Et moi j'faisais exprès
De cogner dans Pépette
Même qu'un coup, sans faire exprès
Elle s'est foulé la tête
On est allé boire un gueuse
Près des auto-tamponneuses
L'avait l'air bien moins heureuse
Dans sa robe moche
L'avait l'air moins amoureuse
Elle m'a dit d'un air songeuse
Faut qu'je rentre chez ma logeuse
Quelle catastroche
J'ai quitté la Pépette
Près des auto-tampons
J'lui ai demandé mais Pépette
Est-ce-que c'est ton vrai nom
Elle m'a dit c'que t'es bête
C'est mon surnom, pauvre con
Mon vrai nom c'est Zézette
Mais ca fait un peu long
On a mangé ensemble
Une glace au chocolat
Elle, elle a pris framboise
Et moi, j'ai rien mangé
J'voulais une glace à la viande
Oui mais y'en avait plus
Ou alors viande hachée
Mais ça coule le long du cornet
On est allé boire une gueuse
Près des auto-tamponneuses
J'l'ai trouvé soudain hideuse
Sa robe trouée
J'lui ai dis tu sais p'tite pisseuse
J'préfère les auto-tamponneuses
Toi t'es pas assez luxueuse
Mais dis-moi, quelle heure qu'il est
Lalala Lalala Lala Quelle heure qu'il est (bis)
Lalala Lalala lala...
retour à la liste des chansons
Enchristé depuis six mois, je t'écris
Mon poteau
De derrière les murs, de derrière la vie
Dis, est-ce qu'il fait beau ?
Est-ce que dehors y'a des oiseaux
Ceux qu'je vois ici sont tatoués sur ma peau
J'avais déjà purgé ma peine
Avant même d'être ici toute ma vie
Y z'ont pas compris ça les teignes
Qui m'ont punis
Que la vie fut une chienne
Avec moi comme avec ceux
Qui ont dans les yeux
Trop d'amour ou trop de haine
Ou trop des deux
Enchristé parc'qu'un beau jour, sans remord
J'ai taxé
Un putain d'vélo même pas en or
Et puis, deux trois conneries
Des trucs de pauvres, des trucs pas beaux
Un auto-radio, une montre ou un stylo
J'avais déjà purgé ma peine
Avant même d'être ici toute ma vie
On m'a jamais dis: " Je t'aime "
Et ben tant pis
Si la vie fut une chienne
Avec moi comme avec ceux
Qui ont dans le yeux
De la braise, la cendre, le feu
Tu ris
Tu pleures
Tu vies,
Pis tu meurs
Trois p'tits tours et puis s'en vont
Les p'tits voleurs
Barreaux
Garot
Une corde
A bientôt
En Enfer
Au Paradis ou au bistrot
Salue
Manu
Pierrot
Et Angelo
Dis leurs bien que l'amitié
Ca tient chaud
Tu ris
Tu pleures
Tu vies
Pis tu meurs
Trois p'tits tours et puis s'en vont
Les p'tits malheurs
Tu ris
Tu pleures
Tu vies
Pis tu meurs
retour à la liste des chansons
Putain c'est trop con
Ce putain d'camion
Mais qu'est-ce qu'y foutait là
Putain de vie d'merde
T'as roulé dans l'herbe
Et nous, tu nous plantes là
J'espère au moins qu'là-haut
Y'a beaucoup moins d'salauds
Tu nous laisses avec les chiens
Avec les méchants les crétins
Sous un soleil qui brille moins fort et moins loin
J'voudrais m'blottir dans un coin
Avec Marius avec Romain
Pleurer avec eux jusqu'à la saint-glinglin
Putain j'ai la rage
Contre ce virage
Et contre ce jour-là
Où tu t'es vautré
Dire qu'c'était l'été
Dans ma tête y fait froid
J'espère au moins qu'là-haut
T'as acheté un vélo
Lolita a plus d'parrain
Nous on a plus notre meilleur copain
T'étais un clown mais t'étais pas un pantin
Enfoiré on t'aimait bien
Maintenant on est tous orphelins
Putain d'camion, putain d'destin, tiens ça craint
Enfoiré on t'aimait bien
Maintenant on est tous orphelins
Putain d'camion, putain d'destin, tiens ça craint
retour à la liste des chansons
Rouge-gorge
(à Robert Doisneau)
Prolo ordinaire
Peuple de Paris
Rouge-gorge est fier
D'être né ici
Quartier populaire
Bistrots et bougnats
Et marchés couverts
Rues des enfants rois
Rouge-gorge doit
Son surnom bizarre
A sa jolie voix
Et à son foulard
Rouge son foulard
Autour de son cou
Rouge sa mémoire
A jamais debout
Rouge-gorge chante
Le Temps des Cerises
Dans les rues vivantes
Lorsqu'un jour arrive
Le temps des noyaux
Et des bulldozers
Et des vrais salauds
En costumes clairs
Quelque sous-ministre
A attaché-case
Et mine sinistre
L'âme versaillaise
Décrète trop vieux
Tout ce quartier-là
Y foutra le feu
Si l'vieux s'en va pas
Rasée la maison
Détruit l'atelier
Des cages en béton
Les ont remplacés
Adieu, réverbères
Ampoules au plafond
Bonjour la lumière
Des tristes néons
Chassés les prolos
Et chassée la vie
Parkings et bureaux
Ont bouffé Paris
Les petites gens
Sont des gens sérieux
Iront gentiment
Peupler les banlieues
Chante, Rouge-gorge
Les Temps des Cerises
Savigny-sur-Orge
Paraîtra moins grise
Chante aussi Paname
Que les assassins
Ont livré aux flammes
Sans brûler leurs mains
Chante la mémoire
Que Doisneau préserve
De Paris, le soir
D'avant qu'elle crève
Chante la bâtarde
Paris-la-soumise
Que Doisneau regarde
Et qui agonise.
retour à la liste des chansons
Bon d'accord j'ai triché,
J'ai posé l'W discrètement
J'savais pas où l'placer,
J'pensais pas qu'tu m'voyais, sincèrement
On annule la partie si tu veux on l'oublie, on l'efface
J'ai quatre cents points d'avance
Et ça c'est pas d'la chance,
C'est la classe
Mais si t'es mon pote, tu m'laisses tricher au Scrabble
Tu ramènes pas ta gueule quand tu m'vois magouiller
Moi je veux juste gagner, ça m'amuse pas de jouer
Si t'es mon pote, tu t'tais
Bon d'accord il est tard et t'en as un peu marre des bistrots
T'as beau boire comme un trou,
T'arrives pas à être saoul,
T'as pas d'pot
Mais faut pas m'planter là, moi
J'suis fait comme un rat allumé
Je m'en fous arrache toi, la tournée c'est pour moi,
Enfoiré
Mais si t'es mon pote, tu m'laisses pas boire tout seul
Et tu m'fais pas la gueule quand tu m'vois délirer
J't'offre un verre chez Ali, le dernier c'est promis
Si t'es mon pote, tu m'suis
Bon d'accord elle est bonne et j'vois pas
C'qu'elle t'donne de plus que moi
Des s'maines que tu m'délaisses pour une histoire de fesses,
J'te crois pas
Fait gaffe que l'amitié se laisse pas enterrer par cette peste
Qu'est jalouse comme un pou, qui m'connait pas du tout et qui m'déteste
Mais si t'es mon pote t'avoues qu'c'est un peu la crainte
C'est pas franchement une femme, c'est pas Christine Okrent
Pis elle a l'intellect plutôt près d'la moquette
Si t'es mon pote, tu jettes
Bon d'accord j'suis taré,
Frimeur comme une voiture de pompiers
C'est qu'j'ai été bercé
Un peu trop près du mur, tout bébé
Mais faut tout m'pardonner parc'que d'main j'peux crever, c'est la vie
Jamais tu t'en r'mettrais et qu'est c'qui t'resterais comme ami
Mais si t'es mon pote, tu meurs un peu avant moi
J'te promets qu'toutes les s'maines t'auras des chrysanthèmes
Mais tant que je suis là, n'oublie pas que je t'aime
Et si t'es mon pote, tu m'aimes
Si t'es mon pote tu n'aimes que moi
retour à la liste des chansons
J'peux pas dire qu'elle était vulgaire
Ou arrongante
L'était même plutôt au contraire
Elégante
Comme une tartine de confiture
Dans l'café
Comme un graffiti sur le mur
Des W.C.
J'l'ai rencontrée dans une manif'
Pacifiste
Ca castagnait sérieux avec
La police
J'm'étais fait mal en balaçant
Un pavé
J'm'étais foulé la ch'ville du bras
Le poignet
Elle était socialiste
Protestante et féministe
Un peu chiante et un peu triste
Institutrice
Croyait qu'le matin du grand soir
Allait v'nir
Croyait au grand souffle d'espoir
Sur l'av'nir
Genre de conn'ries qu'déjà quèqu'part
J'avais lues
Dans Minute ou dans un journal
Je sais plus
Elle m'a parlé d'Bernard Tapie
Enthousiaste
M'a dit qu'il avait du génie
Et d'la classe
J'ui ai dit: t'as raison, Ginette
C'est Karl Marx
En plus balèze, zn plus honnête
En plus efficace
Moi j'étais rien-du-toutiste
Anarcho-mitterandiste
J'sais même pas si ça existe
Mais ça m'excite
Pi elle m'a dit qu'elle avait des
Relations
Qu'elle était potes avec un pote
A Tonton
Qu'elle avait dîné y'a un mois
Chez Jack Lang
Que Guy Bedos avait r'pris quatr'fois
De la viande
J'ui ai dit qu'moi j'fréquentais plus
Les salons
Que j'avais connu Charles Hernu
En prison
Qu'j'avais bouffé une fois dans un
Ministère
Qu'objectivement c'était meilleur
Chez ma mère
Elle était socialiste
S'méfiait des écologistes
Détestait les communistes
Et les dentistes
J'ui ai dit: Ginette, faut plus m'parler
D'politique
On va finir par s'engueuler
C'est classique
Comment veux-tu que j'sois d'accord
Avec toi
J'ai d'jà du mal à être d'accord
Avec moi
Elle m'a dit: J'm'appelle pas Ginette
D'toutes façons
J'm'appelle Simone, si ça t'fait rien
J'ai dit: Bon
Pi faut qu'j'm'en aille, faut que j'retourne
Gare de Lyon
Avant qu'on m'vole ma mobylette
Ca s'rait con
C'est comme ça qu'ma socialiste
Qui avait si peur des voleurs
M'a largué en pleine manif
A cause d'un vélomoteur
Comment tu veux changer la vie
Si tu balises pour ton bien ?
On peut pas être à la fois
Un mouton et un mutin
On peut pas être à la fois
Et au four et au moulin
On peut pas être à la fois
Jean Dutour et Jean Moulin
retour à la liste des chansons
Il a refermé la porte douc'ment
Pour pas réveiller " Maman "
Il a j'té l'Huma
Sur l'canapé près du chat
S'est assis dans un coin
La tête dans ses mains
Cinquante balais c'est pas vieux
Qu'est-c'qu'y va faire de son bleu
De sa gamelle de sa gapette
C'est toute sa vie qu'était dans sa musette
Y r'voit toutes ses années au chagrin
Et tout l'cambouis sur ses mains
Y r'pense à son gars
Qui vouler faire péter tout ça
Ca a pété sans lui
Sans douleur et sans cris
Où c'est qu't'as vu un bon Dieu
Qu'est-c'qu'y va faire de son bleu
De ses bras de travailleur
C'est otute sa vie qu'était dans sa sueur
Pourquoi y r'pense aujourd'hui au p'tit
V'la dix ans qu'il est parti
" Salut pauv'cave
Tu s'ras toujours un esclave "
Eh ben tu vois gamin
Aujourd'hui j'suis plus rien
Pas fini d'se faire des ch'veux
Qu'est-c'qu'y va faire de son bleu
D'son drapeau rouge de son Lénine
C'est toute sa vie qu'était dans sa machine
Y va reveiller " Maman " peut-être
Lui dire : " Toujours pas de lettre
Il reviendra
Il pense à nous, t'en fait pas, là-bas
Dans la guerilla
Au Nicaragua
retour à la liste des chansons
Tant qu'il y aura des ombres
(Aux potes de la Sorgue )
Tant qu'il y aura des ombres
Des truites et des vandoises
Croule la terre, craque le monde
Nous irons dans les eaux turquoises
Les rivières profondes ...
Du matin clair au soir qui tombe
Quand le ciel soudain s'embrase
Nous sommes et resterons bon nombre
A guetter la bête sournoise
Et ses reflets d'argent dans l'ombre ...
Tant qu'il y aura des ombres
Nous, les deux pieds dans la vase
Oublierons pour quelques secondes
Qu'il ne changera de base
Cet abominable monde ...
Avant la grande hécatombe
Avant qu'on ne nous écrase
Sous une averse de bombes
Qui noiera ce monde nase
Nous les chevaliers de l'onde
Garderons le cœoeur turquoise
Tant qu'il y aura des ombres
Des truites et des vandoise ...
retour à la liste des chansons
Bonhomme qui va austère
Au milieu des landes, des bruyères
Silhouette insolites
Bloc de granit
Tonton foule la terre
Lentement
Comme le temps
Le temps qui, pourtant, emporte
Les idées, les hommes et les amours mortes
Le temps qui lui reste
Dans la même veste
Avant de n'être plus
Qu'une statue
Un nom de rue
Il a son beau chapeau
Il a son long manteau
Il a son chien, le brave
Le gros qui bave
Il a le regard des sages
Il est la force tranquille, sereine
Il est comme un grand chêne
Il sait la futilité
De toute chose
La douceur et
La fragilité des roses
Bonhomme qui va austère
Au milieu des landes, des bruyères
Silhouette insolite
Bloc de granit
Tonton foule la terre
En sifflotant
Comme le vent
Le vent qui, pourtant, emporte
Son joli chapeau que le chien rapporte
Il est plein de bave
Ce n'est pas bien grave
Un chapeau ça se lave
Mais ça fait sale
Et tonton râle
Tonton est colère
Tout va de travers
L'Histoire, la gloire, tout foire
Parc'que ce soir
Le vieille homme a, c'est dur
Un caillou dans sa chaussure
Un vieux rhume qui dure
Et puis cette nuit, misère
Il a rêvé
Qu'un beau jour
La gauche revenait
Tonton s'en va
à petits pas ...
retour à la liste des chansons
Question d'histoire d'abord:
Où est la Palestine ?
Sous quelle botte étoilée ?
Derrière quels barbelés ?
Sous quel champ de ruines ?
Question d'histoire encore:
Combien de victimes,
Combien de milliers d'enfants
Dans les décombres des camps
Deviendront combattants ?
J'en sais rien, j'donne ma langue au chagrin
Si tu sais, toi, souffle-moi
Question d'géographie:
Où est la Kanaky ?
Combien de flics, de soldats
Pour tenir Nouméa
Pour flinguer Eloi ?
Combien de petits blancs
De colons arrogants
Se partagent la terre ?
Et combien de misère
Pour le peuple kanak ?
Combien de coups de matraque ?
J'en sais rien, j'donne ma langue au chagrin
Si tu sais, toi, souffle-moi
Question de sport:
Qui détiendra le record
Et restera vivant
Libre et innocent
Derrière les barreaux ?
Vingt ans pour Otelo
Autant pour Mandela
Et combien de hors-la-loi
Chez ces p'tits juges en bois
Dont on fait les salauds
J'en sais rien, j'donne ma langue ay chagrin
Si tu sais, toi, souffle-moi
Question science et nature:
Où balancer ces ordures ?
Allez, à la Vologne !
Ces chiens qui assassinent
Ces rats qui emprisonnent !
Question d'littérature:
Qui a écrit que les hommes
Naissaient libres, égaux ?
Libres mais dans le troupeau
Egaux devant les bourreaux ?
J'en sais rien, j'donne ma langue au chagrin
si tu sais, toi, souffle-moi
Souffre-moi
Souffre-moi
(bis)
retour à la liste des chansons
Nous étions trois jeunes matelots,
Trois beaux marins grands et costauds
Embarqués un jour à Toulon
Sans uniforme et sans gallon
Sur le porte-avions Clemenceau
Nous étions trois jeunes militaires,
Pas trop amoureux de la guerre
Et nous voulions bien nous faire tondre
En échange d'un tour du monde
Sur un joli bateau en fer
Le premier de ces matelots
Etait breton jusqu'au mégot
Mais il était con comme un manche,
Comme un déjeuner du dimanche,
Comme un article du Figaro
'l'avait grandi au bord de l'eau
Et n'en avait jamais bu trop
A quinze ans pour une donzelle,
Il a déserté La Rochelle
Pour les remparts de St Malo
Rue de la soif on le vit beau
A écumer tous les tripots
Mais lorsque s'en venait l'aurore,
Rouler de bâbord à tribord
Et s'échouer dans le ruisseau
Voulu partir sur un bateau
Goûter un peu du Sirocco
En pensant avec raison
Que l'océan rendait moins con
Et qu'pour lui y'avait du boulot
Dieu qu'elle est belle l'histoire des trois matelots
Presqu'aussi belle que l'pont du Clemenceau
Le deuxième de ces matelots
Etait corse dans toute sa peau
Il était méchant comme la tourmente,
Vicieux comme une déferlante
Comme un article de Jean Co
'l'avait grandi au bord de l'eau,
Mais n'en buvait que dans l'Pernod
A quinze ans par un légionnaire,
S'est fait tailler une boutonnière
Près d'la citadelle d'Ajaccio
Est devenu un vrai salaud,
S'est fait tatouer les biscotos
Entre le prénom de sa mère,
Des loups, des serpents, des panthères
Et le Christ au milieu du dos
Voulu partir sur un bateau
Pour ne jamais vivre comme un veau
Et pour faire voyager sa haine
De cette putain de race humaine
Peuplée de rasés, de blaireaux
Dieu qu'elle est longue l'histoire des trois matelots
Presqu'aussi longue que l'pont du Clemenceau
Le dernier de ces matelots
C'était moi j'étais parigot
J'étais bon comme la romaine,
Rusé, malin comme une hyène
Musclé comme un flan aux pruneaux
J'avais grandi très loin de l'eau,
J'en buvais autant qu'un moineau
A quinze ans j'ai quitté Paname
Pour chasser d'mon coeur une femme
Qui voulait y faire son berceau
J'ai bourlingué comme un claudo
J'ai rencontré des écolos
Qui m'ont dit: "Va voir les baleines
Qui vivent dans les eaux lointaines
Tu verras que ce monde est beau"
Voulu partir sur un bateau
Pour voir la Terre d'un peu plus haut
Doubler l'Cap Horn dans les deux sens
Et voyager de Recouvrance. Jusqu'aux bordels de Macao
Dieu qu'elle est dure l'histoire des trois matelots
Presqu'aussi dure que l'pont du Clemenceau
Le premier de ces matelots
Qui était con comme un drapeau
Il a fini plein de gallons,
Plein de sardines sur son veston
Et plein de merde sous son calot
Le deuxième de ces matelots
Qui était méchant comme un corbeau
Il a fini dans une vitrine
Au Ministère de la Marine
Petit chef derrière un bureau
Le dernier de ces matelots
S'est fait virer de son bateau
Pour avoir offert son pompon
A une trop jolie Ninon
Contre un baiser sucré et chaud
Si votre enfant est un salaud,
Un vrai connard, une tête pleine d'eau
Faites en donc un militaire
Alors il fera carrière
Sur un navire, dans un bureau
Mais s'il est bon, mais s'il est beau,
Même s'il est un peu alcolo
Qu'il fasse son tour de la Terre
Tout seul sur un bateau en fer
Mais pas su'le pont du Clemenceau
Simple soldat, brave matelot,
Surtout ne m'en veuillez pas trop
Cette chanson je ne l'ai chantée
Que pour les planqués, les gradés
Les abonnés du Figaro
retour à la liste des chansons
Tu vas au bal qu'y m'dit
J'u'y dit qui, y m'dit toi
J'u'y dit moi, y m'dit oui
J'u'y dit non je veux pas,
C'est trop loin
Y m'dit bon
Et toi t'y vas qu'j'u'y dit
Y m'dit qui, j'u'y dit toi
Y m'dit moi, j'u'y dit oui
Y m'dit non j'y vais pas,
J'ai un rhume et j'ai froid
Alors on n'a pas dansé,
On est resté à parler
On n'a rien regretté
Y parait de toute façon
Que c'était un bal con
Tu vas aux pûtes qu'y m'dit
J'u'y dit qui, y m'dit toi
J'u'y dit moi, y m'dit oui
J'u'y dit non je veux pas,
C'est trop loin
Y m'dit bon
Et toi t'y vas qu'j'u'y dit
Y m'dit qui, j'u'y dit toi
Y m'dit moi, j'u'y dit oui
Y m'dit non j'y vais pas,
J'ai malade et j'ai froid
Alors on n'a pas baisé,
On est resté à parler
On n'a rien regretté
On n'avait pas d'argent,
Y parait qu'c'est payant, poils au dent
Tu vas à l'église qu'y m'dit
J'u'y dit qui, y m'dit toi
J'u'y dit moi, y m'dit oui
J'u'y dit non je veux pas,
C'est trop loin, j't'ai d'jà dit
Y m'dit bon
Et toi t'y vas qu'j'u'y dit
Y m'dit qui, j'u'y dit toi
Y m'dit moi, j'u'y dit oui
Y m'dit non j'y vais pas,
Y fait froid et j'ai froid
Alors on n'a pas prié,
On est resté à parler
On n'a rien regretté
Car nos âmes sont tordues
Pour pécher c'est le pied
(Nos hameçons tordus, pour pécher)
Petit pont de bois
Mon pote est mort de froid
D'toute façon y m'gonflait
Y voulait jamais bouger,
Y savait que poser des questions un peu con, comme vous
Alors j'l'ai enterré
Pis j'suis allé danser
Avec les pûtes du quartier
Dans l'église ravagée
Et j'ai rien regretté
Mais alors rien du tout
Tsouin, tsouin
C'est fini
Ouais
Ah bon, bon bin ça suffa comme si,
J'en ai marre des chansons moi.
retour à la liste des chansons
J'appelle Slimane et j'ai quinze ans
J'vis chez mes vieux à la Courneuve
J'ai mon C.A.P. de délinquant
J'suis pas un nul j'ai fais mes preuves
Dans la bande c'est moi qu'est l'plus grand
Sur l'bras j'ai tatoué une couleuvre
J'suis pas encore allé en taule
Parait qu'c'est à cause de mon âge
Parait d'ailleurs qu'c'est pas Byzance
Que c'est un peu comme dans une cage
Parce qu'ici tu crois qu'c'est drôle
Tu crois qu'la rue c'est des vacances
Refrain :
J'ai rien à gagner rien à perdre
Même pas la vie
J'aime que la mort dans cette vie d'merde
J'aime c'qu'est cassé c'est détruit
J'aime surtout tout c'qu'y vous fait peur
La douleur et la nuit
J'ai mis une annonce dans Libé
Pour m'trouver une gonzesse sympa
Qui bosserait pour m'payer ma bouffe
Vu qu'moi l'boulot pour que j'y touche
Y m'faudrait deux fois plus de doigts
Comme quoi tu vois c'est pas gagné
C'que voudrai c'est être au chomdu
Palper du blé sans rien glander
Comme ça j'serai à la sécu
J'pourrai gratos me faire remplacer
Toutes les ratiches que j'ai perdu
Dans des bastons qu'ont mal tournées
J'ai même pas d'thune pour m'payer l'herbe
Alors j'me défonce avec c'que j'peux
Le triclo, la colle à rustine
C'est vrai qu'des fois, ça fout la gerbe
Mais pour le prix, c'est c'qu'on fait d'mieux
Et puis ça nettoie les narines
Le soir on rode sur des parkings
On cherche une BM pas trop ruinée
On l'emprunte pour une heure ou deux
On largue la caisse à la Porte Dauphine
On va aux pûtes juste pour mater
Pour s'en souvenir l'soir dans notre pieu
Y'a un autre truc qui m'branche aussi
C'est la musique avec des potes
On a fait un groupe de hard rock
On répète le soir dans une cave
Sur des amplis un peu pourris
Sur du matos un peu chou-rave
On a même trouvé un vieux débile
Qui voulait nous faire faire un disque
ça a foiré parce que c'minable
Voulait pas qu'on chante en kabyle
On n'y a mis la tête contre une brique
Que même la brique elle a eu mal
Des fois j'me dis qu'à trois milles bornes
De ma cité y'a un pays
Que j'connaîtrai sûrement jamais
Que p't-être c'est mieux qu'p't-être c'est tant pis
Qu'là-bas aussi j'serai étranger
Qu'là-bas non plus je serai personne
Alors pour m'sentir appartenir
A un peuple à une patrie
J'porte autour d'mon cou, sur mon cuir
le keffieh noir et blanc et gris
J'me suis inventé des frangins
Des amis qui crèvent aussi
retour à la liste des chansons
Elles s'en vont toujours par deux
Avant le dîner, discrètes,
Pour se recoiffer un peu,
Pour s'échanger en cachette
Quelques potins, quelques aveux
Quelle est la raison secrète
De cet exil mystérieux
Qui les retient au petit coin ?
Nos gonzesses
Devant les lavabos
Se repoudrent le bout du nez
Se font les lèvres cerise
Nos gonzesses
Sous les néons pas beaux
En dégrafant négligemment
Un bouton de leur chemise
Elles se retournent dans le miroir
Par-dessus leurs épaules
Pas très rassurées pour voir
Si par malheur ou par hasard
Leur joli cul n'aurait pas disparu
Puis innocentes mais la tête haute
Elles nous reviennent enfin
Parfumées comme pour un autre
Nos gonzesses
Devant les lavabos
Est-c'qu'elles parlent de moi, de nous ?
Est-c'qu'elles disent des gros mots?
Nos gonzesses
Sous les néons pas beaux
Font semblant de se laver les mains
Qu'elles ont blanches comme du bon pain
Un beau jour elles disparaissent
Sans laisser d'adresse
A peine un petit mot
Sur le miroir du lavabo
De leur rouge à lèvres souvent
Elles écrivent en lettres de sang
Simplement "Adieu salaud "
C'est vrai qu'il n'y a pas d'autres mots
retour à la liste des chansons
Jamais une statue ne sera assez grande
Pour dépasser la cime du moindre peuplier
Et les arbres ont le coeur infiniment plus tendre
Que celui des hommes qui les ont plantés
Pour toucher la sagesse qui ne viendra jamais
Je changerai la sève du premier olivier
Contre mon sang impur d'être civilisé
Responsable anonyme de tout le sang versé
Fatigué, fatigué
Fatigué du mensonge et de la vérité
Que je croyais si belle, que je voulais aimer
Et qui est si cruelle que je m'y suis brûlé
Fatigué, fatigué
Fatigué d'habiter sur la planète Terre
Sur ce brin de poussière, sur ce caillou minable
Sur cette fausse étoile perdue dans l'univers
Berceau de la bêtise et royaume du mal
Où la plus évoluée parmi les créatures
A inventé la haine, le racisme et la guerre
Et le pouvoir maudit qui corrompt les plus purs
Et amène le sage à cracher sur son frère
Fatigué, fatigué
Fatigué de parler, fatigué de me taire
Quand on blesse un enfant, quand on viole sa mère
Quand la moitié du monde en assassine un tiers
Fatigué, fatigué
Fatigué de ces hommes qui ont tué les indiens
Massacré les baleines, et bâillonné la vie
Exterminé les loups, mis des colliers aux chiens
Qui ont même réussi à pourrir la pluie
La liste est bien trop longue de tout ce qui m'écoeure
Depuis l'horreur banale du moindre fait divers
Il n'y a plus assez de place dans mon coeur
Pour loger la révolte, le dégoût, la colère
Fatigué, fatigué
Fatigué d'espérer et fatigué de croire
A ces idées brandies comme des étendards
Et pour lesquelles tant d'hommes ont connu l'abattoir
Fatigué, fatigué
Je voudrais être un arbre, boire à l'eau des orages
Pour nourrir la terre, être ami des oiseaux
Et puis avoir la tête si haut dans les nuages
(Pour) Qu'aucun homme ne puisse y planter un drapeau
Je voudrais être un arbre et plonger mes racines
Au coeur de cette terre que j'aime tellement
Et que ces putains d'hommes chaque jour assassinent
Je voudrais le silence enfin et puis le vent
Fatigué, fatigué
Fatigué de haïr et fatigué d'aimer
Surtout ne plus rien dire, ne plus jamais crier
Fatigué des discours, des paroles sacrées
Fatigué, fatigué
Fatigué de sourire, fatigué de pleurer
Fatigué de chercher quelques traces d'amour
Dans l'océan de boue où sombre la pensée
Fatigué, fatigué
retour à la liste des chansons
Y'en a une qu'est vachement impatiente,
C'est la pépètes qui part en vacances
Demain elle s'en va planter sa tente,
Sur une plage au bord de la France
Elle prépare ses affaires, énervée,
Elle s'agite, elle s'affaire, elle panique
Et puis le temps qu'elle est pas niquée,
Elle rêve d'un grand amour exotique
Elle a pris un cache-col, un chandail,
Sa robe jaune un p'tit peu déchirée
Un poisson surgelé, des tenailles,
Sa valise en carton va craquer
Elle est quand même heureuse d'être contente
L'a réussi à plier sa tente
Premier jour de vacances infernal,
La pépètes a voulu s'éclater
Elle a pris une leçon d'planche à voile,
Même la planche a failli se noyer
Pépette a bu la moitié d'la mer
Pis elle s'est fait mal à le genou
Et tout le pétrole du Finistère
A fini dans ses grands cheveux mous
Elle est allée s'doucher au camping,
Pis elle a commencé à flipper
A cause des marques blanches sous son string
Pis du reste de sa peau toute brûlée
Elle est quand même furieuse d'être en colère,
Y'a moins d'risque avec le nucléaire
Elle se oint, elle s'enduit, elle s'pommade
De monoï et de crème nivéa
Elle veut pas qu'son p'tit corps se dégrade
Car ce soir elle va au Macumba
Une giclée d'opium pour sentir bon
Sur la nuque et pis derrière les bras
Un coup d'brosse pour refaire son chignon,
Elle est prête à tomber Travolta
Elle hésite la robe jaune ou l'écossaise,
Les collants, les chaussettes ou les bas
Qu'est c'qui s'ra l'plus pratique si elle baise
Qu'est c'qui f'ra flipper les autres nanas
Elle est quand même étonnée d'être surprise
Devant la cont'nance de sa valise
Finalement elle se fringue en pépette,
En madone des machines agricoles
Au bout d'cinq heures elle est enfin prête
Mais la boite est fermée manque de bol
Alors elle va s'manger une pizza
Au jambon et au centre commercial
Et elle sanglote en pensant à moi,
Ce qui est complèt'ment immoral
Un troufion qui arrosait la quille
Vient lui faire un compliment grotesque
Genre vous êtes belle comme que'que chose qui brille
Elle en tombe amoureuse aussi sec
Elle est quand même déçue d'être triste
D'pas tomber sur un parachutiste
Y s'font dévorer par les moustiques
Toute la nuit sous la tente sur la plage
Au matin y's'font un p'tit pique-nique
Un sandwich au fourmis et fromage
Alors avec un bâton en bois
Y's écrivent leur prénom sur le sable
Elle dessine un coeur et lui un foie
Pis y r'gardent l'horizon lamentable
Elle va lui chercher des cigarettes
Au village 10 bornes à pied c'est long
Quand elle revient lui il a fait baskets
En lui gaulant sa valise en carton
Dedans y'avait ses robes et ses sous,
Ses papiers, des tenailles, un poisson
Ses vacances sont foutues pour de bon,
L'avait qu'à faire un peu attention et c'est tout
retour à la liste des chansons
Y v'nait du pays ou habite la pluie
Où quand y'a du soleil c'est un mauvais présage
C'est qui va pleuvoir c'est qui va faire gris
Il était chtimi jusqu'au bout des nuages
L'a connu l'école que jusqu'à treize ans
Après c'est la mine qui lui a fait la peau
Vingt au charbon c'est un peu minant
Pour goûter d(l'usine y s'est fait parigot
Dans son bleu d'travail y m'faisait rêver
Faut dire qu'j'étais jeune j'savais pas encore
J'pensais que l'turbin c'était un bienfait
Bienfait pour ma gueule surtout c'est la mort
L'avait fait 36 le Front Populaire
Pi deux ou trois guerres pi mai 68
Li avait la haine pour les militaires
J'te raconte même c'qui pensait des flics
Il était marxiste tendace Pif le chien
Syndiqué à mort inscrit au parti
Nous traitait d'fainéant moi et mes frangins
Parc'qu'on était anars tendance patchouli
Il était balaise fort comme un grand frère
Les épaules plus larges que sa tête de lit
Moi qui suis musclé comme un serpillière
Ben de c'coté là j'tiens pas beaucoup d'lui
L'avait sur l'bras gauche un super tatouage
Avec un croissant d'lune et une fleur coupée
La couleur s'était barrée avec l'age
Il avait l'bleu pâle d'un jean d élavé
Quand j'allais chez lui des foi d'temps en temps
J'lui roulait ses clopes avec son tabac gris
Pi j'restais des heures avec des yeux tout grands
A l'écouter m'baratiner sa vie
Vers soixante-cinq ans on lui a dit bonhomme
T'as assez bossé repose-toi enfin
L'a quittté Paname et la Rue d'Charonne
Pour une p'tite baraque avec un bout d'jardin
L'a usé ses reins a cassé la terre
Pour planter trois pauv'salades trois carottes
Y r'grettait ses potes du boul'vard Voltaire
Le bistrot l'apéro et les parties d'belote
Il est pas parti comme disent les poètes
Y s'est pas envolé comme disent les curés
Un matin d'décembre d'un cancer tout bête
L'a cassé sa pipe il a calanché
Y v'nait du pays où habite la pluie
Où quand y a du soleil c'est un mauvais présage
C'est qui va pleuvoir c'est aui va faire gris
Il était chtimi jusqu'au bout des nuages
Il était chtimi jusqu'au bout des nuages