Ô, toi, fils du brave Anchitès, écoute :
Les paumes étroites se relâchent le long du corps.
Nombreux, pourtant, sont les maux qui frappent et émoussent les esprits.
Percevant une pauvre part de l'existence dans leur vie,
prompts à mourrir, adaptés à l'âcre loi du bûcher(1),
les mortels n'obéissent qu'à ce que,poussés en tout lieu, chacun rencontre.
Mais le Tout, qui désire le trouver ?
Ainsi demeurent ces secrets, invisibles, inaudibles aux hommes,
inintelligibles à leur pensée.
Toi, donc, puisque tu as erré jusque là, sache-le :
Jamais une sagesse humaine ne s'est éveillée davantage.
Mais détournez de ma langue la folie de ceux-là,
dérivez de mes lèvres sacrées une source pure.
Et toi, Muse à la mémoire multiple, vierge aux bras blancs,
je te supplie de pouvoir écouter ce que Justice permet aux êtres éphémères
envoie-moi, Eusebeia (2) me guidant, un char (3) aisé à mener.
Et certes l'éclat de la gloire ne te contraindra pas à être amenée auprès des mortels afin d'en dire plus en dépit de la loi divine.
Tu auras le courage de t'élancer vers les sommets du savoir.