Le capitalisme est un moyen choisi
par une société pour assurer son développement.
Comme tel, ce système fait appel à l'économie
d'entreprise (entrepreneurship) et repose essentiellement sur
la concurrence (le marché). Sa logique s'articule autour
de la recherche du gain (profit) via l'innovation, c'est à
dire par le progrès quel qu'il soit et ce, dans l'ensemble
des champs d'intervention des hommes et des femmes de ce monde.
L'auteur signale que l'appât du gain est un trait inhérent
à la condition humaine et que comme tel, le capitalisme
respecte davantage la réalité que le rationalisme
collectiviste, bref le socialisme et ses variantes (ouf!).
En tant que lecteur en 1996, j'en déduis que dès
qu'il y a échange entre deux personnes dans un contexte
ou l'une d'elles ou les deux recherchent un gain monétaire,
il y a capitalisme. Mais, la question se pose, si le gain souhaité
ne relève pas de la comptabilité économique,
peut-on encore y voir du capitalisme? La notion même du
capital a t-elle évoluée depuis 1958? Ne parle-t-on
pas du capital humain, du capital politique? N'y aurait-il pas
une forme de capital égotisque (le moi ou l'ego) qui ne
serait finalement qu'une nouvelle variation sur un même
thème? Le cas d'un athlète dont l'agent d'affaire
parvient à convaincre une grande société
de verser des millions pour s'assurer de la symbolique image du
succès momentané qu'il représente n'est-il
pas l'exemple extrême de cette forme de capitalisme?
Mais l'auteur nous rappelle à l'ordre en nous rappelant
que le gain obtenu dans le contexte du capitalisme repose essentiellement
sur l'innovation. En quoi l'exemple de l'athlète est innovateur?
Telle est la question. L'athlète est-il une entreprise
au sens capitaliste du terme? En quoi présente-t-il une
innovation? Courir les cent mètres en y retranchant quelques
millièmes de seconde apporte-t-il un élément
neuf et innovateur à la société?
Et si nous n'assistions qu'à une immense vente aux enchères
dont le seul objectif est de procurer à ses protagonistes
un gain financier important?
En fait, ce que nous croyons être du capitalisme, ne serait-il
pas autre chose que nous ne parvenons pas encore à identifier?
Le capitalisme est un système économique: comme tout autre, il vaut, du point de vue de la civilisation, comme un instrument et un moyen. p. 131
Le capitalisme donne ses réponses spécifiques dans la mesure où il est une économie d'entreprise. p.14
...l'économie d'entreprise est une économie à base de concurrence. p 21
La domination n'est pas extérieure à la concurrence; elle lui est intime. p.32
La logique du capitalisme est celle du plus grand gain monétaire réalisé principalement par l'innovation. p 103
Il suffit de constater quelques faits en rapport avec notre objet, qui est la description et l'analyse d'un système capitaliste cohérent. Du point de vue de la logique capitaliste: 1° L'organisateur ne peut être confondu avec l'entrepreneur, homme de l'autorité et du pari; 2° L'entrepreneur partiel est un paradoxe dérisoire; 3° Quand l'entrepreneur est trait en fonctionnaire, le capitalisme est malade; si l'entrepreneur est un fonctionnaire, le capitalisme est mort. p 106
J'aime bien cette citation.
Il n'est aucune société qui puisse être construite ou tenue debout par le seul esprit de lucre. En ce sens et si l'on adopte la définition du capitalisme qui a été donnée ici, il n'y a pas de civilisation capitaliste. p. 131