Introduction - Historique - Fabrication du Vin - Traitements particuliers - Les Ajouts - Stockages et Vieillissements - Classification des Vins - Pays Producteurs: France , Italie , Espagne, Portugal, Allemagne, Hongrie, Suisse, Afrique du Nord, Etats-Unies, Australie, Nouvelle-Zélande - Tableau des productions
Pourriture Noble
Favorisée par de bonnes conditions climatiques, la pourriture noble
flétrit les grappes, ce qui a pour effet de concentrer les sucres
à l'intérieur des grains et d'augmenter la douceur du vin.
Ce processus est à la base de l'élaboration de certains vins
liquoreux.
Le Vin est une
boisson alcoolisée élaborée par fermentation de jus
de raisin frais.
Outre
l'eau (entre 65 et 80%), plusieurs centaines d'éléments chimiques
entrent dans la composition du vin: substances minérales, substances
organiques dont les alcools (principalement l'alcool éthylique et
le glycérol), acides organiques, polyphénols (anthocyanes,
tanins), enzymes, vitamines. Sa teneur en alcool peut varier de 4,5 à
16%. Par extension, on nomme aussi «!vins!» des boissons alcoolisées
obtenues à partir de jus d'autres fruits ou à partir d'autres
composants végétaux (vin de palme, par exemple).
On considère généralement
le vin comme le produit le plus élaboré de l'agriculture.
En effet, aucun autre produit agricole ne présente autant de nuances
appréciables par les sens . Une seule espèce de vigne, vitis
vinifera, permet de produire la quasi-totalité du vin consommé
dans le monde. Cette espèce se décline en de très
nombreuses variétés aux caractéristiques différentes,
les cépages. La personnalité d'un vin dépend de nombreux
facteurs, dont les principaux sont le type de sol, les conditions climatiques,
le ou les cépages et les méthodes d'élaboration (vinification).
Historique
On
suppose que la vinification existe depuis que les hommes vivent près
de vignes sauvages. En effet, les fruits fermentent de façon spontanée.
Sucré et juteux, le raisin est l'un de ceux qui fermentent le plus
facilement. Ainsi, la vinification consiste à maîtriser et
à affiner ce processus naturel.
Les premiers
témoignages de la domestication et de la culture de la vigne remontent
au IVe millénaire av.J.-C., dans le Caucase, puis en Mésopotamie.
La culture de la vigne et la production de vin se développent ensuite
en Égypte, en Grèce et dans l'Empire romain, puis en Gaule.
Il est significatif que le terme «!vin!» dérive du sanskrit
vêna (liqueur sacrée de l'Inde védique) et se retrouve
dans les différentes langues indo-européennes (vinum, oinos,
vino, vinho, wein, wine, etc.).
Les débuts
de la viticulture en France demeurent controversés. Certains spécialistes
pensent qu'ils datent des colonies grecques de Massalia (Marseille)!; d'autres
estiment que la viticulture celte lui est antérieure. On sait en
tout cas que, durant la domination de Rome, le vin de Gaule est assez réputé
pour que des lois viennent protéger la production romaine.
Après
la chute de l'Empire romain, les invasions germaniques entraînent
une diminution de la production. Le vin, nécessaire aux sacrements
de l'Église chrétienne, est cantonné aux monastères.
C'est à partir de là qu'un nouvel essor se dessine entre
le XIIe et le XVIe siècle. Au siècle suivant apparaît
l'utilisation de la bouteille de verre, et, vers la même époque,
le bouchon de liège, oublié depuis la période romaine,
est réhabilité.
Les propriétaires aristocratiques
de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle
commencent à développer une grande partie des vignobles de
Bordeaux. De leur côté, les Anglais mettent en valeur les
vignobles de Jerez et de la vallée du Douro. La vinification hors
d'Europe remonte au XVIe siècle au Chili, au XVIIe siècle
en Afrique du Sud, au XVIIIe siècle en Amérique du Nord,
et au XIXe siècle en Australie, partout où missionnaires
et colons s'installent.
La fin du XIXe
siècle est marquée par la dévastation des vignes européennes
par le phylloxéra, un insecte qui s'attaque aux racines de la plante,
importé accidentellement d'Amérique du Nord vers 1863. Seul
le greffage des cépages européens sur des pieds «!porte-greffes!»
américains (vitis riparia, vitis rupestris) résistant au
parasite permet, dans la première moitié du XXe siècle,
le sauvetage et la restauration des vignobles d'Europe.
La seconde moitié
du XXe siècle est caractérisée par de nombreux progrès
techniques et l'essor de l'œnologie moderne. Les moyens ainsi mis en place
permettent à l'économie viticole, notamment en France, de
surmonter la crise de la première moitié du siècle,
née du durcissement de la concurrence, des fraudes et de la surproduction.
Instauré dans les années trente, le système français
d'appellation d'origine contrôlée (AOC) constitue une réponse
satisfaisante et largement imitée. Reste que la surproduction continue
d'être un problème économique majeur de l'Union européenne.
Fabrication du
vin
Les
grappes du raisin fraîchement vendangé sont foulées
(autrefois à pieds nus, plus récemment par des machines)
afin d'obtenir des «!moûts!» riches en sucres et qui
vont subir une fermentation alcoolique. Plus le raisin sera sucré
au départ, plus le vin sera alcoolisé et moins il sera acide.
La fermentation
alcoolique est déclenchée par l'activité de levures
(Saccharomyces ellipsoideus), présentes naturellement à la
surface des grains ou bien ajoutées aux moûts.La plupart du
temps, une petite dose d'anhydride sulfureux vient prévenir les
contaminations bactériennes indésirables. Les cuves contiennent
alors deux types de produits, qui constituent les moûts: le jus à
l'origine du vin, et les marcs, qui sont les autres constituants des grains
(comme la peau). Le jus qui s'écoule spontanément de la cuve,
par égouttage, est le vin de goutte (ou première cuvée),
considéré comme le meilleur. Par la suite, il est traité
séparément du jus extrait par pressurage, c'est-à-dire
le vin de presse (ou deuxième cuvée).
Deux principaux
produits résultent de la fermentation: l'alcool éthylique
et le gaz carbonique. En principe, la fermentation s'arrête lorsque
tous les sucres ont été convertis en alcool et en gaz carbonique,
ou lorsque la concentration en alcool atteint un niveau trop élevé
pour la survie des levures. Une deuxième fermentation peut avoir
lieu selon les conditions ou les besoins: la fermentation malolactique,
due à des bactéries qui transforment l'acide malique en acide
lactique (et gaz carbonique)!; elle a pour conséquence de diminuer
l'acidité du vin, et elle est surtout recherchée pour les
vins rouges.
Pour les vins
blancs, rouges et rosés, le jus des grappes de raisins rouges ou
de raisins blancs, est, au départ, incolore. C'est le type de vinification
qui permet aux raisins à peau rouge de donner un vin rouge. Le vin
blanc, lui, est obtenu par pressurage avant toute fermentation. Après
fermentation, le vin blanc est sec (aucun sucre résiduel) ou doux
(sucre résiduel après arrêt de la fermentation de façon
naturelle ou par adjonction d'anhydride sulfureux). Le vin rouge comporte
une phase de macération du jus avec les peaux des grains de raisin.
Ce sont ces dernières qui fournissent toutes les matières
colorantes. La libération de ces substances est amplifiée
par des techniques mécaniques d'activation. La macération
a lieu dans la cuve en même temps que la fermentation alcoolique,
après foulage. Le vin de goutte et, après pressurage, le
vin de presse subissent séparément la fermentation malolactique.
Le vin rosé est obtenu soit par «!saignée!» (soustraction
d'une partie du jus faiblement coloré en début de macération
d'une cuve de rouge), soit par pressurage d'une cuvée faiblement
macérée.
La présence
de gaz carbonique dissous caractérise tous les vins effervescents.
Sa teneur définit un vin pétillant (pression de 1 à
2,5bars dans la bouteille), un vin mousseux ou un crémant (3bars),
un champagne ou un vin de méthode champenoise (6bars). La plus simple
et la plus économique des techniques de fabrication est la gazéification,
injection de gaz carbonique dans le vin avant mise en bouteille sous pression.
Mais, pour les vins de qualité, la méthode champenoise passe
par une seconde fermentation en bouteille après adjonction des sucres
et des levures nécessaires. Les ferments alcooliques doivent rester
dans le vin au moins 9mois, et, selon les cuvées, de 1 à
3ans pour les champagnes. La méthode traditionnelle («rurale»)
que l'on pratique encore à Limoux, à Die ou à Gaillac
consiste à embouteiller le vin avant que sa fermentation ne soit
terminée!; elle donne ainsi un vin légèrement pétillant
(parfois légèrement doux) avec un sédiment.
Pour les vins
vinés et les vins mutés, le vinage consiste en une addition
d'alcool (en général, de l'eau-de-vie de raisin) au moût
en début ou en cours, voire en fin de fermentation. Le vin de liqueur
est obtenu par mélange de jus de raisin frais et d'alcool de même
origine, tels le pineau des Charentes avec le cognac, ou le macvin du Jura
avec de l'eau-de-vie de marc. Le vin doux naturel (VDN) est obtenu par
mutage, c'est-à-dire un vinage en cours de fermentation du moût
pour la stopper, laissant ainsi une quantité plus ou moins importante
de sucre non fermenté qui caractérise des vins plus ou moins
doux comme les vins doux naturels du Languedoc-Roussillon, le porto, etc.
Le vinage, après fermentation complète, est pratiqué
sur des vins d'élaboration complexe comme le xérès
ou le madère.
Traitements particuliers
La qualité
du vin dépend de plusieurs paramètres: la température
de fermentation, les manipulations, les adjonctions et les méthodes
de stockage.
Les vins blancs
sont généralement fermentés à une température
assez basse (entre 9 et 18 °C), tandis que les vins rouges nécessitent
une température ambiante proche de celle de la vendange (entre 20
et 30°C).
S'il est préférable
de ne pas trop remuer le vin, certaines manipulations, comme la macération,
le remontage ou le pigeage pour les vins rouges, sont nécessaires.
Elles en garantissent la couleur, l'arôme et le tanin. D'autres procédés
physiques sont également autorisés: la filtration, la décantation,
la centrifugation, le chauffage de la vendange pour accentuer la couleur
du vin, le chauffage du vin pour assurer sa conservation, la congélation
partielle pour augmenter son titre en alcool, et la réfrigération
à -4°C en cuve isotherme pour provoquer la précipitation
de l'excès de tartre dont tous les vins sont naturellement sursaturés.
Ajouts
Les
principales adjonctions consistent en apport de sucre ou de moût
rectifié pour augmenter la teneur finale en alcool chez les vins
trop faibles. Cette opération, la chaptalisation, inventée
par Jean-Antoine Chaptal, est très réglementée (le
seul saccharose est autorisé et la quantité est limitée
selon chaque région).
Dans les régions
vinicoles chaudes, une pointe d'acidité peut être apportée
pour améliorer l'équilibre. On peut ajouter également
d'autres éléments (peu recommandés pour les vins fins):
tanins pour la couleur et la saveur, copeaux de chêne pour l'arôme,
substance de clarification (gélatine alimentaire, albumine) pour
éliminer les particules en suspension, stabilisants biologiques
(sulfite et anhydride sulfureux).
Stockage et vieillissement
Le
type de cuve dans lequel le vin est stocké peut influencer son goût.
On considère les cuves en acier inoxydable ou en résine (polyester)
comme neutres vis-à-vis du vin, alors que les cuves en bois ou les
barriques ont un rôle bonificateur, notamment pour les vins «!de
garde!», les plus structurés et les plus complexes. Une fois
en bouteille, le vin est, selon les appellations et le type de vinification,
prêt à la consommation, ou il nécessite au contraire
un séjour en cave plus ou moins long pour «!se faire!».
Les bouteilles doivent alors impérativement être en position
horizontale, dans l'obscurité, à une température fraîche
et une humidité contrôlée, hors de toute vibration.
Classification
des vins
Les
zones tempérées du globe (25° à 50° de latitude
nord ou sud) sont propices à la production viticole. Dans ces régions,
et plus particulièrement en Europe, l'origine géographique
fournit une base de différenciation des divers types de vins. Ils
sont classés en deux catégories: la première est celle
des VQPRD (vins de qualité produits dans une région déterminée),
qui comprend en France les appellations d'origine contrôlée
(AOC) et les vins délimités de qualité supérieure
(VDQS). La seconde catégorie comprend les vins de pays et les vins
de table.
Depuis les années
quatre-vingt émerge un autre critère de distinction, fondé
sur le cépage (variété des plants de vigne utilisés:
sauvignon, pinot noir, cabernet, etc.). Cette évolution apparaît
liée à l'important développement des vignobles non
européens et des vignobles situés dans des régions
sans tradition viticole.
Pays producteurs
Les
pays d'Europe occidentale et centrale représentent, par leur histoire
et par leurs caractéristiques géologiques et climatiques,
le cœur de la «!culture du vin!». Ils sont aujourd'hui en tête
de la production mondiale, avec l'Italie (environ 70millions d'hectolitres),
la France (environ 55millions d'hectolitres) et l'Espagne (environ 40millions
d'hectolitres). Mais le Portugal, la Grèce, l'Allemagne, la Suisse,
l'Autriche, la Hongrie, la République fédérale de
Yougoslavie, la Roumanie, la Bulgarie et la Moldavie contribuent également
à la richesse et à la diversité de la production mondiale
de vin.
Hors d'Europe,
la vigne s'est développée en Amérique du Nord (Californie)
et en Amérique du Sud (Chili, Argentine), en Afrique du Nord (Algérie,
Tunisie, Maroc) et du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande.
France
La France a la réputation de produire les meilleurs vins au monde.
Une telle réputation est fondée sur la qualité des
terroirs, mais aussi sur la maîtrise des procédés de
vinification, portés, depuis les années cinquante, à
un haut degré technologique, grâce aux recherches de nombreux
œnologues et laboratoires. Par la diffusion de ses cépages et de
ses techniques, ainsi que par la qualité de ses grands crus, la
France continue aujourd'hui d'influencer les autres nations productrices.
La production
nationale -environ 55millions d'hectolitres sur 1million d'hectares- se
répartit entre AOC (40%), vins de pays (23%), vins de table (17%),
VDQS (1%), le reste étant destiné à la distillation.
Le Bordelais
est la première région viticole de France (26% des AOC).
Ses vins constituent, depuis le XVIIIe siècle, une référence
pour l'ensemble de la production des vins fins. Ils se distinguent par
leur qualité, leur personnalité et leur longévité.
Le cabernet sauvignon et le merlot sont les cépages rouges bordelais
les plus plantés, associés au cabernet franc, et en plus
faible proportion au malbec et au petit verdot. Plusieurs facteurs déterminent
le caractère de chaque appellation: encépagement, sol, influence
maritime. Dans les sols graveleux du Médoc (12000ha) et des Graves
(4500ha), le cabernet sauvignon domine et donne des vins tanniques -malgré
l'apport charnu du merlot- et de longue garde. Dans les terres calcaires
de Saint-Émilion (5400ha) ou les terres de graviers sur argile de
Pomerol, le merlot donne un type de vin rouge plus rond et velouté.
Le Bordelais s'illustre également avec des vins blancs secs ou doux
(cépages sémillon, sauvignon et muscadelle), tels que les
graves et les sauternes.
ccccccc
cccccccccccc
cccccccccccc
Pinot Noir
Le Chardennay
Pinot Meunier
La
Bourgogne, de Chablis à Mâcon, est consacrée au chardonnay
pour les blancs (l'aligoté est réservé au bourgogne-aligoté)
et au pinot noir pour les rouges, le gamay étant le cépage
exclusif des rouges du Beaujolais (comme des coteaux du Lyonnais) au sud
de la région. Long ruban étroit, de superficie nettement
moins importante que le Bordelais (la Côte d'Or, cœur du vignoble
bourguignon avec la côte de Nuits et la côte de Beaune, couvre
8400ha), la Bourgogne est très morcelée. Ses terres sont
classées selon les terroirs géologiques, «!climats!»
et parcelles, et les zones climatiques. Les appellations sont réparties
en quatre grands niveaux de qualité: grand cru, premier cru, villages,
vins régionaux.
Vaste vignoble
de 60000ha, les Côtes du Rhône se partagent en deux parties
bien distinctes. La partie septentrionale est caractérisée
par les vins fermes mais fins, issus de la syrah, qui trouve là
ses plus grands terroirs (côte-rôtie, hermitage, cornas, saint-joseph),
à côté du viognier, dont la meilleure expression reste
le condrieu. La partie méridionale, beaucoup plus importante, donne,
dans l'abondance de sa production, aussi bien des vins plus souples et
plus faciles que les vins plus capiteux et charnus, aux saveurs plus «!méditerranéennes!»
(cépages grenache, syrah, cinsault, mourvèdre), qui, tels
châteauneuf-du-pape, gigondas, etc., ont fait sa notoriété.
Régions
méditerranéennes par excellence, la Provence et la Corse
ont fait leur célébrité avec les rosés. Mais
de constants progrès de qualité ont amené les blancs
et surtout les rouges au premier plan: séveux, aromatiques, bien
constitués (côtes-de-provence, coteaux-d'aix, baux-de-provence),
ils peuvent se doter d'une personnalité propre aux grands vins de
garde (palette, bandol). La Corse, retrouvant progressivement ses cépages
autochtones (niellucciu, sciaccarellu) adaptés aux conditions naturelles,
offre aujourd'hui une production plus raisonnable quantitativement et qualitativement,
et des vins de caractère et d'expression.
Le Jura (1500ha
en AOC) est complanté en cépages locaux (en rouge, le poulsard
principalement et le trousseau!; en blanc, le savagnin) et cépages
bourguignons (pinot noir et chardonnay). Rouges, blancs, mousseux, vin
jaune, vin de paille constituent les appellations côtes-du-jura et
arbois. L'appellation l'étoile ne comporte pas de rouge, tandis
que l'appellation château-chalon est consacrée au vin jaune.
Le «vin jaune», blanc issu de savagnin, vendangé tardivement,
tenu 6ans en fût sans ouillage (c'est-à-dire sans les remplissages
qui assurent le niveau maximum), mais protégé naturellement
par un «!voile!» de levures, est caractérisé
par un goût très particulier de noix. Le «vin de paille»
est issu de raisins passerillés, séchés, puis vinifiés
lentement en blanc doux.
Avec les cépages
jacquère, altesse dit aussi «roussette», roussanne dit
«bergeron», chasselas et gringet, la Savoie (environ 2000ha)
produit des blancs vifs et fruités, ainsi que des rouges parfumés
et denses, bien typés (mondeuse) et reflétant l'originalité
du terroir (gamay, etc.).
L'Alsace (13000ha
pour environ 1million d'hectolitres en AOC) produit presque uniquement
des blancs dont l'appellation est précisée par le cépage
(riesling, gewurztraminer, tokay-pinot gris et muscat sont les quatre plus
grands). La notion de terroir n'apparaît que dans les grands crus.
Fraîcheur, fruité, nervosité en sont les caractéristiques
principales, sans interdire des personnalités plus opulentes et
plus complexes selon le cépage, le terroir et le millésime.
Les cuvées de «!vendanges tardives!» (raisins surmûris
ramassés après les premières gelées) et de
«!sélection de grains nobles!» (vendange par tries successives
de raisins botrytisés) constituent les expressions les plus riches
du vignoble alsacien.
Sur les terres
calcaires de Champagne, le chardonnay (cépage blanc qui apporte
finesse et élégance), le pinot noir (cépage rouge
à jus blanc donnant des vins plus charpentés) et le pinot
meunier (cépage rouge à jus blanc donnant des vins plus rustiques)
permettent d'élaborer le plus grand des vins effervescents. À
partir de vins blancs «!tranquilles!», la champagnisation est
un processus de seconde fermentation provoquée en bouteille par
ajout de sucre et de levures. Le plus souvent assemblage de vins issus
des trois cépages et de différents terroirs, le champagne
peut être millésimé ou «!sans année!»
(assemblage de plusieurs millésimes). Il est dit «!blanc de
blancs!» lorsqu'il provient de raisins blancs, et «!blanc de
noirs!» lorsqu'il provient des cépages rouges. Le rosé
est le plus souvent un mélange de vins blanc et rouge, cas unique
dans les AOC françaises.
La vallée de la Loire, pléiade
d'appellations le long du fleuve royal et de ses affluents, est depuis
longtemps réputée pour ses vins blancs secs ou moelleux et
pour ses rouges, qu'ils soient délicats et légers ou fermes
et colorés. Hormis le Pays Nantais, voué au muscadet (du
nom du cépage), et les appellations du Nivernais (pouilly-fumé,
sancerre) et du Berry (ménetou-salon, quincy, reuilly) où
règne le sauvignon, les grandes appellations de Touraine et d'Anjou
sont l'expression du chenin pour les blancs et du cabernet franc pour les
rouges.
Les vignobles
du Sud-Ouest représentent un vaste ensemble aux traditions, terroirs
et cépages très divers. Ils se regroupent en trois entités:
le Bergeracois, le Haut-Pays (tous deux victimes, du XIIIe au XVIIIe siècle,
du «Privilège» bordelais, véritable monopole
des échanges commerciaux) et les Pyrénées. Le Bergeracois,
avec des cépages essentiellement bordelais, offre des rouges consistants
(bergerac, côtes-de-bergerac, pécharmant), des blancs secs
(bergerac, montravel) ou moelleux (saussignac, rosette, haut-montravel,
côtes-de-montravel, monbazillac). Le Haut-Pays est lui aussi marqué,
dans sa partie ouest, par les cépages bordelais (côtes-de-duras,
côtes-du-marmandais, côtes-de-buzet), mais révèle
des terroirs à forte personnalité avec des cépages
plus originaux: Cahors (avec le côt, dit «!l'auxerrois!»,
comme cépage dominant), Côtes-du-Frontonnais (avec la négrette
comme cépage principal), Gaillac (large gamme de cépages,
notamment locaux comme le mauzac, le len de l'el et l'ondenc pour les blancs,
le duras et le braucol pour les rouges).
Les Pyrénées
produisent des vins très typés par leurs cépages autochtones
à Jurançon (petit et gros manseng, courbu), à Madiran
où les rouges sont marqués par le tannat, à côté
des blancs d'appellation pacherenc-de-vic-bilh (arrufiac et cépages
de Jurançon), ou encore à Irouléguy (cabernet franc
et tannat).
Le Languedoc-Roussillon,
gros producteur avec plus de 20millions d'hectolitres (dont plus de 3millions
en AOC, près de 5millions en vins de pays, 13millions en vins de
consommation courante, et 0,5million en VDN), est aujourd'hui revenu au
premier plan des vins de qualité. Généreux, épicés,
charnus, parfois robustes, de caractère franc, les vins du Languedoc-Roussillon
proposent une grande palette d'expressions de terroirs, en blanc, en rosé,
en rouge et en VDN.
Italie
L'Italie, premier producteur mondial, est caractérisée par
la très grande diversité des zones de production, des appellations
et des cépages (nombreux cépages locaux auxquels viennent
s'ajouter des cépages renommés, voire à la mode, notamment
bordelais et bourguignons), ainsi que par la disparité des niveaux
de qualité. Les meilleurs vins concernent environ 200appellations
(DOC, Denominazione di Origine Controllata) que dominent les DOCG (Denominazione
di Origine Controllata e Garantita). Les régions principales sont:
le Piémont avec le barolo et le barbaresco issus du cépage
nebbiolo, le barbera (du nom du cépage), ainsi que l'asti, vin blanc
effervescent de muscat!; la Toscane avec le chianti (issu du sangiovese),
le brunello di montalcino (issu du brunello, variété de sangiovese)
et le vino nobile de montepulciano (sangiovese), à côté
de blancs tel que le vernaccia di san gimignano (du nom du cépage)!;
la Vénétie avec le soave en blanc et le valpolicella en rouge!;
l'Émilie-Romagne avec l'albana di romagna en blanc et le lambrusco,
rouge fruité légèrement pétillant!; la Sicile
avec son plus grand vin, le marsala, vin viné sec ou doux.
Espagne
L'Espagne,
premier vignoble mondial par sa superficie (environ 1500000ha), est riche
en terroirs de caractère et cépages autochtones que viennent
moduler les variations climatiques d'origine maritime (océanique
ou méditerranéenne) ou continentale. Le système d'appellation
(DO, denominacion de origen) met en évidence, depuis les années
soixante-dix, les meilleures régions: la Galice, avec ses appellations
de blancs secs rias biaxas (cépage albarino) et ribeiro (cépages
treixadura, torrontés et palomino-jerez)!; La Rioja, qui donne son
nom au vin rouge le plus réputé d'Espagne, charnu et de bonne
garde, issu majoritairement du tempranillo!; Castille-et-Léon, avec
les appellations ribera del duero (dont le célèbre «vega
sicilia»), vin rouge de tempranillo, et rueda, vin blanc issu du
verdejo!; la Catalogne, connue pour les rosés et les rouges des
appellations penedés (cépages tempranillo, garnacha, monastrell,
souvent associés aux cépages bordelais) et priorato (cépages
garnacha et carinena), ainsi que les blancs issus de cépages locaux
comme le xarello (caractéristique de la petite appellation alella)!;
l'Andalousie, célèbre pour son jerez (xérès),
vin blanc viné issu du palomino et se déclinant en différents
types qui constituent les familles des «!fino!» et des «!oloroso!»,
ou encore pour les puissants vins de Málaga et de Montilla-Moriles.
Portugal
Le Portugal,
en bordure océanique, est avant tout le pays du Porto, vin viné
issu du terroir exceptionnel (terrasses de schistes, climat rude) de la
haute vallée du Douro. Mais le «!vinho verde!», «!vin
vert!» rouge ou blanc vif et fruité, le dao, rouge de structure
plus affirmée, ou, dans la région de Lisbonne, le moscatel
de setubal et les rouges de Colares sont également intéressants.
Enfin, Madère produit des vins vinés secs (cépage
sercial), demi-doux (cépages verdelho et bual) ou doux (cépage
malvoisie dit malmsey).
Allemagne
Les vignobles allemands se situent dans la partie sud-ouest du pays, se
réservant les meilleurs coteaux des vallées du Rhin (avec
notamment les grands rieslings de l'appellation rheingau), de la Moselle,
de la Sarre, de la Nahe. Les «!vins de qualité!» (Qualitätswein)
se répartissent en «!vins de qualité d'une région
déterminée!» (Qualitätswein bestimmter Anbaugebiete,
QbA) et, au sommet de la hiérarchie, les «!vins de qualité
avec label!» (Qualitätswein mit Prädikat, QmP), classés
en plusieurs types selon la richesse des moûts.
Hongrie
La
Hongrie s'illustre par quelques crus réputés (vignobles de
Somlo et de Mor dans le nord-ouest du pays, du lac Balaton à l'ouest,
de Eger au nord), mais son vin le plus célèbre reste le tokay
(à la pointe nord-est du pays), blanc dont la gamme s'étend
du sec (tokay szamorodni) au liquoreux (tokay aszu) selon la surmaturité
ou la botrytisation de la vendange (cépage furmint).
Suisse
La
Suisse étend ses vignobles sur les coteaux aux abords des lacs (lac
Léman, lacs de Neufchâtel, de Bienne, et de Constance, lac
Majeur, lac de Lugano) ou des fleuves ou rivières (Rhin, Rhône,
Tessin). La Suisse romande, quantitativement et qualitativement la plus
importante zone vinicole, offre des blancs de chasselas (fendant dans le
Valais, dorin dans le canton de Vaud) et quelques rouges (la Dôle,
dans le Valais, à base de pinot noir et gamay), tandis que le Tessin
produit des rouges à base essentiellement de merlot.
Afrique du Nord
Dans les pays d'Afrique du Nord, le vignoble de grosse production développé
jadis par la colonisation française est aujourd'hui limité
aux meilleurs terroirs (en Algérie notamment, tlemcen, le haut-dahra,
mascara, médéa, zaccar).
États-Unis
Implantée depuis le XVIIIe siècle sur la côte Ouest,
la vigne à vin couvre aujourd'hui près de 300000ha en Californie,
de loin la plus importante région vinicole, avec notamment, au nord
de SanFrancisco, les vallées de Napa et de Sonoma, au sud de SanFrancisco,
les zones de Santa Cruz et de Santa Barbara. Suivant les conditions climatiques,
la latitude et l'altitude, l'encépagement, fort éclectique,
fait appel au cabernet sauvignon comme au pinot noir, à la syrah
comme au zinfandel, au gamay comme au barbera, au chardonnay comme au chenin,
au sauvignon comme au riesling, etc. Au nord-ouest du pays, les vins des
États de l'Oregon et de Washington, à l'est, ceux de l'État
de New York (région des Fingers Lakes), viennent compléter
la gamme de la production américaine.
Australie
En
Australie, le vignoble, principalement établi au sud-est de l'île
(en Nouvelle-Galles-du-Sud avec la Hunter Valley, en Australie-Méridionale
avec la région de Coonawarra-Padthaway et Barossa Valley), est complanté
en syrah, cabernet sauvignon et pinot noir pour les rouges, en sémillon,
chardonnay et ugni blanc pour les blancs.
Nouvelle-Zélande
Le vignoble de Nouvelle-Zélande, en pleine expansion depuis les
années soixante-dix, produit notamment des blancs intéressants
sur la côte est de l'île du Nord (Gisborne, Napier) et de l'île
du Sud (Marlbourough).
| Production mondiale | 20 452 |
| Italie | 5 641 |
| France | 5 558 |
| Espagne | 1 964 |
| Argentine | 1 644 |
| États-Unis | 1 580 |
| Allemagne | 1 375 |
| Afrique du Sud | 950 |
| Portugal | 721 |
| Roumanie | 550 |
Début de la Page Introduction - Historique - Fabrication du Vin - Traitements particuliers - Les Ajouts - Stockages et Vieillissements - Classification des Vins - Pays Producteurs: France , Italie , Espagne, Portugal, Allemagne, Hongrie, Suisse, Afrique du Nord, Etats-Unies, Australie, Nouvelle-Zélande - Tableau des productions