Pelvoux (3946 m) en traversée

Le Pelvoux vu du glacier Blanc en août 2000. On
reconnaît à gauche les séracs du glacier des Violettes.
Longtemps considéré comme le
plus haut sommet du massif et de toutes les Alpes françaises (avant l’annexion
de la Savoie), le Pelvoux est une immense montagne de neige et de roc, un
véritable massif à lui tout seul. C’est parce que, de la vallée de la Durance,
sa masse imposante cache une bonne partie du massif des Ecrins – dont son point
culminant, la Barre des Ecrins – que le Pelvoux était pris pour la plus haute
montagne de la région et cela explique aussi pourquoi il a longtemps donné son
nom au massif tout entier.
Le Mont Pelvoux comprend
quatre sommets assez individualisés : la Pointe Puiseux (3946 m, point
culminant), la Pointe Durand (3932 m), le Petit Pelvoux (3753 m) et les Trois
Dents du Pelvoux (3682 m). Cette magnifique montagne est riche en parois,
glaciers, couloirs et arêtes – autant de courses merveilleuses et sauvages
comme il n’en existe nulle part ailleurs.
La traversée du Pelvoux est
sans doute l’une des plus belles courses du massif « par sa diversité, par
son intérêt technique et par l’allure des lieux parcourus » (G. Rébuffat).
L’ascension du couloir Coolidge, à la montée, et la descente du glacier des Violettes,
l’un des plus merveilleux et des plus tourmentés des Ecrins, font de cette
course une magnifique chevauchée en altitude. Tout commence à Ailefroide,
haut-lieu de l’alpinisme et de l’escalade et c’est également à cet endroit que
la course se termine, après avoir descendu les quelque 2440 mètres qui le
sépare du sommet du Pelvoux.
Du sommet de la Pointe
Puiseux, le panorama est grandiose – sans doute l’un des plus beaux de toutes
les Alpes. On y découvre le grand vide du glacier Noir dominé par les murailles
élancées du Pic Sans Nom et de l’Ailefroide, vus de profil, ainsi que le large
bassin du glacier Blanc caché en grande partie par l’immense masse rocheuse des
Ecrins. La vue s’étend du Mont Blanc au Valais, de la Vanoise au Grand Paradis
et du Viso aux douces lueurs de Provence.
Départ : Refuge du Pelvoux (2700 m), à 2 heures 30 d’Ailefroide.
Difficulté : PD.
Horaire : Du refuge au sommet, 4 heures. Du sommet à Ailefroide, 5 heures.
Itinéraire :
Du refuge, monter au nord d’abord par des rochers faciles puis par une sente longeant la moraine du Glacier du Clot de l’Homme. D’est en ouest, traverser sous ce glacier par des pierriers et/ou un névé. Gagner ainsi un névé assez incliné que l’on gravit de face. Par de vastes pentes d’éboulis, on aboutit à la Bosse de Sialouze (3244 m). Prendre pied sur le glacier et se diriger vers le couloir Coolidge. L’ascension de celui-ci (400 à 500 mètres) est agréable sans être débonnaire (pente moyenne à 35 degrés mais plus raide dans les 100 derniers mètres). La sortie peut être exposée aux chutes de pierres selon l’heure et les conditions (prévoir un casque). Arrivé en haut du couloir, on atteint le sommet de la Pointe Puiseux par les pentes de neige peu inclinées du plateau du Pelvoux.
Descente : du sommet, descendre le glacier du Pelvoux en direction du Petit Pelvoux, en passant sous la Pointe Durand. Prendre pied sur le glacier des Violettes, y traverser quelques crevasses et longer quelques séracs pour aboutir à une crête rocheuse. Descendre en rappel jusqu’à un replat neigeux. Traverser une nouvelle fois le glacier des Violettes – en sens inverse – (crevasses) et atteindre une épaule. De là, suivre une arête rocheuse presque horizontale menant à un couloir de pierres ou de neige suivant les conditions que l’on descend jusqu’à un névé. On atteint ensuite une barre rocheuse que l’on franchit en descente par un couloir (rappel). Prendre pied sur le Névé Pélissier et le descendre entièrement. Apres avoir franchi quelques pierriers, on aboutit à des pentes herbeuses que traverse un sentier évident. 500 mètres plus bas, suivre la longue vire d’Ailefroide (passages aériens, ressauts parfois délicats à désescalader) qui abouti près de la route du Pré de Madame Carle. Un bon sentier mène à Ailefroide.

Du sommet du Pelvoux (3946 m), vue sur le plateau et,
au loin, sur le Mont Viso – août 2000.

Au sommet du Pelvoux, à gauche la Barre des Ecrins – août
2000.

Le glacier des Violettes – août 2000.

Du Pic de Neige Cordier
(3613 m), vue sur le bassin du glacier Blanc et sur le Pelvoux (3946 m), à
droite.
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