Métal-Sider, un masque pour l'import-import
Par Mourad B.
Le projet d'aciérie de Métal-Sider, dont nous avions déjà parlé dans nos précédentes éditions, a dû générer de nombreux problèmes et entre autre poser indubitablement celui de l'eau.
En effet, pour un projet de moindre envergure, la consommation entre eau industrielle et eau pure est d'une moyenne de 500 m3/h.
Sachant qu'une aciérie consomme une quantité importante d'eau et que le site choisi pour l'implantation de cette aciérie ne possédait pas de ressources particulières, d'où aurait pu provenir l'eau nécessaire au fonctionnement d'une telle réalisation ?
Dans le cas où les quantités nécessaires ont été fournies par forage, il faudrait s'interroger sur le fait de savoir si ces forages n'ont pas atteint la nappe phréatique ? L’eau étant un élément précieux et vital surtout par rapport aux dernières décennies.
D'autre part, il faut savoir que l'eau utilisée pour ce projet ne devait pas contenir de substances irrésolues et devait être exempte d'acide carbonique agressif.
De plus, son PH devait se situer entre sept et huit et sa teneur en sulfate ne devait, en aucun cas, dépasser les 60 mg/l et cela selon les normes en vigueur.
Bien sûr, de nombreux autres paramètres sont nécessaires à une telle réalisation. Le choix du site, en lui-même a-t-il tenu compte de l'altitude de ce site par rapport au niveau de la mer.
De plus, la réalisation d'un tel projet nécessitait assurément une main-d'œuvre qualifiée et une formation qui se devait d'être assurée par le concepteur/constructeur de l'aciérie. Ce même constructeur devait également assurer la maintenance, l'entretien et la réparation des installations fournies pour une durée déterminée.
En effet, pour un tel projet, le personnel doit être recruté après une sélection rigoureuse.
Un projet fantôme
Déjà, pour un projet moindre, il faudrait prévoir au moins deux ingénieurs, six contremaîtres et un nombre important d'ouvriers qualifiés qui ne doit pas être inférieur à quatre-vingt personnes. Ce personnel doit subir une formation auprès du constructeur de l'usine. Les frais d'une telle formation devaient être donc inclus dans les frais que devaient générer une telle réalisation (aciérie).
Il faut savoir que le nombre total d'ouvriers gravitant autour d'un projet de moindre envergure tournerait autour de 500.
A ce niveau-là, Métal-Sider a-t-elle formé ce genre de personnel qualifié et, dans le cas échéant, que sont devenus tous ces ouvriers après que l'usine eut été détruite ?
Pendant le laps de temps où cette aciérie aura fonctionné, combien d'ouvriers comptait-elle ?
En tout état de cause, le facteur temps, en comptant l'étude, la réalisation, la formation du personnel et la production ne permettait en aucun cas le résultat escompté par Rebrab. Chaque détail d'une quelconque conception doit être notifié sur le bilan temps de l'entreprise.
Il faut souligner que le projet de cette aciérie aurait dû être conçu pour une industrie de petit fer par exemple, et non avoir les visées de réalisation d'énormes quantités de rond à béton.
En ce sens, un tel projet n'a fait que créer une confusion entre les concepts d'importation et d'exportation.
Ce qu'il faut également savoir, c'est que certaines de ces importations en matière de rond à béton provenaient d'Ukraine.
Y aurait-il alors des risques pour que ce rond à béton importé d'Ukraine ait été irradié ? Il y a lieu de vérifier cela en tout cas, car Tchernobyl n'est pas loin.
En fait, tous ces agissements couvraient certaines importations qui, elles-mêmes, étaient liées à l'exportation de la ferraille dans certains cas.
A l'exemple d'une énorme quantité de ferraille constituée d'acier spécial tel que la tôle BS2 (NFA 36211), les aciers Thomas et les aciers XC 18S, qui était entreposée sur les parcs Naftal à l'échelle du territoire national
Où sont passées les bouteilles réformées ?
La quantité de bouteilles à gaz propane réformées par Naftal s'élevait en 1988 à 1 118 151 bouteilles et cela, en plus de 427 666 chapeaux de bouteilles à gaz. Toute cette quantité de bouteilles réformées encombrait les parcs Naftal, au point qu'une vente devait intervenir pour désengorger ces parcs.
Si l'on compte alors qu'en 1988, une telle quantité existait déjà, qu'en est-il de la quantité réformée qui existe, aujourd'hui, soit plus de dix années après ?
L'utilisation de la bouteille à gaz étant une nécessité dans la vie de l'Algérien, l'équation est largement édificatrice de la quantité actuelle, quand on sait que bien des villes d'Algérie sont dépourvues jusqu'à l'heure actuelle des commodités du gaz de ville. Où sont donc passées ces quantités de bouteilles à gaz propane et butane réformées et déclassées ? Quels ont été les acheteurs éventuels de telles quantités ?
Quelles ont été les destinations finales de ces quantités énormes et par quel truchement ont-elles atterri sur les quais de Annaba, Skikda, Alger et Oran.
Les prix, auxquels ont été vendus ces lots de bouteilles aux exportateurs, ont-ils été en adéquation avec la réglementation des changes et du commerce extérieur ? A ce niveau-là, seules les unités de récupération des wilayas Est, Ouest et Centre sont habilitées à nous renseigner sur la question.
La réalité, elle, fait qu'un écart existe entre les prix et les quantités à l'acquisition au niveau des entreprises de récupération et les prix et les quantités déclarées à l'export. Cet écart reflète à peu près la valeur dissimulée pour être versée dans les banques à l'étranger. Ces exportateurs, encore une fois, utilisent les banques commerciales et primaires uniquement pour la domiciliation de leurs opérations d'exportation. Le prix symbolique pratiqué à la domiciliation est loin de représenter les prix réels à l'export et encore moins d'avoisiner le prix d'achat auprès des unités de récupération. La rentabilité de ce genre d'opérations se situe en fait à d'autres niveau, comment expliquer alors que le prix de vente soit bien inférieur au prix de revient du produit. La domiciliation se faisant à un prix symbolique déclaré, certains opérateurs ne rapatrient que cette modique valeur déclarée, et ce, afin d'être en conformité avec la réglementation des changes et du commerce extérieur. La quantité réelle déclarée est loin de représenter la quantité déclarée. La rentabilité de l’opérateur et de l'opération se situe à la réception définitive de la cargaison au niveau des ports de destinations européennes. En effet, là, les prix et les quantités réelles diffèrent de ceux déclarés dans nos ports. Cette différence, sinon le montant réel, sera verser sur des comptes à l'étranger. Comment peut-on tricher sur les quantités déclarées au niveau de nos ports ? Il y a lieu, encore une fois, de souligner que souvent, les montants déclarés sur les domiciliations sont inférieurs ou égaux au coût du fret et cela sans compter la valeur du produit et la manutention. Ces domiciliations sont en fait des domiciliations de complaisance qui ne servent qu'à cacher le transfert des fonds à l'étranger en parallèle de la réglementation du commerce extérieur. Il n'y a qu'à se rendre au port d'Alger, par exemple, pour vérifier des exportations en cours de semaine et, cela sans compter celles qui ont eu lieu les semaines précédentes. La fréquence de ces exportations est quasi quotidienne et avec les mêmes pratiques. Les complicités et l'indifférence au niveau des enceintes portuaires font que celles-ci sont devenues de véritables passoires pour bien des produits. En effet, ceci aura incité les trafiquants de tous bords à songer à faire passer même des quantités de drogue.
M. B.