L'Eucharistie

Le sacrement de l'Eucharistie

"La Sainte Eucharistie achève l'initiation chrétienne. Ceux qui ont été élévés à la diginité du sacerdoce royal par le Baptême et configurés plus profondément au Christ par la confirmation, ceux-là, par le moyen de l'Eucharistie, participent avec toute la communauté au sacrifice même du Seigneur.

Notre Sauveur, à la dernière Cène, la nuit où Il était livré, institua le sacrifice de son Corps et de son Sang pour perpétuer le sacrifice de la Croix au long des siècles, jusqu'à ce qu'il vienne et pour confier à l'Église, son Épouse bien-aimée, le mémorial de sa mort et de sa résurrection: sacrement de l'amour, signe de l'unité, lien de la charité, banquet Pascal dans lequel le Christ est reçu en nourriture, l'âme est comblée de grâce et le gage de la gloire future nous est donné."(1)

C'est ainsi que le Nouveau Catéchisme de 1992 nous présente le sacrement de l'Eucharistie et nous vous invitons à vous procurer ce livre indispensable si vous ne l'avez pas encore et à lire les pages 284 à 304 afin de prendre connaissance de ce que dit l'Église sur ce sacrement qui est "la source et le sommet de toute la vie chrétienne".

Dans cette rubrique sur le sacrement de l'Eucharistie, nous chercherons à vous communiquer l'importance de ce sacrement dans la vie de l'âme du chrétien et sans lequel l'âme ne peut vivre sainement et encore moins saintement. Comme le dit si bien le catéchisme, "l'Eucharistie est "source et sommet de toute la vie chrétienne". Les autres sacrements ainsi que tous les ministères ecclésiaux et les tâches apostoliques sont tous liés à l'Eucharistie et ordonnés à elle. Car la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l'Église, c'est-à-dire le Christ lui-même, notre Pâque." (2) Ce qu'il faut donc comprendre quand il nous est dit que "le trésor spirituel de l'Église, c'est-à-dire le Christ lui-même", c'est que "le mode de présence du Christ sous les espèces eucharsitiques est unique. Il élève l'Eucharsitie au-dessus de tous les sacrements et en fait "comme la perfection de la vie spirituelle et la fin à laquelle tendent tous les sacrements". Dans le très saint sacrement de l'eucharistie sont "contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l'âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et, par conséquent, le Christ tout entier". Cette présence on la nomme "réelle", non pas pas à titre exclusif, comme si les autres présences n'étaient pas "réelles", mais par excellence parce qu'elle est substantielle, et que par elle le Christ, Dieu et homme, se rendre présent tout entier."(3)

Ce qui est en fait extraordinaire, c'est de réaliser la grandeur et la beauté de ce sacrement, car dans aucun autre sacrement la présence de Jésus est aussi tangible et aussi concrète que dans l'Eucharistie. C'est à travers l'Eucharistie que nous avons un contact direct avec le Christ et c'est par l'Eucharistie que nous faisons "communion", c'est-à-dire que nous nous unissons mystérieusement à Dieu. Il n'y a pas ici-bas un contact avec Dieu plus réel et tangible que dans l'Eucharistie, c'est "quasi un corps à corps", car nous recevons en nous le Corps, le Sang, l'âme et la divinité de Jésus. En quittant cette terre, comme Jésus ne pouvait plus nous rejoindre en tant qu'homme, il se communique à nous par son sacrement d'amour.

Bien entendu, nous restons toujours dans le domaine de la foi, mais "il est hautement convenable que le Christ ait voulu rester présent à son Église de cette façon unique. Puisque le Christ allait quitter les siens sous sa forme visible, Il voulait nous donner sa présence sacramentelle; puisqu'il allait s'offrir sur la Croix pour nous sauver, Il voulait que nous ayons le mémorial de l'amour dont Il nous a aimés "jusqu'à la fin" (Jn 13,1), jusqu'au don de sa vie. En effet, dans sa présence eucharistique, Il reste mystérieusement au milieu de nous comme celui qui nous a aimés et qui s'est livré pour nous, et Il reste sous les signes qui expriment et communiquent cet amour: "L'Église et le monde ont un grand besoin du culte eucharistique. Jésus nous attend dans ce sacrement de l'amour. Ne refusons pas le temps pour aller Le rencontrer dans l'adoration, dans la contemplation pleine de foi et ouverte à réparer les fautes graves et les délits du monde. Que ne cesse jamais notre adoration."(Jean-Paul II, 1. "Dominicae cenae" 3.)" (4)

Fort de notre foi en l'Eucharistie, nous comprendrons maintenant davantage l'importance de la messe du dimanche, puisque c'est à travers la célébration de la messe que nous recevons se sublime miracle qui s'accomplit à chaque messe qui est célébrée dans le monde. Ce miracle, c'est cette transformation du pain et du vin lors de la consécration durant la messe. "C'est par la conversion du pain et du vin au Corps et au Sang du Christ que le Christ devient présent en ce sacrement. Les Pères de L'Église ont fermement affirmé la foi de l'Église en l'efficacité de la Parole du Christ et de l'action de l'Esprit Saint pour opérer cette conversion. Ainsi S. Jean Chrysostome déclare: "Ce n'est pas l'homme qui fait que les choses offertes deviennent Corps et Sang du Christ, mais le Christ Lui-même qui a été crucifié pour nous. Le prêtre, figure du Christ, prononce ces paroles, mais leur efficacité et la grâce sont de Dieu. Ceci est mon Corps, dit-Il. Cette parole transforme les choses offertes." (Prod. Jud. 1, 6.) Et S. Ambroise dit au sujet de cette conversion: "Soyons bien persuadés que ceci n'est pas ce que la nature a formé, mais ce que la bénédiction a consacré, et que la force de la bénédiction l'emporte sur celle de la nature, parce que par la bénédiction, la nature elle-même se trouve changée (...). La parole du Christ, qui a pu faire de rien ce qui n'existait pas, ne pourrait donc changer les choses existantes en ce qu'elles n'étaient pas encore? Car ce n'est pas moins de donner aux choses leur nature première que de la leur changer. (Myst. 9, 50, 52.)." (5) Ce que nous venons d'exprimer c'est la foi de l'Église depuis sa fondation par le Christ, et "le Concile de Trente résume la foi catholique en déclarant: "Parce que le Christ, notre Rédempteur, a dit que ce qu'il offrait sous l'espèce du pain était vraiment son Corps, on a toujours eu dans l'Église cette conviction, que déclare le saint Concile de nouveau: par la consécration du pain et du et du vin s'opère le changement de toute la substance du pain en la substance du Coprs du Christ notre Seigneur et de toute la substance du vin en la substance de son Sang; ce changement l'Église catholique l'a justement et exactement appelé transsubstantiation." (DS 1642)" (6)

Ayant cette conviction depuis les début de l'Église, les catholiques comprendront mieux maintenant l'insistance de la part de l'Église sur l'obligation de la participation à la messe dominicale. Si donc le Christ est réellement présent sous les voiles du sacrement, il est évident que nous avons besoin de Lui pour vivre sprituellement. Le Corps du Christ est une vraie nourriture pour l'âme et notre âme en a besoin pour survivre et grandir dans la foi et surtout dans la vie spirituelle. La nécessité de participer à la messe réside pour une bonne part dans l'accès à la communion puisqu'à travers la réception de l'hostie, nous entrons directement en contact avec le Christ. Ne serait-ce que pour communier et ainsi laisser Jésus prendre petit à petit la place qui Lui revient dans notre âme, cela expliquerait en elle-même l'obligation de la messe du dimanche.

Le sacrement est en réalité le prolongement de l'agir du Christ sur terre. C'est à travers l'action sacramentelle qu'encore aujourd'hui Jésus vit et agit. Le sacrement de l'Eucharistie tient donc une place unique en tant que sacrement des sacrements.

à suivre...

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(1) Catéchisme de l'Église Catholique, ed. Mame/Plon 1992, pp. 284-285, nn.1322-1323.

(2) idem (1), p. 285, n. 1324.

(3) idem (1), p. 296, n. 1374.

(4) idem (1), p. 297, n. 1380.

(5) idem (1), p. 296, n. 1375.

(6) idem (1), p. 296, n. 1376.

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